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	<title>Archives des voyage 🧳 - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des voyage 🧳 - Surbooké</title>
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		<title>Et si on rentrait au bled en train ?, Nassira El Moaddem, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jul 2025 14:50:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Souvent les racistes lui disent de rentrer chez elle. Elle le fait chaque année lors de son retour familial au bled qu&#8217;elle effectue désormais à sa façon : en train et un peu en ferry. Terminé le voyage en voiture accompli si souvent avec ses parents. Exit le trajet aérien avec son mari et ses [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Souvent</strong> <strong>les</strong> <strong>racistes</strong> <strong>lui</strong> <strong>disent</strong> <strong>de</strong> <strong>rentrer</strong> <strong>chez</strong> <strong>elle.</strong> Elle le fait chaque année lors de son retour familial au bled qu&rsquo;elle effectue désormais à sa façon : en train et un peu en ferry. Terminé le voyage en voiture accompli si souvent avec ses parents. <em>Exit</em> le trajet aérien avec son mari et ses enfants devenu routinier. Les tarifs des compagnies aériennes ont en partie motivé ce changement. Mais il y eut d&rsquo;autres raisons. Le plaisir de se façonner un parcours sur mesure. La joie de profiter des paysages. La satisfaction de réduire d&rsquo;un facteur 24 les rejets de CO2 par rapport à l&rsquo;avion. La journaliste Nassira El Moaddem a ses attaches à Romorantin. C&rsquo;est pourquoi elle a souvent emprunté l&rsquo;Intercités qui la menait à Salbris, avant de retrouver le Blanc Argent ou B-A qui la menait jusqu&rsquo;à la ville de son enfance. Le goût des déplacements ferroviaires au long cours, Nassira l&rsquo;a découvert en 2007 quand elle était étudiante en sciences politiques à Istanbul. Elle avait eu l&rsquo;occasion de se rendre à Téhéran en train, trois jours de périple pour 50 euros avec la couchette en partant d&rsquo;Ankara. Le Trans Asia Express portait mal son nom, mais il proposait des paysages délirants et même non loin de la frontière iranienne la traversée du lac de Van en ferry. Il y eut d&rsquo;autres expériences « exotiques », en Tunisie et dans les Balkans. Nassira ne les a pas oubliées. Elle nous raconte ici celle qui lui permet d&rsquo;enjamber la Méditerranée comme elle l&rsquo;aime, tout en se rappelant les retours au bled effectués dans la 504 break de ses parents. C&rsquo;est grand un break, mais ça ne l&rsquo;était pas assez pour que chacun puisse trouver de quoi loger ses jambes une fois les bagages chargés. Il n&rsquo;était de toute façon pas conçu pour lutter contre la peur de se perdre dans les nœuds routiers de Madrid, car à l&rsquo;époque la carte Michelin était le seul instrument pour se diriger. Et que dire de la souffrance des passagers submergés par la chaleur andalouse, puisque les glaçons étaient l&rsquo;unique façon d&rsquo;y remédier. Une fois arrivée face à la mer, la famille devait parfois attendre trois jours à Algésiras avant d&#8217;embarquer dans le ferry.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">La troisième ville andalouse recèle d&rsquo;innombrables richesses </p>
</blockquote>



<p><br>Le premier retour au bled en train fut beaucoup plus simple. Il commença par un Paris-Barcelone, et se poursuivit avec une seconde étape jusqu&rsquo;à Cordoue. Avec à chaque fois un train à grande vitesse, histoire de vérifier que la technologie espagnole n&rsquo;avait rien à envier à celle de la France. L&rsquo;arrêt dans la capitale catalane avait été minutieusement programmé pour profiter de quelques-unes de ses merveilles. Une nuit dans un hôtel familial parfaitement propre, et hop direction Montjuïc et sa Fontaine magique. Moins connue la troisième ville andalouse recèle d&rsquo;innombrables richesses héritées des cultures byzantine, musulmane, chrétienne et juive. On peut la visiter en suivant des bénévoles que l&rsquo;on rétribue en fonction de l&rsquo;intérêt qu&rsquo;on y a trouvé. Après n&rsquo;hésitez pas à déguster un <em>salmorejo</em>, une soupe à la tomate locale agrémentée de pain, d&rsquo;huile d&rsquo;olive, d&rsquo;ail et d&rsquo;un œuf dur haché. Le périple reprit jusqu&rsquo;à Cadix en train régional, puis vers Tarifa et sa gare maritime en bus. Une heure de bateau suffit pour atteindre Tanger où le TGV marocain dessert Casablanca en deux heures dix. Il ressemble furieusement à son cousin français, ce qui est logique car c&rsquo;est Alstom qui l&rsquo;a construit. Il existe beaucoup d&rsquo;autres possibilités pour rejoindre le Maroc depuis Paris sur les rails. Nassira El Moaddem est descendue cette année au Maroc depuis Paris en optant pour un Paris  &#8211;  Latour-de-Carol en train couchettes, avant d&rsquo;enchaîner vers Barcelone avec la Renfe. À lire ses posts diffusés en quasi-live sur Bluesky, elle a kiffé ! Non contente de  s&rsquo;émerveiller sur les paysages ariégeois, elle rêvait de nouvelles aventures en train de nuit, entre Turin et Lecce dans les Pouilles. Ou de Rome vers la Sicile sans descendre du train qui est hissé sur un ferry à Messine. Vous trouverez dans son livre d&rsquo;innombrables renseignements pour préparer vos voyages. Car les meilleurs plans se méritent en tapant aux bonnes portes. Son Paris &#8211; Latour-de-Carol lui a coûté 25 euros par personne plus 125 euros pour l&rsquo;achat du Pass Interrail. Lequel leur a permis de continuer gratuitement jusqu&rsquo;à Barcelone.</p>



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		<title>Refuge au crépuscule, Grégoire Domenach, Éditions Christian Bourgois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bourgois]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est à l&#8217;aéroport d&#8217;Istanbul que Gaspard Dernaisse rencontra Arstan Isaev. Le photographe français attendait son avion pour Bichkek la capitale du Kirghizistan, le plus petit pays d&#8217;Asie centrale. Le vieux Kirghiz rentrait au pays après avoir rendu visite une dernière fois à sa femme allemande. Arstan souffrait d&#8217;un cancer en phase terminale, et quand il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>à</strong> <strong>l&rsquo;aéroport</strong> <strong>d&rsquo;Istanbul</strong> <strong>que</strong> <strong>Gaspard</strong> <strong>Dernaisse</strong> <strong>rencontra</strong> <strong>Arstan</strong> <strong>Isaev</strong>. Le photographe français attendait son avion pour Bichkek la capitale du Kirghizistan, le plus petit pays d&rsquo;Asie centrale. Le vieux Kirghiz rentrait au pays après avoir rendu visite une dernière fois à sa femme allemande. Arstan souffrait d&rsquo;un cancer en phase terminale, et quand il retrouva Gaspard dans un bar clandestin de Bichkek il lui exposa son projet : élaborer un livre-photos pour transmettre à son épouse ce qu&rsquo;il avait vécu dans son pays. Il voulait notamment mettre en avant le lien qu&rsquo;il avait eu avec la nature kirghize, puisqu&rsquo;il y avait longtemps été responsable de la protection d&rsquo;espèces en voie d&rsquo;extinction comme le léopard des neiges et l&rsquo;argali une variété de mouflon. Arstan proposa à Gaspard de s&rsquo;en occuper, à charge pour lui de travailler avec Barza, un guide de haute montagne français qui vivait au Kirghizistan depuis plusieurs années et qui pourrait l&rsquo;aider. Depuis l&rsquo;indépendance de son pays, Arstan avait gagné beaucoup d&rsquo;argent en rachetant des sociétés d&rsquo;État. Il proposa donc à Gaspard de bien le payer. De toute façon il n&rsquo;avait nulle ambition d&rsquo;être le plus riche du cimetière. Alors le jeune Français accepta.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Ce pays d&rsquo;éleveurs nomades, où le cheval est roi, culmine à plus de 7 000 mètres</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est un roman improbable que nous propose Grégoire Domenach, parce qu&rsquo;il se déroule dans un pays que peu savent situer sur une carte et dont encore moins nombreux sont ceux qui connaissent son histoire. Ce n&rsquo;est pas un hasard si l&rsquo;écrivain a choisi de localiser son récit dans ce coin perdu d&rsquo;Asie centrale, puisque Domenach y a vécu plusieurs années en tant que rédacteur en chef du seul journal francophone de la région. Il en a ramené des paysages sublimes faits de steppes et de très hautes montagnes. Rappelons que ce pays d&rsquo;éleveurs nomades, où le cheval est roi, culmine à plus de 7 000 mètres et constitue en quelque sorte une porte d&rsquo;entrée vers l&rsquo;Himalaya. Certains personnages du roman tentent d&rsquo;en tirer profit en vendant à de riches occidentaux l&rsquo;ascension de sommets, quitte à les faire voyager en hélicoptère. Ce qui est totalement déphasé en comparaison de la vie des populations locales qui vivent parfois d&rsquo;un tout petit troupeau. Le Kirghizistan c&rsquo;est aussi un certain nombre de lacs que beaucoup sur place qualifient de plus beaux lacs de montagne au monde. Rendez-vous à Köl-Suu dans l&rsquo;Est du pays pour s&rsquo;en assurer, ou encore à Issyk-Koul à proximité de Bichkek comme j&rsquo;ai pu le faire. Grégoire Domenach n&rsquo;escamote pas pour autant les innombrables fractures du pays qui sont souvent issues de la domination soviétique, et qui se sont aggravées avec l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS. Car l&#8217;empire russe a laissé derrière lui un pays sans infrastructures, en partie ravagé par la vodka, avec des laideurs toutes staliniennes comme le béton de Bichkek, son avenue Karl-Marx et ses trolleybus biélorusses. Et que dire de l&rsquo;état des sanatoriums construits pour les rescapés de la Seconde guerre mondiale qu&rsquo;Arstan et Barza ont fréquentés. Ceux qui sont revenus d&rsquo;Afghanistan n&rsquo;ont pas été mieux traités, et ils se sont parfois reconvertis dans le trafic d&rsquo;opium à l&rsquo;image de Vassili Gorzanov, qui multiplia les voyages en camion du Pamir afghan à la Russie sans jamais devenir riche. Sauver sa peau était le seul objectif accessible pour ces forçats de la route.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Barza s&rsquo;est réfugié au fin fond de l&rsquo;Asie centrale parce que nul ne viendra jamais l&rsquo;y chercher </p>
</blockquote>



<p><em>Refuge</em> au <em>crépuscul</em>e vaut aussi par ses personnages. Arstan Isaev ancien apparatchik soviétique qui consacra ensuite son existence à la sauvegarde de la nature. Et surtout Barza dont on découvre vite qu&rsquo;il est en fuite et poursuivi par la justice française. Son parcours, qui lui fit traverser l&rsquo;Europe puis le Caucase, qui l&#8217;emmena sur la Caspienne dans les pires conditions, avant d&rsquo;aboutir au Kazakhstan et enfin au Kirghizistan, atteste de la gravité de son crime. Jamais apaisé, soigné au lithium, hyperactif, Barza s&rsquo;est réfugié au fin fond de l&rsquo;Asie centrale parce que nul ne viendrait jamais l&rsquo;y chercher. Mieux que son passeport kirgiz, l&rsquo;absence de convention d&rsquo;extradition et ses accointances locales constituent ses mes meilleurs garants. Il ne trouvera pourtant jamais le bonheur, ni dans sa nouvelle famille, ni en parcourant son pays d&rsquo;adoption. Même les personnages secondaires valent le détour, comme Arstan Isaev Bolotbekovitch un ancien technicien russe d&rsquo;un laboratoire d&rsquo;astronomie du Kazakhstan. Russe en Asie centrale il fut, russe il reste à l&rsquo;image de sa voiture Moskvitch, quand bien même il vit dans une roulotte.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <em><strong>Bibliosurf</strong></em> <strong>?</strong></p>



<p><a href="https://www.bibliosurf.com/Refuge-au-crepuscule.html#recherche">https://www.bibliosurf.com/Refuge-au-crepuscule.html#recherche</a></p>



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		<title>L&#8217;usure du monde, François-Henri Désérable, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jul 2023 13:51:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il devait partir sur les traces de Nicolas Bouvier, ce Genevois qui avec son ami Thierry Vernet avait circulé à partir de juin 1953 au volant d&#8217;une Fiat Topolino, de Belgrade à Kaboul via les Balkans, l&#8217;Anatolie, l&#8217;Iran et le Pakistan. Le périple avait donné lieu à un bouquin désormais célèbre, L&#8217;Usage du monde, un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Il</strong> <strong>devait</strong> <strong>partir</strong> <strong>sur</strong> <strong>les</strong> <strong>traces</strong> de <strong>Nicolas Bouvier</strong>, ce Genevois qui avec son ami Thierry Vernet avait circulé à partir de juin 1953 au volant d&rsquo;une Fiat Topolino, de Belgrade à Kaboul <em>via</em> les Balkans, l&rsquo;Anatolie, l&rsquo;Iran et le Pakistan. Le périple avait donné lieu à un bouquin désormais célèbre, <em>L&rsquo;Usage</em> <em>du</em> <em>monde</em>, un ouvrage dont il allait se servir pour son contenu et pour son titre. Retardé par le confinement et par la sortie d&rsquo;un de ses livres, François-Henri Désérable avait reporté son voyage fin 2022. Il aurait pu l&rsquo;annuler car l&rsquo;Iran s&rsquo;était enflammé en septembre 2022 après la mort de Masha Amini, une jeune fille tabassée par la police parce que son voile ne couvrait pas assez ses cheveux. De Téhéran à Ispahan, de Tabriz à Chiraz des jeunes femmes cheveux au vent défiaient le régime. Huit semaines après le début du soulèvement on en était à trois cent quatorze morts. Quand François-Henri Désérable atterrit à Téhéran il est le seul étranger dans l&rsquo;avion. Il s&rsquo;est déclaré écrivain et non journaliste pour obtenir son visa. Dans l&rsquo;auberge où il loge Désérable ne croise quasiment pas d&rsquo;Européens dissuadés de venir par leur gouvernement. Mais des Iraniens, des Pakistanais et surtout des Afghans dont Habib qui a fui le Kaboul des Talibans pour un Eden perse. C&rsquo;est dire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La torture est depuis des siècles monnaie courante dans le pays</p>
</blockquote>



<p>Dans la rue la peur qui accompagne les Iraniens depuis quarante-trois ans est toujours là. Mais elle s&rsquo;efface au profit du courage porté par diverses stratégies : couvrir les affiches du régime, emmener des fers à repasser qui entraveront la course des forces de l&rsquo;ordre, et surtout se débarrasser de son <em>hidjab</em>. La police et les <em>bassidji</em>, les miliciens des gardiens de la révolution, observent. Pour ceux qui croient à un avenir meilleur, il s&rsquo;agit de faire tomber le régime pas le gouvernement. Il faut se débarrasser à tout jamais de la théocratie qui les opprime. Le risque est grand pour les révoltés car la torture est depuis des siècles monnaie courante dans le pays. Sous Tamerlan le conquérant venu d&rsquo;Asie centrale qui fit couper quarante mille têtes pour célébrer la prise d&rsquo;Ispahan. Pendant le régime du Shah. Et désormais sous la République islamique qui ne manque pas d&rsquo;imagination de l&rsquo;arrachage des ongles à l&rsquo;enfermement dans de minuscules cellules avec une lumière allumée jour et nuit. Et puis il y a le viol et ses dérivés, le bébé qui en découle, et la vidéo postée sur Internet. Quant à la justice mieux vaut ne pas compter sur elle à l&rsquo;instar de l&rsquo;histoire qui circule à Téhéran. Celle de l&rsquo;ancien ministre afghan de la Mer et des Ports qui suscite l&rsquo;interrogation d&rsquo;un douanier iranien puisque l&rsquo;Afghanistan n&rsquo;a ni mer ni ports. Et alors répond l&rsquo;homme, vous avez bien un ministre de la Justice.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les policiers sont parfois de simples fonctionnaires acteurs d’une inénarrable bureaucratie</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est un voyage iranien en clair-obscur que nous propose François-Henri Désérable. Une traversée qui le met en contact avec la révolte totalement légitime des femmes asservies depuis la prise du pouvoir de Khomeini. Deux générations qu&rsquo;elles se le coltinent lui et ses successeurs qui ne montrent aucune hésitation pour noyer dans le sang toutes les tentatives d&rsquo;émancipation. Pour autant l&rsquo;Iran tel que l&rsquo;a observé Désérable n&rsquo;est pas partout à feu et à sang. Les manifestations sont parfois si brèves et si vite réprimées qu&rsquo;il est possible de passer à côté sans les voir. Ce pays est de toute façon compliqué à saisir. Les règles de politesse poussent les Iraniens à être accueillants, ce qui ne signifie pas qu&rsquo;il faut nécessairement accepter tout ce qu&rsquo;ils proposent. Les civilités exigent de multiples échanges pour ne pas transgresser les règles. Les policiers sont certes à éviter en cette période, mais ils sont parfois de simples fonctionnaires acteurs d&rsquo;une inénarrable bureaucratie, qui fait d&rsquo;autant moins peur qu&rsquo;elle est mise en œuvre par des agents en claquettes. Surtout pendant la Coupe du monde de football qui semble être leur principale préoccupation. Ce sport est d&rsquo;autant plus important que certains s&rsquo;imaginent ayatollah. Pas pour des raisons religieuses, mais parce que cela signifie pour eux être une star, un peu comme être avant-centre au PSG ou au Barça. Ce n&rsquo;est pas pour autant que tous les Iraniens s&rsquo;identifient à leur équipe nationale, même quand elle joue contre les États-Unis. François-Henri Désérable a ainsi regardé le match en compagnie de deux hommes qui se réjouirent de la victoire étasunienne. Qu&rsquo;on se le dise, contrairement aux mollahs, les Iraniens adorent les Américains. Et ils n&rsquo;hésitèrent pas à arroser le résultat d&rsquo;une bouteille d&rsquo;arak maison. <em>Fuck</em> les quatre-vingts coups de fouet prévus par la loi islamique. </p>



<p><strong>Qu’en dit&nbsp;<em>Bibliosurf</em>&nbsp;?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/L-usure-d-un-monde-Une-traversee-de-l-Iran.html">https://www.bibliosurf.com/L-usure-d-un-monde-Une-traversee-de-l-Iran.html</a></p>



<p><strong>Vous pourriez aussi apprécier</strong><br><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=13681">Mon maître et mon vainqueur</a></em></p>



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		<title>La panthère des neiges, Sylvain Tesson, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 10:14:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ceux qui ne le sauraient pas, Sylvain Tesson aime la nature, la solitude et l&#8217;Asie. Consultez Dans les forêts de Sibérie, le récit de six mois passés dans une cabane près du lac Baïkal, On a roulé sur la terre, ou encore Carnets de steppes. Il le prouve une fois encore dans son dernier [&#8230;]</p>
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<p><strong>Pour ceux qui ne le sauraient pas</strong>, Sylvain Tesson aime la nature, la solitude et l&rsquo;Asie. Consultez <em>Dans les forêts de Sibérie</em>, le récit de six mois passés dans une cabane près du lac Baïkal, <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="On a roulé sur la terre (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=772" target="_blank">On a roulé sur la terre</a></em>, ou encore <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Carnets de steppes (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=807" target="_blank">Carnets de steppes</a></em>.  Il le prouve une fois encore dans son dernier livre, où le photographe animalier Vincent Munier l&#8217;emmène au Tibet à la recherche de la panthère des neiges. Leur rencontre avait débuté par l&rsquo;observation de blaireaux dans les Vosges. Un heureux présage puisque « Tesson »  signifie blaireau en vieux français. « <em>Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis dix ans</em>, <em>la panthère des neiges</em> » lui dit Munier. « <em>Je pensais qu&rsquo;elle avait disparu</em> » répondit Tesson. « <em>C&rsquo;est ce qu&rsquo;elle veut faire croire</em> ».  Et elle le fait bien, car Munier, sa compagne Marie, leur ami Léo ainsi que Tesson eurent bien du mal à la trouver. C&rsquo;est dans un des derniers lieux qui l&rsquo;accueillent encore, le Tibet, qu&rsquo;ils se rendirent pour en arpenter les territoires les plus désertiques, vers les 5 000 mètres d&rsquo;altitude. On y croise quelques rares éleveurs de yacks et mieux encore des yacks sauvages, que les Chinois capturent quand ils le peuvent pour régénérer leurs élevages.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>Je pensais qu&rsquo;elle avait disparu</em> » répondit Tesson. « <em>C&rsquo;est ce qu&rsquo;elle veut faire croire</em> ».</p></blockquote>



<p>C&rsquo;est le domaine des loups, que Vincent Munier est allé photographier dans l&rsquo;Arctique, des lynx, des chats de Pallas, et un peu plus bas des antilopes, des gazelles et des ânes sauvages. Celui de l&rsquo;éternel combat entre les carnivores et les herbivores. Pour le mériter, il faut supporter le froid, trente à quarante degrés sous le zéro.  Grimper avec de lourdes charges sur le dos, sauf pour Tesson dont la colonne vertébrale meurtrie par un accident, ne le permet plus. Et surtout apprendre à observer. On peut le faire partout nous dit Tesson, dans une ville comme à la campagne. Mais est-ce si facile, puisque Vincent Munier dans un voyage précédent, avait photographié une panthère sans s&rsquo;en apercevoir. Il ne découvrit ses yeux qu&rsquo;après avoir développé son cliché. Cette nouvelle tentative fut plus fructueuse. Cela nous donne un récit qui oscille entre érudition et humour. Un récit où Tesson clame son désespoir de voir les hommes détruire la planète.</p>
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		<title>Pensées en chemin, Axel Kahn, Éditions Stock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Oct 2018 19:34:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Stock]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Envie d&#8217;une petite promenade ? Alors suivez Axel Kahn dans sa traversée de la France à pied, effectuée en 2013 des Ardennes au Pays basque. Kahn est un généticien renommé, habitué des médias, qui fut jusqu&#8217;en 2011 président de l&#8217;université Paris-Descartes. Plutôt que de solliciter un nouveau mandat de deux ans, il choisit à 67 [&#8230;]</p>
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<p><strong>Envie d&rsquo;une petite promenade</strong> ? Alors suivez Axel Kahn dans sa traversée de la France à pied, effectuée en 2013 des Ardennes au Pays basque. Kahn est un généticien renommé, habitué des médias, qui fut jusqu&rsquo;en 2011 président de l&rsquo;université Paris-Descartes. Plutôt que de solliciter un nouveau mandat de deux ans, il choisit à 67 balais de se consacrer à un vieux projet : parcourir la France en marchant. Axel Kahn l&rsquo;a fait en montagne des années durant, mais sa décision fait suite à une rencontre dans les monts du Puy-de-Dôme. Celle d&rsquo;un très vieux monsieur découvert sur un chemin enveloppé d&rsquo;une couverture de survie, allongé à côté de ses cannes anglaises. Interrogé pour savoir ce qu&rsquo;il faisait là, l&rsquo;homme répondit : « <em>Parce que selon vous, je devrais être en hospice en attendant qu&rsquo;on me passe le pistolet et le bassin ? Chacun choisit sa vie, je l&rsquo;ai fait</em> ». Kahn le fait en optant pour une diagonale l&rsquo;amenant du Nord-Est au Sud-Ouest avec comme points de passage obligés : visiter sa propriété champenoise pour s&rsquo;occuper de ses chevaux, saluer son frère Jean-François dans l&rsquo;Yonne, voir sa fille dans l&rsquo;Allier, atteindre Le Puy-en-Velay  avant d&rsquo;obliquer vers le Pays basque par les chemins menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Au printemps 2013, il est prêt quand il est renversé par un cycliste. Fracture probable du poignet qu&rsquo;il se refuse à admettre. Méfiez-vous des cyclistes. Axel Kahn débute son périple en mai à Givet dans les Ardennes. Un territoire qui réunit deux éléments qui ne le quitteront plus pendant plusieurs semaines : la pluie et la rencontre avec les désastres industriels. Pour dormir, pas de difficultés, car il a délaissé la tente pour l&rsquo;hôtel et les gîtes. Mais manger son sandwich le midi sous des trompes d&rsquo;eau le lasse assez vite et le pousse à se réfugier sous les abribus en attendant une invitation qui ne vient jamais. Quant aux conséquences de la disparition de l&rsquo;industrie, il ne cesse d&rsquo;en visualiser les conséquences en croisant une population désabusée, qui perd ses services publics et tout sentiment de lien social. C&rsquo;est particulièrement vrai au début de son parcours. Malgré la pluie, le froid, Kahn avance, s&rsquo;émerveille sur ce que lui réserve les paysages, même s&rsquo;il déplore l&rsquo;envahissement du Morvan par les douglas. Une espèce introduite pour la rapidité de sa récolte, à peine 40 ans, mais qui colonise la biodiversité autochtone. Il agrémente son voyage de rencontres et de conférences le soir, car l&rsquo;homme aime visiblement discourir. Axel Kahn change d&rsquo;environnement en arrivant dans l&rsquo;Allier où le soleil pointe enfin son nez. Il ne le quittera presque plus jusqu&rsquo;à la fin de son périple. Le livre accorde une large place à la description du patrimoine des lieux qu&rsquo;il visite. Une place peut-être trop importante, mais qui n&#8217;empêche pas de bien saisir la diversité de la France qu&rsquo;il parcourt.</p>
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		<title>On a roulé sur la terre, Alexandre Poussin et Sylvain Tesson, Éditions Robert Laffont</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jun 2018 20:08:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Laffont]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Phileas Fogg avait mis 80 jours. Alexandre Poussin et Sylvain Tesson auront besoin d&#8217;un an. Mais ils ont fait le tour du monde à vélo avec seulement 1 000 euros. À la force des jarrets, même s&#8217;ils ont aussi utilisé l&#8217;avion pour passer du Sénégal en Argentine et du Chili en Indonésie. Poussin et Tesson [&#8230;]</p>
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<p><strong>Phileas Fogg avait mis 80 jours</strong>. Alexandre Poussin et Sylvain Tesson auront besoin d&rsquo;un an. Mais ils ont fait le tour du monde à vélo avec seulement 1 000 euros. À la force des jarrets, même s&rsquo;ils ont aussi utilisé l&rsquo;avion pour passer du Sénégal en Argentine et du Chili en Indonésie. Poussin et Tesson avaient alors vingt ans, tout leur avenir devant eux, et ils allaient devenir deux écrivains-voyageurs comme le montrent <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Berezina (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1128" target="_blank"><em>Berezina</em></a> et <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Carnets de steppes (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=807" target="_blank">Carnets de steppes</a></em> deux récits de Sylvain Tesson. Il ne leur faut pas beaucoup de temps pour comprendre que le poids est l&rsquo;ennemi du voyageur. Aussi allègent-ils de moitié leur paquetage peu après Fontainebleau sans pour autant se séparer de leurs flûtes, d&rsquo;une Bible et d&rsquo;un carnet de poésie. Première grosse difficulté : la traversée du Haut Atlas au Maroc avec des cols à plus de 2 000 mètres d&rsquo;altitude. Et premières rencontres avec des autochtones qui ne cesseront de leur proposer l&rsquo;asile pendant leur périple. La traversée de la Mauritanie est tout aussi périlleuse avec ses pistes et ses fonctionnaires corrompus qui cherchent à plumer les voyageurs. Le pays est aussi le premier à leur faire comprendre les dangers de l&rsquo;intégrisme islamiste qui s&rsquo;y est déjà imposé dans ces années 90. À Dakar ils retrouvent leurs parents. Direction Buenos Aires grâce à un gigantesque Iliouchine de l&rsquo;Aeroflot histoire d&rsquo;atteindre Santiago. Deux mille kilomètres de l&rsquo;interminable Pampa argentine à la Cordillère des Andes avec ses cols à 4 000 mètres. La route d&rsquo;Alexandre et de Sylvain  reprend à Singapour après des escales à l&rsquo;île de Pâques, à Tahiti et en Nouvelle-Zélande. De quoi se donner du bon temps et reprendre des forces. Les véritables difficultés asiatiques débutent en Thaïlande. Les deux cyclistes détestent la tentaculaire Bangkok. Ils découvrent la catastrophe écologique en cours dans les campagnes où l&rsquo;on brûle les forêts sur les collines pour que le limon lessivé par les pluies engraisse les rizières. La proximité du Triangle d&rsquo;or, la plaque tournante du trafic de drogue aux confins de la Thaïlande, de la Birmanie, du Laos et de la Chine, ne facilite pas le voyage. Ce ne sera rien par rapport à la traversée du Tibet avec ses cols à plus de 5 000 mètres, ses tempêtes de neige et ses militaires chinois qui cherchent à vous dépouiller. Et pour ne rien arranger, la transmission des deux vélos Peugeot est rincée avec des chaînes qui n&rsquo;accrochent plus pignons et plateaux tant ils sont usés. En Iran, Alexandre tombe malade. La mère de Sylvain qui est médecin lui diagnostique une hépatite. Elle lui annonce la fin du voyage. Mais pourquoi donc rentrer à Paris en avion puisque nul ne sait soigner cette maladie ? Alexandre s&rsquo;en sort en suivant les conseils d&rsquo;une vieille Iranienne : manger un kilo de miel par jour. Les deux cyclistes peuvent reprendre leur périple. Le Baloutchistan aux mains des trafiquants de drogue est une horreur. Le retour via la Russie et l&rsquo;Ukraine leur amène leur lot de difficultés. Mais Paris n&rsquo;est plus loin.</p>
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		<title>Carnets de steppes, Sylvain Tesson et Priscilla Telmon, Éditions Pocket</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2018 18:42:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[Pocket]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sylvain Tesson aime prendre son temps. Lisez pour vous en convaincre Dans les forêts de Sibérie, le récit de ses six mois passés dans une cabane sur les rives du lac Baïkal. Ou reprenez sa retraite de Russie en side-car racontée dans Berezina. Il nous rapporte cette fois sa traversée de l&#8217;Asie centrale en compagnie [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2018/02/01/carnets-de-steppes-sylvain-tesson-et-priscilla-telmon-editions-pocket/">Carnets de steppes, Sylvain Tesson et Priscilla Telmon, Éditions Pocket</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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<p><strong>Sylvain Tesson</strong> aime prendre son temps. Lisez pour vous en convaincre <em>Dans les forêts de Sibérie</em>, le récit de ses six mois passés dans une cabane sur les rives du lac Baïkal. Ou reprenez sa retraite de Russie en side-car racontée dans <em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1128" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Berezina (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Berezina</a></em>.  Il nous rapporte cette fois sa traversée de l&rsquo;Asie centrale en compagnie de la photographe Priscilla Telmon. Et comme l&rsquo;éditeur a bien fait les choses,  vous profiterez des magnifiques clichés pris au  Kazakhstan, au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzbékistan. Pourquoi donc se presser pour aller d&rsquo;Almaty à la mer d&rsquo;Aral ? Autant profiter des hommes et des paysages. Autant tenter de comprendre ce territoire qui a fasciné Russes, Chinois, Perses et Arabes. Que Marco Polo mit vingt-cinq ans à traverser et que seuls les Mongols dominèrent durablement dans la foulée de Gengis Kahn et de Tamerlan. Comme eux, mais bien plus pacifiquement, Sylvain Tesson et Priscilla Telmon ont choisi de se déplacer à cheval. Au rythme de leur étalon et de leur deux hongres, sur les pistes montagneuses ou désertiques, dans la neige, le froid ou le soleil. Le début du périple se passe dans les montagnes kirghizes où les nomades savent accueillir les cavaliers dans leur yourte histoire de partager le <em>koumis</em>. Ce lait de jument fermenté est un point de passage obligé pour tous les voyageurs. De toute façon, on ne refuse pas un cadeau quand on est invité. On ne saurait non plus s&rsquo;échapper quand il s&rsquo;agit de boire la vodka offerte au lever. Au Kirghizistan, l&rsquo;islam est teinté d&rsquo;apports russes. Comme dans toute la région, puisque les États actuels sont d&rsquo;anciennes républiques soviétiques. Des républiques dont les frontières ne coïncident pas avec les peuples qui les habitent. Un moyen comme un autre pour Staline de mieux les contrôler. Étape suivante, le Tadjikistan. On y parle une langue persane et non pas turque comme dans les autres pays. On y ressent surtout les premières poussées des Islamistes. En pénétrant dans la vallée de Ferghana, les deux cavaliers abandonnent les montagnes pour des terres vouées depuis longtemps à la culture. Hélas, les jardins ont cédé la place au coton dont la récolte mobilise toute la population le moment venu. L&rsquo;or blanc y a pris tant d&rsquo;importance qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;y trouver la moindre parcelle pour nourrir les chevaux. Partout jusqu&rsquo;à présent, Sylvain Tesson et Priscilla Telmon avaient été bien accueillis. Ce n&rsquo;est plus le cas ici. En Ouzbékistan, ils tiennent à contempler les plus belles villes : Samarcande, Boukhara et Khiva. Mais atteindre une ville à cheval n&rsquo;est pas chose facile. Même en Asie centrale. La suite du voyage les mène jusqu&rsquo;à la mer d&rsquo;Aral, symbole de l&rsquo;échec absolu des Soviétiques dans la culture du coton. L&rsquo;intensification de la production l&rsquo;a peu à peu asséchée. Les ports de pêche sont aujourd&rsquo;hui dévastés et l&rsquo;activité y est désormais pour beaucoup tournée vers le trafic de drogue à destination de la Russie. Il est temps de se séparer des chevaux qui sont cédés au musée de Noukous. Ils semblent être entre de bonnes mains.</p>
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		<title>Berezina, Sylvain Tesson, Éditions Gallimard</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2016/04/10/berezina-sylvain-tesson-editions-gallimard/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2016 09:28:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[voyage 🧳]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sylvain Tesson aime les voyages et la Russie. Cela l&#8217;a conduit sur les rives du lac Baïkal dans un séjour de plusieurs mois relaté Dans les forêts de Sibérie. Cela l&#8217;a aussi amené à revivre en 2012 la retraite de Russie 200 ans après la boucherie des soldats de Napoléon. Point de marche au cul [&#8230;]</p>
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<p><strong>Sylvain Tesson aime les voyages</strong> et la Russie. Cela l&rsquo;a conduit sur les rives du lac Baïkal dans un séjour de plusieurs mois relaté <em>Dans les forêts de Sibérie</em>. Cela l&rsquo;a aussi amené à revivre en 2012 la retraite de Russie 200 ans après la boucherie des soldats de Napoléon. Point de marche au cul des chevaux cette fois, mais un voyage au guidon de trois Oural. Cette moto attelée fut construite en Union soviétique peu avant la Seconde guerre mondiale comme copie des <em>flat-tween</em> BMW. Elle n&rsquo;a guère évolué depuis, demeurant imperméable à toute électronique mais n&rsquo;est pas devenue fiable pour autant. Car si l&rsquo;Union soviétique avait produit quelque objet d&rsquo;un quelconque intérêt autre que de l&rsquo;armement et de la vodka, le mur de Berlin aurait résisté plus longtemps. Peu importe donc que nos trois motos plafonnent à 80 km/h chargées, c&rsquo;est bien assez pour leur tenue de route. Et vu l&rsquo;immensité des plaines russes, il faut de toute façon du temps pour se rapprocher de l&rsquo;horizon. Histoire de mieux revivre les tourments frigorifiques de la grande Armée, Sylvain Tesson et ses deux compatriotes tout aussi russophiles Cédric Gras et Thomas Goysque, ont choisi de partir de Moscou le 03 décembre. Un bon moyen de goûter au froid qui avait décimé les soldats de Napoléon. Un obstacle insuffisant pour arrêter les trois Français et leurs deux compagnons russes Vassili et Vatily. Les side-cars meurent mais ne se rendent pas. Nonobstant les flots de camions, ils progressent de lieux de batailles en succession de boucheries. Défilent Borodino, Smolensk, la Berezina, Vilnius, Varsovie. La Russie, la Biélorussie, la Lituanie et la Pologne. Autant de lieux où l&rsquo;armée russe, les Cosaques avaient moins nui à l&rsquo;armée française que le thermomètre, la faim et le typhus. Poussant les soldats à manger les dernières carnes encore vivantes voire au cannibalisme. Malgré leurs difficultés climatiques et mécaniques, les trois side-cars arriveront dans la cour des Invalides devant la statue de Napoléon.</p>
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