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	<title>Archives des L&#039;Olivier - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des L&#039;Olivier - Surbooké</title>
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		<title>Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, Éditions de l&#8217;Olivier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 05:32:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;Olivier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est une femme que l&#8217;on voit toujours jeune tant elle incarne le dynamisme. Florence Aubenas, longtemps journaliste à Libé, un temps à L&#8217;Obs puis au Monde depuis 2012, est autant réputée pour ses reportages que pour les bouquins qu&#8217;elle en a tiré. Également appréciée pour son traitement des faits divers que pour ses reportages de [&#8230;]</p>
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<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>une</strong> <strong>femme</strong> <strong>que</strong> <strong>l&rsquo;on</strong> <strong>voit</strong> <strong>toujours</strong> <strong>jeune</strong> tant elle incarne le dynamisme. Florence Aubenas, longtemps journaliste à <em>Libé</em>, un temps à <em>L&rsquo;Obs</em> puis au <em>Monde</em> depuis 2012, est autant réputée pour ses reportages que pour les bouquins qu&rsquo;elle en a tiré. Également appréciée pour son traitement des faits divers que pour ses reportages de guerre. C&rsquo;est en couvrant le procès d&rsquo;Outreau qu&rsquo;elle s&rsquo;est fait connaître, étant une des premières à douter de la culpabilité de l&rsquo;ensemble des inculpés. Elle avait vu juste car si des adultes avaient bien abusé d&rsquo;enfants, l&rsquo;institution judiciaire avait sérieusement dérapé en envoyant en prison des innocents. Sa célébrité elle la doit aux cinq mois de captivité en tant qu&rsquo;otage en Irak. Elle s&rsquo;en serait évidemment passé et a refusé de les raconter. Ce qui impressionne chez elle c&rsquo;est sa simplicité, on pourrait presque dire sa naïveté quand elle accepte de partir au Rwanda pour Libé qui cherche un reporter de guerre. Cela lui vaut de se retrouver face à un déferlement de Tutsi fuyant leur pays pour sauver leur peau, et surtout d&rsquo;accepter de prendre avec elle le bébé d&rsquo;une femme pour le sauver. La demande aussitôt acceptée, aussitôt imitée par un océan de bras la suppliant de prendre les leurs. Simple elle l&rsquo;est également quand elle explique qu&rsquo;elle a demandé un salaire qu&rsquo;elle pouvait assumer pour rentrer au <em>Monde</em>, soit 4 000 euros par mois. Florence Aubenas a couvert les conflits en Afghanistan, au Kosovo, en Algérie et a aussi passé beaucoup de temps en France en racontant des évènements qui pourraient paraître anodins. Son dernier livre <em>L&rsquo;inconnu</em> <em>de</em> <em>la</em> <em>Poste</em> présente un meurtre commis dans une petite ville de l&rsquo;Ain dont fut accusé un jeune homme ancienne vedette de cinéma. Florence Aubenas, nullement ardéchoise mais née à Bruxelles, s&rsquo;interroge en 2009 sur ce qu&rsquo;est concrètement la crise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il est loin le temps où les employés de Pôle Emploi étaient d&rsquo;anciens travailleurs sociaux</p></blockquote>



<p>Pour y répondre elle part chercher du travail de façon anonyme dans une ville qu&rsquo;elle ne connaît pas. Ce sera Caen. Florence s&rsquo;inscrit  au chômage en déclarant pour seul diplôme un baccalauréat, expliquant son inactivité des vingt dernières années par une vie avec un homme qui subvenait à ses besoins et qui l&rsquo;a quittée. Florence Aubenas garde son nom, se teint en blonde et change de lunettes pour ne pas être reconnue. Elle décide de poursuivre son immersion dans sa nouvelle vie jusqu&rsquo;à l&rsquo;obtention du Graal des demandeurs d&#8217;emploi : un CDI. Cela lui prendra six mois. Le premier entretien d&#8217;embauche la mène à Cabourg pour un emploi de gouvernante dans la coquette station balnéaire. Elle sera nourrie à la table des patrons, logée dans leur maison, lui entrepreneur à la retraite et elle femme au foyer. L&#8217;emploi est plutôt bien payé mais elle le refuse parce qu&rsquo;elle ne veut pas entrer dans l&rsquo;intimité de particuliers. Elle ne s&rsquo;est rendue à Cabourg que pour voir à quoi ressemblait un entretien d&#8217;embauche. Pourtant Florence avait dit à celui qui lui avait indiqué l&rsquo;adresse qu&rsquo;elle accepterait tout. Ici tout le monde accepte tout lui avait répondu l&#8217;employé de l&rsquo;agence d&rsquo;intérim. À Pôle Emploi on lui suggère de devenir agent de nettoyage, femme de ménage pour ceux qui ignorent la terminologie officielle. Un métier qui n&rsquo;a rien d&rsquo;évident pour elle dont la mère féministe a toujours considéré que le ménage incombait aux hommes. Florence découvre à Pôle Emploi les drames de ceux et surtout de celles qui ont besoin de travailler, ainsi que les peurs des conseillers qui craignent de se retrouver face à l&rsquo;arme d&rsquo;un chômeur excédé. Il est loin le temps où les employés de Pôle Emploi étaient d&rsquo;anciens travailleurs sociaux, ils ont cédé la place aux commerciaux. Pour Florence ça s&rsquo;annonce  mal. Femme de plus de 45 ans, pas d&#8217;emploi récent ni de formations particulières, sans voiture, elle accumule les handicaps. Elle ressert son histoire de mec qui l&rsquo;a laissé tomber, en précisant qu&rsquo;il était garagiste, une profession que Florence a toujours trouvée sexy. Elle enchaîne en vain salons de l&#8217;emploi et formations, toujours rien en vue. Elle rencontre beaucoup d&rsquo;hommes et de femmes qui cherchent comme elle un boulot après avoir accumulé échecs et humiliations. On l&rsquo;avait prévenue : ne surtout jamais prendre un boulot sur un ferry-boat à Ouistreham. Ce sont les pires. Pires que dans les boîtes de bâtiment turques qui te payent plus mal qu&rsquo;en Turquie. Pires que chez les ostréiculteurs ou les maraîchers. Pourtant Florence accepte et se pointe le lendemain au siège de l&rsquo;entreprise quai Charcot. Elle est embauchée pour six mois, six jours par semaine de 21h30 à 22h30, contre 250 euros par mois plus les primes du week-end. Reste à trouver l&rsquo;indispensable voiture, ce qui sera vite fait.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>En 2009 le lumpenprolétariat ne travaille plus dans les mines, les usines automobiles ou textiles. Il nettoie les bateaux, les supermarchés et les campings.</p></blockquote>



<p>À bord du ferry elle fait les sanis, récure les cuvettes des WC, des boulots exclusivement réservés aux femmes. C&rsquo;est physique, exténuant, chronométré, du taylorisme sur mer. Le récit de Florence Aubenas évite tout voyeurisme tant elle est rentrée dans son personnage. Elle nous transmet la pression des petits chefs pour terminer dans les temps, les humiliations quotidiennes, la peur de ne pas être prise pour des emplois complémentaires, le manque de sommeil entre les nettoyages du soir et ceux du matin. Elle montre les formations inutiles imposées par Pôle Emploi, l&rsquo;infantilisation de ceux qui sont envoyés en stage et qui craignant de tout perdre n&rsquo;osent pas faire respecter leurs droits. En 2009 le lumpenprolétariat ne travaille plus dans les mines, les usines automobiles ou textiles. Il nettoie les bateaux, les supermarchés et les campings. Les syndicats ? Quels syndicats ? Même à Caen qui fut une citadelle ouvrière, les usines ont fermé les unes après les autres sans qu&rsquo;ils puissent rien arrêter. Les syndicats c&rsquo;était pour les grandes boîtes avec des hommes à l&rsquo;intérieur. Il y avait bien Moulinex mais Moulinex est parti en Chine et les anciennes doivent flouter leur CV pour retrouver un employeur.&nbsp;Il n&rsquo;est pas rare que les chômeurs demandent spontanément à être payés en dessous du Smic. Alors les filles que côtoie Florence Aubenas se débrouillent en achetant en grande quantité, en faisant dépanner leur voiture par des copains. Toutes ne vivent pas dans la misère. Certaines acceptent ce métier pour garantir le mieux à leurs enfants. Finalement Florence Aubenas décroche son CDI. Deux heures et demie par semaine, payées 8,94 euros bruts de l&rsquo;heure. Belle victoire. Ce que ne dit pas Florence Aubenas dans sa postface, mais qu&rsquo;elle raconte dans sa longue interview diffusée dans <em>À voix nue</em>, c&rsquo;est que ses anciennes collègues ont eu du mal à admettre qu&rsquo;elle était journaliste quand elle est retournée les voir. L&rsquo;une d&rsquo;elles ayant même ajouté :  « <em>Depuis quand les journalistes s&rsquo;intéressent-ils à nous ?</em> ».</p>



<p><strong>À voix nue</strong><br><a href="https://www.franceculture.fr/emissions/series/florence-aubenas">https://www.franceculture.fr/emissions/series/florence-aubenas</a></p>
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		<title>Les Nuits d&#8217;été, Thomas Flahaut, Éditions de l&#8217;Olivier</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2021/03/15/les-nuits-dete-thomas-flahaut-editions-de-lolivier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Mar 2021 06:25:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman suisse 🇨🇭]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;Olivier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un roman sur le monde ouvrier, un genre assez rare dans la littérature française. Un roman écrit autour de trois jeunes confrontés à la violence de l&#8217;usine, ainsi qu&#8217;à celle de leurs pères qui ont également connu les nuits passées devant des machines. Thomas Flahaut, jeune écrivain Franc-Comtois natif de Montbéliard, nous en propose [&#8230;]</p>
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<p><strong>C&rsquo;est un roman sur le monde ouvrier</strong>, un genre assez rare dans la littérature française. Un roman écrit autour de trois jeunes confrontés à la violence de l&rsquo;usine, ainsi qu&rsquo;à celle de leurs pères qui ont également connu les nuits passées devant des machines. Thomas Flahaut, jeune écrivain Franc-Comtois natif de Montbéliard, nous en propose une version qui nous rappelle ce qu&rsquo;a écrit Nicolas Mathieu, un des chouchous de ce blog, dans <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les enfants après eux (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=495" target="_blank">Les enfants après eux</a></em> et peut-être plus encore dans <em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=484">Aux animaux la guerre</a></em>. Parce qu&rsquo;il a aussi une vision théorique du monde ouvrier, Thomas Flahaut dédie son roman au sociologue Robert Linhart, dont il nous dit par ailleurs qu&rsquo;il le lisait quand il travaillait dans une usine suisse. Mais cela ne fait en rien des <em>Nuits d&rsquo;été</em> quelque chose de difficile, ce roman étant avant tout le récit de ce que Flahaut a connu. Les trois personnages du livre sont Thomas, Mehdi son ami, et Louise la sœur jumelle de Thomas. Louise est celle qui a atteint les objectifs rêvés par ses parents : faire des études. Elle s&rsquo;est vu proposer d&rsquo;écrire une thèse de doctorat sur les ouvriers frontaliers du Doubs à l&rsquo;université de Besançon. Au contraire de Louise, Thomas a échoué. Trop de copies blanches. Plus autorisé à se réinscrire à la fac. Thomas n&rsquo;a toujours pas eu le courage de le dire à ses parents qui ont tant investi sur leurs enfants. L&rsquo;échec de Thomas est pour eux non seulement financier, car comme aime à le rappeler son daron, qui paye le steak à la maison ? Mais aussi celui d&rsquo;une vie puisque les études des enfants constituent pour eux le second étage de l&rsquo;ascenseur social après l&rsquo;achat du pavillon. Pour Mehdi c&rsquo;est plus simple. Pas d&rsquo;études supérieures, depuis six ans un boulot d&rsquo;intérimaire chaque été de l&rsquo;autre côté de la frontière, et l&rsquo;hiver quand il neige de saisonnier à la montagne. Avec en plus lorsqu&rsquo;il ne parvient pas à s&rsquo;y soustraire, l&rsquo;aide apportée à son père sur les marchés pour faire tourner la rôtisserie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Leurs enfants ne sont plus qu&rsquo;opérateurs sans possibilité de se fixer parce qu&rsquo;un opérateur ça change tout le temps d&#8217;employeur</p></blockquote>



<p>Cet été, les deux amis se retrouvent à l&rsquo;usine en tant qu&rsquo;opérateur devant Miranda la machine qui fabrique des stators. Thomas découvre la longueur des nuits, habillé d&rsquo;un des deux polos qu&rsquo;on lui a fournis, lavés quand il en a le temps, avec des coutures synthétiques qui blessent le corps. Il se plie au rythme de la machine, il charge, surveille, contrôle, vide, attend, relance &#8230; Alors au matin pour se laver la tête les deux jeunes gens donnent libre cours à leur soif de liberté en roulant à moto. Et puis le chef d&rsquo;atelier leur annonce que l&rsquo;usine va déménager un peu plus loin en Suisse. Bien sûr, on aura toujours besoin d&rsquo;eux. Mais comment le croire quand les machines sont démontées par des sous-traitants italiens pour être emmenées on ne sait trop où. L&rsquo;usine qui a broyé, détruit leur père puis leur famille, s&rsquo;en prend maintenant à eux. Avec pour grande différence que leurs pères étaient ouvriers, ce qui signifiait en leur temps fierté du travail bien fait et appartenir à une communauté. Or leurs enfants ne sont plus qu&rsquo;opérateurs sans possibilité de se fixer parce qu&rsquo;un opérateur ça change tout le temps d&#8217;employeur. Sans compter qu&rsquo;ils ont en plus été programmés pour qu&rsquo;ils ne puissent envisager la vie sans être diplômés. Allez donc avec ça vous éloigner du logis familial. Même pas possible de vivre avec la personne que vous aimez.  « <em>Les saumons vont mourir là où ils sont nés </em>».</p>
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		<title>Le cœur blanc, Catherine Poulain, Éditions de l&#8217;Olivier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Feb 2020 16:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;Olivier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils cueillent les abricots, ramassent les asperges, récoltent la lavande et les olives, travaillent dans les vignes. On les retrouve chaque année dans ces villages perdus de Haute-Provence où ils tentent de gagner trois francs six sous auprès de paysans qui sont à peine plus riches qu&#8217;eux. Une somme que la plupart s&#8217;empresseront de dépenser [&#8230;]</p>
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<p><strong>Ils cueillent les abricots</strong>, ramassent les asperges, récoltent la lavande et les olives, travaillent dans les vignes. On les retrouve chaque année dans ces villages perdus de Haute-Provence où ils tentent de gagner trois francs six sous auprès de paysans qui sont à peine plus riches qu&rsquo;eux. Une somme que la plupart s&#8217;empresseront de dépenser en s&rsquo;arsouillant au café, voire en consommant des produits pas vraiment autorisés. Ces saisonniers et autres routards sont bien loin des quelques Marocains employés au black, venus en France parce qu&rsquo;on ne vit pas au Maroc, ou si mal de sa force de travail. Ceux là travaillent comme des brutes et doivent en plus endurer le racisme des  employeurs. Les autres, les Français ou au moins les Européens, constituent un petit monde interlope, utile aux locaux quelques mois de l&rsquo;année pour aider les agriculteurs. Un petit monde fait de marginaux qui se complaisent à s&rsquo;autodétruire. Tel est le cadre du second roman de Catherine Poulain après <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Le Grand Marin (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1075" target="_blank">Le Grand Marin</a></em>. Le cadre, mais pas le centre du roman, dont les deux personnages principaux sont deux femmes, Rosalinde la routarde allemande et Mounia la Kabyle. Physiquement différentes, Rosalinde la maigre aux seins à peine formés, Mounia à la poitrine généreuse. Mais proches parce qu&rsquo;elles ont besoin de s&rsquo;épauler pour survivre dans ce monde de brutes. Surtout Rosa, qui de son vieux Combi VW tout rouillé, clame à qui veut l&rsquo;entendre qu&rsquo;elle ne sera la femme de personne. Rosa qui ne constitue,  pour les crapules avinées qui l&rsquo;entourent, qu&rsquo;un trou qu&rsquo;ils aimeraient bien tirer. Pour Mounia, plus souvent en couple, c&rsquo;est différent même si son amoureux d&rsquo;un jour pourrait bien être porteur du sida. Catherine Poulain a beau expliquer que Rosalinde, ce n&rsquo;est pas elle, on ne la croit pas complètement. Pas seulement parce que les poches sous ses yeux attestent d&rsquo;une vie bien remplie. Mais parce qu&rsquo;elle a elle-même beaucoup bourlingué, dix ans à pêcher en Alaska ce qui nous valut Le Grand Marin. Puis une installation entre la Haute-Provence et le Médoc. Nous en bénéficions aujourd&rsquo;hui avec ces deux magnifiques portraits de femmes qui se rêvent libres. Mais à quel prix !</p>
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		<title>Le grand marin, Catherine Poulain, Éditions de l’Olivier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2016 20:04:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;Olivier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lili est une petite femme française qui vient de Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une petite femme mais avec de grandes mains très fortes. Lili est une runaway, une femme qui ne veut pas vivre dans une maison, toujours à bouger, à parcourir le monde. Lili se retrouve dans l’île de Kodiak en Alaska, au sud [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2016/09/08/le-grand-marin-catherine-poulain-editions-de-lolivier/">Le grand marin, Catherine Poulain, Éditions de l’Olivier</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
]]></description>
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<p><strong>Lili est une petite femme française</strong> qui vient de Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une petite femme mais avec de grandes mains très fortes. Lili est une <em>runaway</em>, une femme qui ne veut pas vivre dans une maison, toujours à bouger, à parcourir le monde. Lili se retrouve dans l’île de Kodiak en Alaska, au sud d’Anchorage, à vouloir embarquer sur<em> Le Rebel </em>pour pêcher la morue noire et le flétan. Dans un univers d’hommes, exclusivement physique où la fatigue ne cède la place qu’à l’épuisement, à la douleur et parfois à la mort. Un monde où une femme n’a pas sa place sauf à vouloir toujours prouver qu’elle peut faire aussi bien que les autres. Lili dort sur le sol car on lui a pris sa couchette. Elle appâte les lignes des palangres avec des calamars pourris, les jette à l’eau, apprend à tuer les morues et à les éviscérer. À se battre avec des flétans qui peuvent atteindre deux mètres, à les tuer au couteau, à jeter leurs tripes à la mer. Elle se déchire les mains, grelotte dans le froid et l’humidité, manque de se faire défigurer et finit par se faire piquer par la nageoire empoisonnée d’un poisson. La douleur monte mais elle ne veut pas la signaler de peur perdre sa place. Proche de la mort, elle est débarquée pour être rapatriée à Kodiak. Soignée, elle retourne sur Le Rebel, un navire dont les marins ne gagnent rien une fois défalqués de leur salaire le prix du matériel perdu en mer et les amendes pour dépassement des quotas de pêche. Ils sont usés, vieillis mais n’ont pas le choix pour payer leur pension alimentaire ou simplement pour survivre. À terre, les quelques dollars gagnés sont dépensés dans des beuveries au côté des Indiennes qui squattent les bars. Lili a un rêve&nbsp;: aller à Point Barrow tout au nord de l’Alaska et profiter de ce bout du monde. « <em>Foutaise</em> » lui disent les autres marins, elle n’y verra rien d’autre que les derniers habitants abrutis par l’alcool et le <em>speed</em>. Lili n’ira jamais au bout du monde mais elle se rapproche de Jude, le grand marin. Si grand, si fort et si fatigué et qui voudrait lui faire un enfant. Mais elle n’en veut pas préférant à jamais repartir.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2016/09/08/le-grand-marin-catherine-poulain-editions-de-lolivier/">Le grand marin, Catherine Poulain, Éditions de l’Olivier</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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