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	<title>Archives des roman cubain 🇨🇺 - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des roman cubain 🇨🇺 - Surbooké</title>
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		<title>Les brumes du passé, Leonardo Padura, Éditions Métailié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 16:39:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman cubain 🇨🇺]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Métailié]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mario Conde avait quitté son travail d&#8217;inspecteur de la Criminelle depuis treize années pour se consacrer à l&#8217;achat et la revente de vieux livres. Il y avait trouvé un moyen d&#8217;être en accord avec lui-même. Mais son départ avait surtout été motivé par l&#8217;arrivée de la Crise sur son île cubaine, une crise qui allait [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Mario</strong> <strong>Conde</strong> <strong>avait</strong> <strong>quitté</strong> <strong>son</strong> <strong>travail</strong> <strong>d&rsquo;inspecteur</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>Criminelle</strong> <strong>depuis</strong> <strong>treize</strong> <strong>années</strong> pour se consacrer à l&rsquo;achat et la revente de vieux livres. Il y avait trouvé un moyen d&rsquo;être en accord avec lui-même. Mais son départ avait surtout été motivé par l&rsquo;arrivée de la Crise sur son île cubaine, une crise qui allait réduire les précédentes à peu de choses. De ressources culturelles les bibliothèques privées s&rsquo;étaient transformées en sources de revenus pour des habitants qui manquaient de tout. Mario Conde préférait acheter que vendre car il lui coûtait toujours de se séparer d&rsquo;un livre. Il s&rsquo;était spécialisé en adaptant sa stratégie commerciale aux quartiers qu&rsquo;il visitait. En clamant à tue-tête qu&rsquo;il cherchait des bouquins dans les lieux les plus pauvres. En repérant les maisons qu&rsquo;il pensait intéressantes en raison de leur caractère aristocratique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Avec cette transaction le jeune homme gagnerait plus d&rsquo;argent qu&rsquo;en exerçant son métier pendant six mois </p>
</blockquote>



<p>Quand en ce jour de 2003 il vit la demeure, il fut d&rsquo;abord persuadé qu&rsquo;elle avait déjà été visitée par un confrère tant la bâtisse attestait d&rsquo;une richesse passée. Il s&rsquo;y présenta et les occupants, le frère et la sœur Dionisio et Amalia Ferrero, l&rsquo;amenèrent dans une pièce de cinq mètres sur sept avec des murs couverts d&rsquo;ouvrages dont la rareté plus que le nombre alimentait la valeur. Certains volumes étaient uniques au point que Conde se refusait à les acheter de peur qu&rsquo;ils ne sortent de Cuba. La transaction ne porta que sur quelques exemplaires dont un seul lui tenait à cœur, un manuel culinaire qu&rsquo;il offrirait à la vieille Josefína, la seule personne qu&rsquo;il savait capable de faire des miracles gastronomiques en temps de crise. Le Conde allait apporter ses achats à Yoyi un ingénieur diplômé qui mettait à profit son sens inné du commerce pour améliorer son existence. Avec cette transaction le jeune homme gagnerait plus d&rsquo;argent qu&rsquo;en exerçant son métier pendant six mois. Contrairement à Condé, Yoyi n&rsquo;avait jamais cru aux bienfaits du communisme. Mais plus que l&rsquo;argent c&rsquo;est l&rsquo;apparition de Violeta del Rio qui allait compter pour l&rsquo;ancien flic. Car cette chanteuse des années cinquante découverte entre les pages d&rsquo;un manuscrit cachait bien des mystères derrière sa sensualité lascive. « <em>Merde</em> <em>alors</em>, <em>quelle</em> <em>femelle</em> » dit d&rsquo;elle un compagnon de Condé quand il vit sa photo. Sans même savoir que cette femme avait bouleversé de nombreuses vies.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">C&rsquo;est sur Cuba que Padura écrit</p>
</blockquote>



<p>Parce que <em>Les</em> <em>brumes</em> <em>du</em> <em>passé</em> mettent en scène l&rsquo;ancien inspecteur Mario Conde, il conviendrait de classer ce roman parmi les polars ou les romans noirs. Certes l&rsquo;intrigue amène l&rsquo;enquêteur préféré de Leonardo Padura à élucider une disparition qui remonte aux années cinquante. Pourtant bien plus que sur un crime, c&rsquo;est sur Cuba que Padura écrit en exposant longuement les échecs de la révolution castriste. Il adore son île mais déplore combien les habitants y ont la vie difficile. La chute de Batista aurait dû annoncer des jours meilleurs puisqu&rsquo;elle avait permis aux Cubains de se débarrasser des mafieux avec qui le dictateur s&rsquo;était associé. Meyer Lansky est parti depuis longtemps mais des Cubains se couchent aujourd&rsquo;hui avec une carafe d&rsquo;eau sucrée et une décoction de feuilles d&rsquo;oranger ou de menthe dans l&rsquo;estomac. Certains quartiers de La Havane ont été abandonnés à des nouveaux délinquants qui vivent de la drogue ou de la prostitution. Pour subsister mieux vaut avoir des enfants qui ont réussi à l&rsquo;étranger que posséder un diplôme. Il reste heureusement les Cubains et leur insubmersible volonté de vivre. Et le talent de Padura pour nous les montrer, à commencer par les femmes qu&rsquo;il aime tant. Alors peu importe si on mange parfois à La Havane du chat ou du chien en guise de porc. L&rsquo;immense talent de celui qu&rsquo;on présente chaque année comme le futur Nobel de littérature nous ravit quand il nous emmène dans une Chevrolet 1956 modèle Bel Air, un des véhicules les plus machos de Cuba. Il nous fait saliver avec des plats qui n&rsquo;ont plus cours dans l&rsquo;île. Avec lui on se délecte du boléro, cette musique amenée par les Espagnols et que les autochtones ont réinventée. Surtout quand elle est chantée par une femme dont on tombe immédiatement amoureux.</p>



<p><strong>Vous pourriez aussi apprécier</strong></p>



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		<title>Poussière dans le vent, Leonardo Padura, Éditions Métailié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Oct 2021 04:57:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman cubain 🇨🇺]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Métailié]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un roman choral, c&#8217;est-à-dire un roman raconté par plusieurs personnes. On plonge dans le récit de 600 pages, on s&#8217;en délecte, on s&#8217;y noie, on revient à la surface, on revient en arrière avant de faire un bond pour avancer dans l&#8217;histoire. Poussière dans le vent est un très grand livre d&#8217;un très grand [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>un</strong> <strong>roman</strong> <strong>choral</strong>, c&rsquo;est-à-dire un roman raconté par plusieurs personnes. On plonge dans le récit de 600 pages, on s&rsquo;en délecte, on s&rsquo;y noie, on revient à la surface, on revient en arrière avant de faire un bond pour avancer dans l&rsquo;histoire. <em>Poussière</em> <em>dans</em> le <em>vent</em> est un très grand livre d&rsquo;un très grand écrivain. Un livre sur l&rsquo;exil d&rsquo;une population qui n&rsquo;en peut plus de vivre sur son île, davantage parce que la situation économique de Cuba a atteint le fond depuis les années quatre-vingt-dix que parce que la liberté s&rsquo;y fait toujours attendre. Le thème de l&rsquo;exil est récurrent chez Padura, déjà abordé dans <em>Hérétiques</em> qui nous parlait de celui des Cubains, ainsi que dans le fabuleux <em>L&rsquo;homme qui aimait les chiens</em> consacré à la fuite de Trotski au Mexique. <em>Poussière</em> <em>dans</em> le <em>vent</em> est un livre sensuel, sexuel, qui nous fait voyager de Miami à New York, dans l&rsquo;État de Washington, de Madrid à Barcelone et à Toulouse. <em>Poussière</em> <em>dans</em> <em>le</em> <em>vent</em> est un livre où Leonardo Padura nous raconte en filigrane sa vie, celle d&rsquo;un homme qui a tout pour quitter son île, des opportunités, un peu d&rsquo;argent, mais qui refuse de le faire parce que là est son existence. Il l&rsquo;explique dans ses interviews, la possession d&rsquo;une seconde nationalité, espagnole en l&rsquo;occurrence, ne suffit pas à le faire partir. Cubain il est, Cubain il reste malgré tout ce qu&rsquo;il endure. Car il ne pourrait pas écrire en dehors de Cuba, et plus encore de Fontanar le quartier de La Havane où il réside depuis tant d&rsquo;années. Peu importe qu&rsquo;il soit encore aujourd&rsquo;hui contraint d&rsquo;utiliser un ordinateur portable pour se prémunir des coupures d&rsquo;électricité. Peu importe qu&rsquo;il faille toujours batailler pour faire ses courses, l&rsquo;exil le priverait de bien davantage. De ses racines. Car l&rsquo;exil est un échec qui contraint tant de ses compatriotes à tenter de recréer ailleurs un peu de ce qu&rsquo;ils ont perdu. En mangeant cubain, en écoutant de la musique cubaine, et en vivant entre Cubains.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« tout dans le cul, rien dans sa tête »</p></blockquote>



<p>Le roman est l&rsquo;histoire du Clan, un groupe d&rsquo;amis formé dans les années soixante-dix au lycée. D&rsquo;abord avec Clara, Elisa et Irving, puis vinrent Lubia, Fabio, ainsi que Horacio, Darío et Bernardo. Au total huit personnes qui appartenaient à des milieux différents. Elisa était une fille de diplomates, Clara l&rsquo;enfant d&rsquo;un couple d&rsquo;architectes dont la maison de Fontanar allait devenir l&rsquo;épicentre du Clan. Bernardo était le fils du vice-ministre de la Santé. Tous les trois avaient accès à plein d&rsquo;avantages, un beau logement, des voyages à l&rsquo;étranger, ils achetaient des produits importés que l&rsquo;on ne trouvait nulle part. Darió Martínez était le fruit d&rsquo;un viol, et il avait grandi avec sa mère semi-analphabète, cuisinière d&rsquo;un restaurant minable qui passait son temps à le martyriser. Darío avait néanmoins fait des études de neuro-chirurgie en Allemagne de l&rsquo;Est, une preuve de plus que le tragique échec économique de Cuba est allé de pair avec un réel accès pour presque tous aux études et à la santé. La validation de sa thèse universitaire avait toutefois été interrompue par la chute du mur de Berlin. Il espérait l&rsquo;obtenir à Barcelone mais pour cela il lui fallait trouver un financement. En attendant il exerçait son métier à Cuba et faisait ainsi partie de la classe moyenne avec les avantages qui allaient avec. Darió et Clara avaient deux enfants : Ramsés et Marcos. Elisa mariée avec Bernardo en attendait un alors que son informaticien et alcoolique de mari était stérile. Irwing assumait comme il le pouvait son homosexualité dans un pays où le machisme était ancestral. Horacio dont le père avait quitté Cuba, abandonnant femme et enfants, préparait son doctorat en physique. Il avait pour copine Guesty que d&rsquo;aucuns soupçonnaient d&rsquo;espionner pour la police. Si cela se vérifiait les membres du Clan seraient-ils en danger sachant qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas plus à cacher que la plupart des Cubains ? Ce n&rsquo;est pas ce que pensait Elisa qui disait de la magnifique copine d&rsquo;Horacio :  « <em>tout dans le cul, rien dans la tête</em> ». Elisa qui en plus d&rsquo;affoler les hommes du Clan était d&rsquo;une redoutable intelligence.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les Cubains faisaient de plus en plus la queue devant des magasins vides</p></blockquote>



<p>Deux journées allaient profondément marquer l&rsquo;histoire du Clan. La première est ce 21 janvier 1990 date du trentième anniversaire de Clara. Ils étaient tous présents, y compris leurs enfants, et ils s&rsquo;étaient donné du mal pour réussir cette fête. Ce n&rsquo;était pas rien car l&rsquo;année 1990 avec la récente chute du mur de Berlin marquait le début de la grande décrépitude de Cuba. C&rsquo;en était fini de l&rsquo;aide fournie par le bloc soviétique. Ne restaient plus comme témoins d&rsquo;un passé révolu que des épaves de Lada et quelques pellicules Orwo. Les Cubains faisaient de plus en plus la queue devant des magasins vides, et ils devaient se nourrir de croquettes et de ce qu&rsquo;ils avaient produit dans leur jardin. Pour cette grande fête les membres du Clan avaient amélioré l&rsquo;ordinaire avec du rhum et de la viande de porc. Ce serait la dernière fois qu&rsquo;ils se rencontreraient car leur petite société allait éclater. D&rsquo;abord à cause de la grossesse d&rsquo;Elisa dont chacun ou presque savait qu&rsquo;elle ne pouvait être le fait de Bernardo son mari stérile. Ensuite parce que le compte à rebours de l&rsquo;exil était déclenché pour six des huit amis. Rarement pour des questions idéologiques, plutôt parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient plus d&rsquo;espoir en restant sur place. L&rsquo;autre journée importante se déroule vingt-six ans plus tard du côté de Miami. Les deux protagonistes sont deux jeunes Cubains d&rsquo;origine. Adela est née en 1990 à New York d&rsquo;un père psychanalyste argentin et de Loreta Fitzberg une vétérinaire réfugiée cubaine. À l&rsquo;âge adulte Adela s&rsquo;est inscrite en licence de lettres à Miami malgré les hurlements de sa mère. Son compagnon Marcos Martínez Chaple est le fils de Clara. Ingénieur mécanicien il a évité de quitter Cuba en bateau parce qu&rsquo;on disait que l&rsquo;issue du voyage dépendait à 51 % de la qualité de l&#8217;embarcation et à 49 % de la chance. Il a préféré prendre l&rsquo;avion pour le Mexique. En ce jour de 2016 Marco se connecte au compte Facebook de sa mère et y découvre une photo de l&rsquo;anniversaire de ses trente ans. Quand il la montre à Adela, la jeune femme fond en larmes en constatant que Elisa, dont plus personne n&rsquo;a eu de nouvelles depuis 1990, n&rsquo;est autre que Loreta sa mère.</p>



<p><strong><em>Dust in the wind</em> (<em>Poussière dans le vent</em>) du groupe Kansas</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>Hérétiques, Leonardo Padura, Éditions Métailié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2016 09:22:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman cubain 🇨🇺]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Métailié]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bienvenue dans le monde de Mario Conde à Cuba. Celui d&#8217;un ancien policier, survivant tant bien que mal dans cette île où plus rien ne fonctionne, au point qu&#8217;une partie de ses habitants ont fini par se mettre à l&#8217;eau sur un radeau direction Miami. Acceptant ainsi le risque de se noyer ou de se [&#8230;]</p>
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<p><strong>Bienvenue dans le monde de Mario Conde à Cuba</strong>. Celui d&rsquo;un ancien policier, survivant tant bien que mal dans cette île où plus rien ne fonctionne, au point qu&rsquo;une partie de ses habitants ont fini par se mettre à l&rsquo;eau sur un radeau direction Miami. Acceptant ainsi le risque de se noyer ou de se faire bouffer par un requin, voire les deux à la fois. Ce qui constitue probablement la version cubaine de l&rsquo;économie circulaire. Car rien ne se perd dans cet État. Ni les privilèges des tenants du dogme officiel de l&rsquo;égalité. Ni la pauvreté des habitants. Conde n&rsquo;échappe pas à la règle au sein de sa tribu constituée de Tamara qu&rsquo;il ne se décide toujours pas à épouser de peur de rompre la complicité qui les lie depuis tant d&rsquo;années. De ses amis, de son chien Basura II, des indispensables bouteilles de rhum, des plats de riz aux haricots noirs. Et de la musique de Creedence Clearwater Revival et de Blood, Sweat and Tears. Soit assez pour se protéger de la moiteur cubaine tout en profitant au mieux de la vie. Mario Conde est cette fois amené à rechercher un tableau de Rembrand qui serait arrivé à Cuba dans les valises de la famille Kaminsky en 1939. Quand elle tentait d&rsquo;échapper au destin promis aux Juifs en traversant l&rsquo;océan sur un bateau qui avait miraculeusement réussi à quitter l&rsquo;Allemagne. Mais pas plus qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;était à cette époque facile pour des réfugiés d&rsquo;être accueillis dans un nouveau pays. Ce qui leur valut de repartir au point de départ avant de migrer définitivement vers la Solution finale. Ultime espoir de survie, le tableau qui devait leur permettre de payer leur liberté avait au passage était préempté. Daniel Kaminsky, qui avait précédé ses parents sur l&rsquo;île ne s&rsquo;en remit pas et renia son judaïsme devenant de fait un hérétique. C&rsquo;est son fils Elias qui verra de son domicile américain réapparaître le tableau dans une vente aux enchères londonienne. D&rsquo;où son recours aux bons services de Conde pour comprendre d&rsquo;où il venait et plus encore la vie de son père. Cela nous fera voyager dans le temps et dans l&rsquo;espoir comme souvent chez Padura. Jusqu&rsquo;à la ville d&rsquo;Amsterdam en 1643 quand Rembrandt lui aussi se débattait contre la misère. Et quand Elias Ambrosius Montalbajo de Avila, lointain ancêtre des Kaminsky, tentait d&rsquo;apprendre à peindre en bravant l&rsquo;interdit des rabbins. Hérétique un jour, hérétique toujours.</p>
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