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	<title>Archives des roule ma poule 🚴 - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des roule ma poule 🚴 - Surbooké</title>
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		<title>Socrate à vélo, Guillaume Martin, Éditions Grasset</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Feb 2025 06:12:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grande nouvelle : les organisateurs du Tour de France abandonnent les équipes de marque et en reviennent aux formations nationales. Objectifs : développer l&#8217;audience internationale de la course et réduire sa dépendance aux intérêts financiers. Malgré son potentiel modeste, la fédération grecque postule ce qui lui vaut d&#8217;être retenue. C&#8217;est son dossier de candidature qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Grande</strong> <strong>nouvelle</strong> <strong>:</strong> <strong>les</strong> <strong>organisateurs</strong> <strong>du</strong> <strong>Tour</strong> <strong>de</strong> <strong>France</strong> <strong>abandonnent</strong> <strong>les</strong> <strong>équipes</strong> <strong>de</strong> <strong>marque</strong> et en reviennent aux formations nationales. Objectifs : développer l&rsquo;audience internationale de la course et réduire sa dépendance aux intérêts financiers. Malgré son potentiel modeste, la fédération grecque postule ce qui lui vaut d&rsquo;être retenue. C&rsquo;est son dossier de candidature qui a fait la différence. Rédigé par les coureurs qui se prétendent philosophes, il regorge d&rsquo;intelligence. Et les voilà le 10 décembre en stage de préparation à Olympie pour accumuler les heures de selle et former un collectif. Arrivent ainsi Socrate et son œil malicieux, le leader de l&rsquo;équipe, suivi de son lieutenant le musculeux Platon. Celui qui protégera Socrate dans la plaine en bouffant du vent. Juste derrière se présente Aristote un jeune aux dents longues, et on ne parle pas ici de son pédalier. Sûr que cette équipe ne fonctionnera pas à l&rsquo;EPO, ou alors à l&rsquo;Erudition, à la Philosophie et aux Opinions. Et si un ancien employé d&rsquo;une poissonnerie comme Vingegaard a gagné deux fois le Tour, pourquoi Socrate qui a commencé comme fantassin n&rsquo;en ferait-il pas autant ? Car pour gagner la plus grande course du monde il faut être dur au mal. Alors comme notre fier Hellène dispose  en plus d&rsquo;un cerveau peu commun dans le peloton, le voilà bien muni.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Guillaume Martin s&rsquo;est vite lassé d&rsquo;être réduit à ses études </p>
</blockquote>



<p>Pour un peu Guillaume Martin serait plus connu par ses études de philosophie que pour sa carrière de cycliste professionnel. Il est vrai que côté intellect  il peut exhiber son master de philo, sa pièce de théâtre <em>Platon</em> <em>vs</em> <em>Platoche</em>, et trois bouquins qui traitent du rapport du corps et de l&rsquo;esprit. <em>Socrate</em> <em>à</em> <em>vélo</em> en est chronologiquement le premier, et c&rsquo;est un vrai plaisir que de le lire. Guillaume est aussi un excellent coureur, surtout en montagne, parce qu&rsquo;il manque d&rsquo;explosivité dans les sprints. Il a été le meilleur grimpeur du Tour d&rsquo;Espagne en 2020, et a fini 8e de la Grande Boucle l&rsquo;année suivante. Dans <em>Socrate</em> <em>à</em> <em>vélo</em> Guillaume Martin s&rsquo;étonne que l&rsquo;on réduise automatiquement un cycliste à son corps. Alors que nous dit-il le peloton est divers, composé de personnes qui une fois  descendues de leur selle peuvent se passionner pour l&rsquo;art contemporain, le travail à la ferme, les belles voitures. Ou pour rien d&rsquo;autre que leur sport. Guillaume Martin s&rsquo;est vite lassé d&rsquo;être réduit à ses études par des journalistes qui reproduisaient le portrait qu&rsquo;avait fait de lui Pierre Carrey dans <em>Libération</em>. Un article où le journaliste interrogeait le coureur sur ses rapports avec la philosophie. Il revendique le droit d&rsquo;assumer tout autant ses deux passions. C&rsquo;est pourquoi il se qualifie de « vélosophe » et raconte qu&rsquo;il agrémente ses sorties à vélo de l&rsquo;écoute de France Culture. Ce qui ne l&#8217;empêche pas parfois de rouler sans penser à rien, juste en suivant le parcours prévu. Surtout quand l&rsquo;intensité de l&rsquo;effort mobilise l&rsquo;entièreté de ses capacités.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Attention aussi aux Hollandais et leur leader Spinoza </p>
</blockquote>



<p>Dans <em>Socrate</em> <em>à</em> <em>vélo</em> Guillaume Martin imagine ce que serait la plus grande course du monde avec pour participants de grands esprits. Les trois vélosophes grecs  précédemment cités luttent ainsi pour les maillots jaune, vert, blanc ou à pois, ou pour une simple victoire d&rsquo;étape. Ils affrontent une équipe d&rsquo;Allemagne où figurent Kant futur auteur d&rsquo;une <em>Critique</em> <em>de</em> <em>la</em> <em>raison</em> <em>vélocipédique</em>, ainsi que Schopenhauer, Hegel, Leibniz, Marx, et d&rsquo;autres coureurs plus communs. On devra disposer d&rsquo;un minimum de culture cycliste pour apprécier leur nom : Rudi Altich, Erik Zadel, Jens Vogt et Jan Ullrig. Et pour coacher tout ce beau monde, un certain Albert Einstein. Il y a d&rsquo;autres pointures dans le peloton comme les Français Blaise Pascal qui s&rsquo;est aguerri en montant le puy de Dôme dès l&rsquo;âge de sept ans, Henri Bergson, et l&rsquo;excellent rouleur Jacques Anquepil, tous dirigés par Sartre. Attention aussi aux Hollandais et leur leader Spinoza. Nietzsche a un statut particulier dans ce Tour qu&rsquo;il court en indépendant. Il en est de même dans l&rsquo;univers philosophique de Guillaume Martin qui lui a consacré son mémoire de master intitulé « Le sport moderne : une mise en application de la philosophie nietzschéenne ? ». Non parce qu&rsquo;il prétendait avoir découvert chez le penseur allemand un quelconque secret pour pédaler plus vite. Mais parce que la glorification de la victoire chez Nietzsche lui rappelait l&rsquo;essence de la compétition : gagner et non pas participer comme le pensait Coubertin. On ressort heureux de cette lecture, d&rsquo;avoir revu le Port de Balès le plus sauvage des cols pyrénéens, et d&rsquo;avoir beaucoup souri. On n&rsquo;y gagne pas pour autant des certitudes philosophiques, car comme le rappelle Guillaume Martin, Socrate n&rsquo;aimait pas répondre aux questions mais bien davantage en poser.  Mais on retiendra au moins ce slogan du vélosophe Marx qui souhaite que même les plus anonymes des cyclistes puissent gagner une étape : « <em>Baroudeurs</em> <em>de</em> <em>tous</em> <em>les</em> <em>pays,</em> <em>unissez-vous</em> <em>!</em> ».</p>
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		<title>L&#8217;échappée, Stéphane Dugast, Éditions du Trésor</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Apr 2023 15:14:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[Trésor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En jaune, forcément. Quelle autre couleur voulez-vous choisir pour le maillot quand vous décidez de traverser la France à vélo ? Et pas n&#8217;importe comment, de Dunkerque à Hendaye en suivant la diagonale du vide. Cette partie du territoire à faible densité de population. Cette France en déclin démographique, oubliée, qui s&#8217;étend des Ardennes, à [&#8230;]</p>
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<p><strong>En</strong> <strong>jaune,</strong> <strong>forcément</strong>. Quelle autre couleur voulez-vous choisir pour le maillot quand vous décidez de traverser la France à vélo ? Et pas n&rsquo;importe comment, de Dunkerque à Hendaye en suivant la diagonale du vide. Cette partie du territoire à faible densité de population. Cette France en déclin démographique, oubliée, qui s&rsquo;étend des Ardennes, à la Haute-Marne, dans la Nièvre, l&rsquo;Allier, en Creuse, jusqu&rsquo;à l&rsquo;Atlantique. Son fidèle compagnon s&rsquo;appelle Raymond en l&rsquo;honneur de Raymond Losserand, parce que Stéphane habite à une rue de celle du XIVe arrondissement de Paris qui porte ce nom. Celui d&rsquo;un résistant communiste fusillé par les Nazis. Raymond pèse douze kilos à vide, trente chargé, et ils vont parcourir 1 200 kilomètres en trente-cinq étapes sur quarante jours. Malheureusement pour Stéphane Dugast le maillot jaune ne fait pas tout. Il sort du confinement avec un réel embonpoint, pas véritablement affuté.  Certains le lui font remarquer, mais pas de quoi le décourager. Pourtant Stéphane s&rsquo;est trompé. Il s&rsquo;en rend vite compte dès l&rsquo;arrivée des premières côtes en s&rsquo;approchant des monts des Flandres. Il a trop pris de matériel dans ses sacoches fixées sur le porte-bagages ou le cadre. Impossible de se mettre en danseuse, obligé de marcher pour vaincre la déclivité. Même les descentes sont périlleuses. Alors quand en plus il décide d&#8217;emprunter les chemins de la forêt de Phalempin, entre Lille et Lens, les difficultés se corsent. Mais ça valait le coup pour profiter de la biodiversité du lieu qui fut entièrement replanté après la Première guerre mondiale. Stéphane et Raymond pratiquent le camping sauvage, qui est autorisé partout sauf là où il est interdit, et se contentent alors de plats lyophilisés. Ils fréquentent aussi les campings officiels, les chambres d&rsquo;hôtes et les hôtels bon marché, histoire de profiter des sanitaires. À Mons-en-Pévèle où passe la course Paris-Roubaix, Stéphane comprend qu&rsquo;en tant que cyclorandonneur il ne partage pas grand-chose avec les cyclistes qui s&rsquo;enorgueillissent de leur vélo tout carbone. Mais les gens du Nord sont de bons vivants. La bière coule à flots même pour les cyclistes affutés et on invite Stéphane à manger. À Charleville-Mézières il savoure les carolos, un compromis entre le macaron et la meringue garni de crème d&rsquo;amandes. Stéphane prend son temps. Il admire les points de vue, se fait détailler ce qu&rsquo;il ne doit pas manquer dans les offices de tourisme. Il se recueille devant l&rsquo;ossuaire de Douaumont. Notre cyclorandonneur rencontre un gros céréalier suréquipé, qui se plaint de la rentabilité de son exploitation, alors que la récolte de blé a dépassé les 100 quintaux à l&rsquo;hectare. Il croise une agricultrice qui a su faire son trou malgré la misogynie de la profession, tout en choisissant de travailler en bio.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Autant dire que le plat reste à inventer dans le Limousin </p></blockquote>



<p>Dans presque tous les villages l&rsquo;activité se fait rare, des services de proximité, des petits commerces. Les usines ont fermé. La moindre démarche administrative nécessite une voiture pour se rendre au chef-lieu du département. Allez-vous étonner que les jeunes soient partis. Heureusement pour le cycliste en quête de dépaysement il y a les paysages. Les voies vertes qui traversent l&rsquo;Europe lui sont d&rsquo;un grand secours. Construites le long des canaux, sur des chemins forestiers ou d&rsquo;anciennes voies ferrées, elles évitent les camions et les voitures. Stéphane a le béguin pour le Limousin, surtout pour la Creuse. De Marcillat-en-Combraille à Aubusson et au lac de Vassivière il se régale. Il voit dans cette ruralité beaucoup d&rsquo;atouts pour ceux qui se désespèrent de la ville. Sous un cagnard de 40 degrés Stéphane apprécie de se rafraîchir dans l&rsquo;eau, du moins quand la baignade est autorisée.  D&rsquo;autant que comme lui explique un local, ici c&rsquo;est le domaine de la bosse. Autant dire que le plat reste à inventer dans le Limousin. En descendant vers le Pays basque Stéphane est mal accueilli au camping municipal de Marmande où on l&rsquo;avertit qu&rsquo;il y a des Manouches dans le coin. Il aurait dû s&rsquo;informer des précédentes élections dans ce coin du Lot-et-Garonne. Quand le Rassemblement national l&#8217;emporte ça n&rsquo;annonce jamais rien de bon. Direction Hendaye pour terminer le périple. Une fois dans les Landes, en longeant l&rsquo;Adour, seules les entrées et sorties d&rsquo;agglomération déplaisent à notre cycliste. Encore quelques rencontres avec ceux qui le remettent dans la bonne direction. Il pourra bientôt verser dans l&rsquo;Atlantique l&rsquo;eau qu&rsquo;il avait prélevée dans la mer du Nord.</p>



<p><strong>Vous pourriez aussi apprécier</strong><br><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2018/06/08/on-a-roule-sur-la-terre-alexandre-poussin-et-sylvain-tesson-editions-robert-laffont/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">On a roulé sur la terre</a></em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/06/On-a-roule-sur-la-terre-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19384" srcset="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/06/On-a-roule-sur-la-terre-1024x538.jpg 1024w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/06/On-a-roule-sur-la-terre-300x158.jpg 300w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/06/On-a-roule-sur-la-terre-768x403.jpg 768w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/06/On-a-roule-sur-la-terre.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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		<title>À la poursuite du panda, Pierre Carrey et Dan Martin, Hugo Sport</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 21:51:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est le portrait d&#8217;un coureur cycliste généreux, honnête, talentueux, que nous propose Pierre Carrey. Un athlète à la notoriété mitigée, au moins auprès du public français, malgré un très beau palmarès. Et c&#8217;est facile à comprendre. En France le vélo c&#8217;est avant tout Le Tour de France, éventuellement Paris-Roubaix. Or Dan Martin n&#8217;a jamais été [&#8230;]</p>
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<p><strong>C&rsquo;est le portrait d&rsquo;un coureur cycliste généreux, honnête, talentueux</strong>, que nous propose Pierre Carrey. Un athlète à la notoriété mitigée, au moins auprès du public français, malgré un très beau palmarès. Et c&rsquo;est facile à comprendre. En France le vélo c&rsquo;est avant tout Le Tour de France, éventuellement Paris-Roubaix. Or Dan Martin n&rsquo;a jamais été de taille pour occuper « à la pédale » une des trois premières places de la Grande boucle. Ça n&rsquo;aurait probablement pas suffi à le rendre célèbre en dehors du peloton, car qui se souvient aujourd&rsquo;hui de Jean-Christophe Peraud pourtant second en 2014 ? Ce qu&rsquo;il faut pour être adulé du public français c&rsquo;est une victoire sur le Tour, des chevauchées dans les montagnes, ou incarner des <em>looser</em>s magnifiques comme Raymond Poulidor et Thibaut Pinot. Dan Martin n&rsquo;était pas de ce calibre, il n&rsquo;en fut pas moins un excellent coureur cycliste. Plus puncheur que grimpeur, rapide au sprint sans rivaliser avec les plus véloces du peloton, il excellait sur les courses vallonnées d&rsquo;un jour et sur les épreuves d&rsquo;une semaine. Il a pratiqué de 2005 à 2021 son sport avec passion et courage, toujours prêt à attaquer. Il dispose maintenant que sa carrière est achevée d&rsquo;un palmarès avec lequel aucun coureur français en activité ne peut rivaliser à l&rsquo;exception de Julian Alaphilippe et peut-être Pinot. À une époque où le vélo prétendait devenir scientifique, il a refusé de martyriser son corps en l&rsquo;affamant comme le lui demandaient certains médecins. Mieux il ne négligeait pas les plaisirs de la table quand il le pouvait, au point d&rsquo;investir une partie de ses gains dans un restaurant à Londres. Il lui est arrivé de manger chez les frères Roca à Gérone alors considérés comme les meilleurs cuisiniers au monde. Martin n&rsquo;était pas comme Christopher Froome et Geraint Thomas à se précipiter sur une salade à peine arrivé sur les Champs-Élysées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Dan Martin n’a jamais été soupçonné de dopage</p></blockquote>



<p>Pas question pour lui de passer son temps à gravir les paysages désertiques d&rsquo;un volcan aux Canaries. Il préférait organiser lui-même ses stages en famille. Impossible de sacrifier sa vie sociale comme les coureurs du Team Sky, cet Anglo-Irlandais passé par la France et l&rsquo;Espagne a trouvé l&rsquo;apaisement dans les montagnes d&rsquo;Andorre. Ce qui distinguait aussi Dan Martin c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais été soupçonné de dopage, alors que le doute n&rsquo;existe pas chez tant de ceux qui l&rsquo;ont devancé. Alejandro Valverde dont il partageait le registre évoluait souvent un ton au-dessus. Mais l&rsquo;Espagnol fut suspendu deux ans sans pour autant faire taire les doutes quand il reprit la compétition. De cela Martin ne parle pas, se contentant de dire qu&rsquo;on ne l&rsquo;a jamais incité à prendre des substances interdites. Il a bien dû être un des seuls dans les équipes qui l&rsquo;ont employé puisque nombre de ses entraîneurs et de ses managers faisaient figure de maîtres en la matière. Mais il était comme cela Martin, prêt à affronter la douleur si présente dans son sport, avec au mieux du paracétamol à l&rsquo;arrivée.  Le récit qu&rsquo;en fait Pierre Carrey est savoureux. Ce n&rsquo;est pas une surprise pour ceux qui ont lu <strong><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=6600" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Giro</a></em></strong> son histoire du Tour d&rsquo;Italie. À l&rsquo;évidence la complicité qui le lie depuis des années avec Dan Martin lui a facilité la tâche.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du côté de sa mère sa famille est irlandaise</p></blockquote>



<p>Il fut poursuivi au printemps 2013 par un panda géant. En réalité par un homme déguisé en panda. C&rsquo;était tout à la fin de Liège-Bastogne-Liège une course qui allait devenir une de ses deux plus grandes victoires avec le Tour de Lombardie 2014. Et sa préférée parce que cet aller-retour dans les Ardennes lui ressemblait beaucoup. Deux cent cinquante kilomètres, sept heures de vélo, avec à la fin du sang ou de la joie sur le goudron. Ce succès il l&rsquo;avait ressenti avant le départ au point de l&rsquo;avoir annoncé par texto à ses parents qui en avaient été surpris. Il fut d&rsquo;autant plus jouissif qu&rsquo;une victoire est toujours aléatoire. La meilleure preuve est qu&rsquo;un an plus tard, aussi bien positionné pour gagner la « Doyenne », l&rsquo;autre nom de Liège-Bastogne-Liège, Dan Martin chuta dans l&rsquo;ultime virage. Sa pratique du vélo en course remonte à loin. À ses origines familiales du côté de Birmingham en Angleterre où il est né. Fils et petit-fils de coursier. Abonné dès son adolescence aux plus grands cols, Tourmalet et Alpe d&rsquo;Huez où il passait ses vacances. C&rsquo;est en tant qu&rsquo;Anglais qu&rsquo;il débuta sa carrière avec notamment une participation au championnat du monde junior en 2003. Mais du côté de sa mère sa famille est irlandaise. Son oncle Stephen Roche a gagné la même année le Tour d&rsquo;Italie, le Tour de France et le championnat du monde. Et son cousin Nicolas Roche courut ce même championnat du monde junior pour l&rsquo;Irlande. Son avenir allait s&rsquo;écrire de ce côté car la fédération anglaise lui proposait de se spécialiser sur la piste.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les victoires arrivèrent progressivement</p></blockquote>



<p>Dan voulait voir le ciel, sentir le vent sur son corps en pédalant. C&rsquo;est donc avec la nationalité irlandaise qu&rsquo;il s&rsquo;installa en 2004 à Marseille pour apprendre son métier comme beaucoup de cyclistes britanniques l&rsquo;avaient fait avant lui en venant en France. La période était rude, la concurrence féroce, encore plus pour les coureurs étrangers qui risquaient à tout moment de se faire jeter. Dan Martin apprit à gagner en montagne, au Tour du Val d&rsquo;Aoste et au sommet du Glandon. Il se fit remarquer et entra en 2008 dans l&rsquo;équipe professionnelle de Jonathan Vaughters. La structure était américaine avec une base à Gérone en Espagne. Dan Martin bénéficia sur place des conseils de David Millar ancien champion du monde du contre-la-montre, déchu pour dopage, et réel repenti par la suite. La question était importante à cette période qui succédait aux sept Tours de France gagnés par Lance Armstrong dont il n&rsquo;avait pas encore été déchu. Les victoires arrivèrent progressivement : une étape du Tour d&rsquo;Espagne 2011, Tour de Catalogne, Liège-Bastogne-Liège et une étape du Tour de France en 2013, Tour de Lombardie 2014. Et plus tard un bouquet au <em>Giro</em> pour rentrer dans le cercle fermé de ceux qui ont triomphé sur les trois grands tours.</p>



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		<title>Le versant féroce de la joie, Olivier Haralambon, Éditions Premier Parallèle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 04:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
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		<category><![CDATA[Premier parallèle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est pas un livre sur le cyclisme. Pas un bouquin sur le dopage. Pas davantage un opuscule alimenté par des souvenirs. Le versant féroce de la joie est le portrait d&#8217;un homme né pour être une star. Comme Frank Vandenbroucke était belge, et issu d&#8217;une famille où on vénérait le vélo, c&#8217;est ce sport [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Ce n&rsquo;est pas un livre sur le cyclisme</strong>. Pas un bouquin sur le dopage. Pas davantage un opuscule alimenté par des souvenirs. <em>Le versant féroce de la joie</em> est le portrait d&rsquo;un homme né pour être une star. Comme Frank Vandenbroucke était belge, et issu d&rsquo;une famille où on vénérait le vélo, c&rsquo;est ce sport qu&rsquo;il choisit. Aurait-il appartenu à un autre milieu, peut-être aurait-il été adulé pour sa musique. Ce qui est sûr, c&rsquo;est qu&rsquo;il se brûla les ailes comme l&rsquo;ont fait les membres du Club des 27, Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin ou encore Amy Winehouse. Tous anéantis à vingt-sept ans par la célébrité et les innombrables drogues qu&rsquo;ils et elles avaient à portée de main. Persuadé de devenir à terme le meilleur cycliste du monde, Frank Vandenbroucke emprunta le même chemin en résistant un peu plus longtemps puisqu&rsquo;on le retrouva mort à trente-cinq ans dans une chambre d&rsquo;hôtel à Saly au Sénégal. Il eut toutefois assez de temps pour briller sportivement, être adulé, se détruire à grands coups de produits de toute sorte, et pour faire beaucoup de mal à son entourage. Il demeure aujourd&rsquo;hui  une légende du vélo belge malgré un palmarès sans commune mesure avec ses ambitions. Il est un parfait symbole de ce qu&rsquo;on a laissé faire dans le cyclisme, un peu comme le fut l&rsquo;italien Marco Pantani un autre champion qui mourut dans la solitude à Rimini. L&rsquo;histoire de Frank Vandenbroucke est magnifiée par l&rsquo;écriture d&rsquo;Olivier Haralambon, écrivain et philosophe. « <em>Un très grand livre</em> » a écrit sur Twitter Grégory Nicolas, un sacré écrivain qui en connaît un rayon sur le vélo.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Pas de maillot de champion du monde dont il avait tant rêvé</p></blockquote>



<p>Olivier Haralambon n&rsquo;a rencontré  Frank Vandenbroucke (VDB) qu&rsquo;une dizaine de fois. Il lui a un peu parlé au téléphone. Ils ont par deux fois partagé un repas mémorable. Haralambon s&rsquo;est beaucoup appuyé sur les dires de Nico Mattan, un coureur intime de VDB. Celui qui l&rsquo;a protégé aussi bien pendant les courses en l&rsquo;abritant du vent, qu&rsquo;après quand il s&rsquo;agissait de le sauver du désastre. <em>Le</em> <em>versant</em> <em>féroce</em> <em>de</em> <em>la</em> <em>joie</em> est « <em>une</em> <em>biographie</em> <em>rêvée</em> » qui rend compte de l&rsquo;obsession de son auteur pour le cyclisme. Ancien coureur, Olivier Haralambon nous propose un livre sur un homme qui a traversé l&rsquo;histoire du cyclisme mondial entre fulgurances et désastres. Même devant la mort, VDB tenait à préserver sa magnificence comme lorsqu&rsquo;il ouvrit un magnum de Petrus 1961 avant de tenter de se suicider. VDB s&rsquo;aimait tellement qu&rsquo;il était capable de parler de lui à la troisième personne. Mais en fin de compte son palmarès apparaît aujourd&rsquo;hui bien maigre. Une victoire sur Liège-Bastogne-Liège, une sur Paris-Nice et pas grand-chose d&rsquo;autre de grand. Pas de maillot de champion du monde dont il avait tant rêvé. Son histoire est aussi celle de sa famille avec un père qui le précéda dans le vélo. Jean-Jacques Vandenbroucke arrêta rapidement les courses pour subvenir aux besoins de ses frères, une fois leur père décédé. Jean-Jacques devint donc mécanicien dans des équipes professionnelles. C&rsquo;est un de ses frangins, Jean-Luc, qui reprit le flambeau et devint champion. C&rsquo;est ce tonton qui inocula le virus au petit Frank. Sa carrière commença à quatre ans quand il fut renversé par un pilote de rallye qui lui fracassa un genou. Les séquelles de l&rsquo;accident devaient se rappeler à lui jusqu&rsquo;à sa mort. À quinze ans il eut le droit de suivre les coureurs professionnels pendant leurs entraînements. Le don était déjà là, Frank étant capable d&rsquo;arriver au sommet du Ventoux avec ses aînés. Certes son mécanicien de père lui ramenait le meilleur matériel, celui des équipes qui l&#8217;employaient, mais Frank n&rsquo;en avait pas besoin pour lever les bras sur les lignes d&rsquo;arrivée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il tournait désormais au mélange Stilnox-alcool dont l&rsquo;effet était dévastateur</p><p></p></blockquote>



<p>Premier contrat à vingt ans dans l&rsquo;équipe Lotto que dirigeait son oncle. Pas assez grande pour ce qu&rsquo;il voulait devenir. Surtout que l&rsquo;équipe Italienne Mapei, qui payait mieux et travaillait avec la crème des médecins sportifs, pointait son nez. Chez Mapei il échangea les corticoïdes contre l&rsquo;EPO, et gagna. Mais l&rsquo;avantage apporté par la nouvelle potion fut de courte durée, le temps qu&rsquo;elle se répande dans le peloton. À vingt-cinq ans il avait beaucoup d&rsquo;argent, assez pour faire construire une magnifique maison, et vivre avec Clotilde une très belle jeune femme. À vingt-cinq ans lassé de ne pas être le seul leader chez Mapei il partit chez Cofidis. Il tournait désormais au mélange Stilnox-alcool dont l&rsquo;effet était dévastateur. Sans parler des amphètes, mais les amphètes c&rsquo;était la drogue du pauvre pour les cyclistes. Ça ne comptait pas. Sauf qu&rsquo;à force, avec en plus de la cocaïne, VDB ne dormait plus et consommait de plus en plus de Stilnox. En avril 1999 il annonça à quel endroit il allait lâcher ses concurrents sur Liège-Bastogne-Liège, une des plus belles courses du calendrier. L&rsquo;enfant-roi tint parole remportant ce qui sera sa plus belle victoire. Car ensuite tout s&rsquo;arrêta. VDB semblait ne plus avoir envie. En mai il fut ramassé par les stups en compagnie de Philippe Gaumont. C&rsquo;est le coureur français qu&rsquo;on venait chercher, mais ils emmenèrent aussi le Belge, parce que « Mabuse » un des principaux pourvoyeurs de dope du peloton français venait de tomber. La suite ne fut qu&rsquo;une longue série d&rsquo;échecs qui de ruptures conjugales, d&rsquo;échecs sportifs en séjours en hôpital psychiatrique, l&rsquo;amenèrent au bout du bout.</p>
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		<title>Je suis le cycliste masqué, Antoine Vayer, Éditions Hugo Sport</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 05:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On aimerait tant que ce livre sorti en 2016 soit caduc, qu&#8217;il incarne le vélo d&#8217;hier, que les pratiques qu&#8217;il décrit n&#8217;aient plus cours. Non qu&#8217;il soit une enquête à charge contre le sport cycliste. Antoine Vayer, qui a officiellement accouché le narrateur du bouquin, explique que c&#8217;est un livre sur la condition humaine des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>On aimerait tant que ce livre sorti en 2016 soit caduc</strong>, qu&rsquo;il incarne le vélo d&rsquo;hier, que les pratiques qu&rsquo;il décrit n&rsquo;aient plus cours. Non qu&rsquo;il soit une enquête à charge contre le sport cycliste. Antoine Vayer, qui a officiellement accouché le narrateur du bouquin, explique que c&rsquo;est un livre sur la condition humaine des athlètes de haut niveau. Un bouquin sur des cyclistes qui obéissent aux codes de leur milieu, des cyclistes bien payés qui doivent se taire pour continuer à vivre de leur sport. Bien payés ils le sont mais avec des contrats précaires, souvent deux ans pendant lesquels il convient de performer au risque de ne pas continuer dans l&rsquo;équipe. En dehors de quelques vedettes, ils ne sont jamais sûrs d&rsquo;être choisis pour participer aux grandes courses. Pour Le Tour de France, ils ne l&rsquo;apprennent parfois qu&rsquo;une semaine avant le départ. En plus la retraite arrive à trente-cinq ans quand un salarié est censé entrer dans la force de l&rsquo;âge.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Avec lui les parties de jambes en l&rsquo;air c&rsquo;est quand il les met en hauteur au retour de l&rsquo;entraînement</p></blockquote>



<p><em>Je</em> <em>suis</em> <em>le</em> <em>cycliste</em> <em>masqué</em> est pour Antoine Vayer un ouvrage sur la solitude des athlètes qui n&rsquo;ont que leur compagne pour se confier. Pourtant la première chose qu&rsquo;a dite notre narrateur à sa future femme quand il l&rsquo;a rencontrée, c&rsquo;est qu&rsquo;elle passerait toujours après le vélo. Seul leur premier enfant sera à même de détrôner la bicyclette dans son panthéon personnel. Et à ce moment sa femme ne sera plus que son troisième centre d&rsquo;intérêt. La compagne d&rsquo;un cycliste ne peut pas être comme les autres. Son mec se couche tôt, ne sort quasiment jamais, il surveille son alimentation à l&rsquo;obsession. Alors la cocotte qui rêve de boîte de nuit même pas en rêve. Avec lui les parties de jambes en l&rsquo;air c&rsquo;est quand il les met en hauteur au retour de l&rsquo;entraînement pour mieux récupérer. Elle cale sa vie sur le rythme du coureur. Absent entre deux cents et deux cent cinquante jours par an, un seul mois de vacances en novembre. Et puis tous les jours à déclarer une heure sur son appli pour que les contrôleurs de la lutte anti-dopage puissent lui sucer le sang. Même que dans le milieu on raconte l&rsquo;histoire de ce coureur belge qui se déclarait quotidiennement disponible entre sept et huit. À huit heures et une minute il partait s&rsquo;entraîner sans bruit pour ne pas réveiller sa femme. Un jour il rebroussa chemin tant il faisait mauvais et revint se lover contre sa compagne qui, encore endormie susurra : quand je pense que l&rsquo;autre con est en train de pédaler.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>D&rsquo;où l&rsquo;intérêt de s&rsquo;entraîner à 3 000 mètres dans les Andes où les contrôleurs anti-dopage se font rares</p></blockquote>



<p>Pour donner toutes les chances à leurs coureurs les équipes ont embauché des diététiciens, et même des cuisiniers qui les suivent sur les grands tours. Ça permet de varier les menus, d&rsquo;aller au-delà du binôme viande blanche et pâtes. Au moins en France, parce que Pierre Carrey raconte dans <strong><em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Giro (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=6600" target="_blank">Giro</a></em></strong> que Thibaut Pinot apprécie pendant Le Tour d&rsquo;Italie la&nbsp;<em>pasta</em>&nbsp;admirablement cuite, la&nbsp;<em>mozarella</em> et les huiles d’olive sans égal. La contrepartie des cuisiniers qui individualisent les repas est que chacun mange dans son coin ce qu&rsquo;on lui a préparé, avant de remonter dans sa chambre. Ce qui limite les échanges. Il y a aussi le dopage dont on retrouve trace dès les premières courses. Lisez <em><strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les forçats de la route (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=3334" target="_blank">Les forçats de la route</a></strong></em> d&rsquo;Albert Londres pour vous en convaincre. Le vrai dopage, le lourd, ce sont l&rsquo;EPO, les hormones de croissance, les anabolisants, les transfusions de sang. Tous ces produits souvent indétectables nécessitent des filières d’approvisionnement, des endroits pour se cacher. D&rsquo;où l&rsquo;intérêt de s&rsquo;entraîner à 3 000 mètres dans les Andes où les contrôleurs anti-dopage se font rares. Et puis il y a le tout-venant. Les corticoïdes, un vieux produit qui masque la douleur et la fatigue. Il suffit d&rsquo;une ordonnance pour en prendre. C&rsquo;est sans doute pour cela que la moitié du peloton fut un temps allergique. S&rsquo;ils se font prendre les coureurs ne sont pas sanctionnés. Ils sont mis en arrêt de travail. À moins qu&rsquo;un deuxième contrôle atteste d&rsquo;un retour à la normale, ce qui est à la portée du premier médecin venu. La cortisone ça vous fait gagner alors pourquoi s&rsquo;en priver. La caféine aussi. Elle fut un temps interdite puis on l&rsquo;a autorisée, comme si cela allait aider les cyclistes à décrocher des drogues dures. On peut également opter pour le Tramadol un antalgique accessible sur ordonnance. Évidemment le soir pour s&rsquo;endormir avec tous ces excitants on peut prendre des anxiolytiques comme les benzodiazépines.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>En présentant en 2016 <em>Je</em> <em>suis</em> <em>le</em> <em>cycliste</em> <em>masqué</em> Vayer était encore optimiste</p></blockquote>



<p>Antoine Vayer est l&rsquo;ancien entraîneur de l&rsquo;équipe Festina, celle dont un soigneur s&rsquo;est fait gauler en 1998 avec un coffre rempli de produits dopants. Il a depuis chroniqué le Tour de France dans <em>Le</em> <em>Monde</em>, et entre autres co-construit une mesure de la puissance des cyclistes pour détecter les dopés. Il est aussi très actif sur Tweeter où il commente en direct les courses avec un humour potache. Ce qui ne l&#8217;empêche pas de manier de manière redoutable sa plume quand il s&rsquo;agit d&rsquo;argumenter. En présentant en 2016 <em>Je</em> <em>suis</em> <em>le</em> <em>cycliste</em> <em>masqué</em> Vayer était encore optimiste. Il expliquait que le dopage régressait et qu&rsquo;il redevenait possible de gagner proprement des courses. Mais son analyse a évolué ces dernières années. Et ce n&rsquo;est pas Le Tour 2021 dominé par le Slovène Tadel Pogačar qui le fera changer d&rsquo;avis. Déjà l’hallucinante performante de l&rsquo;anglais Christopher Froome dans le Giro 2018 l&rsquo;avait fait hurler. Celle  de Pogačar qui écrase Le Tour 2021 le conforte. L&rsquo;argumentation de Vayer repose en grande partie sur les puissances des cyclistes disponibles sur le site <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Cronoswatts (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.chronoswatts.com/" target="_blank"><strong>Cronoswatts</strong></a>. En montrant que le Slovène développe au moins autant de puissance que Lance Armstrong quand il gagnait tout, Vayer dispose d&rsquo;un argument de poids. S&rsquo;y ajoutent d&rsquo;autres éléments comme la mainmise de certaines équipes ou l&rsquo;absence de fatigue visible chez Pogačar. Historiquement, l&rsquo;arrivée de l&rsquo;EPO avait coïncidé avec un triplé de l&rsquo;équipe Gewiss. En plus du dopage biologique, Antoine Vayer met en avant le dopage mécanique, avec un moteur, ou comme le révèle Pierre Carrey dans <em>Le Temps</em> avec d&rsquo;autres moyens synonymes du retour du cyclisme à deux vitesses (<strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="ici (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.letemps.ch/sport/progres-velos-menacent-creer-un-dopage-technologique-sein-peloton" target="_blank">ici</a></strong>).</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Lance Armstrong avait vendu une belle histoire pour expliquer ses résultats</p></blockquote>



<p> La nouveauté en 2021 est qu&rsquo;une grande partie de la presse n&rsquo;adhère plus au mythe d&rsquo;un cyclisme propre. Elle réfute l&rsquo;argument selon lequel le dopage n&rsquo;existerait pas dans le vélo puisque les contrôles ne le détecte pas. Pourquoi cela arrive-t-il maintenant alors que cela fait longtemps que l&rsquo;on sait que l&rsquo;affaire Festina a été lancée par un contrôle de la Douane, que Lance Armstrong est tombé suite à une enquête fédérale aux États-Unis, et que l&rsquo;affaire Puerto en Espagne a été déclenchée par la Guardia Civil ? Une des raisons vient de ce que même Lance Armstrong avait vendu une belle histoire pour expliquer ses résultats. Celle d&rsquo;une rémission d&rsquo;un cancer payée au prix d&rsquo;un testicule qui lui aurait procuré de nouvelles forces. Accessoirement, on vantait la fréquence de pédalage de l&rsquo;Américain, même si ceux qui l&rsquo;avaient essayée n&rsquo;avaient pas obtenu de meilleurs résultats. Avec Pogačar rien de cela. Le coureur était certes déjà champion chez les jeunes mais de là à ce qu&rsquo;il aille aussi vite &#8230;. Surtout quand on sait que son entourage comprend beaucoup d&rsquo;anciens coureurs impliqués dans des affaires de dopage. Il y a toutefois un organe de presse, et pas des moindres, qui fait de la résistance. France Télévisions diffuseur du Tour de France ignore avec insistance la possibilité du dopage du Slovène. Il est vrai que cela dévaloriserait un produit qu&rsquo;ils achètent fort cher. Le déni est une vieille histoire dans le vélo. Le plus grand des coureurs, Eddy Merckx, a soutenu jusqu&rsquo;au dernier moment qu&rsquo;Armstrong ne se dopait pas. De nombreux anciens champions qui gagnaient quand l&rsquo;EPO était indispensable pour monter sur un podium n&rsquo;ont pas non plus reconnu en avoir pris. Les cyclistes ne sont pas les seuls. L&rsquo;ancienne reine du sprint est-allemand Marita Koch n&rsquo;a jamais admis s&rsquo;être dopée. L&rsquo;entourage de Florence Griffith-Joyner, l&rsquo;américaine décédée qui détient encore aujourd&rsquo;hui le record du monde du 100 mètres, n&rsquo;a pas fait mieux. Reconnaître ses erreurs est assurément douloureux. D&rsquo;où la nécessité pour notre cycliste de nous raconter son histoire masqué.</p>
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		<title>Là où leurs mains se tiennent, Grégory Nicolas, Éditions Rue des Promenades</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2021 06:50:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Rue des promenades]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mais pourquoi n&#8217;est-il pas plus connu ? Pourquoi son nom n&#8217;est-il pas plus souvent cité dans les médias ? Pourtant livre après livre Grégory Nicolas confirme tout le bien qu&#8217;il nous fait en nous racontant ses histoires. Là où leurs mains se tiennent est son premier roman, le seul qui n&#8217;avait pas encore été chroniqué [&#8230;]</p>
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<p><strong>Mais pourquoi n&rsquo;est-il pas plus connu ?</strong> Pourquoi son nom n&rsquo;est-il pas plus souvent cité dans les médias ? Pourtant livre après livre Grégory Nicolas confirme tout le bien qu&rsquo;il nous fait en nous racontant ses histoires. <em>Là où leurs mains se tiennent</em> est son premier roman, le seul qui n&rsquo;avait pas encore été chroniqué sur ce blog. Le premier et déjà une réussite. On se permet d&rsquo;avancer deux explications pour tenter de le comprendre. Sans doute certains pensent-ils que Grégory Nicolas n&rsquo;est qu&rsquo;un écrivain du vélo. En témoignent les couvertures de ses livres qui glorifient souvent la petite reine, comme celle de <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Des histoires pour cent ans (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=2552" target="_blank">Des histoires pour cent ans</a></em> ou d&rsquo;<em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Équipiers (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=446" target="_blank">Équipiers</a></em>. Et aussi celle de ce premier roman où trône fièrement Pierre Rolland magnifique champion qui, un jour qu&rsquo;Alberto Contador avait oublié de manger ses anabolisants parfumés à la viande, avait battu l&rsquo;Espagnol sur le Tour à l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez. Or ce n&rsquo;est pas vrai. Plus que des récits sportifs, Grégory nous offre des histoires de personnages auxquels on s&rsquo;attache tout de suite, qui font du vélo. Lui-même a tâté du spad dans son Trégor natal avant de constater que se ruiner le dos, se broyer les testicules, et se briser les genoux sur une potence était trop cher payé pour un coureur qui ne gagne jamais. L&rsquo;autre raison du relatif anonymat de Grégory Nicolas est qu&rsquo;on l&rsquo;imagine comme un grand discret, ce qui lui valut d&rsquo;être admis aux côtés de l&rsquo;équipe de France de cyclisme en 2018 comme il l&rsquo;a raconté dans <em>Équipiers</em>. <em>Là où leurs mains se tiennent</em> est  l&rsquo;histoire de Jean-Baptiste qui succède à Bernard Hinault au palmarès du Tour de France. Mais avant de devenir l&rsquo;idole des Français, Jean-Baptiste est d&rsquo;abord un orphelin qui porte la poisse à ses parents. Sa mère décède à peine son accouchement terminé. Et la vie de son père prend fin, la première et dernière fois qu&rsquo;il jouit avec sa mère  « <em>avec la rage d&rsquo;un acteur allemand à moustache</em> ». Ah cholie performance ! On se permet d&rsquo;ajouter que Grégory Nicolas développe dans son livre une réelle attirance pour nos cousins germains qui portent dans ses pages des tongs et des chaussettes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Jean-Baptiste entame une nouvelle vie en signant sa première licence de coureur</p></blockquote>



<p>Voilà donc Jean-Baptiste récupéré par sa grand-mère qui lui prépare tous les matins son grand bol de chocolat Nesquik et ses brioches à la confiture d&rsquo;abricots. Adolescent, Jean-Baptiste est le souffre-douleur de sa classe au collège parce qu&rsquo;il n&rsquo;a plus ses parents. Heureusement arrive Thibault, jeune Picard avec qui il se lie d&rsquo;amitié. Quand les adolescents se séparent parce que Thibault déménage, Jean-Baptiste entame une nouvelle vie en signant sa première licence de coureur. Sa grand-mère lui offre pour cela un vieux Peugeot repeint en bleu et jaune comme dans l&rsquo;équipe Festina, avec des pédales automatiques Look. Un présent magnifique que Jean-Baptiste complète d&rsquo;un casque et de gants payés avec ses économies. Commence alors une longue série de victoires qui amènent Jean-Baptiste à la célébrité. Surgissent surtout des pages magnifiques sur les routes ventées du Trégor qu&rsquo;il emprunte à l&rsquo;entraînement. Sur les montées de cette Bretagne du Nord qui vous explosent le palpitant, et sur ces paysages maritimes qui vous apaisent tant ils sont beaux. La vie de Jean-Baptiste c&rsquo;est aussi la rencontre avec Anna, médecin contrôleuse de l&rsquo;Agence française de lutte contre le dopage, qui le réveille à l&rsquo;aube pour le faire pisser. Une rencontre qui scelle leur avenir. Ces deux-là sont nés pour vivre ensemble.</p>
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		<title>Les forçats de la route, Albert Londres, Éditions Arlea</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2020 12:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[Arlea]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On peut dire qu&#8217;on l&#8217;aura attendu ce Tour de France déplacé pour la première fois de juillet à septembre. Alors pour mieux en profiter, autant découvrir son passé. Et qui mieux qu&#8217;Albert Londres pour raconter son histoire. Londres, ce journaliste dont le nom est aujourd&#8217;hui associé à un prix tant convoité et pour cause. Albert [&#8230;]</p>
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<p><strong>On peut dire qu&rsquo;on l&rsquo;aura attendu ce Tour de France</strong> déplacé pour la première fois de juillet à septembre. Alors pour mieux en profiter, autant découvrir son passé. Et qui mieux qu&rsquo;Albert Londres pour raconter son histoire. Londres, ce journaliste dont le nom est aujourd&rsquo;hui associé à un prix tant convoité et pour cause. Albert Londres, c&rsquo;est une série de reportages des bagnes de Guyane aux hôpitaux psychiatriques, du Congo aux <em>shtetls</em> de Transylvanie avec parfois des conséquences importantes puisque le bagne fut progressivement fermé après publication de ses articles. Heureusement pour le Tour de France, ses papiers de 1924 publiés dans le <em>Petit</em> <em>parisien</em> n&rsquo;entraînèrent pas la fin de cette course. Alors Thibaut Pinot on compte sur toi pour celui de cette année ! Le récit d&rsquo;Albert Londres nous fait mieux comprendre combien le Tour était inhumain à ses débuts. Sachez donc qu&rsquo;en 1924 le Tour était encore un vrai tour de France avec départ et arrivée à Paris, et entre-temps 15 étapes. La plus courte de Nice à Briançon faisait 270 kilomètres avec l&rsquo;ascension de l&rsquo;Isoard et du Galibier. Et la plus longue 480 kilomètres des Sables-d&rsquo;Olonne  à Bayonne. Au total trente jours de course, qui aux dires des coureurs étaient autre chose que les quatorze stations du Chemin de la Croix. Question matériel, les coureurs étaient vernis : des vélos qui pesaient leur poids et pas de dérailleur. Non qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas encore été inventés, mais justement parce qu&rsquo;ils existaient et que la direction de course les avaient interdits. Pour se fader la route de Bayonne à Luchon via l&rsquo;Aubisque, le Tourmalet et Aspin les concurrents étaient donc contraints de retourner leur roue arrière qui était équipée de chaque côté d&rsquo;un pignon. Un grand pour la plaine et un petit pour la montagne. Il faudra attendre 1937 pour que l&rsquo;invention du sieur Simplex soit autorisée. Pas de voiture suiveuse non plus pour réparer les crevaisons. Chacun pour sa gueule avec le lot de boyaux qu&rsquo;ils avaient emportés et au besoin en en quémandant à un marchand de vélos. Pareil pour les grosses réparations. Si la chaîne cassait, à charge pour eux de se débrouiller avec des cailloux pour remettre un maillon. Toutes ces conditions étaient de mise depuis le début du Tour, et même pire pour la première édition qui ne comptait que six étapes. Paris- Lyon pour commencer. Vas-y roule, comme ça tu seras chaud pour la suite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>On n&rsquo;est pas des chiens</em> »</p></blockquote>



<p>Alors pourquoi donc le Tour de 1924 est-il rentré dans la légende. Grâce à Londres mais aussi aux deux frères Pélissier, Henri et Francis qui abandonnèrent en se livrant leurs états d&rsquo;âme à Coutances (Manche) au journaliste. Henri, le plus célèbre, immense champion, avait gagné en 1923, mais là c&rsquo;était trop.  « <em>On n&rsquo;est pas des chiens</em> » dit le grand frère Pélissier à Londres quand il lui demanda les raisons de son abandon. Un commissaire de course lui avait soulevé son maillot pour vérifier qu&rsquo;il n&rsquo;en portait pas un deuxième. Car dans ce cas il aurait dû le garder jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;étape. Même sous le cagnard. Et de raconter combien le Tour était un calvaire que les coureurs supportaient avec force produits. De la cocaïne pour les yeux, du chloroforme pour les gencives, de la pommade pour se chauffer les genoux. Plus des pilules ce qui ne les empêchait pas de souffrir de diarrhée, de ne plus rien avoir sur la peau, et de perdre leurs ongles. Ils auraient aussi pu parler de la poussière qu&rsquo;ils avalaient à longueur de journée. Et dire qu&rsquo;un des coureurs faisait le Tour avec un œil de verre. Pour cette déclaration les Pélissier eurent droit à une amende et à une suspension. Otavio Bottecchia, ancien maçon du Frioul, gagna le Tour devant Nicolas Franz un Luxembourgeois et Lucien Buysse un Belge. Les articles d&rsquo;Albert Londres eurent un grand retentissement notamment dans l&rsquo;<em>Humanité</em> qui dénonça  « <em>Les mercantis du sport </em>» bien que Londres écrivait ses papiers pour  « <em>un journal bourgeois </em>». Henri Pélissier mourut en 1935 sous les balles de sa compagne après avoir agressé au couteau sa sœur. Il avait survécu au Tour, et même à la Première guerre mondiale pour laquelle il s&rsquo;était engagé volontairement bien qu&rsquo;il ait été dans un premier temps réformé pour faible constitution.</p>
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		<title>Équipiers, Grégory Nicolas, Éditions Hugo Sport</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2020 08:36:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il n&#8217;y a pas de petit livre, il n&#8217;y a pas de petits sujet. Il y a ceux qui plaisent et ceux qui ne plaisent pas. Équipiers est un bouquin que vous commencez à midi et que vous pourriez terminer tard dans la soirée, sauf si par gourmandise vous le gardiez pour le lendemain. Car [&#8230;]</p>
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<p><strong>Il n&rsquo;y a pas de petit livre</strong>, il n&rsquo;y a pas de petits sujet. Il y a ceux qui plaisent et ceux qui ne plaisent pas. <em>Équipiers</em> est un bouquin que vous commencez à midi et que vous pourriez terminer tard dans la soirée, sauf si par gourmandise vous le gardiez pour le lendemain. Car commencer une journée en le lisant est une idée qui vous ravit par avance. C&rsquo;est une enquête, un récit familial, une histoire d&rsquo;amour dont les seconds couteaux du sport cycliste sont les personnages principaux. Les équipiers, pas les <em>gregari</em> comme les appellent les Italiens, ce que l&rsquo;on peut traduire par domestiques. Car les équipiers de Grégory Nicolas ont leur noblesse que l&rsquo;on admire. L&rsquo;écrivain, déjà six livres au compteur, nous en dresse les portraits ce qui lui a valu le prix Antoine Blondin. Et quand on aime le vélo, Blondin ça représente beaucoup. L&rsquo;histoire commence en Bretagne, dans un département qui s&rsquo;appelait encore les Côtes-du-Nord, une époque où on n&rsquo;avait pas encore peur de déplaire aux touristes. Nous sommes dans les années cinquante, quand entre dans le café de ses arrière-grands-parents Louison Bobet. Bobet, trois Tours de France au compteur, un championnat du monde, des bouquets à ne plus pouvoir les compter à l&rsquo;arrivée des courses, Bobet pénètre chez Pépère Boschat pour boire un coup parce qu&rsquo;il a soif. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;élément déclencheur du bouquin, plutôt la cerise sur le gâteau, car le vélo avait déjà toute sa place dans la famille. De père en fils on s&rsquo;y adonnait, avec succès dans les rangs amateurs, une tradition que tenta en vain de perpétuer Grégory jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 17 ans. Trop dur, pas fait pour lui. Il s&rsquo;y remet après le mariage de sa cousine avec Pierre Rolland, ce qui nous vaut quelques pages magnifiques sur ce coureur, qui est bien plus qu&rsquo;un équipier. Ainsi que sur Perrig Quéméneur. Rolland, un temps évoqué comme futur vainqueur du Tour,  est peu à peu rentré dans le rang. Mais avec de belles victoires quand même, comme celle obtenue dans le Tour à l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, en décrochant à la pédale Contador un jour où l&rsquo;Espagnol avait oublié de manger sa viande survitaminée. Quéméneur est davantage le symbole de celui qui court avec grâce au profit de son leader. Longtemps une terreur comme amateur en Bretagne, Quéméneur comprit rapidement que ses succès étaient dus à une croissance précoce. Son chemin chez les professionnels était tout tracé : travailler pour les autres, sans aucune rancune pour autant. Il n&rsquo;avait de toute façon pas le choix, car les places sont chères pour intégrer une équipe. Chères et rudes, on s&rsquo;y fracasse la clavicule ou plus encore dans les chutes. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>À 48 kilos, il dut admettre son anorexie, « <em>une maladie de fille </em>»</p></blockquote>



<p>On peut aussi y laisser sa santé. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a connu Clément Chevrier, qui un temps avait choisi de perdre du poids pour préserver ses qualités de grimpeur. Plutôt grand, il pesait soixante kilos en début de carrière. Avant de céder à l&rsquo;obsession de la perte de poids, qui devait lui permettre de s&rsquo;envoler dans les cols. Le vélo c&rsquo;est déjà dur sur la route, mais ça l&rsquo;est plus encore en-dehors quand on s&rsquo;interdit de manger. À 48 kilos, il dut admettre son anorexie, « <em>une maladie de fille </em>» dont il réchappa avec l&rsquo;aide d&rsquo;un médecin fédéral et de la compagne de Romain Bardet. Chevrier s&rsquo;est repris. Il s&rsquo;est découvert une passion pour le vin, pas en se fiolant, mais en le savourant. Ce qui nous donne un chouette récit d&rsquo;une dégustation d&rsquo;un morgon, la cuvée 3.14 de chez Jean Foillard, millésime 2014. Et quand on aime le morgon, c&rsquo;est qu&rsquo;on est guéri. De tous ces portraits, de ceux de Rudy Molard et d&rsquo;Anthony Roux, il ressort toujours la même chose. Le don de ces coureurs en faveur d&rsquo;un leader n&rsquo;est possible que dans un respect mutuel. Des équipiers pas des <em>gregari</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Pierre Rolland dans l&#039;Alpe d&#039;Huez" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OdHP6e6Rrpg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Mort contre la montre, Jorge Zepeda Patterson, Éditions Actes Sud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2019 09:41:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman mexicain 🇲🇽]]></category>
		<category><![CDATA[roman policier, thriller]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
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		<category><![CDATA[Actes Sud]]></category>
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<p><strong>Toujours pas rassasiés du Tour de France</strong>&nbsp;? On vous comprend, surtout après l&rsquo;abandon de Thibaut Pinot à qui la victoire était promise cette année. Alors on y retourne avec un second polar écrit par un auteur mexicain, Jorge Zepeda Patterson. Cette fois ce n&rsquo;est pas le directeur du Tour qui est assassiné mais le principal coéquipier d&rsquo;un des favoris de la Grande Boucle. Un Anglais retrouvé mort dans sa baignoire le soir d&rsquo;une étape. Le meurtre est présenté comme un suicide pour que la course continue. Et ce n&rsquo;est que le début des incidents qui vont se multiplier tout au long de la course. Mais plus que l&rsquo;enquête c&rsquo;est bien le déroulement de l&rsquo;épreuve qui cloue le lecteur à son bouquin, chaque étape étant décortiquée tactiquement et techniquement. On pardonnera sans difficulté quelques imprécisions que l&rsquo;on mettra sur le dos du traducteur. Non les coureurs ne roulent pas avec des pneus <em>tubeless</em> collés aux jantes mais avec des boyaux. Ou alors de manière exceptionnelle. Ils n&rsquo;ont pas de potentiomètre mais un cardiofréquencemètre pour mesurer le rythme de leur cœur. Et Joseba Beloki n&rsquo;était pas un coureur italien du temps d&rsquo;Armstrong mais un Basque qui méritait le terme de « chaudière » tant il consommait des produits prohibés. Broutilles. Autant que par son suspens le roman vaut par la description de cette micro-société qui est celle des coureurs.  À leur tête le leader de l&rsquo;équipe que ses équipiers doivent protéger pour qu&rsquo;il gagne. Chez la Protex, il s&rsquo;appelle Steve Panata, un Américain qui espère gagner son cinquième maillot jaune histoire d&rsquo;égaler les records d&rsquo;Anquetil, de Merckx, d&rsquo;Hinault et de Miguel Indurain. Armstrong et ses sept victoires on oublie. On parle ici de vélo pas de mafia. Son principal coéquipier est français, Marc Moreau surnommé Annibal pour sa capacité à passer les cols alors que Panata est avant tout un rouleur. Les deux hommes ont construit ensemble leur carrière au point de se donner du «&nbsp;bro&nbsp;». Plus encore que l&rsquo;assassinat du coureur anglais, c&rsquo;est la concurrence entre Steve et Annibal qui va dérégler la belle mécanique de la Protex. Même si le Français se considère avant tout comme un gregario, que l&rsquo;on traduit selon ses goûts porteur d&rsquo;eau ou domestique, son entourage ne le voit pas ainsi. À commencer par sa fiancée Fiona, la rousse Irlandaise qui a plus d&rsquo;un atout pour stimuler ses talents d&rsquo;escaladeur. Pas pendant l&rsquo;épreuve malheureuse tu vas nous l&rsquo;épuiser ! La rivalité des hommes c&rsquo;est l&rsquo;histoire du vélo faite de trahisons et de promesses non tenues. Hinault et Lemond en 1986, Wiggins et Froome en 2012. Alors peut-être sera-ce enfin l&rsquo;année d&rsquo;un Français sur le Tour. Sinon nous attendrons Pinot en 2020. Allez Thibaut&nbsp;!</p>
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		<title>La dernière étape,  Alfred Azkabade, Éditions Hugo Sport</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Sep 2019 09:36:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman policier, thriller]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
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		<category><![CDATA[Hugo Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petite question : qu&#8217;est-ce qui symbolise le mieux le mois de juillet ? Les vacances, la plage, le soleil ? Réponse négative. Le mois de juillet est avant toute chose le moment du Tour de France. L&#8217;irremplaçable Tour de France. Le plus grand spectacle gratuit qui draine depuis un siècle des millions de Français mais [&#8230;]</p>
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<p><strong>Petite question</strong> : qu&rsquo;est-ce qui symbolise le mieux le mois de juillet ? Les vacances, la plage, le soleil ? Réponse négative. Le mois de juillet est avant toute chose le moment du Tour de  France. L&rsquo;irremplaçable Tour de France. Le plus grand spectacle gratuit qui draine depuis un siècle des millions de Français mais aussi de Hollandais et d<em>&lsquo;aficionados</em> d&rsquo;autres nationalités sur les routes de l&rsquo;Hexagone. Alfred Azkabade vous fait vivre en avant-première celui de 2019 dans un polar particulièrement sympatoche qui vous fera vivre l&rsquo;évènement de l&rsquo;intérieur. N&rsquo;allez pas imaginer que l&rsquo;on se vautre dans la soie sur la Grande Boucle. Pour la plupart de ceux qui la font vivre, le Tour est d&rsquo;abord celui des hôtels Formule 1 et autres logements pourris ainsi que des sandwichs Sodexo. C&rsquo;est ce que découvre Hugo Taquelin, jeune journaliste en CDD au Progrès. Hugo se tape habituellement les chiens écrasés mais cette année, le patron du Tour est retrouvé assassiné peu avant le départ à Lyon. C&rsquo;est donc pour enquêter qu&rsquo;Hugo est réquisitionné pour suivre l&rsquo;épreuve. Or sil est une chose qu&rsquo;il déteste, c&rsquo;est bien le vélo. Il en a bouffé jusqu&rsquo;à plus soif pendant son enfance sur toutes les routes de France dans le VW Combi de son père qui vénérait la petite reine. Même son prénom traduit la passion familiale, car Hugo fait référence au grand Hugo Koblet, playboy suisse vainqueur du Tour en 1951. Le voilà néanmoins parti dans la Renault de son collègue Hampteau qui contrairement à Hugo attend chaque année sa virée estivale avec impatience. Non seulement, il se délecte des étapes de montagne, mais il y trouve surtout motif à  faire ce qu&rsquo;il préfère : boire beaucoup, se marrer et se taper des gonzesses. Pour le début du programme, aucune difficulté. Afin d&rsquo;arriver au top de sa forme sur le Tour, Hampteau s&rsquo;astreint à un régime sévère, refusant toute nourriture pour se contenter de nombreux verres d&rsquo;anisette. Mais les résultats sont là : douze kilogrammes perdus. Pour le reste, les avis sont partagés car selon Hugo l&rsquo;âge d&rsquo;Hampteau fait furieusement penser à la météo. Température réelle, quarante-quatre ans, température ressentie, soixante-douze. Mais dans un malentendu tout est possible. La concurrence est néanmoins sévère dans cette micro société de mâles qui virent rapidement aux bonobos priapiques dès qu&rsquo;ils approchent une hôtesse. Elles n&rsquo;ont donc pas la vie facile, levées aux aurores, souriant toute la journée en distribuant casquettes et saucissons, et surtout en mettant en valeur leurs courbes avantageuses. N&rsquo;allez pas croire qu&rsquo;Azkabadze n&rsquo;aime pas le vélo. Son livre traduit sa grande connaissance de l&rsquo;histoire de ce sport. Son bouquin est farci de références vélocipédiques. Grand dénonciateur du dopage, chimique ou mécanique, Vortaire n&rsquo;est autre qu&rsquo;Antoine Vayer qui calcula pendant des années la puissance des cyclistes dans les colonnes du Monde. Alors faites comme Hugo, redécouvrez la montée du Ventoux ou les étapes de plaine pour votre plus grand plaisir.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2019/09/03/la-derniere-etape-alfred-azkabade-editions-hugo-poche/">La dernière étape,  Alfred Azkabade, Éditions Hugo Sport</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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