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	<title>Archives des Fayard - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des Fayard - Surbooké</title>
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		<title>Le royaume enchanté de Tony Blair, Philippe Auclair, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2023 06:15:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[économie 👛]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1976, c&#8217;est à cette époque que Philippe Auclair a découvert l&#8217;Angleterre. Celle des industries qui avaient grandi dans le cocon colonial, les mines de charbon, les voitures Morris, Austin, Rover. Un pays qui n&#8217;avait pas encore connu Thatcher. Quand en 2006 sort Le royaume enchanté de Tony Blair le Royaume-Uni est un modèle pour le [&#8230;]</p>
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<p><strong>1976,</strong> <strong>c&rsquo;est</strong> <strong>à</strong> <strong>cette</strong> <strong>époque</strong> que Philippe Auclair a découvert l&rsquo;Angleterre. Celle des industries qui avaient grandi dans le cocon colonial, les mines de charbon, les voitures Morris, Austin, Rover. Un pays qui n&rsquo;avait pas encore connu Thatcher. Quand en 2006 sort <em>Le</em> <em>royaume</em> <em>enchanté</em> <em>de</em> <em>Tony Blair</em> le Royaume-Uni est un modèle pour le reste de l&rsquo;Europe. Tony Blair est au pouvoir depuis 1997 et ne va pas tarder à le lâcher. Il y a accédé en vantant sa troisième voie, celle du nouveau <em>Labour</em>. Ni Thatchérien, ni travailliste comme pouvait l&rsquo;être Harold Wilson le dernier dirigeant du parti lié aux syndicats à avoir dirigé le pays. En 2006 Blair est en France adulé du RPR au PS pour la monnaie forte de l&rsquo;Angleterre. Pour son faible taux de chômage qui autorise à parler de plein emploi. Pour la flexibilité de son économie dont il est urgent de s&rsquo;inspirer pour couper le cou à l&rsquo;État-providence. Mais ils se trompent nous dit Philippe Auclair, et il le démontre dans un passionnant portrait du pays qui l&rsquo;a accueilli.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Qui est Tony Blair ?</p></blockquote>



<p>Auclair a un parcours atypique. Il est le plus souvent présenté comme journaliste spécialisé dans le foot, mais il est aussi passé par <em>Marianne</em>. Il a dans une vie antérieure  étudié la philosophie en France puis résidé en Belgique. Il est devenu musicien en Angleterre sous le pseudo de Louis Philippe, tout en étant embauché par easy Jet pour susurrer les consignes de sécurité aux passagers. Auclair est également un proche de l&rsquo;écrivain Jonathan Coe ce qui me paraît plus important encore que de faire le bien dans les aéronefs. Avec le recul Philippe Auclair apparaît comme un visionnaire. Car qui est Tony Blair ? Un homme jeune, brillant, qui rejette les partis politiques traditionnels, un homme qui ne se veut ni vraiment de droite ni vraiment de gauche. Un dirigeant qui casse les solidarités nationales, dézingue les services publics de la santé à l&rsquo;éducation. Un personnage qui se vante d&rsquo;éradiquer le chômage aux prix d&#8217;emplois qui n&rsquo;en sont plus, qui restreint les libertés publiques, qui réduit l&rsquo;espace des individus au profit du marché comme tout bon néolibéral qui se respecte. Tout cela rappelle sacrément ce que nous vivons en France depuis 2017. Alors Tony Macron et Emmanuel Blair même combat ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les inégalités et la pauvreté ont progressé</p></blockquote>



<p>En matière économique Tony Blair a beaucoup délégué à son chancelier de l&rsquo;Échiquier Gordon Brown qui s&rsquo;est empressé de promulguer sa « règle d&rsquo;or ». Avec lui le pays préserverait l&rsquo;équilibre budgétaire et n&#8217;emprunterait que pour investir. Une politique qui n&rsquo;était possible que si elle s&rsquo;appuyait sur une forte croissance. L&rsquo;objectif n&rsquo;a pas été durablement atteint malgré un environnement économique favorable, notamment grâce à des réserves d&rsquo;hydrocarbures qui permettaient au Royaume-Uni d&rsquo;être autosuffisant. Le chômage a certes baissé, passant même sous les 5 % entre  les automnes 2003 et 2005. Mais à quel prix ? Celui d&rsquo;un tripatouillage administratif qui poussait les chômeurs à se déclarer en maladie longue durée ou comme handicapé, deux statuts qui leur épargnaient en partie les contrôles. En janvier 2006 on comptabilisait 1,5 million de sans-emplois et 2,6 millions de « malades ». Les inégalités et la pauvreté ont progressé avec pour premières victimes les enfants qui dormaient dans la cuisine ou la salle de bains faute de place. Car on a rarement aussi peu construit que dans le royaume de Tony Blair. Pourtant ils bossaient les <em>Britishs</em> mais dans quels emplois ? Beaucoup de <em>Mcjobs</em>, des boulots sous-qualifiés, mal payés, sans protection syndicale, avec un des salaires minimums parmi les plus bas d&rsquo;Europe, et encore moins pour les jeunes. Le Contrat première embauche (CPE) qui allait capoter en France, était de mise en Angleterre.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Too big to fail</p></blockquote>



<p>Et pourtant ils tenaient le coup, en partie grâce aux facilités de crédit auxquelles ils avaient accès. <em>Via</em> les banques et les chaînes de magasins qui suçaient le sang de leurs clients avec des taux usuraires qui atteignaient 30 %. Oniomanes, c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;ont définissait les Britanniques, des Junkies qui achetaient ce dont ils n&rsquo;avaient pas besoin sous l&rsquo;œil impavide des autorités. Les banques en profitaient pour se gaver telle la Royal Bank of Scotland. Ce que ne savait pas encore Philippe Auclair c&rsquo;est que ce second établissement financier du Royaume-Uni par sa taille allait faire faillite fin 2008. Et que l&rsquo;État entrerait au capital pour le sauver. <em>Too big to fail</em>. Arrivé au pouvoir le <em>New Labour</em> de Blair fit face au désastre des services publics. Il s&rsquo;y attaqua en commençant par les prisons pour satisfaire l&rsquo;électorat le plus à droite qu&rsquo;il avait su rallier. Difficile de privatiser cette fonction régalienne, surtout après le passage de Thatcher. Alors on promut les partenariats-publics-privés (PPP). Ce qui revenait à accorder à des grands groupes des concessions sur longue période qui allaient s&rsquo;avérer ruineuses pour l&rsquo;État.</p>



<p></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;En priorité des bureaucrates et des managers pour rationaliser</p></blockquote>



<p>En imaginant le <em>National</em> <em>Health</em> <em>Service</em> (NHS), les Anglais avaient conçu après la guerre un des systèmes de protection sociale parmi les plus généreux. Une couverture sociale dont on bénéficiait selon ses besoins et non ses moyens. Or le NHS était à genoux en 2006 par manques récurrents de financements. Pourtant Blair et Brown avaient embauché dès leur arrivée. Mais qui ? En priorité des bureaucrates et des managers pour rationaliser, multiplier les objectifs des hôpitaux, et démotiver les soignants. Dès lors mieux valait jouer avec la réglementation que soigner. Une baisse d&rsquo;efficacité que les transferts de tâches des médecins vers de super infirmiers ne pouvaient compenser. Pour tenter d&rsquo;améliorer le fonctionnement du NHS les gouvernements Blair ont là aussi multiplié les partenariats-publics-privés ruineux et inefficaces.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les trains étaient souvent en retard, du moins quand ils n&rsquo;étaient pas annulés</p></blockquote>



<p>Jusqu&rsquo;à sa privatisation décidée en 1990 par Margaret Thatcher et exécutée par le gouvernement de John Major le rail britannique affichait quelques-unes des meilleures performances européennes. Il était bon marché, fiable, sûr, même si son confort était en retrait par rapport à celui de la SNCF. La vente au privé s&rsquo;est donc apparentée à un acte de vandalisme purement idéologique. Le contribuable la paya fort cher et certains voyageurs de leur vie pour cause d&rsquo;incurie des nouvelles sociétés ferroviaires. En arrivant au pouvoir Tony Blair était tenu de réparer ce désastre. En renationalisant ? Pas véritablement.  Il a investi massivement en finançant les opérateurs privés. A-t-il au moins obtenu des résultats  ? C&rsquo;est le contraire qui s&rsquo;est passé. À la fin de ses mandats les trains étaient souvent en retard, du moins quand ils n&rsquo;étaient pas annulés. Les tarifs étaient prohibitifs, et le confort proposé aux voyageurs autour de Londres digne des bétaillères. En plus les trains desservaient de moins en moins de gares en raison d&rsquo;innombrables fermetures décidées par le roi Tony.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Des emplois d&rsquo;enseignants pourvus par des élèves professeurs </p></blockquote>



<p>S&rsquo;il est un domaine qui illustre les inégalités en Grande-Bretagne c&rsquo;est bien l&rsquo;éducation. L&rsquo;élite du pays passe par l&rsquo;enseignement privé qui est inaccessible pour 90 % des habitants. Les autres doivent se battre, tricher, pour tenter d&rsquo;inscrire leurs enfants dans les meilleurs lycées publics. Pour y remédier le <em>New</em> <em>Labour</em> a usé de mensonges en affichant de nombreuses créations de postes. Des emplois d&rsquo;enseignants pourvus par des élèves professeurs ou des enseignants du Commonwealth simplement de passage en Grande-Bretagne. Il a aussi réformé l&rsquo;enseignement professionnel en créant des <em>academies</em>, des lycées professionnels concédés au privé contre monnaies sonnantes et trébuchantes. À charge pour les entreprises qui siégaient au conseil d&rsquo;administration de former les élèves en fonction de leurs besoins. Grand adepte de la modernité Tony Blair a informatisé à outrance les établissements scolaires en les livrant pieds et poings liés à son grand ami Bill Gates. Au total rien de bien positif, surtout si on ajoute que sa politique a poussé nombre d&rsquo;étudiants à s&rsquo;endetter fortement pour s&rsquo;inscrire dans des établissements recommandés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ailleurs cela s’est parfois plus mal terminé</p></blockquote>



<p>Ce livre a aujourd&rsquo;hui dix-sept ans et je le trouve prémonitoire. Presque tout ce qu&rsquo;ont connu les Anglais avec Tony Blair nous le vivons avec Emmanuel Macron. La montée des inégalités, l&rsquo;effondrement des services publics. Les rustines apportées en guise de solutions, des super infirmiers aux professeurs sous-qualifiés. La décrépitude des réseaux ferroviaires, de la qualité des services à l&rsquo;envolée des tarifs. L&rsquo;obsession de vendre le retour au plein emploi qui n&rsquo;exista pas plus en Angleterre que nous le connaissons en France. Avec d&rsquo;un coté des tripatouillages statistiques et de l&rsquo;autre des chiffres gonflés par des contrats d&rsquo;apprentissage inutiles et payés à prix d&rsquo;or par l&rsquo;État. De toute façon dans les deux cas on passe par pertes et profits la qualité des emplois. Ce n&rsquo;est pas un hasard car les deux hommes relèvent de la même idéologie qui vénère le marché, de la même fascination pour le privé. Du même recours à la bureaucratie, aux discours envahissans. Mais au moins les Anglais n&rsquo;ont jamais basculé à l&rsquo;extrême droite. C&rsquo;est ce que se plaît à raconter Philippe Auclair qui relate un soir d&rsquo;attentat islamiste à Londres et sa grande fête pour ne rien céder aux assassins. Ailleurs cela s&rsquo;est parfois plus mal terminé. Après Matteo Renzi en Italie il y eut la Ligue du Nord de Salvini puis Frères d&rsquo;Italie de Meloni. Après Obama, qui ne reconstruisit pas le tissu industriel américain, surgit Trump. Et chez nous ?</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2020/04/Le-coeur-de-lAngleterre.jpg" alt="" class="wp-image-545"/><figcaption><em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=542" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le cœur de l&rsquo;Angleterre</a></em></figcaption></figure>



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		<title>L&#8217;État droit dans le mur, Anne-Laure Delatte, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Apr 2023 06:38:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[économie 👛]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne faut pas avoir peur des livres d&#8217;économie. Enfin de tous les livres d&#8217;économie. Parce qu&#8217;il en existe qui ne vous tombent pas des mains, qui peuvent même être jubilatoires tant ils vous aident à rassembler, à structurer vos connaissances. L&#8217;État droit dans le mur est de ceux-là d&#8217;abord parce que ce n&#8217;est pas [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Il</strong> <strong>ne</strong> <strong>faut</strong> <strong>pas</strong> <strong>avoir</strong> <strong>peur</strong> <strong>des</strong> <strong>livres</strong> <strong>d&rsquo;économie</strong>. Enfin de tous les livres d&rsquo;économie. Parce qu&rsquo;il en existe qui ne vous tombent pas des mains, qui peuvent même être jubilatoires tant ils vous aident à rassembler, à structurer vos connaissances. L&rsquo;État <em>droit</em> <em>dans</em> <em>le</em> <em>mur</em> est de ceux-là d&rsquo;abord parce que ce n&rsquo;est pas un livre théorique.  C&rsquo;est un récit historique qui éclaire l&rsquo;évolution de l&rsquo;intervention publique depuis 1949 et plus encore les années 80. C&rsquo;est-à-dire depuis le triomphe de ce qu&rsquo;on appelle le néolibéralisme, littéralement la nouvelle forme du libéralisme, économique et politique, qui en appelle à l&rsquo;État pour garantir le bon fonctionnement des marchés. La grande force du discours d&rsquo;Anne-Laure Delatte est qu&rsquo;il ne se limite pas à l&rsquo;économie. Qu&rsquo;il nous aide à admettre que portés par les victoires de Thatcher et de Reagan, les néolibéraux ont aussi gagné en mettant en place des solutions qui n&rsquo;auraient selon leurs dires pas d&rsquo;alternatives. Ils ont pour cela contraint la démocratie en nous imposant des paroles d&rsquo;experts qui ont aidé à réaffecter les moyens publics des ménages vers les entreprises, et des individus les plus démunis vers les plus aisés. Le tout en continuant à vénérer les marchés qui seraient <em>ad</em> <em>vitam</em> <em>æternam</em> la solution la plus efficiente pour gérer nos sociétés. Pour ce faire le néolibéralisme a soustrait du contrôle public une bonne partie des financements des entreprises. Avec pour contrepartie des régressions sociales aujourd&rsquo;hui illustrées par la réforme des retraites et plus généralement par le dépérissement des services publics.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le hasard amoureux avait amené Anne-Laure Delatte dans une ferme</p></blockquote>



<p>Ce préambule ne vous a pas convaincu ? Vous craignez d&rsquo;affronter un texte abscons sachant qu&rsquo;il a été rédigé non seulement par une économiste mais en plus par une spécialiste de politique monétaire, un machin encore plus effrayant que l&rsquo;économie « ordinaire » ? Vous avez tort. Certes c&rsquo;est parfois technique, mais rien ne vous empêche de sauter certains passages qui détaillent par exemple les sources utilisées. L&rsquo;essentiel du texte est plein de vie, concret. Comme l&rsquo;introduction du livre qui relate une soirée où le hasard amoureux avait amené Anne-Laure Delatte dans une ferme à discuter avec des trentenaires engagés, certains artistes, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux étant travailleur du sexe. Une soirée douce et joyeuse qui lui a fait saisir que ces jeunes gens n&rsquo;attendaient rien de la puissance publique pour construire l&rsquo;avenir auquel ils aspiraient. Ils avaient parfaitement raison, et le défi que s&rsquo;est lancé Anne-Laure Delatte a consisté à nous montrer en quoi le néolibéralisme a contribué à éloigner ses compagnons d&rsquo;un soir de toute attente positive en provenance de l&rsquo;État. Rien que parce que ce projet l&rsquo;a amenée à dire du mal de Dominique Seux, celui qui pollue nos oreilles tous les matins sur France Inter, ce projet mérite d&rsquo;être soutenu. Parce que dézinguer le camarade Seux est une opération salutaire qui devrait être remboursée par la Sécurité sociale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il a fallu attendre les années 80 pour que les néolibéraux accèdent au pouvoir</p></blockquote>



<p><br>La naissance du néolibéralisme remonte à une réunion organisée au Mont-Pèlerin (Suisse) en l&rsquo;année 1947, là où les participants ont pris acte de l&rsquo;échec du « laisser-faire ». Une philosophie économique qui rejetait l&rsquo;interventionnisme des États et qui a contribué à l&rsquo;avènement du nazisme. Mais constater les insuffisances de la « main invisible » chère à Adam Smith ne signifiait pas abandonner le marché. Cela impliquait au contraire de demander aux puissances publiques d&rsquo;en garantir le fonctionnement. Les entrepreneurs pourraient ainsi continuer de prendre les meilleures décisions. Il a fallu attendre les années 80 pour que les néolibéraux accèdent au pouvoir. Pour arriver à leurs fins ils ont agi sur trois leviers. La construction d&rsquo;un discours selon lequel il convenait de réduire la puissance étatique pour réfuter les demandes d&rsquo;intervention des citoyens. L&rsquo;affaiblissement de la démocratie pour que les peuples ne puissent s&rsquo;opposer aux choix des gouvernants, par exemple en multipliant les « rapports d&rsquo;experts ». Et en expliquant que les solutions résidaient dans le marché et non dans l&rsquo;action de l&rsquo;État.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>De quoi faire passer les déficits des caisses de retraite pour une quantité négligeable</p></blockquote>



<p>L&rsquo;évolution des impôts illustre l&rsquo;action des néolibéraux en France. Ils ont davantage augmenté pour les ménages que pour les entreprises, tout en bénéficiant aux plus aisés. Notamment parce que les prélèvements sur les patrimoines ont moins progressé que les fortunes accumulées. Ou parce que l&rsquo;impôt sur le revenu a été partiellement privé de son caractère redistributif avec la montée en charge de la CRDS et de la CSG. Mais c&rsquo;est d&rsquo;abord par l&rsquo;allègement des cotisations sociales des entreprises, massivement mis en place à partir des années 90, que la répartition entre ménages et entreprises s&rsquo;est déformée. Avec pour conséquence du dogme de la compétitivité des entreprises, une baisse de la protection sociale. Autre levier pour réorienter les dépenses publiques : les mesures de soutien à l&rsquo;économie. Elles viennent d&rsquo;être estimées par un groupe d&rsquo;économistes lillois qui les chiffrent à 10 % du Pib en 1979 et 13 % en 2021. 13 % du Pib ce sont 320 milliards d&rsquo;euros, de quoi faire passer les déficits des caisses de retraite pour une quantité négligeable. Pour les entreprises ces mesures de soutien sont avant tout des niches fiscales qui ont l&rsquo;avantage de ne rarement contrevenir aux règles européennes contrairement aux subventions. Là encore les ménages aisés n&rsquo;ont pas été oubliés avec la montée en puissance des aides pour l&#8217;embauche de salariés à domicile.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les banques centrales ont désormais un mandat, celui de garantir une inflation proche de 2 %</p></blockquote>



<p>La Banque de France (BdF) a également contribué à l&rsquo;avènement du néolibéralisme alors qu&rsquo;elle a longtemps été sous le contrôle du ministère des Finances, avec une action débattue au Parlement. Mais la libre circulation des capitaux et la volonté de rassurer en priorité les marchés dans les années 80 a fait évoluer son statut. Elle est devenue officiellement indépendante en 1993 avec pour mission de préparer la future entrée dans l&rsquo;euro. Elle a aussi abandonné toute sélectivité des crédits. Le nouveau dogme monétaire avait toutefois ses limites. Lors de la crise financière de 2008 la BdF comme les autres banques centrales est intervenue massivement sur les marchés pour éviter la catastrophe. <em>Exit</em> l&rsquo;officielle régulation du prix de l&rsquo;argent à court terme, place à des achats pour le réduire à long terme. Sauver l&rsquo;économie de marché avec des moyens publics c&rsquo;est cela le néolibéralisme. Autres modifications dans le fonctionnement des banques centrales : leurs contributions au discours économique ambiant et leur mandat qui exige qu&rsquo;elles garantissent une inflation proche de 2 % sans que personne ne soit foutu d&rsquo;expliquer d&rsquo;où vient ce chiffre. Ce que l&rsquo;on sait par contre, c&rsquo;est que cette politique monétaire satisfait certains acteurs économiques tels les rentiers et les détenteurs de patrimoines qui espèrent préserver leurs avoirs. Et qu&rsquo;elle a pesé sur les salaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Résister et désobéir »</p></blockquote>



<p>Pour inverser le courant Anne-Laure Delatte prône le retour de la sélectivité des aides, une décision qu&rsquo;elle juge indispensable à la lutte contre le dérèglement climatique. Plus de financement public des entreprises productives d&rsquo;énergies fossiles. Ou au moins les indexer sur de véritables investissements verts. Ensuite réaffectation des sommes pour la lutte contre le réchauffement du climat. Une politique qui devrait concerner l&rsquo;État comme la Banque de France. Cela nécessitera de redéfinir les modes de délibération de la Banque centrale en la replaçant sous le contrôle parlementaire. Impossible ? Pas selon Anne-Laure Delatte qui en appelle à « <em>résister et désobéir </em>». On a connu des programmes moins enthousiasmants.</p>



<p><strong>Vous pourriez aussi apprécier</strong><br><em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=5833" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles</a></em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2021/01/Lettre-ouverte-aux-gourous.jpg" alt="" class="wp-image-6098"/></figure>



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		<title>Idiss, Robert Badinter, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 19:07:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains attendaient ses mémoires. Robert Badinter prétend qu&#8217;il a juste raconté l&#8217;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&#8217;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&#8217;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Certains attendaient ses mémoires</strong>. Robert Badinter prétend qu&rsquo;il a juste raconté l&rsquo;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&rsquo;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&rsquo;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays au cours du temps, qui était alors possession de l&rsquo;Empire tsariste, avant d&rsquo;appartenir aujourd&rsquo;hui à la Moldavie. L&rsquo;histoire d&rsquo;Idiss est celle d&rsquo;un monde disparu, le <em>Yiddishland</em> avec ses <em>shtetels</em>, ces villages peuplés de Juifs. Et rien que pour cela il faudrait lire ce livre. Son histoire est celle d&rsquo;une famille contrainte de fuir les pogroms et qui voyait la France comme une terre d&rsquo;espoir puisque c&rsquo;était la patrie de Victor Hugo et mieux encore un pays dont une partie des habitants avaient pris le parti d&rsquo;un capitaine juif contre le pouvoir militaire. De cela Idiss n&rsquo;en savait rien car le rôle d&rsquo;une femme dans son village était de faire vivre son foyer et surtout pas d&rsquo;aller à l&rsquo;école. Idiss était donc illettrée ce qui ne se remarquait pas en Bessarabie, mais qui constitua un réel handicap quand elle vint vivre à Paris. Cela la priva du grand plaisir de voir ses petits-fils briller à l&rsquo;école. Mais avant de se retrouver Gare de l&rsquo;Est, Idiss eut une vie bien remplie notamment parce que Schulim son mari avait passé cinq ans dans l&rsquo;armée du Tsar, laissant leurs deux fils à sa charge. De simple brodeuse, Idiss passa ponctuellement à l&rsquo;état de trafiquante de tabac pour ramener au foyer de quoi nourrir ses enfants.  Schulim revenu, Idiss dut aussi faire avec ses dettes de jeu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer</p>
</blockquote>



<p>Ce sont leurs deux fils Avroum et Naftoul qui partirent les premiers à Paris où ils récupéraient de vieux vêtements pour les faire réparer avant de les remettre en vente.  Un destin bien classique pour les « <em>Yids</em> », les immigrants qui parlaient yiddish. Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté. Au-dessus on trouvait des professions libérales férues de diplômes. Et tout en haut de la pyramide figuraient quelques financiers comme les Rothschild ou des industriels comme André Citroën. Schulim suivit ses fils puis arriva Idiss avec leur fille Chifra dont le nom fut rapidement transformé en Charlotte. Contrairement à sa mère Charlotte bénéficia d&rsquo;une vraie scolarité, son instituteur M. Martin ayant décidé de transformer des enfants venus d&rsquo;ailleurs en petits Français comme les autres. Premier diplôme français de la famille, le certificat d&rsquo;études de Charlotte fut fêté en conséquence. La mort de Schulim intervint peu après la fin de la Première guerre mondiale, d&rsquo;un cancer qui l&rsquo;envoya rapidement au cimetière de Bagneux. Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer. Simon né en Bessarabie, avait fait des études supérieures à Moscou, profitant du maigre quota concédé aux Juifs. Mais son avenir professionnel passa en France par la fourrure au travers de la société qu&rsquo;il créa. Simon et Charlotte eurent deux fils, Claude puis Robert  qui grandirent dans le XVIe  arrondissement, symbole de la réussite de leurs parents. La religion était peu présente Certains attendaient ses mémoires. Robert Badinter prétend qu&rsquo;il a juste raconté l&rsquo;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&rsquo;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&rsquo;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays au cours du temps, qui était alors possession de l&rsquo;Empire tsariste, avant d&rsquo;appartenir aujourd&rsquo;hui à la Moldavie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté</p>
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<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;Idiss est celle d&rsquo;un monde disparu, le <em>Yiddishland</em> avec ses <em>shtetels</em>, ces villages peuplés de Juifs. Et rien que pour cela il faudrait lire ce livre. Son histoire est celle d&rsquo;une famille contrainte de fuir les pogroms et qui voyait la France comme une terre d&rsquo;espoir puisque c&rsquo;était la patrie de Victor Hugo et mieux encore un pays dont une partie des habitants avaient pris le parti d&rsquo;un capitaine juif contre le pouvoir militaire. De cela Idiss n&rsquo;en savait rien car le rôle d&rsquo;une femme dans son village était de faire vivre son foyer et surtout pas d&rsquo;aller à l&rsquo;école. Idiss était donc illettrée ce qui ne se remarquait pas en Bessarabie, mais qui constitua un réel handicap quand elle vint vivre à Paris. Cela la priva du grand plaisir de voir ses petits-fils briller à l&rsquo;école. Mais avant de se retrouver Gare de l&rsquo;Est, Idiss eut une vie bien remplie notamment parce que Schulim son mari avait passé cinq ans dans l&rsquo;armée du Tsar, laissant leurs deux fils à sa charge. De simple brodeuse, Idiss passa ponctuellement à l&rsquo;état de trafiquante de tabac pour ramener au foyer de quoi nourrir ses enfants.  Schulim revenu, Idiss dut aussi faire avec ses dettes de jeu. Ce sont leurs deux fils Avroum et Naftoul qui partirent les premiers à Paris où ils récupéraient de vieux vêtements pour les faire réparer avant de les remettre en vente.  Un destin bien classique pour les « Yids », les immigrants qui parlaient yiddish. Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté. Au-dessus on trouvait des professions libérales férues de diplômes. Et tout en haut de la pyramide figuraient quelques financiers comme les Rothschild ou des industriels comme André Citroën. Schulim suivit ses fils puis arriva Idiss avec leur fille Chifra dont le nom fut rapidement transformé en Charlotte. Contrairement à sa mère Charlotte bénéficia d&rsquo;une vraie scolarité, son instituteur M. Martin ayant décidé de transformer des enfants venus d&rsquo;ailleurs en petits Français comme les autres. Premier diplôme français de la famille, le certificat d&rsquo;études de Charlotte fut fêté en conséquence. La mort de Schulim intervint peu après la fin de la Première guerre mondiale, d&rsquo;un cancer qui l&rsquo;envoya rapidement au cimetière de Bagneux. Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer. Simon né en Bessarabie, avait fait des études supérieures à Moscou, profitant du maigre quota concédé aux Juifs. Mais son avenir professionnel passa en France par la fourrure au travers de la société qu&rsquo;il créa.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Pour prémunir sa famille de la débâcle, il l’avait envoyée à Nantes</p>
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<p>Simon et Charlotte eurent deux fils, Claude puis Robert  qui grandirent dans le XVIe  arrondissement, symbole de la réussite de leurs parents. La religion était peu présente mais on y célébrait les fêtes juives et Idiss faisait vivre la tradition de son enfance aux fourneaux. La montée du nazisme vint troubler le parcours familial. Simon féru de politique écoutait les discours d&rsquo;Hitler à la radio. Pour prémunir sa famille de la débâcle, il l&rsquo;avait envoyée à Nantes. Peine perdue puisque le jeune Robert Badinter découvrit l&rsquo;armée allemande devant le château de la duchesse Anne de Bretagne. La famille réintégra finalement son domicile parisien mais perdit la possession de l&rsquo;entreprise de fourrure. Idiss frappée par un cancer n&rsquo;était plus en état de suivre les Badinter en zone libre. Elle mourut rapidement tandis que son gendre fut arrêté sur ordre de Klaus Barbie à Lyon puis déporté à Sobibor d&rsquo;où il n&rsquo;est pas revenu.</p>



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		<title>Libérées, Titiou Lecoq, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Apr 2018 17:30:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avouez que nous ne pouvions y échapper. Que nous ne pouvions nous dispenser d&#8217;amener notre contribution à ce mouvement planétaire, qui de «&#160;Me too&#160;» à «&#160;Balance ton porc&#160;», affirme le droit au respect des femmes. Au risque de nuire à quelques producteurs de cinéma qui ont juste poussé leur conscience professionnelle jusqu&#8217;à tester par eux-mêmes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Avouez que nous ne pouvions y échapper</strong>. Que nous ne pouvions nous dispenser d&rsquo;amener notre contribution à ce mouvement planétaire, qui de «&nbsp;<em>Me too</em>&nbsp;» à «&nbsp;Balance ton porc&nbsp;», affirme le droit au respect des femmes. Au risque de nuire à quelques producteurs de cinéma qui ont juste poussé leur conscience professionnelle jusqu&rsquo;à tester par eux-mêmes la plastique de leurs actrices. Mais soyons honnêtes. L&rsquo;attrait du livre de Titiou Lecoq, sous-titré <em>Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale</em>, tient tout autant de la qualité des écrits de son auteure que des thèses qu&rsquo;elle défend. Car Titiou Lecoq, on aime !<em> Les Morues</em> c&rsquo;était déjà très bien. Et <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="La théorie de la tartine (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1069" target="_blank">La théorie de la tartine</a></em> c&rsquo;est encore mieux. Pour compléter notre connaissance de cette brillante jeune femme, nous cherchons d&rsquo;ailleurs un ou une volontaire pour nous chroniquer son <em>Kata Sutra, La vérité crue sur la vie sexuelle des filles</em>. Parce qu&rsquo;avec un tel outil on pourra aisément identifier les pervers : à savoir ceux qui continueront à lire Économie et statistique au bureau. Dans <em>Libérées</em> Titiou Lecoq nous expose son refus de ce qu&rsquo;elle est en train de devenir : une femme qui dans sa vie quotidienne renie ses convictions féministes. Son constat se focalise sur une chaussette qui traîne dans son appart parce que son compagnon considère que c&rsquo;est à elle de la ramasser. Et pourtant c&rsquo;est peu dire que Titiou n&rsquo;aime pas le ménage, qui figure avec le tiercé et la météo parmi ce qu&rsquo;elle apprécie le moins au monde. Mais voilà, Titiou s&rsquo;est mise en ménage et a même eu deux garçons.  Ce qui fait que les corvées sont «&nbsp;pour sa gueule&nbsp;». Parce que les hommes semblent confrontés à la maison à une sorte de «&nbsp;<em>sol de verre&nbsp;</em>» qui les empêcherait de se saisir du balai à chiottes. Pour nous convaincre de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas la seule à en souffrir, elle s&rsquo;appuie sur le décompte des tâches ménagères fourni par l&rsquo;enquête Emploi du temps de l&rsquo;Insee. Un moyen comme un autre pour nous démontrer que nos collègues ne font pas correctement leur travail puisqu&rsquo;ils ne prennent pas en compte le temps passé à prévoir ce qu&rsquo;il faudra acheter en sortant du boulot et à se demander quelles activités organiser le week-end. En l&rsquo;occurrence, l&rsquo;arrivée des deux bambins a profondément transformé sa vie. Avant elle était plutôt du genre à dédaigner son frigo vide pour aller acheter ses nouilles sautées chez le traiteur chinois. Mais ce n&rsquo;est désormais plus possible. Vous croyez peut-être que ces nouvelles contraintes sont équitablement partagées avec son conjoint ? Alors vous faites erreur. On vous recommande pour vous en convaincre l&rsquo;épisode de l&rsquo;otite où le père de ses enfants refuse de les amener chez le médecin parce que monsieur Chaussette estime qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de fièvre et qu&rsquo;il a trop de travail. Jetez aussi un œil   sur l&rsquo;enseignement ménager institué dans les années 1900 par de grandes entreprises parce que garder son homme à la maison c&rsquo;est aussi se prémunir contre le désordre social et le syndicalisme. On saura désormais pourquoi Philippe Martinez et Laurent Berger ont mal tourné.</p>
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		<title>La station Saint-Martin est fermée au public, Joseph Bialot, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jan 2018 18:58:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Raconter sa propre histoire dans un roman. Vieux principe narratif que Joseph Bialot utilise dans ce petit livre qui se déroule entre Auschwitz et Paris. L&#8217;histoire est romancée parce qu&#8217;Alex quitte ici le camp vers l&#8217;ouest en prenant part à la marche funeste imposée par les Nazis. Bialot y a échappé car il a été [&#8230;]</p>
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<p><strong>Raconter sa propre histoire</strong> dans un roman. Vieux principe narratif que Joseph Bialot utilise dans ce petit livre qui se déroule entre Auschwitz et Paris. L&rsquo;histoire est romancée parce qu&rsquo;Alex quitte ici le camp vers l&rsquo;ouest en prenant part à la marche funeste imposée par les Nazis. Bialot y a échappé car il a été libéré par les Russes avant de regagner la France via Odessa. Alex est récupéré par les Américains entièrement amnésique. Il est remis à l&rsquo;armée française qui l&rsquo;envoie à l&rsquo;hôpital de Metz. Alex n&rsquo;est pas son vrai nom, car il ne se souvient de rien. On le lui a attribué en attendant qu&rsquo;il recouvre la mémoire. Ce sera long mais il est pris en main par un psychiatre qui utilise du penthotal pour accélérer le processus. L&rsquo;amour d&rsquo;Agnès, une infirmière, va aussi l&rsquo;aider. Alex est passé par Auschwitz comme en atteste son tatouage. Mais ses premiers souvenirs le ramènent à Majdanek où Bialot n&rsquo;a jamais été. Il se souvient peu à peu de son évacuation vers Auschwitz. Un repli effectué par les Nazis devant l&rsquo;avancée des Russes à l&rsquo;été 1943. La mémoire partiellement retrouvée, Alex suit Agnès à Paris. Cela nous vaut une description du retour des déportés qui passaient tous par l&rsquo;hôtel Lutetia. Et par celle de l&rsquo;obsession des Parisiens, la faim car le marché noir avait encore cours. Le titre du roman fait allusion à ces stations de métro fermées pendant la guerre comme celle de Saint-martin qu&rsquo;Alex cherche désespérément. Ses retrouvailles avec sa famille sont proches de ce que Joseph Bialot a personnellement vécu. Les pages consacrées aux camps sont ici parmi les plus dures que Bialot ait écrites. Il se permet quand même un peu d&rsquo;humour noir en déclarant que les autoroutes sont le seul point positif du régime hitlérien. Avant d&rsquo;ajouter : «&nbsp;<em>Est-ce que cela valait 50 millions de morts ?</em>&nbsp;»</p>
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		<title>L&#8217;empire de l&#8217;or rouge, Jean-Baptiste Malet, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Oct 2017 18:03:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[économie 👛]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rouges de honte. C&#8217;est ce que vous serez après avoir lu la passionnante enquête de Jean-Baptiste Malet sur l&#8217;industrie de la tomate, si vous continuiez à acheter ses produits. Parce que la tomate, amoureusement préparée par une mama italienne, c&#8217;est du passé. L&#8217;industrie agroalimentaire en a fait un produit mondialisé, élaboré dans un pays, transformé [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2017/10/01/lempire-de-lor-rouge-jean-baptiste-malet-editions-fayard/">L&#8217;empire de l&rsquo;or rouge, Jean-Baptiste Malet, Éditions Fayard</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Rouges de honte</strong>. C&rsquo;est ce que vous serez après avoir lu la passionnante enquête de Jean-Baptiste Malet sur l&rsquo;industrie de la tomate, si vous continuiez à acheter ses produits. Parce que la tomate, amoureusement préparée par une mama italienne, c&rsquo;est du passé. L&rsquo;industrie agroalimentaire en a fait un produit mondialisé, élaboré dans un pays, transformé ou maquillé dans un autre et consommé ailleurs. Avec des chaînes de valeur qui, comme pour un Iphone, expliquent la localisation de ces activités. Petit voyage dans le temps et dans l&rsquo;espace pour comprendre. Tout a commencé au début du vingtième siècle à Pittsburgh aux États-Unis dans la Heinz Company. Henry Heinz y a inventé bien plus que le ketchup. À savoir une entreprise qui allait devenir mondiale grâce à une recherche forcenée de la productivité. Avant même ce que fit Henry Ford dans son usine d&rsquo;automobiles. Seconde étape : la constitution d&rsquo;une industrie italienne sous Mussolini. En cherchant à assurer l&rsquo;autonomie alimentaire de son pays, le dictateur rationalise la production, aide à la constitution d&rsquo;usines de machines-outils autour de Parme pour structurer la filière. Les excédents se créent et les exportations démarrent, facilitées par la diaspora italienne des États-Unis. Avec la popularisation de la pasta et des pizzas, la mondialisation est en marche. Les Italiens sont la référence et exportent leur savoir-faire dans le monde entier. Dans les années 80, ils aident les Chinois à créer des usines de concentré dans le Xinjiang, leur province musulmane. La main-d&rsquo;œuvre ne coûte rien : un centime d&rsquo;euro par kilo de tomates pour les cueilleurs. Moins encore pour les prisonniers du goulag qui sont réquisitionnés. Les maladies dues aux pesticides sont offertes par les patrons. Car pour booster la rentabilité, les semenciers ont opté pour des variétés spécifiques qui réclament de la chimie. Avec une peau dure, histoire de résister au transport. Et très peu d&rsquo;eau dans les fruits puisque ces tomates sont exclusivement destinées à produire du concentré. Le marché intérieur restant à créer, les Chinois exportent, surtout en Italie, où le concentré est dilué puis revendu comme produit italien. Rien, et surtout pas la réglementation européenne, ne s&rsquo;y oppose. Les mafieux du sud de la Botte l&rsquo;ont compris et en font de Naples à Foggia ou à la Sicile un nouveau moyen de blanchiment de leur argent. Accessoirement, ils embauchent Bulgares, Roumains et autres migrants pour soutenir la production transalpine. Toutes les entreprises de la grande distribution vous refourguent leurs concentrés, pulpes et autres coulis. Le concentré chinois aurait-il mal voyagé, il est alors coupé, mélangé et expédié en Afrique un marché en forte progression. Tant pis pour les producteurs locaux de tomates qui ne peuvent pas lutter contre cette concurrence. L&rsquo;histoire n&rsquo;est pas finie. Les entreprises chinoises deviennent plus ambitieuses. Elles fournissent peu à peu des produits plus élaborés et plus profitables. Ils prennent également pied en Europe en rachetant notamment l&rsquo;entreprise française Le Cabanon. L&rsquo;ancienne coopérative est dépecée et n&rsquo;est rapidement plus qu&rsquo;un prête-nom pour écouler du concentré <em>Made in China</em>. Pas en reste, les Américains répliquent en mécanisant la récolte. Pour faire quoi ? «&nbsp;<em>De la merde</em>&nbsp;» aurait dit un chroniqueur gastronomique récemment disparu. Alors la prochaine fois que vous envisagerez de manger de la sauce tomate, laissez tomber l&rsquo;industrie. Achetez vos ingrédients près de chez vous et un peu d&rsquo;huile de coude. Votre survie et celle des esclaves de la tomate du Nord de la Chine ou de Californie sont peut-être à ce prix. Cela vous permettra aussi d&rsquo;éviter le carton rouge.</p>



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		<title>L&#8217;homme qui ment, Marc Lavoine, Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2015 10:04:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le très médiatique libraire Gérard Collard déteste Marc Lavoine qu&#8217;il trouve trop beau. Avec trop de succès auprès des femmes. Et voilà-t-y pas qu&#8217;en plus il sait écrire. On ne peut lui donner tort à la lecture du bouquin que le chanteur consacre à son père. Lulu était à en croire Lavoine un sacré personnage. [&#8230;]</p>
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<p><strong>Le très médiatique libraire Gérard Collard</strong> déteste Marc Lavoine qu&rsquo;il trouve trop beau. Avec trop de succès auprès des femmes. Et voilà-t-y pas qu&rsquo;en plus il sait écrire. On ne peut lui donner tort à la lecture du bouquin que le chanteur consacre à son père. Lulu était à en croire Lavoine un sacré personnage. Communiste et cégétiste d&rsquo;abord, qui travaillait aux PTT. Petits travaux tranquilles ou encore Paye ta tournée. Lulu e très médiatique libraire Gérard Collard déteste Marc Lavoine qu&rsquo;il trouve trop beau. Avec trop de succès auprès des femmes. Et voilà-t-y pas qu&rsquo;en plus il sait écrire. On ne peut lui donner tort à la lecture du bouquin que le chanteur consacre à son père. Lulu était à en croire Lavoine un sacré personnage. Communiste et cégétiste d&rsquo;abord, qui travaillait aux PTT. Petits travaux tranquilles ou encore Paye ta tournée. Lulu s&rsquo;y était engagé à son retour de la guerre d&rsquo;Algérie dont il avait miraculeusement réchappé, lui qui ne voulait pas la faire. Adieu donc les études de médecine dont il avait rêvé parce qu&rsquo;il fallait bien assumer le premier mouflet que préparait Michou. Ce serait Francis, le frère aîné de Marc. Plus qu&rsquo;un idéologue, Lulu était un sacré charmeur qui aimait trop le radada. Aussi, quand il retrouvait Hélène, Jeanine ou mademoiselle C dans sa garçonnière parisienne, Marx ou Lénine pouvaient bien attendre. La vie dans le pavillon de Wissous n&rsquo;en était pas moins agréable. Sa femme l&rsquo;aimait et semblait ne rien remarquer. Les deux fils étaient unis, Francis protégeant son cadet. On partait en vacances dans le Lot et on collait les affiches du Parti en famille. Une grande famille puisque les grands-parents habitaient la même rue. Le niveau de vie progressait, la 4L cédant la place à une Ford Capri. On buvait beaucoup. Les enfants grandissaient et découvraient la musique et le théâtre. Les rousses succédaient aux brunes et aux blondes jusque dans le pavillon. La fête du slip continuait. Les meilleures choses ayant une fin, Michou finit par ouvrir les yeux. Lulu fut poussé dehors, le pavillon mis en vente et le divorce prononcé. Lulu s&rsquo;exila dans le Lot, se remaria et vira écolo. Un divorce et un remariage plus tard, incapable de renoncer à la gaudriole, le voilà anarchiste. Toujours dans l&rsquo;amour de ses fils qui le lui rendent bien. Michou, elle, y perdra sa santé.</p>
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		<title>La quête, Robert Lyndon, Éditions Sonatine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2015 11:13:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman historique]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore un fabuleux livre publié chez Sonatine, ce génial éditeur dont on n&#8217;a pas fini de vous parler. La Quête de Robert Lyndon se déroule au Moyen âge entre l&#8217;Angleterre et Constantinople. Vallon et son compagnon Hero sont chargés de payer une rançon pour récupérer le fils d&#8217;un seigneur normand capturé par les Turcs. Pas [&#8230;]</p>
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<p><strong>Encore un fabuleux livre</strong> publié chez Sonatine, ce génial éditeur dont on n&rsquo;a pas fini de vous parler. La Quête de Robert Lyndon se déroule au Moyen âge entre l&rsquo;Angleterre et Constantinople. Vallon et son compagnon Hero sont chargés de payer une rançon pour récupérer le fils d&rsquo;un seigneur normand capturé par les Turcs. Pas en acheminant l&rsquo;or sur les routes de l&rsquo;Europe. Mais en fournissant quatre faucons parmi les plus rares et qu&rsquo;on ne trouve qu&rsquo;au Groenland. D&rsquo;où leur périple, parsemé de multiples dangers et d&rsquo;incroyables rencontres qui les mènera en Norvège, en Russie, avant d&rsquo;aboutir en Anatolie. C&rsquo;est gros, 900 pages, passionnant, vivant, plein de personnages attachants ou effrayants. Ça vous fait voyager dans le temps et dans l&rsquo;espace. Lyndon aurait mis plus de dix années à écrire son roman mais vous le lirez beaucoup plus rapidement.</p>
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