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	<title>Archives des roman suisse 🇨🇭 - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 Feb 2023 13:36:47 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des roman suisse 🇨🇭 - Surbooké</title>
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	<item>
		<title>Les corps solides, Joseph Incardona, Éditions Finitude</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2022 05:29:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Finitude]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Anna heurte un sanglier. Pourtant la nuit était claire mais elle ne l&#8217;a pas vu venir. Sa camionnette s&#8217;enflamme, sa rôtissoire et ses poulets aussi. Sa petite entreprise créée il y a cinq ans est morte. De retour chez elle retrouve son fils Léo, treize ans, ils habitent un mobile home fourni en kit, posé [&#8230;]</p>
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<p><strong>Anna</strong> <strong>heurte</strong> <strong>un</strong> <strong>sanglier</strong>. Pourtant la nuit était claire mais elle ne l&rsquo;a pas vu venir. Sa camionnette s&rsquo;enflamme, sa rôtissoire et ses poulets aussi. Sa petite entreprise créée il y a cinq ans est morte. De retour chez elle retrouve son fils Léo, treize ans, ils habitent un <em>mobile</em> <em>home</em> fourni en kit, posé sur des rondins, auquel elle a ajouté une pergola. Pour le remboursement du camion Anna peut se brosser. Non seulement elle n&rsquo;a souscrit qu&rsquo;à la couverture minimum, mais en plus l&rsquo;assureur exige de tester sa consommation de cannabis. Or Anna a fumé un joint en rentrant chez elle, de sa production personnelle, elle sera donc positive. Valéry Leroy est le PDG de Renault-Nissan. Dans les affaires on le surnomme le Roi lion. En face de lui, face au Jet d&rsquo;eau de Genève, la Reine des abeilles, celle qui dirige un État de 67 millions d&rsquo;habitants. Valéry Leroy a besoin d&rsquo;elle pour relancer ses ventes, pas dans les villes, dans les bourgs et à la campagne. Et pour cela rien de mieux que de passer par la télévision publique pour organiser le Jeu. Que le gagnant reparte avec un 4*4 hyperpolluant embarrasse la Reine des abeilles, qui avait fait de la lutte contre le changement climatique le cheval de bataille de son élection. Elle pourrait refuser au risque que Leroy réenclenche les délocalisations. Elle ne le fera pas parce qu&rsquo;elle compte sur le Jeu pour redonner confiance au pays. Pour montrer qu&rsquo;avec pugnacité on peut y arriver. Le principe du Jeu sera simple : toucher le <em>pick-up</em> d&rsquo;une valeur de 50 900 euros et ne pas le lâcher. Le vainqueur sera le dernier qui restera. Léo presse sa mère d&rsquo;y participer pour vendre le 4*4 et racheter une camionnette. Anna résiste, elle souhaite préserver sa dignité. Puis elle finit par accepter après avoir appris qu&rsquo;Endemol l&rsquo;a présélectionnée. C&rsquo;est Léo qui l&rsquo;avait inscrite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Elle est belle l’écriture d’Incardona&nbsp;</p></blockquote>



<p>Il n&rsquo;est pas assez connu Joseph Incardona. Il a pourtant signé plus de vingt romans dont D<em>errière les panneaux il y a des hommes</em> qui lui valut le Grand prix de la littérature policière en 2015. Ce qui lui permet de figurer sur la même page que Richard Morgiève, Frédéric Paulin, Marion Brunet ou Hervé Le Corre, rien que des pointures que l&rsquo;on peut retrouver sur ce blog. J&rsquo;ai déjà dit tout le bien que je pensais de cet auteur italo-suisse en présentant <em><strong><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=781" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Une saison en enfance</a></strong></em> et surtout <em><strong><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=2058" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La soustraction des possibles</a></strong></em> qui racontait le monde de la finance de Genève. Dans <em>Les corps solides</em> Incardonna présente l&rsquo;envers du décor, les pauvres, les <em>borderline</em>, ceux qui tentent de survivre. Non plus en face du Léman mais à côté de l&rsquo;océan, là où on scrute les vagues pour sortir les planches. Et elle va être broyée Anna alors qu&rsquo;elle s&rsquo;était construit son petit refuge à la mort de son mari. Pas grand-chose, mais assez pour y vivre entre ses ventes de poulets sur les marchés et son fils Léo à élever. Alors elle qui a été une surfeuse libre en Californie, elle plie. Elle accepte ce jeu concocté par l&rsquo;alliance d&rsquo;industriels et de hauts personnages de l&rsquo;État pour leur seul intérêt. Une version modernisée d&rsquo;<em>On achève bien les chevaux</em> de Horace McCoy où des déclassés de toutes sortes, doctorants en littérature sans boulot, handicapés, anciens légionnaires, vont s&rsquo;affronter. Elle est belle l&rsquo;écriture d&rsquo;Incardona qui préserve toujours une lueur d&rsquo;espoir, pas celle de gagner les 50 000 euros, celle qui permet de vivre. Chez Anna c&rsquo;est l&rsquo;amour de son fils qui le lui rend bien. C&rsquo;est la promesse qu&rsquo;elle s&rsquo;est faite de l’emmener sur des vagues symboles de liberté. C&rsquo;est l&rsquo;amitié d&rsquo;un couple de retraités qui leur viennent en aide en affirmant que « <em>Deux vieux contre une banque, ils n’ont aucune chance&nbsp;!</em> ». Elle est vraie son histoire où deux copines paumées se font belles le samedi soir avant de rentrer dans le bar en rêvant de casser leur solitude.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en dit <em>Bibliosurf</em> ?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/Les-corps-solides.html">https://www.bibliosurf.com/Les-corps-solides.html</a></p>



<p><strong>« <em>Tout</em> <em>le</em> <em>bar</em> <em>s’est</em> <em>levé</em> <em>aux</em> <em>riffs</em> <em>de</em>&nbsp;Cadillac Ranch »</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>Le fil rompu, Céline Spierer, Éditions Héloïse d&#8217;Ormesson</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jan 2022 04:23:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[Héloïse d&#039;Ormesson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois femmes, trois générations, trois lieux, neuf bonnes raisons de lire ce livre. Les trois femmes sont Katarzyna, Edith sa fille, et Magda. On va les suivre du début du XX° siècle à l&#8217;année 2015 entre l&#8217;Empire russe côté Pologne, l&#8217;Allemagne et New York. Les suivre, les perdre, les retrouver, pour finalement renouer ce fil [&#8230;]</p>
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<p> <strong>Trois femmes, trois générations, trois lieux, neuf bonnes raisons de lire ce livre</strong>. Les trois femmes sont Katarzyna, Edith sa fille, et Magda. On va les suivre du début du XX° siècle à l&rsquo;année 2015 entre l&rsquo;Empire russe côté Pologne, l&rsquo;Allemagne et New York. Les suivre, les perdre, les retrouver, pour finalement renouer ce fil rompu qui les relie. Ce voyage plaisant est constitué d&rsquo;allers et retours dans le temps et dans l&rsquo;espace qui finissent par nous livrer leur histoire. Une construction toute cinématographique. <em>Le fil rompu</em> est à ce jour l&rsquo;unique roman de Céline Spierer, une autrice suisse née à Genève, qui a étudié  le cinéma à l&rsquo;Université de New York avant de s&rsquo;installer à Manhattan. L&rsquo;autrice explique que son livre, qui débute par la rencontre accidentelle d&rsquo;un jeune homme et d&rsquo;une vieille femme de son immeuble, lui a été inspiré par sa vie. Elle a elle-même un jour pénétré dans l&rsquo;appartement d&rsquo;une voisine âgée pour lui porter ses courses, ce qui lui a valu de découvrir un autre monde. Celui des immigrants qui ont amené avec eux une partie de leur passé. Comme l&rsquo;ont fait Katarzyna, Edith et Magda en changeant de continent. La première de ces migrations intervient en 1913 quand Katarzyna quitte, ce qui n&rsquo;est pas encore la Pologne, en direction d&rsquo;Ellis Island la porte d&rsquo;entrée des pauvres en Amérique. Cette partie du roman, qui nous décrit ce que fut Manhattan avant et après la Première guerre mondiale, est une des plus réussies. Pourtant on en a lu des descriptions de l&rsquo;époque, du <em><strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Gang des rêves (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=1084" target="_blank">Gang des rêves</a></strong></em> à <strong><em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Willy Melodia (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=269" target="_blank">Willy Melodia</a></em></strong>. À cette époque New York grouille d&rsquo;énergie mais aussi d&rsquo;oppressions, ce qui pousse les nouveaux venus à s&rsquo;adapter ou à disparaître. Cela vaut à Katarzyna d&rsquo;être exploitée par un patron juif de la confection.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>On s’en doute, Magda sera amenée à faire le voyage vers l’ouest à la fin de la guerre</p></blockquote>



<p>Pour Edith sa fille, le voyage se fait en sens inverse afin de retrouver ses origines. Elle part en 1932 à Opatówek à l&rsquo;ouest de la Pologne qui a recouvré son indépendance. Mais on sait combien ce pays allait montrer ses fragilités entre les appétits des Nazis et ceux de Staline. On découvre Magda en 1943 à Lódź en Pologne occupée puis à Dresde en 1945. Mauvaise idée pour cette petite fille que de résider à ce moment dans ce qui allait devenir une ville martyre de la seconde guerre mondiale. Quand les Britanniques la bombardèrent de bombes incendiaires qui tuèrent jusque dans les caves la population civile. On s&rsquo;en doute, Magda sera amenée à faire le voyage vers l&rsquo;ouest à la fin de la guerre. Ces trois histoires finissent par converger dans le West Village en 2015. Là où réside la famille Parker qui comprend Ethan douze ans, Alice et Estelle ses sœurs, ainsi que Jodie leur mère. Le père s&rsquo;est fait la tangente il y a quelque temps sans donner de nouvelles. Dans leur immeuble réside Mme Janik, la vieille femme à l&rsquo;accent étranger, solitaire, dont l&rsquo;activité la plus extravagante consiste à jeter du pain aux oiseaux. Un jour Ethan se rend chez elle pour lui remettre une lettre et il est surpris par les tableaux qu&rsquo;elle lui montre. Ici réside le secret des trois femmes que va peu à peu nous révéler Céline Spierer. Mais pour cela il faut lire son roman.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <strong><em>Bibliosurf</em></strong> <strong>?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/Le-fil-rompu.html">https://www.bibliosurf.com/Le-fil-rompu.html</a></p>
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		<title>Les Nuits d&#8217;été, Thomas Flahaut, Éditions de l&#8217;Olivier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Mar 2021 06:25:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;Olivier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un roman sur le monde ouvrier, un genre assez rare dans la littérature française. Un roman écrit autour de trois jeunes confrontés à la violence de l&#8217;usine, ainsi qu&#8217;à celle de leurs pères qui ont également connu les nuits passées devant des machines. Thomas Flahaut, jeune écrivain Franc-Comtois natif de Montbéliard, nous en propose [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est un roman sur le monde ouvrier</strong>, un genre assez rare dans la littérature française. Un roman écrit autour de trois jeunes confrontés à la violence de l&rsquo;usine, ainsi qu&rsquo;à celle de leurs pères qui ont également connu les nuits passées devant des machines. Thomas Flahaut, jeune écrivain Franc-Comtois natif de Montbéliard, nous en propose une version qui nous rappelle ce qu&rsquo;a écrit Nicolas Mathieu, un des chouchous de ce blog, dans <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les enfants après eux (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=495" target="_blank">Les enfants après eux</a></em> et peut-être plus encore dans <em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=484">Aux animaux la guerre</a></em>. Parce qu&rsquo;il a aussi une vision théorique du monde ouvrier, Thomas Flahaut dédie son roman au sociologue Robert Linhart, dont il nous dit par ailleurs qu&rsquo;il le lisait quand il travaillait dans une usine suisse. Mais cela ne fait en rien des <em>Nuits d&rsquo;été</em> quelque chose de difficile, ce roman étant avant tout le récit de ce que Flahaut a connu. Les trois personnages du livre sont Thomas, Mehdi son ami, et Louise la sœur jumelle de Thomas. Louise est celle qui a atteint les objectifs rêvés par ses parents : faire des études. Elle s&rsquo;est vu proposer d&rsquo;écrire une thèse de doctorat sur les ouvriers frontaliers du Doubs à l&rsquo;université de Besançon. Au contraire de Louise, Thomas a échoué. Trop de copies blanches. Plus autorisé à se réinscrire à la fac. Thomas n&rsquo;a toujours pas eu le courage de le dire à ses parents qui ont tant investi sur leurs enfants. L&rsquo;échec de Thomas est pour eux non seulement financier, car comme aime à le rappeler son daron, qui paye le steak à la maison ? Mais aussi celui d&rsquo;une vie puisque les études des enfants constituent pour eux le second étage de l&rsquo;ascenseur social après l&rsquo;achat du pavillon. Pour Mehdi c&rsquo;est plus simple. Pas d&rsquo;études supérieures, depuis six ans un boulot d&rsquo;intérimaire chaque été de l&rsquo;autre côté de la frontière, et l&rsquo;hiver quand il neige de saisonnier à la montagne. Avec en plus lorsqu&rsquo;il ne parvient pas à s&rsquo;y soustraire, l&rsquo;aide apportée à son père sur les marchés pour faire tourner la rôtisserie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Leurs enfants ne sont plus qu&rsquo;opérateurs sans possibilité de se fixer parce qu&rsquo;un opérateur ça change tout le temps d&#8217;employeur</p></blockquote>



<p>Cet été, les deux amis se retrouvent à l&rsquo;usine en tant qu&rsquo;opérateur devant Miranda la machine qui fabrique des stators. Thomas découvre la longueur des nuits, habillé d&rsquo;un des deux polos qu&rsquo;on lui a fournis, lavés quand il en a le temps, avec des coutures synthétiques qui blessent le corps. Il se plie au rythme de la machine, il charge, surveille, contrôle, vide, attend, relance &#8230; Alors au matin pour se laver la tête les deux jeunes gens donnent libre cours à leur soif de liberté en roulant à moto. Et puis le chef d&rsquo;atelier leur annonce que l&rsquo;usine va déménager un peu plus loin en Suisse. Bien sûr, on aura toujours besoin d&rsquo;eux. Mais comment le croire quand les machines sont démontées par des sous-traitants italiens pour être emmenées on ne sait trop où. L&rsquo;usine qui a broyé, détruit leur père puis leur famille, s&rsquo;en prend maintenant à eux. Avec pour grande différence que leurs pères étaient ouvriers, ce qui signifiait en leur temps fierté du travail bien fait et appartenir à une communauté. Or leurs enfants ne sont plus qu&rsquo;opérateurs sans possibilité de se fixer parce qu&rsquo;un opérateur ça change tout le temps d&#8217;employeur. Sans compter qu&rsquo;ils ont en plus été programmés pour qu&rsquo;ils ne puissent envisager la vie sans être diplômés. Allez donc avec ça vous éloigner du logis familial. Même pas possible de vivre avec la personne que vous aimez.  « <em>Les saumons vont mourir là où ils sont nés </em>».</p>
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		<title>La grande peur de la montagne, Charles Ferdinand Ramuz, Bibliothèque numérique romande</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2020/05/07/la-grande-peur-de-la-montagne-charles-ferdinand-ramuz-bibliotheque-numerique-romande/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2020 13:22:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque numérique romande]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les anciens leur avaient pourtant dit. Mais ils n&#8217;en avaient fait qu&#8217;à leur tête. C&#8217;était des histoires. Le président du conseil général en tête poussait à louer ces pâturages, parce que la commune n&#8217;était pas assez riche pour s&#8217;en passer. Il faut dire que dans ce pays de montagne, il n&#8217;y avait presque que des [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2020/05/07/la-grande-peur-de-la-montagne-charles-ferdinand-ramuz-bibliotheque-numerique-romande/">La grande peur de la montagne, Charles Ferdinand Ramuz, Bibliothèque numérique romande</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Les anciens leur avaient pourtant dit.</strong> Mais ils n&rsquo;en avaient fait qu&rsquo;à leur tête. C&rsquo;était des histoires. Le président du conseil général en tête poussait à louer ces pâturages, parce que la commune n&rsquo;était pas assez riche pour s&rsquo;en passer. Il faut dire que dans ce pays de montagne, il n&rsquo;y avait presque que des vaches. À peine un peu de seigle pour faire le pain, quelques légumes, des fruits, pas de vigne. Alors autant profiter de l&rsquo;herbe du pâturage de Sasseneire. Mais les vieux n&rsquo;en démordaient pas, c&rsquo;était leur vie qui était en jeu. Alors ils votèrent et les jeunes l&#8217;emportèrent. Ils partirent à sept en direction du pâturage le plus élevé de la commune, à deux mille trois cents mètres sous le glacier. Le maître fromager Crittin et son neveu, Joseph qui laissait sa future femme au village, un jeune garçon pour les tâches secondaires, deux adultes plus Clou dont ils se seraient bien passé mais qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas osé refuser. Des sept, seul le vieux Barthélemy avait le papier. Celui qui devait le protéger, car Barthélemy savait. Crittin avait négocié la remise en état du chalet qui était en mauvais état. Les travaux effectués, tout semblait prêt pour accueillir les hommes et surtout les bêtes. Du travail ils n&rsquo;en manqueraient pas entre la traite et la fabrication du fromage.  Au début ce fut Barthélemy qui entendit les premiers bruits dans la nuit. Comme si on marchait sur le toit. Heureusement Barthélemy se savait protégé. Puis la maladie arriva. Celle qui faisait se coucher les bêtes. Quand ils le comprirent, ils envoyèrent chercher Pont au village. Il prit son sac, monta à Sasseneire et s&rsquo;habilla de ce voile que l&rsquo;on met quand on dérange les abeilles. Il leur dit d&rsquo;abattre les bêtes atteintes, de les enterrer et de ne surtout pas redescendre au village. De toute façon des hommes armés étaient déjà postés sur le chemin avec ordre de tirer si nécessaire. Et la peur s&rsquo;installa au village.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Quel auteur suisse connaît-on ?</p></blockquote>



<p><em>La grande peur de la montagne</em> a été écrit en 1925 par l&rsquo;écrivain vaudois Charles Ferdinand Ramuz. Un auteur francophone très peu lu en France. Mais quel auteur suisse connaît-on ? Un peu Cendrars chez les anciens. Probablement Joël Dicker chez les romanciers contemporains, sans pour autant savoir qu&rsquo;il est helvète. Mais Joseph Incardona a fait une telle publicité à Ramuz dans <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="La soustraction des possibles (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=2058" target="_blank">La soustraction des possibles</a></em> qu&rsquo;on a eu envie de le découvrir. Écrit il y a un siècle, <em>La grande peur de la montagne</em> est d&rsquo;abord une ode à la nature et aux hommes qui la côtoient. Des paysans, des durs au mal, des taiseux. C&rsquo;est aussi l&rsquo;histoire d&rsquo;une peur qui monte sans que l&rsquo;on sache pourquoi et qui emporte tout. Au vu de la pandémie du Covid-19, le livre est d&rsquo;une incroyable actualité en nous montrant comment réagissent les hommes pour se protéger.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2020/05/07/la-grande-peur-de-la-montagne-charles-ferdinand-ramuz-bibliotheque-numerique-romande/">La grande peur de la montagne, Charles Ferdinand Ramuz, Bibliothèque numérique romande</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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		<title>La soustraction des possibles, Joseph Incardona, Éditions Finitude</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2020 07:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman policier, thriller]]></category>
		<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Finitude]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un prof de tennis un tantinet playboy, spécialiste des femmes riches plus avancées que lui dans l&#8217;âge. Une jeune financière aux dents longues arrivée depuis quelques années de Tchécoslovaquie. Des banquiers qui n&#8217;en ont jamais assez. Un avocat d&#8217;affaires âpre aux gains. Des bergers corses bien plus puissants que ne le laisseraient croire leurs troupeaux. [&#8230;]</p>
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<p><strong>Un prof de tennis un tantinet playboy, </strong>spécialiste des femmes riches plus avancées que lui dans l&rsquo;âge. Une jeune financière aux dents longues arrivée depuis quelques années de Tchécoslovaquie. Des banquiers qui n&rsquo;en ont jamais assez. Un avocat d&rsquo;affaires âpre aux gains. Des bergers corses bien plus puissants que ne le laisseraient croire leurs troupeaux. Et Genève au début des années 90, la ville qui se dit calviniste, mais où le pouvoir se décline autour du sexe, de l&rsquo;argent et des mauvais coups. Bienvenue dans un monde où l&rsquo;ascension sociale se paye au prix fort. Au début tout semble simple. Aldo Bianchi séduit Odile sur un court de tennis. C&rsquo;est presque son métier. C&rsquo;est en tout cas de ça qu&rsquo;il vit, bien plus que de ses leçons. Aldo n&rsquo;a pas fait d&rsquo;études et le temps où il était le douzième joueur du pays commence à dater. Odile a entre 40 et 55 ans. Mariée à un riche Genevois plus souvent en voyage d&rsquo;affaires que dans leur luxueuse maison, Odile est toujours belle. Alors autant en profiter. De toute façon Aldo ne promet rien. Odile est très amoureuse d&rsquo;Aldo. Elle le met en relation avec des proches de son mari pour lui faire gagner un peu d&rsquo;argent. Aldo transporte des valises de billets de France en Suisse. Des bagages qui sont récupérés et recyclés par Svetlana Novák, une fondée de pouvoir à l&rsquo;Union des banques suisses (UBS). Svetlana parle cinq langues, elle est encore plus belle qu&rsquo;Odile, bien plus jeune, et elle aspire à succéder à son patron le directeur responsable des devises étrangères à l&rsquo;UBS. Tout leur est donc possible.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cela donne un roman passionnant, très bien écrit, cru, bien plus ancré dans la vraie vie que certains ne voudraient le croire</p></blockquote>



<p>Il y a un peu de la vie de Joseph Incardona dans les personnages d&rsquo;Aldo Bianchi et de Svetlana Novák, deux immigrés qui peinent à se faire une place en Suisse. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a vécu Joseph Incardona né de mère suisse et de père sicilien, ce que ses jeunes camarades n&rsquo;ont pas manqué de lui rappeler comme il l&rsquo;a raconté dans <em><a rel="noreferrer noopener" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=781" target="_blank"><strong>Une saison en enfance</strong></a></em>.&nbsp;C&rsquo;est ce qu&rsquo;il dit dans son interview à <em>Libération</em> en parlant de son père et de sa mère qui se sont tués au travail au profit de leurs patrons. Mais l&rsquo;émancipation d&rsquo;Aldo et de Svetlana s&rsquo;avère bien plus périlleuse que celle du petit Incardona, car les riches acteurs économiques de Genève ne sont pas prêts à céder leur place. Cela donne un roman passionnant, très bien écrit, cru, bien plus ancré dans la vraie vie que certains ne voudraient le croire. Il suffit de se souvenir du banquier Édouard Stern ou des multiples malversations de l&rsquo;UBS pour s&rsquo;en convaincre. Un livre qui nous donne envie de découvrir Charles Ferdinand Ramuz, auteur suisse francophone du début du XXe siècle. Un livre qui met en valeurs les femmes et non pas les hommes. Alors polar en raison de son intrigue et parce qu&rsquo;Incardona cite Jean-Patrick Manchette ou livre sans étiquette ? Difficile de répondre car Incardona évoque aussi Norman Mailer. Dans les deux cas des raconteurs d&rsquo;histoires où ça cogne. Peu importe <em>La soustraction des possibles</em> est avant tout un bouquin réussi.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Interview dans Libération (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://next.liberation.fr/livres/2020/01/03/l-ecriture-est-l-art-du-pauvre-tu-voyages-leger-entretien-avec-joseph-incardona_1771618" target="_blank">Interview de Joseph Incardona dans </a><em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Interview dans Libération (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://next.liberation.fr/livres/2020/01/03/l-ecriture-est-l-art-du-pauvre-tu-voyages-leger-entretien-avec-joseph-incardona_1771618" target="_blank">Libération</a></em>.</p>
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		<title>Une saison en enfance, Joseph Incardona, Éditions Pocket</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 May 2018 13:02:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[Pocket]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que le titre ne vous trompe pas. Si vous cherchez un tendre récit sur l&#8217;enfance, passez votre chemin. Joseph Incardona est un auteur de polars, par ailleurs cinéaste, qui ne fait pas dans la mièvrerie. Il nous livre ici l&#8217;histoire d&#8217;André Pastrella, jeune Rital de 12 ans résidant en Suisse, dans toute sa crudité. La [&#8230;]</p>
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<p><strong>Que le titre ne vous trompe pas</strong>. Si vous cherchez un tendre récit sur l&rsquo;enfance, passez votre chemin. Joseph Incardona est un auteur de polars, par ailleurs cinéaste, qui ne fait pas dans la mièvrerie. Il nous livre ici l&rsquo;histoire d&rsquo;André Pastrella, jeune Rital de 12 ans résidant en Suisse, dans toute sa crudité. La vie d&rsquo;André, qui est quasi officiellement celle d&rsquo;Incardonna,  est faite de violences au sein ou à l&rsquo;extérieur de sa famille, de déracinements et de racisme. Elle débute dans le livre par un énième déménagement qui amène André, Carlo son père et sa mère dans une HLM de la banlieue genevoise. Son père sicilien passe d&rsquo;un boulot à un autre, toujours en quête d&rsquo;un permis de séjour définitif, malgré son mariage avec une Suissesse. André est immédiatement pris en grippe par une bande de son nouveau quartier. Et son intégration ne passera pas non plus par l&rsquo;école. Sa norme est celle inculquée par son père : se battre. Le roman fait furieusement penser à l&rsquo;immigration new-yorkaise, quand les Irlandais ou les Juifs ne connaissaient qu&rsquo;une méthode : la force. Hélas pour André, il est trop seul comme Rital pour se battre à armes égales. Son seul copain est Aki, un Niakoué pour les Suisses, un Japonais en réalité. Aki dont la mère prostituée causera les premiers émois d&rsquo;André. Son intégration dans la société suisse est d&rsquo;autant moins facile que son père vit toujours à l&rsquo;heure italienne. Le dimanche est pour lui le moment où il suit sur son poste à ondes courtes le Calcio. Son équipe est l&rsquo;AS Roma et surtout pas la Juventus de Turin, le club du patron de Fiat. Et quand un match est organisé au bas des immeubles, le père et le fils revêtent le maillot et adoptent la tactique de la <em>Squadra Azzura</em> : un attaquant devant et le reste de l&rsquo;équipe en défense. Avec une virilité que n&rsquo;aurait pas reniée Claudio Gentile, le rugueux défenseur de la Squadra. Les vacances en Sicile, le retour aux racines, constituent le seul moment de répit pour la famille. Carlo retrouve son village natal et ses parents, à commencer par Armando son père dont André est très proche. Mais le retour en Suisse réveille rapidement le sentiment du déracinement et les violences au sein du couple. Serrer les dents encore et encore, tel semble être l&rsquo;avenir d&rsquo;André même si son professeur détecte chez lui de vraies facilités pour l&rsquo;écriture. Comme si l&rsquo;avenir d&rsquo;un jeune Rital, quasi-délinquant, pouvait passer par l&rsquo;école.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2018/05/02/une-saison-en-enfance-joseph-incardona-editions-pocket/">Une saison en enfance, Joseph Incardona, Éditions Pocket</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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