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	<title>Archives des 🤍🤍 - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des 🤍🤍 - Surbooké</title>
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	<item>
		<title>La mort malgré lui, Armelle Hérisson, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 16:25:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[roman policier, thriller]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1942, Vilmos a quinze ans, avec son ami Imre ils profitent de la nature dans leur coin de Hongrie. Ils ne se voient pas habiter ailleurs. Mai 1944, les Russes ont gagné à Stalingrad, les Allemands entrent en Hongrie par l&#8217;ouest. Les lois antijuives s&#8217;appliquent désormais dans le village. Septembre 1944, on réquisitionne les jeunes [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2026/01/29/la-mort-malgre-lui-armelle-herisson-editions-gallimard/">La mort malgré lui, Armelle Hérisson, Éditions Gallimard</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>1942,</strong> <strong>Vilmos</strong> <strong>a</strong> <strong>quinze</strong> <strong>ans</strong>, avec son ami Imre ils profitent de la nature dans leur coin de Hongrie. Ils ne se voient pas habiter ailleurs. Mai 1944, les Russes ont gagné à Stalingrad, les Allemands entrent en Hongrie par l&rsquo;ouest. Les lois antijuives s&rsquo;appliquent désormais dans le village. Septembre 1944, on réquisitionne les jeunes de dix-sept ans. Sára qui a échappé aux rafles des juifs vit cachée dans la remise de l&rsquo;école sous la surveillance de Laura et de son père. La jeune femme est l&rsquo;amie de Vilmos, elle lui a prêté <em>Crime</em> <em>et</em> <em>châtiment</em>. Les Allemands débarquent, emmènent huit hommes dont Vilmos et Imre. Ils sont affectés à la 31e division Waffen-SS. Paris, octobre 1987, Sophie une jeune femme blonde est pigiste. Elle habite dans un appartement dont la superficie est à l&rsquo;échelle de ses maigres revenus. Novembre 1987, Arlette centralise les appels au commissariat de Laval. Elle apprend la découverte d&rsquo;une femme nue, la tête baignant dans une flaque de sang, dans le parc de la HLM de la Perdrière. Le commissaire Éric Ralu s&rsquo;y rend avec Thomas Drouet un jeune policier récemment arrivé à brigade. La morte est blonde, elle a été abattue avec une arme à feu, elle a les marques d&rsquo;un bâillon sur les chevilles et les poignets. L&rsquo;enquête révèle qu&rsquo;elle a visité plusieurs appartements en prétendant travailler pour un recensement, elle a notamment interrogé les locataires sur leur parcours d&rsquo;immigration. Elle a aussi laissé le souvenir de ses ongles rouges.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les deux volets du bouquin finissent par se rejoindre </p>
</blockquote>



<p>Sacrée réussite que ce premier roman d&rsquo;Armelle Hérisson, une autrice qui est par ailleurs professeur agrégée et docteure en littérature française. C&rsquo;est au départ une double enquête sur les Hongrois incorporés de force par les Allemands en 1944 dans la Waffen-SS. Et sur l&rsquo;assassinat quarante-trois années après d&rsquo;une jeune journaliste à Laval. La recherche du ou des meurtriers m&rsquo;a paru dans un premier temps quelque peu poussive. Mais plus le récit avançait, plus il m&rsquo;a convaincu d&rsquo;être en présence d&rsquo;un grand livre. De ceux qui nous laissent pantois une fois la dernière page terminée. Inutile de préciser que les deux volets du bouquin finissent par se rejoindre. Et que l&rsquo;assassinat de celle, qui a rapidement été identifiée comme étant Sophie Ziegler, est lié à la Seconde guerre mondiale. Le procédé narratif n&rsquo;est pas nouveau. Il a récemment été utilisés avec brio par Arttu Tuominen dans <a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=30360"><strong><em>T</em></strong></a><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=30360" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>ous</em></strong> <em><strong>les</strong></em> <em><strong>silences</strong></em></a>. Il est toutefois renouvelé ici avec les malgré-nous. Ces jeunes gens enrôlés de force par les Allemands un peu partout en Europe. Ils furent notamment 132 000 en Alsace à partir de 1942. L&rsquo;histoire des persécutions nazies en Hongrie est une des plus abjectes, car elle est intervenue tardivement, après l&rsquo;entrée des Allemands dans le pays. Précédemment Horthy qui dirigeait la Hongrie, avait au moins refusé de livrer les juifs avec la nationalité hongroise. Mais dès qu&rsquo;ils le purent, les nazis, se sont empressés d&rsquo;y remédier en tuant un demi-million de juifs. Outre la monstruosité de la solution finale, les déportations tardives ont alimenté le travail forcé à Auschwitz au profit de l&rsquo;industrie de guerre. Toute cette histoire les policiers lavallois l&rsquo;ignorent. Ils ont davantage l&rsquo;habitude d&rsquo;enquêter sur le vol de chevaux de course. Ils vont progressivement la découvrir, comprendre ses ambiguïtés. Ils vont apprendre qu&rsquo;entre un mobilisé de force et un volontaire, les différences étaient parfois tenues. Que les malgré-nous avaient aussi commis des horreurs. Ce qui n&rsquo;a rien de facile pour eux, car leur enquête percute leurs difficultés personnelles.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <strong><em>Bibliosurf</em></strong> <strong>?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/La-mort-malgre-lui.html#recherche">https://www.bibliosurf.com/La-mort-malgre-lui.html#recherche</a></p>



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		<title>Les comploteurs, Antton Rouget et Ramsès Kefi, Mediapart &#038; Collectif Éditions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 16:44:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquête]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Mediapart & Collectif Éditions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les meilleurs auteurs de romans noirs doivent l&#8217;avoir mauvaise. Comment rivaliser, comment imaginer un scénario plus pervers que celui de la sextape de Saint-Étienne ? Un complot ourdi par le maire de la cité pour garantir la poursuite de sa carrière politique. Cette histoire abracadabrantesque est bien plus que la mise à l&#8217;écart d&#8217;un concurrent [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Les</strong> <strong>meilleurs</strong> <strong>auteurs</strong> <strong>de</strong> <strong>romans</strong> <strong>noirs</strong> <strong>doivent</strong> <strong>l&rsquo;avoir</strong> <strong>mauvaise</strong>. Comment rivaliser, comment imaginer un scénario plus pervers que celui de la sextape de Saint-Étienne ? Un complot ourdi par le maire de la cité pour garantir la poursuite de sa carrière politique. Cette histoire abracadabrantesque est bien plus que la mise à l&rsquo;écart d&rsquo;un concurrent qui n&rsquo;est même pas un adversaire politique. C&rsquo;est une machination qui a failli pousser la victime au suicide. Qui aurait dû détruire sa famille. Heureusement le mécanisme s&rsquo;est grippé et le premier adjoint s&rsquo;en est sorti. D&rsquo;abord parce que sa femme et ses grands enfants l&rsquo;ont soutenu. Ensuite parce qu&rsquo;un des comploteurs a lâché le morceau. Enfin grâce à l&rsquo;enquête de <em>Mediapart</em>. Le récit pose plein de questions. Comment des personnes sans aucune morale ont-elles pu conquérir des postes aussi importants ? Parce que parmi les comploteurs il y en a un qui avait déjà imaginé coller une prostituée mineure dans le lit d&rsquo;un maire. Un autre qui avait côtoyé un élu pour qui Hitler n&rsquo;avait peut-être pas tué assez de gitans. Un qui avait navigué d&rsquo;un parti à l&rsquo;autre jusqu&rsquo;à trouver celui qui lui était le plus favorable. Et au-dessus d&rsquo;eux un maire parfaitement insensible à la mort annoncée de celui qu&rsquo;il voulait évincer. Comment aussi les colistiers du maire ont-ils accepté de protéger Perdriau alors que plus personne ne pouvait encore croire à son innocence ? Comment des élus peuvent-ils garder leurs substantielles indemnités sans fournir le travail dont ils sont redevables ? Pourquoi la justice n&rsquo;a-t-elle collé que cinq ans d&rsquo;inégibilité à Perdriau, sachant que presque tous les élus condamnés de Carignon à Cahuzac ont tenté de revenir ? Le passionnant récit d&rsquo;Antton Rouget et de Ramsès Kefi répond partiellement à ces questions. Il est heureux que <em>Mediapart</em> l&rsquo;ait publié pour que nous puissions y réfléchir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Pour Gaël Perdriau le maire de Saint-Étienne, c’est bien pire</p>
</blockquote>



<p>L&rsquo;annonce est tombée : le procès du chantage à la sextape est fixé fin septembre 2025. S&rsquo;il en est un qui s&rsquo;en réjouit c&rsquo;est bien Gilles Rossary-Lenglet. Pourtant avec cette affaire, ce barbouzage qu&rsquo;il a fomenté, il a tout perdu. Plus personne ou presque ne veut le prendre au téléphone, et c&rsquo;est peu dire que sa santé est vacillante. Il a besoin d&rsquo;une aide-ménagère pour couper ses légumes. Pour Gaël Perdriau le maire de Saint-Étienne, c&rsquo;est bien pire. Annoncé un temps futur ministre de Macron, il vit reclus à la mairie avec ses derniers soutiens. Ses décisions sont retoquées par le conseil métropolitain. Récemment un député de son camp a refusé de lui serrer la main en lui répondant qu&rsquo;il pouvait se la garder pour pisser.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Artigues a pensé se suicider</p>
</blockquote>



<p>Septembre 2016. Gilles Artigues et Samy Kéfi-Jérôme travaillent ensemble. Artigues est le premier adjoint à la mairie de Saint-Étienne, Kéfi-Jérôme l&rsquo;adjoint en charge de l&rsquo;éducation. Ils se voient en dehors du boulot, Kéfi-Jérôme connaît la femme et les enfants d&rsquo;Artigues. La rumeur prétend qu&rsquo;Artigues le catho tenant de la Manif pour tous, et Kéfi-Jérôme bisexuel assumé, auraient une liaison. Kéfi-Jérôme sort son téléphone et montre à Artigues une vidéo intitulée <em>In</em> <em>bed</em> <em>with</em> <em>Gilles</em> <em>Artigues</em>. On voit l&rsquo;élu se déshabiller et se faire masser par un inconnu. Artigues n&rsquo;est pas un adjoint anonyme. Ancien député, il a en 2014 scellé un accord avec Perdriau pour reprendre la mairie au PS. Le catho centriste a imposé au représentant de l&rsquo;UMP quatorze adjoints qui sont autant de snipers contre Perdriau. L&rsquo;accord a été conçu par les chefs de parti parisiens. Ils auraient tout aussi bien pu choisir Artigues comme maire. Récemment arrivé dans la Loire, Kéfi-Jérôme ne cache pas ses appétits de pouvoir. Il vise la députation comme représentant du Centre. Il explique à Artigues qu&rsquo;il détient d&rsquo;autres images. Il exige qu&rsquo;il se désiste à son profit lors des législatives à venir s&rsquo;il venait à lui en intimer l&rsquo;ordre. Il imagine aussi le pousser à admettre son homosexualité tout en filmant la scène avec une caméra cachée. Ça n&rsquo;ira pas plus loin, mais Artigues a pensé se suicider en quittant son bourreau. L&rsquo;idée de la vidéo vient de Rossary-Lenglet qui est l&rsquo;ex de Kéfi-Jérôme. Le barbouzeur l&rsquo;a facilement vendue à Perdriau et Pierre Gauttieri le chef de cabinet du maire. Il en a retiré une forte somme d&rsquo;argent et une promesse d&#8217;embauche à la mairie en cas de besoin. Il a programmé la rencontre d&rsquo;Artigues et de Kéfi-Jérôme le 5 janvier 2015 à l&rsquo;occasion d&rsquo;un déplacement professionnel à Paris où Kéfi-Jérôme s&rsquo;est pointé en compagnie de Theo un <em>escort</em> <em>boy</em>. Mais l&rsquo;adjoint à l&rsquo;éducation charge mal la GoPro. Il n&rsquo;enregistre que le massage. « <em>Une</em> <em>sextape</em> <em>sans</em> <em>sexe</em> ». Perdriau était-il au courant de la machination ? Artigues en aura la preuve en novembre 2017 quand le maire de Saint-Étienne lui demande d&rsquo;exécuter ses ordres s&rsquo;il ne veut pas qu&rsquo;il publie la vidéo.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Perdriau refuse de démissionner de son poste de maire </p>
</blockquote>



<p>En mai 2022 Perdriau annonce à Artigues sa rétrogradation comme troisième adjoint. Le maire se voit ministre de Macron, pas question dans ce cas de laisser la mairie aux mains d&rsquo;Artigues. Le centriste l&rsquo;accepte et part travailler dans le Tarn comme directeur diocésain de l&rsquo;enseignement catholique. Rien ne devrait plus arrêter Perdriau. Sauf qu&rsquo;il a oublié Rossary-Lenglet. Il n&rsquo;a plus d&rsquo;argent, il est marqué par le Covid, il ne parvient pas à se faire embaucher par la mairie. Gauttieri lui propose alors un job à 2 500 euros bruts par mois. Pas assez pour le barbouzeur qui entre en contact avec <em>Mediapart</em>. Le journal attend l&rsquo;accord d&rsquo;Artigues pour publier. Il intervient fin août 2022 quand l&rsquo;ancien premier adjoint porte plainte. À la mairie l&rsquo;atmosphère est délétère entre les demandes de démission formulées par des élus d&rsquo;opposition et de nombreux licenciements. En mai 2023 Perdriau est mis en examen pour chantage. Il s&rsquo;est mis en retrait du conseil métropolitain tout en gardant son indemnité, mais il s&rsquo;accroche à son poste de maire. Pierre Gauttieri est incarcéré quinze jours faute d&rsquo;avoir respecté son contrôle judiciaire. À sa sortie de prison il lâche Perdriau : le maire a commandité l&rsquo;opération et l&rsquo;a payée avec de l&rsquo;argent public. Pourtant Perdriau refuse toujours de démissionner. S&rsquo;ils le démettaient, les élus de sa majorité prendraient le « risque d&rsquo;offrir » la ville à la gauche. Même la société civile finit par se lasser de réclamer le départ du maire. Lui rêve encore d&rsquo;un troisième mandat en 2026. Lundi 22 septembre 2025 le procès débute. Le verdict est annoncé le 1er décembre 2025 avec des peines supérieures aux réquisitions. Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet : quatre ans de prison dont un avec sursis et 40 000 euros d&rsquo;amende. Pierre Gauttieri : quatre années de prison dont deux avec sursis et 30 000 euros d&rsquo;amende. Gaël Perdriau : cinq ans d&#8217;emprisonnement dont un avec sursis, 50 000 euros d&rsquo;amende, inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire. S&rsquo;y ajoutent des dédommagements multiples à la charge des quatre condamnés.</p>



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<p></p>



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		<title>Lapiaz, Maryse Vuillermet, Éditions du Rouergue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 16:34:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette histoire il faut la raconter. C&#8217;est le moment, parce que les histoires c&#8217;est comme l&#8217;eau. Elles finissent par ressortir, par trouver leur chemin. Alors inutile de les cacher, surtout qu&#8217;ici dans le Haut-Jura, on est dans un pays calcaire. On peut creuser, cacher les souvenirs, vient toujours temps où ils réapparaissent. Les hippies sont [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Cette</strong> <strong>histoire</strong> <strong>il</strong> <strong>faut</strong> <strong>la</strong> <strong>raconter.</strong> C&rsquo;est le moment, parce que les histoires c&rsquo;est comme l&rsquo;eau. Elles finissent par ressortir, par trouver leur chemin. Alors inutile de les cacher, surtout qu&rsquo;ici dans le Haut-Jura, on est dans un pays calcaire. On peut creuser, cacher les souvenirs, vient toujours temps où ils réapparaissent. Les hippies sont arrivés en juin 1977 quand le père Satin avait commencé à faire les papiers pour leur second fils Bernard qui devait reprendre la ferme. Ils conduisaient une 2 CV camionnette repeinte gaiement en bleu pétrole. Ils allaient habiter la ferme d’estive des Reybiers, La Loubière. Un lieu si paumé qu&rsquo;on ne pouvait même pas y accéder en voiture. Dans le coin tous les jeunes ou presque étaient partis, et pourtant Isabelle et Tony allaient s&rsquo;installer. Isabelle était parisienne, belle et balafrée, elle avait peur des vipères, alors Tony lui expliquait que les animaux n&rsquo;étaient jamais méchants. Isabelle aimait tout de cette nouvelle vie payée avec l&rsquo;argent de l&rsquo;accident : le calme, le chant des oiseaux, le vacarme des cloches des vaches, et même la citerne-puits. Le père Satin les avait à la bonne, il avait demandé à Bernard de leur monter leurs affaires en tracteur. Arlette sa belle-fille, elle aussi les appréciait. Elle avait le même âge qu&rsquo;Isabelle, et elle aurait voulu l&#8217;emmener à Genève où elle vendait ses vipères. Avec Bernard c&rsquo;était plus compliqué. Il se méfiait et prétendait qu&rsquo;ils les auraient sur le dos l&rsquo;hiver quand ils viendraient quémander du bois ou des pommes de terre. Qu&rsquo;ils étaient venus foutre la merde. Il n&rsquo;était pas facile Bernard, il voulait un gros tracteur, une tronçonneuse dernier modèle, abandonner les vaches pour ne pas en être esclave. Juste garder des génisses dont il se débarrasserait avant l&rsquo;hiver. Et ça ses parents ne le comprenaient pas. Acheter du lait en carton ça allait les tuer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Le jardin bio de Tony le fait rire</p>
</blockquote>



<p>Ce premier roman de Maryse Vuillermet est une réussite exceptionnelle. Il démarre comme beaucoup de séries noires des années quatre-vingt, avec des néoruraux qui s&rsquo;installent dans un coin dont on se dit qu&rsquo;il n&rsquo;est pas fait pour eux. Trop sauvage, trop paysan, trop accroché à ses traditions. <em>Lapiaz</em> c&rsquo;est un roman noir ancré dans un territoire qu&rsquo;on se délecte à parcourir. Le Haut-Jura, ses montagnes menacées par la déprise agricole. Ses hivers interminables où on ne peut compter que sur soi. Ses habitants qui ont toujours bossé dur, dans l&rsquo;agriculture, la forêt ou plus bas dans les usines. Et elle le connaît ce coin Maryse Vuillermet, elle qui est native de Saint-Claude. <em>Lapiaz</em> c&rsquo;est un roman noir qui va forcément mal finir, mais qui déborde d&rsquo;humanité parce que l&rsquo;autrice s&rsquo;intéresse aux « <em>gens</em> de <em>peu</em> ». Comme le père Satin, un vieux paysan qui craint le modernisme, mais qui s&rsquo;intéresse aux deux hippies. Certes le jardin bio de Tony le fait rire avec trois rangées de salades et deux de carottes. Et c&rsquo;est avec ça qu&rsquo;ils vont passer l&rsquo;hiver ? Alors que lui plante des patates, des choux-raves, des raves, des bettes à côte. Qu&rsquo;il n&rsquo;est rassuré que quand il a chez lui deux années de bois d&rsquo;avance. Mais peu importe, il est toujours prêt à partager son savoir avec son improbable voisin. Il faut du talent pour nous faire vivre les angoisses de celui qui ne se remet pas de son étable quasi vide, sans paille, privée de ses rigoles pleines de pisse chaude. Il faut du talent pour nous emmener sur des fausses pistes à coup de courts chapitres qu&rsquo;on avale à grande vitesse. Pour nous raconter les angoisses d&rsquo;Isabelle qui rapidement ne sait plus ce qu&rsquo;elle est venue faire ici. Alors en attendant le prochain roman de cette brillante professeure de français, on pourra piocher dans ses autres livres qui racontent son pays.</p>



<p><br>« <strong>Elle</strong> <strong>allait</strong> <strong>au</strong> <strong>bal</strong> <strong>le</strong> <strong>samedi</strong> <strong>soir,</strong> <strong>c&rsquo;est</strong> <strong>là</strong> <strong>qu&rsquo;elle</strong> <strong>avait</strong> <strong>rencontré</strong> <strong>Bernard,</strong> <strong>sur</strong> <strong>un</strong> <strong>slow</strong> <strong>Nights</strong> <strong>in</strong> <strong>White</strong><em> </em><strong>Satin</strong> »</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Nights In White Satin" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/066HZlam91Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Dernier cri, Hervé Commère, Éditions Fleuvenoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Mar 2025 18:19:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Fleuvenoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rafi vingt et un ans est un esclave de l&#8217;industrie textile du côté de Dacca au Bangladesh. Son rêve est d&#8217;emmener sa sœur Farah en occident pour lui éviter le mariage forcé qui lui est promis. Alors il accepte tout de son employeur, quand soudain l&#8217;immeuble où il sable les jeans s&#8217;écroule. Miracle, il en [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Rafi</strong> <strong>vingt</strong> <strong>et</strong> <strong>un</strong> <strong>ans</strong> <strong>est</strong> <strong>un</strong> <strong>esclave</strong> <strong>de</strong> <strong>l&rsquo;industrie</strong> <strong>textile</strong> <strong>du</strong> <strong>côté</strong> <strong>de</strong>  <strong>Dacca</strong> <strong>au</strong> <strong>Bangladesh</strong>. Son rêve est d&#8217;emmener sa sœur Farah en occident pour lui éviter le mariage forcé qui lui est promis. Alors il accepte tout de son employeur, quand soudain l&rsquo;immeuble où il sable les jeans s&rsquo;écroule. Miracle, il en réchappe. Étienne Rozier quarante-cinq ans en a fini de sa petite vie. Il n&rsquo;est plus policier, il est désormais homme de main d&rsquo;une société de lobbying adepte de la surveillance de personnalités, du chantage, du coup de poing. Évacuer une Zad, solliciter l&rsquo;aide de trafiquants de drogue, rien ne l&rsquo;arrête. Avec sa femme Nelly, Étienne est enfin passé du bon côté. Ils ont même eu un autre enfant à un âge où cela ne semblait plus possible. Alors quand Étienne croise Anna Dufossé, il en profite. Anna c&rsquo;était la fille hors concours du temps de sa jeunesse. Les plus beaux seins du lycée, une tante journaliste au <em>New</em> <em>York</em> <em>Times</em>, un oncle écrivain, une famille friquée. Il n&rsquo;avait bien sûr pas réussi à coucher avec elle. Mais aujourd&rsquo;hui tout a changé. Ils se retrouvent dans une chambre d&rsquo;hôtel  de Rotterdam et rattrapent le temps perdu. Après pas mal d&rsquo;étreintes, de gémissements et d&rsquo;orgasmes, Étienne  prend une douche. Quand il ressort de la salle de bains, Anna a la langue violette, pendante, elle est morte étranglée. Étienne Rozier comprend qu&rsquo;il a laissé ses empreintes et son ADN partout, dans la chambre, sur et dans Anna. Qu&rsquo;il est le coupable parfait. Pour sauver sa peau, il doit changer d&rsquo;identité, de vie, trouver le tueur. Alors direction Elbeuf (Seine-Maritime), la cité de son enfance, et surtout celle où Anna Dufossé a enquêté six mois en se faisant embaucher comme femme de ménage. Qu&rsquo;avait-elle donc découvert dans cette ancienne ville industrielle pour qu&rsquo;on l&rsquo;assassine ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">L&rsquo;industrie textile a été balayée par la concurrence asiatique </p>
</blockquote>



<p>Roman noir ? Reportage sur la décrépitude d&rsquo;une ancienne cité industrielle ? Les deux et c&rsquo;est ce qui fait la force de ce dix-septième roman d&rsquo;Hervé Commère que je découvre avec <em>Dernier</em> <em>cri</em>. Côté polar, l&rsquo;intrigue qui tourne autour des trois personnages est tellement bien ficelée, qu&rsquo;il est impossible de lâcher le bouquin. Mais qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas, le sujet principal de Commère est ailleurs. C&rsquo;est la ville d&rsquo;Elbeuf qu&rsquo;il connaît pour avoir grandi à proximité. Elbeuf dont l&rsquo;industrie textile a été balayée par la concurrence asiatique, et dont il est d&rsquo;usage de se moquer tant la pauvreté s&rsquo;y est installée. Certes Renault a implanté son usine de Cléon à quelques kilomètres, mais l&rsquo;industrie automobile comme celle du textile regarde vers le passé. Elbeuf est désormais réduite à ses anciennes maisons de maître qui valent moins qu&rsquo;un studio parisien. À des habitants soumis à des conditions de travail qu&rsquo;ils ne peuvent refuser, quand ils trouvent du boulot. À sa mauvaise réputation. Alors Commère s&rsquo;immerge dans la vie de la cité comme l&rsquo;avait fait Florence Aubenas dans <strong><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=8082" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le quai de Ouistreham</a></em></strong>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Ceux-là ne veulent plus entendre parler de Roger Knobelspiess </p>
</blockquote>



<p>Il envoie ses personnages enquêter sur place en se faisant embaucher dans une entreprise de nettoyage. Un univers masculin côté chefs, fortement féminisé pour les personnes qui manient la serpillière. Elles se lèvent à quatre heures quinze pour terminer avant que n&rsquo;arrivent les salariés des entreprises. Des travailleuses invisibles qui font une heure ici, deux là, à elles de payer les déplacements entre les sites. Si vous aimez le lumpenprolétariat, c&rsquo;est ici que ça se passe. Ce n&rsquo;est pas pour autant que la société locale se résume à une simple opposition entre les patrons et des salariés décatis. Certains chefs d&rsquo;entreprise tentent de renouer avec les splendeurs passées. Tandis que de nombreuses ouvrières et ouvriers aiment leur ville, et rejettent l&rsquo;image de la cité dépotoir forgée par l&rsquo;arrivée au XIXe des repris de justice et des bagnards chassés de Rouen et du Havre. Ces femmes et ces hommes ne veulent plus entendre parler de Roger Knobelspiess le braqueur local gracié par Mitterrand. Ils ne se sont jamais reconnus dans les militants maoïstes parachutés après 1968 pour éduquer les masses. Ici comme dans les Zad constituées pour la bonne cause, les personnages sont complexes. Il y a des crapules ainsi que des personnes qu&rsquo;on qualifie avec peine. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;on les apprécie. Une preuve de plus que pour comprendre une société, mieux vaut commencer par la lecture d&rsquo;un bon roman noir.</p>



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		<title>Cœur noir, Silvia Avallone, Éditions Liana Levi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 20:06:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ail et parmesan 🇮🇹]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Liana Levi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Emilia Innocenti et son père Riccardo s&#8217;engagent dans le chemin qui mène à Sassaia, ils savent que l&#8217;histoire de ce hameau est terminée. Les abris pour le bétail sont en ruine, la Vierge noire de la chapelle est défigurée. Ils avancent à pied sur le chemin muletier avec leurs valises, craignant d&#8217;anéantir ce moment [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Quand Emilia Innocenti et son père Riccardo s&rsquo;engagent dans le chemin qui mène à Sassaia</strong>, ils savent que l&rsquo;histoire de ce hameau est terminée. Les abris pour le bétail sont en ruine, la Vierge noire de la chapelle est défigurée. Ils avancent à pied sur le chemin muletier avec leurs valises, craignant d&rsquo;anéantir ce moment qu&rsquo;ils ont attendu pendant tant d&rsquo;années. Plus haut il y a la maison familiale délabrée, avec un chauffe-eau défectueux, des volets cassés, des fentes dans les murs qui laissent passer l&rsquo;air, l&rsquo;électricité à refaire. S&rsquo;y rattachent aussi les souvenirs de la tante Iole morte là où elle a vécu. Ricardo préférerait que sa fille renonce à son projet d&rsquo;installation dans ce bout du monde, mais Emilia ne cède pas. À Sassaia il n&rsquo;y a que deux habitants. Basilio Raimondi a soixante-quatre ans et en paraît beaucoup plus. Il est si avare de paroles qu&rsquo;on le croirait sourd et muet. L&rsquo;autre est Bruno maître d&rsquo;école dans le village voisin, qui pas plus que Basilio, n&rsquo;est au courant de la venue d&rsquo;une trentenaire avec des cheveux roux et des taches de rousseur. Aucun des deux n&rsquo;est prêt à entendre des voix dans ce lieu d&rsquo;un silence absolu sauf pendant les vacances d&rsquo;été. Il leur faudra pourtant faire avec, même si Emilia n&rsquo;est pas loin de suivre son père à Ravenne quand il part du hameau. Parce que cette jeune femme hantée par son passé, redoute avant tout de ne pas pouvoir s&rsquo;endormir avec la télé. Or ici il n&rsquo;y en a jamais eu et on se contente au mieux de deux barres de téléphone. Alors elle  demande à Bruno de la retrouver dans sa maison, et de lui parler jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle s&rsquo;endorme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Emilia est au moins aussi torturée que ne l&rsquo;étaient les héroïnes de ses précédents romans </p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est un très grand livre que ce <em>Cœur</em> <em>noir</em>, le sixième de Silvia Avallone qui a connu le succès dès son premier roman <em>D&rsquo;Acier</em>, primé dans son pays et traduit en douze langues. Il faut le savoir, l&rsquo;Italie de cette autrice née dans les Alpes et qui vit à Bologne, n&rsquo;est pas celle de la <em>Dolce</em> <em>Vita</em>. Les deux héroïnes de <em>D&rsquo;Acier</em> grandissaient à l&rsquo;ombre de la misère sociale, et celle de <em>Marina</em> <em>Bellezza</em> son troisième livre subissait les affres d&rsquo;une Italie acculturée. La télé de Berlusconi forgeait les cerveaux tout en annonçant la prise du pouvoir de Meloni. Dans <em>Cœur</em> <em>noir</em> Emilia est au moins aussi torturée que ne l&rsquo;étaient les personnages de ses précédents romans, et son <em>alter</em> <em>ego</em> Bruno l&rsquo;est presque autant. Mais miracle, le mélange des malheurs laisse parfois poindre la lumière. Elle arrive ici dans un lieu fait pour l&rsquo;espoir. Un hameau perdu dans le Piémont où à défaut d&rsquo;hommes et de femmes, on aperçoit des grands-ducs, des perdrix, des sangliers, des chevreuils et des cerfs. Où le passé revit grâce à un quasi-hermite qui utilise toute son énergie à restaurer des églises. Et c&rsquo;est sans doute pour cela que cette histoire est belle à pleurer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">C&rsquo;est ici qu&rsquo;elle a tenté de se reconstruire </p>
</blockquote>



<p>Alors on part à la recherche du secret d&rsquo;Emilia dont on apprend vite qu&rsquo;elle a ressenti à treize ans une implacable rage à la mort de sa mère. « <em>Celle</em> <em>de</em> <em>Ravenne</em> » l&rsquo;avait payé d&rsquo;un enfermement au Couvent, un établissement qui n&rsquo;avait rien de religieux. C&rsquo;était une prison pour mineures, avec des barreaux, le réveil à sept heures, et des énormes clefs en cuivre qui ouvraient les serrures. C&rsquo;est ici qu&rsquo;elle a tenté de se reconstruire aux côtés de son amie Marta son aînée de deux ans, et d&rsquo;autres jeunes filles tout aussi paumées, le plus souvent immigrées. Il faut les voir à peine sorties de l&rsquo;adolescence, les hormones en ébullition, avec comme seule solution de mater le Mec-d&rsquo;en-Face, un bellâtre qui s&rsquo;exhibait sur son balcon. Des deux Marta était la plus forte, elle avait surtout compris qu&rsquo;il leur fallait utiliser l&rsquo;incarcération pour faire des études. Au point de lire en détention <em>Crime</em> <em>et</em> <em>châtiment</em>  de Dostoïevski, ce qui effrayait les matonnes. La cause de ce parcours infernal ne nous est révélée qu&rsquo;à la fin du roman. Ce qui laisse le temps à la magnifique Silvia Avallone de nous dévoiler les beautés de la polenta au maccagno le fromage local, l&rsquo;amour d&rsquo;un père, les trahisons. La vie.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en dit <em>Bibliosurf</em> ?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/?page=q&amp;recherche=coeur+noir">https://www.bibliosurf.com/?page=q&amp;recherche=coeur+noir</a></p>



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		<title>Nos armes, Marion Brunet, Éditions Albin Michel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 20:25:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Albin Michel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mano s&#8217;est installée dans un village paumé où elle a rencontré John. Le vieil anglais vit dans un bout de ferme . Il fabrique des bijoux en argent à partir de couverts chinés dans les vide-greniers. Il contribue à la communauté rurale où l&#8217;on tente de s&#8217;entraider, de réfléchir en commun. Mano s&#8217;est construite en [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Mano</strong> <strong>s&rsquo;est installée dans</strong> <strong>un</strong> <strong>village</strong> <strong>paumé</strong> <strong>où</strong> <strong>elle</strong> <strong>a</strong> <strong>rencontré</strong> <strong>John</strong>. Le vieil anglais vit dans un bout de ferme . Il fabrique des bijoux en argent à partir de couverts chinés dans les vide-greniers. Il contribue à la communauté rurale où l&rsquo;on tente de s&rsquo;entraider, de réfléchir en commun. Mano s&rsquo;est construite en espérant briser le système, mais elle a fini par trouver sa place dans cet environnement où elle a posé sa caravane. Aujourd&rsquo;hui une femme la cherche au village. C&rsquo;est forcément Axelle. En 1995 elles  vivaient dans un squat avec leurs compagnons. Ils avaient tous un motif pour se révolter. Contre leurs parents, les exploiteurs, l&rsquo;injustice, contre le racisme, parce qu&rsquo;un grand-père avait été jeté par les flics dans la Seine en 1961. Ensemble ils et elles voulaient aller plus loin que les bastons avec le Gud, le groupement d&rsquo;étudiants d&rsquo;extrême droite. Ce fut d&rsquo;abord une première action violente pour punir le salaud de patron qui avait viré Mano en refilant son emploi à quelqu&rsquo;un de plus présentable. Puis le groupe se radicalisa. Avec un flingue on peut tout faire y compris tuer un flic sans l&rsquo;avoir programmé. Et c&rsquo;est sur Axelle que cela tomba. Elle avait dix-neuf ans et de nombreuses années de prison devant elle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Mano et Axelle s&rsquo;aiment sans que les autres en aient conscience </p>
</blockquote>



<p>Bouleversant ce roman noir qui semble puiser ces racines dans le néo-polar des années soixante-dix, quand Manchette, Jonquet et Marc Villard mettaient en scène l&rsquo;exaltation de marginaux en proie à la révolte. Si <em>Nos</em> <em>arme</em>s se rattache à ce courant littéraire, il offre bien plus. Certes  Mano, Axelle, et leurs amis ont vu à l&rsquo;œuvre les Fractions armées rouges en Allemagne, les Brigades rouges en Italie et Action directe en France. Mais leur histoire et d&rsquo;abord celle de l&rsquo;amitié entre des jeunes gens et de l&rsquo;amour entre deux femmes. Mano et Axelle s&rsquo;aiment sans que les autres en aient conscience, et le destin tragique va les séparer.  Il envoie Axelle en prison, un milieu abominable, peut-être encore plus pour les femmes que pour les hommes. Certes elles se battent moins entre elles, mais elles sont de fait privées de visites. Axelle est harcelée par les matonnes, traitée de « <em>pute</em> <em>à</em> <em>nègres</em> », oubliée par ses parents, privée de bibliothèque une des rares activités à laquelle elle a accès. Dehors la vie poursuit son cours. Le G8 de Gênes et la zad de Notre-Dame-des-Landes attestent que les combats ne sont pas finis. Mano refait sa vie tout en attendant Axelle, mais bien des surprises les attendent encore. Le récit construit à plusieurs voix et sur plusieurs époques est magnifique, pourvu que l&rsquo;on accepte de naviguer entre l&rsquo;espoir et l&rsquo;envie de pleurer.</p>



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		<title>La troisième vie, Fabrice Arfi, Éditions du Seuil</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2025/01/03/la-troisieme-vie-fabrice-arfi-editions-du-seuil/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jan 2025 06:19:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Le Seuil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il s&#8217;appelle Jean Benedetto et il a fait le voyage Turin-Lyon avec sa famille en 1919. Comme tous les immigrés italiens il avait entendu parler de l&#8217;assassinat du président Sadi Carnot par l&#8217;anarchiste italien Sante Geronimo Caserio. Ça s&#8217;était passé à Lyon en 1894 et cela avait déclenché un déferlement de haine raciste contre les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Il s&rsquo;appelle</strong> <strong>Jean</strong> <strong>Benedetto</strong> et il a fait le voyage Turin-Lyon avec sa famille en 1919. Comme tous les immigrés italiens il avait entendu parler de l&rsquo;assassinat du président Sadi Carnot par l&rsquo;anarchiste italien Sante Geronimo Caserio. Ça s&rsquo;était passé à Lyon en 1894 et cela avait déclenché un déferlement de haine raciste contre les Transalpins. Heureusement le climat s&rsquo;était apaisé en cette année 1919, quand les Benedetto avaient décidé de changer de pays pour fuir le fascisme mussolinien, et aussi parce que le patriarche de la famille venait de mourir. Manquait également à l&rsquo;appel Benedetto Benedetto, le frère aîné de Jean, donné pour mort sur le front autrichien pendant les batailles de l’Isonzo. Mais lors de l&rsquo;automne 1968, Natale un ami d&rsquo;enfance de Jean apprend que Benedetto aurait été fait prisonnier pendant la guerre et emmené en Roumanie. Jean reçoit ensuite en janvier 1969 une lettre issue de ce pays. Elle est signée d&rsquo;un certain Vincenzo Benedetto qui lui explique qu&rsquo;il ne peut quitter la Roumanie à cause du régime de Nicolae Ceauşescu. Le frère aîné de Jean serait-il encore vivant ? Sa survie est pourtant totalement improbable. Les batailles de l&rsquo;Isonzo ont tué 500 000 soldats. Elles faisaient suite au revirement des Italiens, initialement alliés des Allemands et de l&rsquo;Empire austro-hongrois, dans le but de prendre possession d&rsquo;une partie de la côte adriatique. Mais la supériorité numérique des Transalpins n&rsquo;a rien valu face à l&rsquo;armement autrichien, et à la topographie qui donnait l&rsquo;avantage au camp défendant. Et quand les Italiens ne mouraient pas sous les bombardements des mortiers Skoda, le froid l&rsquo;hiver, la chaleur l&rsquo;été, les inondations et les épidémies prenaient le relais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Vincenzo et son épouse Léia-Despina parviennent à quitter la Roumanie </p>
</blockquote>



<p>Quand Jean rencontre Vincenzo Benedetto à Cluj en Roumanie, il ne découvre pas son frère mais son neveu. Benedetto Benedetto est mort depuis sept ans après avoir quitté en 1940 sa femme et son fils qui ne l&rsquo;a presque pas connu. En 1969 Ceauşescu n&rsquo;est pas encore devenu ce dictateur infréquentable, qui sera fusillé par son peuple après un procès d&rsquo;une heure en 1989. Il est au contraire un des rares leaders du bloc communiste qui semble s&rsquo;émanciper du grand frère soviétique. C&rsquo;est pour cela que de Gaulle lui rend visite en dénonçant les dangers des accords de Yalta. En septembre 1969 Vincenzo et son épouse Léia-Despina parviennent à quitter la Roumanie pour s&rsquo;installer en banlieue lyonnaise près de Jean. Il leur aura fallu des soutiens en Roumanie et vendre beaucoup de ce qu&rsquo;ils possédaient pour payer leur sortie. Vincenzo qui n&rsquo;a jamais été considéré dans son ancien pays comme un « vrai Roumain » est apaisé. Fin du récit ? Au contraire. Commence alors l&rsquo;histoire de l&rsquo;espionnage mis en place par la Roumanie en France. Vincenzo y a sa petite place aux côtés de personnages publics que l&rsquo;on n&rsquo;aurait pas imaginés dans un tel cadre. Mais on va découvrir que si les services secrets des pays de l&rsquo;Est ne manquaient pas de savoir pour s&rsquo;implanter à l&rsquo;ouest, leurs homologues occidentaux ont abondamment œuvré pour les contrer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">On crevait aussi de faim dans le pays du « Génie des Carpates »</p>
</blockquote>



<p>Nul besoin de fiction ni de scénariser un récit pour passionner les lecteurs. Fabrice Arfi y parvient au plus haut point en nous livrant une enquête qu&rsquo;il a menée pendant seize ans. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;il fait régulièrement à <em>Mediapart</em>.  Dans <em>La</em> <em>troisième</em> <em>vie</em> il plonge dans ses racines lyonnaises en partant à la recherche d&rsquo;un putatif espion roumain. En déroulant le fil de son enquête il nous décrit un pays francophone situé de l&rsquo;autre côté du rideau de fer, ainsi que ceux qui en France l&rsquo;ont aidé. Côté Roumanie on découvre un État non seulement communiste, mais aussi dirigé par un dictateur qui n&rsquo;avait pas beaucoup d&rsquo;équivalents en dehors de Staline et de l&rsquo;Albanais Enver Hoxha. Car Nicolae Ceauşescu aurait non seulement fait poser dix millions de micros pour surveiller vingt-deux millions d&rsquo;habitants, mais aussi fait assassiner tous ceux qu&rsquo;il considérait comme ses ennemis. On crevait aussi de faim dans le pays du « <em>Génie</em> <em>des</em> <em>Carpates</em> » alors que la Roumanie a longtemps été le second producteur de céréales d&rsquo;Europe. On y entretenait également un antisémitisme atavique comme l&rsquo;a raconté Sonia Devillers dans <a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=20193" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Les</em></strong> <em><strong>exportés</strong></em></a>. Ceauşescu a pourtant longtemps été apprécié des dirigeants occidentaux parce qu&rsquo;il semblait encourager de ses vœux une troisième voie entre les mondes socialistes et capitalistes. S&rsquo;il en est qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais réussi à convaincre ce sont les Roumains, qui le craignaient tellement qu&rsquo;ils avaient l&rsquo;habitude de dire que « <em>Ceauşescu</em> <em>est</em> <em>un</em> <em>excellent</em> <em>joueur</em> <em>d&rsquo;échecs</em>, <em>en</em> <em>même</em> <em>temps</em> <em>personne</em> <em>ne</em> <em>peut</em> <em>le</em> <em>confirmer</em> <em>puisque</em> <em>personne</em> <em>n&rsquo;a</em> <em>jamais</em> <em>osé</em> <em>le</em> <em>battre</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Hernu aimait l&rsquo;argent et les femmes </p>
</blockquote>



<p>Charles Hernu, ancien ministre de La Défense de François Mitterrand a été une des taupes roumaines en France. Ce qui complète avec brio le CV de celui qui a été le responsable du sabotage du Rainbow <em>Warrior</em> dans un port néo-zélandais. Cette admirable opération qui tua un photographe resté à bord, ridiculisa la France, et les éleveurs d&rsquo;ovins de l&rsquo;hexagone en payent encore les conséquences. Si les services roumains se sont intéressés à Hernu, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils pouvaient le faire chanter, Hernu ayant fait deux mois de prison à la Libération pour avoir fricoté avec le régime de Vichy. La suite est classique, ils le rémunèrent car Hernu aimait l&rsquo;argent et les femmes. Il aurait même tourné autour de la mère de Fabrice Arfi. Il est piégé. Hernu n&rsquo;a pas été le seul, le parti socialiste ayant constitué un vivier particulièrement fécond pour les services secrets roumains qui ont aussi recruté à droite et au sein du parti communiste français. Hernu s&rsquo;en est remis car cet aspect de sa biographie n&rsquo;a jamais été publiquement évoqué. Il s&rsquo;est également remis de sa démission du ministère de la Défense, en partie grâce aux nombreux messages de soutien qu&rsquo;il a reçus. Parmi leurs auteurs, les époux Badinter, l&rsquo;industriel Jacques Servier, Hubert Védrine, Franz-Olivier Giesbert. Ce qui à coup sûr n&#8217;empêchera pas les survivants de continuer à raconter n&rsquo;importe quoi.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <em><strong>Bibliosurf</strong></em> <strong>?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/La-troisieme-vie.html#recherche">https://www.bibliosurf.com/La-troisieme-vie.html#recherche</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Moneda, Stéphane Keller, Éditions du Toucan</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2024/12/01/moneda-stephane-keller-editions-du-toucan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Dec 2024 09:09:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[roman chilien 🇨🇱]]></category>
		<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Éditions du Toucan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Non loin du Palacio de La Moneda siège de la présidence de la République chilienne, Sébastien Desboz tient le Bar du Suisse. En ce début du mois de février 1973, trois ans après l&#8217;élection du socialiste Salvador Allende à la tête de l&#8217;État, le pays reste sous tension. L&#8217;inflation dépasse les 150 %, et les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Non</strong> <strong>loin</strong> <strong>du</strong> <strong>Palacio</strong> <strong>de</strong> <strong>La</strong> <strong>Moneda</strong> <strong>siège</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>présidence</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>République</strong> <strong>chilienne</strong>, Sébastien Desboz tient le <em>Bar</em> <em>du</em> <em>Suisse</em>. En ce début du mois de février 1973, trois ans après l&rsquo;élection du socialiste Salvador Allende à la tête de l&rsquo;État, le pays reste sous tension. L&rsquo;inflation dépasse les 150 %, et les queues sont interminables devant les magasins au point qu&rsquo;on y amène son pliant. Les grèves fomentées par les patrons, qui espèrent faire tomber le gouvernement de gauche, se multiplient. Dans quelques jours les élections parlementaires pourraient ramener la droite au pouvoir. Sébastien a la cinquantaine avenante, il s&rsquo;appelle en réalité Paul-Henri de la Salles. Il est né à Paris, il a la nationalité suisse, et il s&rsquo;est réfugié après la guerre en Argentine pour oublier ses combats à Berlin dans le cadre de la Division Charlemagne, la division des Français de la Waffen-SS. C&rsquo;est au Chili qu&rsquo;il a refait sa vie en consacrant autant de temps à ses maîtresses qu&rsquo;à la gestion de son établissement. La jeune Pilar relève des deux domaines : Paul l&rsquo;a engagée comme serveuse il y a deux ans avant de devenir son amant. Ils se sont ensuite séparés en bons termes tout en continuant à se voir au bar. Or Pilar ne s&rsquo;y est pas montrée ce matin, ce qui ne lui est jamais arrivé. Quand Paul la revoit à la morgue de Santiago, la jeune femme de vingt-trois ans a été violée, atrocement mutilée puis assassinée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">On a droit à une description extrêmement documentée de la fin du Chili socialiste</p>
</blockquote>



<p>Il y a de multiples façons de s&rsquo;assurer qu&rsquo;un roman est réussi. Une des plus efficaces est de se demander si vous étiez impatient pendant sa lecture de le retrouver. À l&rsquo;aune de ce critère <em>Moneda</em> est un total succès comme on aimerait en croiser plus souvent. Il est vrai que Stéphane Keller n&rsquo;a pas lésiné en proposant un bouquin qui tient à la fois du récit historique, du roman d&rsquo;espionnage et du roman noir. Côté histoire on a droit à une description extrêmement documentée de la fin du Chili socialiste. Pourtant Salvador Allende la méritait sa victoire à l&rsquo;élection présidentielle, puisque ce n&rsquo;est qu&rsquo;à sa quatrième tentative qu&rsquo;il avait défait ses adversaires. D&rsquo;un rien, avec à peine plus d&rsquo;un point d&rsquo;avance sur le premier des deux candidats de droite, et seulement 36 % des voix. À peine élu son sort était scellé. La bourgeoisie chilienne et plus encore les États-Unis avaient décidé que ce socialiste marxiste n&rsquo;avait rien à faire à la tête de l&rsquo;État. Allende s&rsquo;était en plus illusionné en considérant que les militaires demeureraient loyalistes. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il avait choisi peu avant le coup d&rsquo;État Pinochet comme commandant en chef de l&rsquo;armée chilienne.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Beaulieu déteste ce Juif, américain de fraîche date, célèbre pour son priapisme</p>
</blockquote>



<p>Le roman d&rsquo;espionnage est centré sur la lutte de pouvoir entre les services secrets de l&rsquo;armée américaine incarnés par le général Lee Preston Beaulieu, et Henry Kissinger le Secrétaire d&rsquo;État de Richard Nixon. Rien ne les sépare dans leur volonté de se débarrasser des rouges, mais ils veulent tous les deux diriger les opérations. Alors ils s&rsquo;espionnent mutuellement et tentent de prendre le dessus. Beaulieu déteste ce Juif, américain de fraîche date, célèbre pour son priapisme et l&rsquo;utilisation toute personnelle de ses secrétaires. Mister Kis n&rsquo;est pas en reste et il dispose pour piéger le militaire de la CIA et du FBI. Le roman noir s&rsquo;appuie sur le personnage de Paul-Henri de la Salles, tellement controversé en raison de son passé sulfureux. Il n&rsquo;en est pas moins attachant dans sa volonté de rendre justice à Pilar, beaucoup plus que ne le sont les grands bourgeois qui tournent autour d&rsquo;Allende. <em>Moneda</em> est au total une très grande réussite dont hélas on connaît la fin. Le président meurt pendant l&rsquo;attaque du palais présidentiel. Pinochet emploie le Stade national de Santiago pour tout autre chose que le football. Et Mister Kis obtient le Prix Nobel de la paix en 1973. À vomir.</p>



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		<title>Jacaranda, Gaël Faye, Éditions Grasset</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 14:32:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[roman rwandais 🇷🇼]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Grasset]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le passé de la mère de Milan était une porte close. Venancia était arrivée en France en 1973 sans aucune photo, elle ne racontait rien de sa jeunesse à son fils. Elle n&#8217;écoutait aucune musique rwandaise et expliquait appartenir à une famille française que seule la couleur de sa peau singularisait. Elle parlait d&#8217;ailleurs la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le</strong> <strong>passé</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>mère</strong> <strong>de</strong> <strong>Milan</strong> <strong>était</strong> <strong>une</strong> <strong>porte</strong> <strong>close</strong>. Venancia était arrivée en France en 1973 sans aucune photo, elle ne racontait rien de sa jeunesse à son fils. Elle n&rsquo;écoutait aucune musique rwandaise et expliquait appartenir à une famille française que seule la couleur de sa peau singularisait. Elle parlait d&rsquo;ailleurs la langue de son nouveau pays sans accent tout en continuant à s&rsquo;exprimer en kinyarwanda au téléphone. Milan avait découvert le Rwanda dans les informations télévisées avec des images de mort, de violence et d&rsquo;exode qui le plongeaient dans des angoisses extrêmes. En ce mois de juillet 1994 le génocide des Tutsi par les Hutus arrivait à son terme. C&rsquo;est à ce moment que Claude arriva chez eux. Venancia avait présenté le jeune garçon comme son neveu, et elle avait demandé à son fils avec qui il partagerait sa chambre de lui apprendre à parler français. Et quand Milan apprit que Claude devait rester pour toujours, il sut qu&rsquo;il avait devant lui le petit frère dont il avait tant rêvé. Il faudrait lui faire découvrir la vie de son nouveau pays, soigner sa blessure à la tête, et comprendre pourquoi Claude pleurait la nuit dans son sommeil. Rien de cela n&rsquo;effrayait Milan tant il aimait se serrer contre le jeune garçon pour dormir. Mais Claude quitta Versailles peu après pour le Rwanda, parce qu&rsquo;on avait retrouvé une partie de sa famille, et ce fut très douloureux pour Milan. En 1998 il eut seize ans et ses parents divorcèrent. Ce fut l&rsquo;occasion de changer de rituel de vacances en accompagnant sa mère au Rwanda, où elle n&rsquo;était plus revenue depuis vingt-cinq ans. Il y rencontra sa famille maternelle ainsi qu&rsquo;un jeune homme devenu aussi grand que lui : Claude.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Milan consomme avec eux force bières de banane tout en écoutant des musiques européennes et africaines au risque de subir des «&nbsp;<em>diarrhées qui confinent à une expérience métaphysique</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><em>Jacaranda</em> est un très grand livre sur un pays qui tente de revivre après un génocide. Ce second roman de Gaël Faye est encore plus fort que <em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=869" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Petit pays</a></em> qui était déjà une belle réussite. Il montre à ceux qui l&rsquo;ignoraient la force de la littérature pour aborder les sujets les plus difficiles. Et c&rsquo;est peu dire que le Rwanda les a accumulés depuis un demi-siècle avec les massacres de 1959, 1961, 1963, 1973 et de 1990. Mais le summum a été atteint en 1994 quand 800 000 personnes moururent en trois mois, dans l&rsquo;immense majorité des Tutsi tués par des Hutu. <em>Jacaranda</em> c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune homme découvrant le pays que sa mère réfugiée en France ne lui a jamais raconté. Et que son père, plus prompt à s&rsquo;émouvoir en 1994 pour la mort d&rsquo;Ayrton Senna que pour ce qui s&rsquo;y passait, avait également éludé devant lui. En arrivant à Kigali Milan le jeune Versaillais est davantage surpris par les conditions de vie de sa grand-mère infirmière que par les séquelles de l&rsquo;histoire récente du Rwanda. Et pour cause, sur place personne ou presque ne lui en parle. C&rsquo;est en s&rsquo;insérant progressivement parmi ceux qui tentent par tous les moyens de revivre, qu&rsquo;il finira par comprendre. Il lui faut pour cela  faire la fête avec Claude, et Sartre un truculent collectionneur de livres et de musiques abandonnés par les Blancs quand ils avaient fui le Rwanda. Alors Milan consomme force bières de banane tout en écoutant des musiques européennes et africaines au risque de subir des « <em>diarrhées qui confinent à une expérience métaphysique</em> ». C&rsquo;est auprès de Stella une jeune fille rwandaise qui vit avec son arrière-grand-mère Rosalie que Milan découvre ce qui s&rsquo;est passé. Les massacres perpétués avec l&rsquo;absolution de l&rsquo;Église ont atteint les sommets de l&rsquo;horreur, même si certains Hutu ont eu le courage de s&rsquo;y opposer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Il y a pourtant un avenir dans ce pays</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est ainsi que Milan comprend que personne ne sait vraiment qui a fait quoi dans ce pays. Bien loin d&rsquo;un lieu de vacances, le Rwanda est un État où l&rsquo;on vit au milieu de génocidaires, ce qui rend fous ses habitants. Or il a été impossible pour les nouvelles autorités de juger tous les criminels, car cela aurait duré deux cents ans. Alors elles ont imaginé les <em>gacaca</em>, des juridictions populaires qui ont au moins permis de libérer en partie la parole. Pour en comprendre l&rsquo;importance, il faut se souvenir que les rescapés d&rsquo;Auschwitz ont énormément souffert de ce qu&rsquo;on ne voulait pas les écouter. Ce qui avait poussé certains au suicide. Mais les douleurs sont toujours là au Rwanda puisque pendant les commémorations, on voit des rescapés incapables de se contrôler, hurler en revivant leur passé. Il y a pourtant un avenir dans ce pays de collines, nous dit Gaël Faye qui y réside depuis plusieurs années. La jeunesse actuelle, qui en grande partie n&rsquo;a pas connu les massacres, déborde d&rsquo;énergie. Et les paysages, du lac Kivu aux merveilleux arbres jacarandas aux couleurs violettes, incitent à espérer. <em>Jacaranda</em> figure dans l&rsquo;ultime liste du prix Goncourt 2024. Impossible de dire s&rsquo;il le mérite plus que les trois autres romans encore en course. Mais de toute façon il restera.</p>



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		<title>Tous les silences, Arttu Tuominen, Éditions de la Martinière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Oct 2024 15:03:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman finlandais 🇫🇮]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[🤍🤍]]></category>
		<category><![CDATA[La Martinière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l&#8217;histoire des romans noirs nordiques on dira un jour qu&#8217;il y eut le Suédois Stieg Larsson avec son tome un de Millénium, puis le Finlandais Arttu Tuominen avec Tous les silences. Pourtant ce ne sont pas les bons auteurs de polars qui manquent au nord de l&#8217;Europe, de l&#8217;Islande, à la Norvège et à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Dans</strong> <strong>l&rsquo;histoire</strong> <strong>des</strong> <strong>romans</strong> <strong>noirs</strong> <strong>nordiques</strong> on dira un jour qu&rsquo;il y eut le Suédois Stieg Larsson avec son tome un de <em>Millénium</em>, puis le Finlandais Arttu Tuominen avec <em>Tous</em> <em>les</em> <em>silences</em>. Pourtant ce ne sont pas les bons auteurs de polars qui manquent au nord de l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Islande, à la Norvège et à la Suède. Le Danemark est peut-être en retrait, même si les scénaristes du pays ont multiplié les réussites. Mais jusque-là on parlait peu des auteurs finlandais. Avec la publication en français du troisième roman d&rsquo;Arttu Tuominen cela va changer. <em>Tous</em> <em>les</em> <em>silences</em> est pourtant d&rsquo;une construction classique  qui alterne une enquête policière et des passages dans un lointain passé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Dans le jardin de la maison de retraite ses collègues font une découverte macabre </p>
</blockquote>



<p>Septembre 2019, Albert Kangasharju quatre-vingt-dix-sept ans se déplace en déambulateur dans le jardin d&rsquo;une maison de retraite quand il est attaqué par deux hommes. Inkeri l&rsquo;infirmière qui s&rsquo;occupe habituellement de lui les met en fuite, et le vieillard est transporté dans un état critique à l&rsquo;hôpital. C&rsquo;est Jari Paloviita de la police judiciaire finlandaise qui est chargé de l&rsquo;enquête. Alors qu&rsquo;il espère interroger Kangasharju dans sa chambre, il surprend un faux médecin en train de l&rsquo;étouffer avec un oreiller. Il tente de l&rsquo;appréhender mais l&rsquo;homme parvient à s&rsquo;enfuir. Dans le jardin de la maison de retraite ses collègues font une découverte macabre : un tabouret et une corde reliée par un nœud coulant à un arbre. Alors que le vieillard n&rsquo;a pas repris connaissance les policiers se demandent comment expliquer cette tentative d&rsquo;assassinat sur une personne qui, du fait de son âge, est amenée à mourir sous peu. La réponse n&rsquo;est ni sur les lieux de l&rsquo;agression, ni dans l&rsquo;ancienne vie professionnelle d&rsquo;Albert Kangasharju. Il faut aller la chercher plus loin, début 1941 quand il s&rsquo;est engagé encore très jeune dans la Waffen-SS. Et cette face cachée de son existence, qui nous emmène aux côtés des volontaires finlandais lors de l&rsquo;envahissement de l&rsquo;Urss, va nous livrer les clefs de l&rsquo;enquête.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Plus de mille Finlandais ont participé à l&rsquo;opération Barbarossa en 1941</p>
</blockquote>



<p><em>Tous</em> <em>les</em> <em>silences</em> nous révèle une face cachée de l&rsquo;histoire de la Finlande, qui ne se résume pas à la résistance héroïque du pays à l&rsquo;agression des forces staliniennes, tel que le raconte Olivier Norek dans <a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=30265" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em><strong>Les</strong></em> <em><strong>guerriers</strong></em> <em><strong>de</strong></em> <em><strong>l&rsquo;hiver</strong></em></a>. Car comme des Roumains et des Italiens, plus de mille Finlandais ont participé à l&rsquo;opération Barbarossa en 1941 qui devait amener les forces nazies aux portes de Moscou. Il n&rsquo;en fut rien ce qui n&#8217;empêcha pas les alliés du Reich de « <em>nettoyer</em> » les villages en massacrant les populations civiles à commencer par les Juifs. Si cette histoire est mal connue, c&rsquo;est que les survivants finlandais une fois rentrés chez eux ne l&rsquo;ont jamais racontée, et qu&rsquo;on leur a facilité la tâche en leur permettant de changer de nom. Si l&rsquo;État finlandais y a contribué c&rsquo;est aussi pour ne pas provoquer son voisin soviétique après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L&rsquo;autre intérêt du roman réside dans la psychologie des personnages. Impossible de ne pas s&rsquo;attacher à l&rsquo;équipe policière qui mène l&rsquo;enquête. Dans leur travail et leur vie privée, comme l&rsquo;ont souvent réussi les romanciers suédois Stieg Larsson et Camilla Läckberg. Dans les pages de Tuominen on croise un quarantenaire dont le couple s&rsquo;étiole, une enquêtrice qui se moque de ce qu&rsquo;on dit de sa vie intime, et un fort en thème capable de se souvenir de ce qu&rsquo;il a lu il y a un an. C&rsquo;est parce qu&rsquo;ils sont humains qu&rsquo;ils s&rsquo;interrogent sur la nécessité de traquer le mal, très longtemps après qu&rsquo;aient été commis des crimes monstrueux. « <em>Tu</em> <em>trouves</em> <em>que</em> <em>ce</em> <em>vieux</em> <em>rabougri</em> <em>a</em> <em>l&rsquo;air</em> <em>d&rsquo;un</em> <em>monstre</em> ? » se demande Paloviita.</p>



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