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	<title>Archives des autobiographie - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des autobiographie - Surbooké</title>
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		<title>La joie ennemie, Kaouther Adimi, Éditions Stock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 16:47:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[roman algérien 🇩🇿]]></category>
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<p><strong>Nuit</strong> <strong>du</strong> <strong>8 novembre 2022,</strong> <strong>Institut</strong> <strong>du</strong> <strong>monde</strong> <strong>arabe</strong>. Kaouther Adimi fait tomber une photo qui la ramène dans son enfance. Sur le document argentique, elle apparaît le 4 août 1992. Elle a six ans, elle porte un maillot de bain vert et bleu, on la voit entre ses deux frères. Leur père est citoyen algérien depuis 1962, après avoir vécu neuf années et demie sous le statut d&rsquo;un indigène. L&rsquo;Indépendance de son pays lui a ouvert pour la première fois les portes de l&rsquo;école. Dix années après il a quitté l&rsquo;est du pays pour Alger. Deux années encore et il a entamé des études de journalisme. Pour survivre pendant sa scolarité, il s&rsquo;est engagé dans l&rsquo;armée qui le paiera tant qu&rsquo;il sera étudiant, à charge pour lui de rendre après vingt années de travail. C&rsquo;est la période où il allait le week-end à la plage avec ses copains de promo, où il lisait Marx. Il s&rsquo;est marié en 1989 et il a eu des enfants à qui il a parlé un arabe parfait. Dans cette Algérie on dansait, on riait, pendant qu&rsquo;un parti prenait de l&rsquo;importance. Le Front islamique du salut (Fis) était porté par le développement des mosquées où les religieux distribuaient de l&rsquo;argent, compensant ainsi les manquements d&rsquo;un État corrompu. En 1990 le Fis a gagné les élections communales. Parce qu&rsquo;il pouvait finir ses études à l&rsquo;étranger, le père de Kaouther migra avec sa famille dans la banlieue grenobloise. Pour assurer la réussite scolaire des enfants, lui et son épouse bannirent l&rsquo;arabe du foyer. En 1992 la victoire des islamistes aux élections nationales fut annihilée par un coup d&rsquo;État militaire. La guerre civile s&rsquo;était faite plus pressante, ce qui n&rsquo;avait pas empêché la famille de revenir passer ses vacances au pays. La suite fut constituée d&rsquo;horreurs. Celles commises par le Groupement islamique armé (GIA) fondé par des vétérans de la guerre en Afghanistan, qui terrorisèrent les Algériens en égorgeant des villages. En emmenant des femmes dans des bus pour les violer, les tuer, les démembrer. Pourtant la famille est repartie vivre à Alger à l&rsquo;été 1994, mais le père de Kaouther n&rsquo;avait officiellement pas le choix. L&rsquo;armée algérienne lui avait financé sa thèse, ce qui impliquait une accusation de désertion en cas de non-retour. Il s&rsquo;est alors efforcé d&rsquo;enseigner l&rsquo;arabe à ses enfants car le retour au pays était officiellement « <em>définitif</em> ». Mais ce sont des corps de soldats qu&rsquo;ils découvrirent en arrivant à l&rsquo;aéroport d&rsquo;Alger. Et en se dirigeant en voiture vers l&rsquo;est du pays, ils furent arrêtés par un faux barrage tenu par des islamistes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ils ne sont pas communs ces voyages entre l&rsquo;Algérie et la France </p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est un récit émouvant par son objet, troublant par sa construction car fait d&rsquo;allers-retours entre deux sujets, que nous propose Kaouther Adimi. Il s&rsquo;agissait au départ de produire un texte pour la collection « Ma nuit au musée » des Éditions Stock. Le choix de l&rsquo;autrice franco-algérienne se porta sur la peintre algérienne Baya que Kaouther admirait depuis longtemps. L&rsquo;exposition que lui consacra l&rsquo;Institut du monde arabe en fut le déclencheur. <em>La</em> <em>jo</em>ie <em>ennemie</em> raconte la vie de la bergère qui travailla dans les champs avec sa grand-mère, avant d&rsquo;échapper à un mariage forcé, et de venir en France où elle côtoya entre autres Braque et Picasso. Pas pour être leur élève, puisque Baya affirmait avec véhémence que c&rsquo;était l&rsquo;Espagnol qui s&rsquo;était inspiré de ses œuvres. Le récit porte pourtant principalement sur les souvenirs de Kaouther Adimi, sur sa famille, sur ce qu&rsquo;elle a vécu en France et en Algérie, sur ses migrations entre les deux rives de la Méditerranée. Et ils ne sont pas communs ces voyages entre l&rsquo;Algérie et la France. Du premier Kaouther Adimi n&rsquo;a que peu de souvenirs puisqu&rsquo;elle arriva à quatre ans en France. Mais le second l&rsquo;a marquée car il s&rsquo;est fait de la France vers l&rsquo;Algérie, à un moment où nombreux étaient les Algériens qui tentaient de fuir. Certes obligation était faite à son père de rentrer, mais il y eut aussi sa volonté d&rsquo;amener à ses enfants un pays où personne ne leur dirait jamais qu&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas chez eux. Ce retour de l&rsquo;été 1994 faillit se payer immédiatement par la mort des Adimi. Il généra aussi sur le long terme une peur chez ceux qui étaient des victimes désignées des islamistes en tant qu&rsquo;intellectuels francophones. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils découvrirent des inscriptions sur leur immeuble annonçant que le GIA passerait bientôt égorger les enfants qui parlaient français.</p>



<p><em><strong>Jardins</strong></em> <em><strong>d&rsquo;Orient</strong></em><strong>,</strong> <strong>Baya</strong></p>



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<p class="has-text-align-center has-large-font-size"></p>
</div></div>



<p></p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <em><strong>Bibliosurf</strong></em> <strong>?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/La-joie-ennemie.html#recherche" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.bibliosurf.com/La-joie-ennemie.html#recherche</a></p>



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		<title>Plutôt nourrir, Clément Osé et Noémie Calais, Editions Tana</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 16:40:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[économie 👛]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui l&#8217;aurait imaginée à la tête d&#8217;un élevage de porc du Gers ? Assurément pas Clément Osé qui avait croisé Noémie Calais onze années plus tôt à Sciences Po, avant qu&#8217;elle ne s&#8217;envole vers de lointaines contrées pratiquer le conseil en développement international. C&#8217;est Noémie qui lui avait écrit il y a quatre ans pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Qui</strong> <strong>l&rsquo;aurait</strong> <strong>imaginée</strong> <strong>à</strong> <strong>la</strong> <strong>tête</strong> <strong>d&rsquo;un</strong> <strong>élevage</strong> <strong>de</strong> <strong>porc</strong> <strong>du</strong> <strong>Gers</strong> <strong>?</strong> Assurément pas Clément Osé qui avait croisé Noémie Calais onze années plus tôt à Sciences Po, avant qu&rsquo;elle ne s&rsquo;envole vers de lointaines contrées pratiquer le conseil en développement international. C&rsquo;est Noémie qui lui avait écrit il y a quatre ans pour lui dire qu&rsquo;ils étaient désormais presque voisins. Clément venait de rejoindre une ferme collective. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est né le livre. De leurs retrouvailles et de leurs volontés de faire connaître le travail des petits éleveurs, de leurs souhaits de sortir du débat manichéen « <em>pour</em> <em>ou</em> <em>contre</em> <em>l&rsquo;élevage</em> ». Les porcs elle les a installés dans des cabanes qui donnent accès à une courette et à un parc que les animaux fréquentent en fonction de leurs envies. Contrairement au modèle agricole choisi par les condisciples de Clément, Noémie élève ses animaux pour les vendre. Ils naissent à la ferme, ils y restent de douze à quatorze mois, Noémie les mène à l&rsquo;abattoir, avant de récupérer les carcasses dans la coopérative fondée avec d&rsquo;autres éleveurs pour les découper et les transformer. Elle vend le fruit de son travail sur les marchés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">C&rsquo;est une démarche cohérente pour retrouver une agriculture sensée</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est un récit exceptionnel que nous proposent Clément Osé et Noémie Calais. Un livre couronné du prix « Mange, Livre 2023 !», attribué à un ouvrage mettant en avant l&rsquo;alimentation issue de pratiques respectueuses de la nature et incitant à manger mieux. <em>Plutôt</em> <em>nourrir</em> c&rsquo;est le parcours d&rsquo;une néorurale qui se lance seule dans l&rsquo;élevage bio des porcs noirs. Ce sont ses espoirs, son projet, les difficultés du métier, les fatigues du corps qui plie sous la multiplicité des tâches. C&rsquo;est une démarche cohérente pour retrouver une agriculture sensée, bien loin des productions intensives qui nuisent à la terre, aux animaux, aux agriculteurs comme aux consommateurs. Ce sont des obstacles sans fin, toujours renouvelés, mais aussi les solidarités qui se mettent en place. Coopérer c&rsquo;est ce qui a motivé Noémie dans ce coin du Gers. À côté d&rsquo;autres agriculteurs qui la font profiter de légumes avariés, du petit-lait, et à qui elle donne en retour du fumier. À proximité d&rsquo;un brasseur qui la fournit en drêches. Auprès de Catherine ancienne éleveuse de porcs en intensif, qui est toujours disponible pour lui donner un coup de main. Et tous les autres avec qui elle mange le midi. En agissant ainsi Noémie redonne aux porcs leur rôle traditionnel : celui d&rsquo;un animal qui recycle tout en produisant de la viande.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les bâtiments sont mis à « rut épreuve » pendant la saillie </p>
</blockquote>



<p>Pour y parvenir il lui a fallu surmonter bien des obstacles. Construire les cabanes pour assurer le bien-être de ses animaux. Rien à voir avec l&rsquo;environnement concentrationnaire des élevages industriels où les porcs sont sur caillebotis au-dessus d&rsquo;une fosse à lisier, où les truies sont attachées pour ne pas écraser les porcelets et les dents limées, où on a parfois relevé des cas de cannibalisme. Chez Noémie les cochons sont sur de la paille ce qui nuit à la productivité mais procure du confort. Les bâtiments doivent être solides car ils sont mis à « <em>rut</em> <em>épreuve</em> » pendant la saillie. Dans ces conditions les animaux s&rsquo;apaisent et les truies arrivent quand elle les appelle par leur prénom. Noémie a dû faire fi du sexisme des formateurs en charcuterie. Elle endure le froid de l&rsquo;atelier de transformation. Pour se consolider psychiquement elle a fini par abandonner sa yourte pour une colocation à Auch. Elle a planté mille trois cents arbres pour embellir le paysage de ceux qui lui succéderont », pour envoyer les cochons pâturer entre les haies touffues, améliorer les sols et limiter leurs glissements en cas de pluies diluviennes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les porcs bios élevés en plein air ne représentent que 0,5 % des cochons </p>
</blockquote>



<p>Noémie n&rsquo;aime pas qu&rsquo;on lui reproche d&rsquo;envoyer à la mort ses animaux. Elle souhaiterait certes les abattre elle-même à la ferme, mais elle doit se contenter de les envoyer à Boulogne-sur-Gesse à une cinquantaine de kilomètres au sud de son exploitation. L&rsquo;allongement des distances, qui va de pair avec la disparition des petits abattoirs, répond à des exigences économiques car la mise aux normes coûte cher. Elle permet aussi de cacher la mort aux citadins. Noémie s&rsquo;était dit au début qu&rsquo;elle deviendrait végétarienne et même végane si elle n&rsquo;était pas capable de tuer ses animaux. Alors elle a essayé et elle a réussi. Quand on lui dit que ses animaux contribuent au réchauffement climatique, elle répond que les porcs bios élevés en plein air ne représentent que 0,5 % des cochons. Les siens sont des porcs noirs, une variété dont les portées sont deux fois plus réduites, ils grandissent deux fois plus lentement, avec beaucoup de gras difficile à valoriser. Sans oublier le prix des aliments bios. Elle les a d&rsquo;ailleurs abandonnés ces derniers temps en diminuant son cheptel. Choisir le porc noir a permis à Noémie de contribuer à la préservation d&rsquo;une race qui a failli disparaître, et de multiplier les saveurs dont nous bénéficions. Car Noémie vend ses cochons sur place et non à de grands restaurants pour restituer à ceux qui l&rsquo;entourent un peu de ce qu&rsquo;ils lui ont donné.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Viandes fraîches, saucisses, boudins, pâté de porc noir et de chèvre </p>
</blockquote>



<p>La prochaine fois que je me rendrai à Auch en vélo, forcément un jour de vent d&rsquo;Autan pour qu&rsquo;il me pousse, j&rsquo;irai peut-être fureter à La Bourdette là où grandissent les porcs de Noémie. Le hameau est situé à proximité de mon itinéraire habituel quand je descends de Nougaroulet vers le chef-lieu gersois. Ce qui est certain c&rsquo;est que je m&rsquo;arrêterai comme j&rsquo;en ai l&rsquo;habitude à mi-parcours à Mauvezin pour prendre un café. La bastide est plaisante et sous les arcades de la place centrale on y trouve le samedi matin un marché de producteurs. Noémie y vend des viandes fraîches, des saucisses, du boudin,  des pâtés de porc noir et de chèvre. Parfois même des jarrets confits et des salaisons. Nul besoin de s&#8217;empiffrer il faut savoir savourer ce qui est obtenu avec tant d&rsquo;amour. J&rsquo;aurai pris soin de passer ma commande sur le site de Noémie (<strong><a href="https://www.leporcnoirdenoemie.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>)</strong>. Parce qu&rsquo;il est encore temps de changer nos habitudes.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" data-id="27867" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-27867" srcset="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-1024x576.jpg 1024w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-300x169.jpg 300w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-768x432.jpg 768w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-1536x864.jpg 1536w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/12/PXL_20231223_080804744-2048x1152.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Noémie Calais sur le marché de Mauvezin</figcaption></figure>
</figure>



<p><strong>Bernard</strong> <strong>Maris</strong> <strong>et</strong> <strong>Charb</strong> <strong>aussi</strong> <strong>aimaient</strong> <strong>les</strong> <strong>cochons</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="970" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/11/Porc-en-pension-1024x970.jpg" alt="" class="wp-image-27484" srcset="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/11/Porc-en-pension-1024x970.jpg 1024w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/11/Porc-en-pension-300x284.jpg 300w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/11/Porc-en-pension-768x727.jpg 768w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2023/11/Porc-en-pension.jpg 1403w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>Enfin libre, Lea Ypi, Éditions Le Seuil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2022 20:33:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[roman albanais 🇦🇱]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Le Seuil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>1990, des manifestants défilent dans le pays. Des Albanais escaladent les murs de l&#8217;ambassade d&#8217;Italie. Ils sont officiellement des Ouliganes, un mot d&#8217;origine étrangère sans traduction en albanais puisque le peuple n&#8217;en a pas besoin. L&#8217;Albanie est un pays isolé, qui a rompu ses relations avec les Yougoslaves juste après la guerre, avec les Russes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>1990, des manifestants défilent dans le pays.</strong> Des Albanais escaladent les murs de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Italie. Ils sont officiellement des Ouliganes, un mot d&rsquo;origine étrangère sans traduction en albanais puisque le peuple n&rsquo;en a pas besoin. L&rsquo;Albanie est un pays isolé, qui a rompu ses relations avec les Yougoslaves juste après la guerre, avec les Russes après la mort de Staline, avec la Chine en 1970 pour s&rsquo;opposer à son rapprochement avec les États-Unis. L&rsquo;histoire de l&rsquo;Albanie est celle d&rsquo;un pays occupé dont les habitants ont appris à résister. La plus longue domination a été celle des Ottomans qui convertirent les Albanais à la religion musulmane en leur proposant en retour de les exempter d&rsquo;impôts. En 1990 le pays d&rsquo;Enver Hoxha, la dernière dictature européenne, vacille. Mais Lea onze ans est trop jeune pour le comprendre. Elle se demande pourquoi des hommes ont décapité une statue de Joseph Staline puisqu&rsquo;il symbolise la liberté dont on lui a toujours dit qu&rsquo;elle était plus forte en Albanie que dans le reste du monde. Lea a grandi dans une société qui se voulait sans classe, où l&rsquo;État devait disparaître avec l&rsquo;apparition du communisme. Où oncle Enver incarnait le pouvoir éternel. Sa maîtresse d&rsquo;école racontait que la force de sa main venait de ce qu&rsquo;elle avait un jour serré celle d&rsquo;Enver, et que pour conserver son énergie elle ne l&rsquo;avait pas lavée pendant des jours. Ça n&#8217;empêchait pas sa famille de se précipiter pour regarder les publicités diffusées sur TV Skopje, la télévision macédonienne. Comme les autres enfants la jeune Lea exécrait le fascisme. Elle avait pourtant dû chaque année répéter pendant les cours d&rsquo;histoire, que sa famille n&rsquo;avait rien à voir avec l&rsquo;ancien Premier ministre qui avait collaboré pendant la guerre, même s&rsquo;ils portaient le même nom. Et elle n&rsquo;avait pas grand-chose à raconter quand on lui demandait qui avait résisté chez les siens. Ses parents avaient bénéficié de l&rsquo;immense privilège d&rsquo;accéder à l&rsquo;université ce qui constituait une tache dans leur biographie. Une de ses grands-mères était même issue de l&rsquo;aristocratie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Lea est née dans une société façonnée par le culte de la personnalité&nbsp;</p></blockquote>



<p><em>Enfin</em> <em>libre</em> sous-titré « Grandir quand tout s&rsquo;écroule » est un témoignage passionnant sur la vie en Albanie dans les années qui ont suivi le régime communiste. C&rsquo;est une réflexion à hauteur d&rsquo;enfant sur le mensonge proposée par une femme qui est désormais professeur de philosophie politique à la London Scool of Economics. C&rsquo;est une recherche de ce qu&rsquo;est la liberté, effectuée par celle qui a grandi sous le communisme albanais avant de voir déferler sur son pays le libéralisme débridé. C&rsquo;est la découverte d&rsquo;un pays qu&rsquo;on ne pouvait qu&rsquo;imaginer en lisant les romans d&rsquo;Ismaïl Kadaré. En théorie tout devrait être simple pour celle qui a connu un pays isolé comme peut l&rsquo;être aujourd&rsquo;hui la Corée du Nord. Car Lea est née dans une société façonnée par le culte de la personnalité dû à son président-dictateur. Mais elle n&rsquo;a jamais souffert des files d&rsquo;attente devant les magasins faute d&rsquo;avoir imaginé une autre version des commerces. Elle n&rsquo;a pas eu faim même si les petits pains distribués dans les camps de pionniers avaient le goût du caoutchouc. Lea jouait à fascistes et partisans plutôt qu&rsquo;aux cow-boys et aux indiens. On la tartinait à la plage d&rsquo;huile d&rsquo;olive à la place de la crème solaire qu&rsquo;utilisaient les rares touristes. Tout était différent pour ses parents et ses grands-parents qui ont doublement payé l&rsquo;organisation du pays imposée après la seconde guerre mondiale. En se soumettant à l&rsquo;ordre communiste qui n&rsquo;admettait aucune contestation. Et en reniant leur histoire qui était celle d&rsquo;une famille culturellement et financièrement aisée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Au-revoir Marx et Engels, bonjour Friedman et Hayek</p></blockquote>



<p>Mais voilà, l&rsquo;entrée de l&rsquo;Albanie dans la normalité occidentale n&rsquo;a pas été aussi rayonnante que l&rsquo;avaient promis les experts de la Banque mondiale. La mère de Lea s&rsquo;est dans un premier temps jeté dans le nouvel espace de liberté en s&rsquo;investissant dans la politique et dans la recherche de ses anciens biens familiaux. Avec son mari, elle réécrivait l&rsquo;histoire familiale en expliquant que l&rsquo;Albanie avait été une prison à ciel ouvert. Son époux avait certes au début perdu son emploi, mais il en avait rapidement trouvé un meilleur : directeur du plus grand port du pays. On lui demanda de licencier les travailleurs les moins qualifiés. C&rsquo;était le prix à payer pour être admis dans le nouveau monde. Il ne dormait plus et qu&rsquo;avait-il gagné avec sa voiture de fonction et son chauffeur puisqu&rsquo;il retrouvait devant sa maison les Tsiganes qui le suppliaient de les garder ? Puis le pays a implosé. Poussés par les nouveaux dirigeants, les Albanais avaient investi leurs économies dans les nouvelles entreprises. Le communisme était derrière eux, place aux mirifiques taux d&rsquo;intérêt proposés par le capitalisme. Au-revoir Marx et Engels, bonjour Friedman et Hayek. Les pyramides de Ponzi n&rsquo;eurent qu&rsquo;un temps et en 1997 commença la « guerre civile albanaise ». Le pays était aux mains des insurgés et des gangsters. Pour éviter les rafales de kalachnikov les habitants tentèrent de fuir à l&rsquo;étranger. Mais ils comprirent rapidement que désormais les pays étrangers les rejetaient. L’Italie aurait accepté les réfugiés politiques mais pas les réfugiés économiques. Alors pour finir ses études Lea partit en Italie étudier la philosophie. Consciente que l&rsquo;Albanie était désormais aussi éloignée de la liberté que le pays dont ses parents avaient tenté de s&rsquo;échapper.</p>



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		<title>À la poursuite du panda, Pierre Carrey et Dan Martin, Hugo Sport</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 21:51:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[roule ma poule 🚴]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est le portrait d&#8217;un coureur cycliste généreux, honnête, talentueux, que nous propose Pierre Carrey. Un athlète à la notoriété mitigée, au moins auprès du public français, malgré un très beau palmarès. Et c&#8217;est facile à comprendre. En France le vélo c&#8217;est avant tout Le Tour de France, éventuellement Paris-Roubaix. Or Dan Martin n&#8217;a jamais été [&#8230;]</p>
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<p><strong>C&rsquo;est le portrait d&rsquo;un coureur cycliste généreux, honnête, talentueux</strong>, que nous propose Pierre Carrey. Un athlète à la notoriété mitigée, au moins auprès du public français, malgré un très beau palmarès. Et c&rsquo;est facile à comprendre. En France le vélo c&rsquo;est avant tout Le Tour de France, éventuellement Paris-Roubaix. Or Dan Martin n&rsquo;a jamais été de taille pour occuper « à la pédale » une des trois premières places de la Grande boucle. Ça n&rsquo;aurait probablement pas suffi à le rendre célèbre en dehors du peloton, car qui se souvient aujourd&rsquo;hui de Jean-Christophe Peraud pourtant second en 2014 ? Ce qu&rsquo;il faut pour être adulé du public français c&rsquo;est une victoire sur le Tour, des chevauchées dans les montagnes, ou incarner des <em>looser</em>s magnifiques comme Raymond Poulidor et Thibaut Pinot. Dan Martin n&rsquo;était pas de ce calibre, il n&rsquo;en fut pas moins un excellent coureur cycliste. Plus puncheur que grimpeur, rapide au sprint sans rivaliser avec les plus véloces du peloton, il excellait sur les courses vallonnées d&rsquo;un jour et sur les épreuves d&rsquo;une semaine. Il a pratiqué de 2005 à 2021 son sport avec passion et courage, toujours prêt à attaquer. Il dispose maintenant que sa carrière est achevée d&rsquo;un palmarès avec lequel aucun coureur français en activité ne peut rivaliser à l&rsquo;exception de Julian Alaphilippe et peut-être Pinot. À une époque où le vélo prétendait devenir scientifique, il a refusé de martyriser son corps en l&rsquo;affamant comme le lui demandaient certains médecins. Mieux il ne négligeait pas les plaisirs de la table quand il le pouvait, au point d&rsquo;investir une partie de ses gains dans un restaurant à Londres. Il lui est arrivé de manger chez les frères Roca à Gérone alors considérés comme les meilleurs cuisiniers au monde. Martin n&rsquo;était pas comme Christopher Froome et Geraint Thomas à se précipiter sur une salade à peine arrivé sur les Champs-Élysées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Dan Martin n’a jamais été soupçonné de dopage</p></blockquote>



<p>Pas question pour lui de passer son temps à gravir les paysages désertiques d&rsquo;un volcan aux Canaries. Il préférait organiser lui-même ses stages en famille. Impossible de sacrifier sa vie sociale comme les coureurs du Team Sky, cet Anglo-Irlandais passé par la France et l&rsquo;Espagne a trouvé l&rsquo;apaisement dans les montagnes d&rsquo;Andorre. Ce qui distinguait aussi Dan Martin c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais été soupçonné de dopage, alors que le doute n&rsquo;existe pas chez tant de ceux qui l&rsquo;ont devancé. Alejandro Valverde dont il partageait le registre évoluait souvent un ton au-dessus. Mais l&rsquo;Espagnol fut suspendu deux ans sans pour autant faire taire les doutes quand il reprit la compétition. De cela Martin ne parle pas, se contentant de dire qu&rsquo;on ne l&rsquo;a jamais incité à prendre des substances interdites. Il a bien dû être un des seuls dans les équipes qui l&rsquo;ont employé puisque nombre de ses entraîneurs et de ses managers faisaient figure de maîtres en la matière. Mais il était comme cela Martin, prêt à affronter la douleur si présente dans son sport, avec au mieux du paracétamol à l&rsquo;arrivée.  Le récit qu&rsquo;en fait Pierre Carrey est savoureux. Ce n&rsquo;est pas une surprise pour ceux qui ont lu <strong><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=6600" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Giro</a></em></strong> son histoire du Tour d&rsquo;Italie. À l&rsquo;évidence la complicité qui le lie depuis des années avec Dan Martin lui a facilité la tâche.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Du côté de sa mère sa famille est irlandaise</p></blockquote>



<p>Il fut poursuivi au printemps 2013 par un panda géant. En réalité par un homme déguisé en panda. C&rsquo;était tout à la fin de Liège-Bastogne-Liège une course qui allait devenir une de ses deux plus grandes victoires avec le Tour de Lombardie 2014. Et sa préférée parce que cet aller-retour dans les Ardennes lui ressemblait beaucoup. Deux cent cinquante kilomètres, sept heures de vélo, avec à la fin du sang ou de la joie sur le goudron. Ce succès il l&rsquo;avait ressenti avant le départ au point de l&rsquo;avoir annoncé par texto à ses parents qui en avaient été surpris. Il fut d&rsquo;autant plus jouissif qu&rsquo;une victoire est toujours aléatoire. La meilleure preuve est qu&rsquo;un an plus tard, aussi bien positionné pour gagner la « Doyenne », l&rsquo;autre nom de Liège-Bastogne-Liège, Dan Martin chuta dans l&rsquo;ultime virage. Sa pratique du vélo en course remonte à loin. À ses origines familiales du côté de Birmingham en Angleterre où il est né. Fils et petit-fils de coursier. Abonné dès son adolescence aux plus grands cols, Tourmalet et Alpe d&rsquo;Huez où il passait ses vacances. C&rsquo;est en tant qu&rsquo;Anglais qu&rsquo;il débuta sa carrière avec notamment une participation au championnat du monde junior en 2003. Mais du côté de sa mère sa famille est irlandaise. Son oncle Stephen Roche a gagné la même année le Tour d&rsquo;Italie, le Tour de France et le championnat du monde. Et son cousin Nicolas Roche courut ce même championnat du monde junior pour l&rsquo;Irlande. Son avenir allait s&rsquo;écrire de ce côté car la fédération anglaise lui proposait de se spécialiser sur la piste.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les victoires arrivèrent progressivement</p></blockquote>



<p>Dan voulait voir le ciel, sentir le vent sur son corps en pédalant. C&rsquo;est donc avec la nationalité irlandaise qu&rsquo;il s&rsquo;installa en 2004 à Marseille pour apprendre son métier comme beaucoup de cyclistes britanniques l&rsquo;avaient fait avant lui en venant en France. La période était rude, la concurrence féroce, encore plus pour les coureurs étrangers qui risquaient à tout moment de se faire jeter. Dan Martin apprit à gagner en montagne, au Tour du Val d&rsquo;Aoste et au sommet du Glandon. Il se fit remarquer et entra en 2008 dans l&rsquo;équipe professionnelle de Jonathan Vaughters. La structure était américaine avec une base à Gérone en Espagne. Dan Martin bénéficia sur place des conseils de David Millar ancien champion du monde du contre-la-montre, déchu pour dopage, et réel repenti par la suite. La question était importante à cette période qui succédait aux sept Tours de France gagnés par Lance Armstrong dont il n&rsquo;avait pas encore été déchu. Les victoires arrivèrent progressivement : une étape du Tour d&rsquo;Espagne 2011, Tour de Catalogne, Liège-Bastogne-Liège et une étape du Tour de France en 2013, Tour de Lombardie 2014. Et plus tard un bouquet au <em>Giro</em> pour rentrer dans le cercle fermé de ceux qui ont triomphé sur les trois grands tours.</p>



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		<title>La lionne du barreau, Clarisse Serre, Éditions Sonatine</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2022/10/19/la-lionne-du-barreau-clarisse-serre-editions-sonatine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2022 18:10:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Sonatine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est une autobiographie écrite au fil de la robe. Clarisse Serre nous raconte son métier d&#8217;avocate pénaliste dans un livre sorti par Sonatine, l&#8217;excellent éditeur spécialisé dans les thrillers et les romans noirs. Et le noir elle le connaît depuis qu&#8217;elle fréquente voyous et criminels. Ce métier elle l&#8217;a exercé dix-huit ans à Paris, une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>une</strong> <strong>autobiographie</strong> <strong>écrite au fil de</strong> <strong>la</strong> <strong>robe</strong>. Clarisse Serre nous raconte son métier d&rsquo;avocate pénaliste dans un livre sorti par Sonatine, l&rsquo;excellent éditeur spécialisé dans les thrillers et les romans noirs. Et le noir elle le connaît depuis qu&rsquo;elle fréquente voyous et criminels. Ce métier elle l&rsquo;a exercé dix-huit ans à Paris, une ville qui claque, qui rassure le client, mais qui entraîne des frais importants pour un local qu&rsquo;on n&rsquo;utilise guère car un pénaliste passe son temps sur les routes et dans les trains. Alors Clarisse Serre a obliqué vers la banlieue, elle s&rsquo;est installée à Bobigny au nord du périphérique. Cela fait dix années qu&rsquo;elle y travaille avec dès le début tous ses clients de droit commun qui l&rsquo;ont suivie. Mais pas les autres, faire venir un chef d&rsquo;entreprise dans le 9-3 ça ne matche pas tout de suite. Surtout pour se faire défendre par une femme. Avocate pénaliste ça fait rêver certains jeunes confrères. Ils ont raison car exercer ce métier c&rsquo;est pour elle être le dernier à défendre l&rsquo;humain chez ceux qui ont parfois commis le pire. Mais il y a les contreparties, côtoyer les crimes, assister aux autopsies. Nul besoin de lire des polars, le quotidien amène son lot d&rsquo;horreurs. Pourtant les avocats ne sont pas formés à vivre dans cet univers. Ils sont parfois menacés, frappés, contraints de se taire. Pour l&rsquo;éviter Clarisse Serre s&rsquo;est imposé des règles : le respect absolu de la loi et du code pénal. Pas question de violer le secret professionnel en divulguant ses dossiers à la famille ou aux proches de ses clients. Elle s&rsquo;y tient même si le secret de l&rsquo;instruction est régulièrement violé. Même si la plupart des détenus disposent en prison d&rsquo;un portable qui leur permet de communiquer autant qu&rsquo;ils le souhaitent. Impossible pour elle d&rsquo;être séduite par la figure du voyou. Ses confrères ou consœurs qui y succombent se sont trompés de métier. Alors pas de sortie en boîte de nuit avec ses clients, encore moins de cadeaux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Elle délègue les visites en prison car elle ne supporte plus d’y aller</p></blockquote>



<p>Ces pratiques ont d&rsquo;ailleurs tendance à disparaître avec la transformation des accusés. Les criminels respectent de moins en moins leurs avocats. Les nouveaux vivent dans l&rsquo;immédiateté, dans le culte de l&rsquo;argent. Ils payent et veulent des résultats. Pourtant Clarisse Serre continue à ne promettre qu&rsquo;une chose : travailler autant qu&rsquo;elle le peut. Elle et ses associés. En période de procès cela signifie penser assises, manger assises, dormir assises. La défense d&rsquo;un client se pratique toujours à plusieurs. Travailler en équipe amène des regards différents, davantage d&rsquo;efficacité. Clarisse Serre y voit un autre avantage, elle délègue les visites en prison car elle ne supporte plus d&rsquo;y aller. Il est bon de rappeler combien ces lieux d&rsquo;incarcération sont vieux voire très vieux, sales, surpeuplés. Comment les personnes incarcérées s&rsquo;y transforment au point pour certains de parler au ralenti après de longs passages à l&rsquo;isolement. Clarisse Serre s&rsquo;interroge également sur la pratique de la justice qui tend à généraliser la prison préventive. Elle conteste certains jugements comme celui qui a envoyé pendant trente années en prison un jeune homme de dix-huit ans qui avait assassiné sa compagne âgée de dix-sept. Non pas pour minimiser le meurtre, mais parce que après trente années il n&rsquo;est plus possible d&rsquo;envisager une réinsertion pour une personne qui risquait peu de récidiver. Clarisse Serre décrit longuement les rapports entre juges et avocats qui se seraient détériorés depuis l&rsquo;affaire d&rsquo;Outreau. Elle critique la nomination des juges dès la sortie de l&rsquo;École de la magistrature, alors qu&rsquo;il faut en Angleterre dix ans de métier d&rsquo;avocat pour accéder à cette fonction. Pour y remédier Claude Serre fait partie de ces avocats qui accueillent dans son cabinet de jeunes magistrats qui peuvent ainsi observer l&rsquo;autre côté du processus judiciaire. On n&rsquo;est pas obligé de la suivre quand elle défend la prescription mais ce livre est magnifique, de la description du métier d&rsquo;avocat aux portraits des gens qui lui sont chers comme Henri Leclerc.</p>



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		<title>Crève, Ducon !, François Cavanna, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2022 03:52:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est le dernier bouquin de Cavanna, l&#8217;irremplaçable auteur des Ritals et des Russkoffs. Un livre qu&#8217;il n&#8217;avait pas fini de retoucher quand il est parti en janvier 2014, mais que Gallimard et son entourage ont considéré comme suffisamment abouti pour nous le passer. Ils ont bien fait parce que cette succession de courts chapitres ou [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>le</strong> <strong>dernier</strong> <strong>bouquin</strong> <strong>de</strong> <strong>Cavanna</strong>, l&rsquo;irremplaçable auteur des <em><strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2021/08/09/les-ritals-francois-cavanna-editions-belfond/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ritals</a></strong></em> et des <em>Russkoffs</em>. Un livre qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas fini de retoucher quand il est parti en janvier 2014, mais que Gallimard et son entourage ont considéré comme suffisamment abouti pour nous le passer. Ils ont bien fait parce que cette succession de courts chapitres ou le grand François raconte aussi bien le début que sa fin de vie est un pur régal. On le retrouve gamin à Nogent-sur-Marne, en Allemagne au Service du travail obligatoire (STO), au mitan de son existence avec ses compagnons de <em>Hara-Kiri</em> et de <em>Charlie</em> <em>Hebdo</em> première mouture. Quand il évoque sa maladie de Parkinson qui lui a pourri ses dernières années, pas d&rsquo;apitoiement ni d&rsquo;exhibitionnisme. Plutôt le constat qu&rsquo;il partait en couille vaincu par « <em>cette</em> <em>pouffiasse</em> <em>de</em> <em>Miss</em> <em>Parkinson</em> ». <em>Crève</em>, <em>Ducon</em> ! c&rsquo;est une écriture inimitable, indéfinissable, irremplaçable, qui nous ferait croire que poser les mots comme il le faisait était chose simple. S&rsquo;il en était ainsi, s&rsquo;il suffisait de glisser un peu d&rsquo;oralité entre les lignes, cela se saurait. Cavanna était un enfant de la communale, il avait quitté l&rsquo;école à seize ans, mais il avait lu les classiques comme personne. Son origine sociale, père italien maçon, mère morvandelle femme de ménage, lui a sans doute permis de ne jamais étaler sa culture. Il en connaissait pourtant des choses qui lui permettaient de remplir sur la fin de son existence sa chronique hebdomadaire de <em>Charlie</em> <em>Hebdo</em>. Il savait nous les expliquer de telle manière qu&rsquo;on ne les oublie jamais. Pourquoi ? Parce que Cavanna était aussi drôle que savant. Il était capable de nous raconter que le dogue dénommé danois est en réalité allemand. Sauf que le Français revanchard se refuse à prononcer le nom de son ennemi héréditaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Vous imaginez un lycée Le Clézio consacré à la maçonnerie </p></blockquote>



<p>Il existe une sorte de collège François Cavanna à Nogent-sur-Marne sa ville natale. C&rsquo;est un Erea, un établissement régional d&rsquo;enseignement adapté où on forme les élèves au CAP de la cuisine, de l&rsquo;hôtellerie et de la mode. Il est probable qu&rsquo;on lui avait demandé son autorisation. Mais quand même &#8230; Il fallait oser. Vous imaginez un lycée Le Clézio consacré à la maçonnerie ou à la coiffure ? Impossible ils n&rsquo;y auraient même pas songé. Passe encore si on enseignait à Nogent le dessin que Cavanna avait pratiqué à ses débuts dans la presse. Non ce qu&rsquo;il faudrait c&rsquo;est que les élèves apprennent dans cet établissement l&rsquo;irrespect, l&rsquo;insolence, l&rsquo;art de renvoyer les trouducs à leur connerie. Mais direz-vous ça ne se s&rsquo;enseigne pas, ça se pratique et ça se lit dans les bouquins du Rital. C&rsquo;est comme l&rsquo;humour. Ça ne s&rsquo;apprend pas, ça jaillit entre deux phrases, et plutôt deux fois qu&rsquo;une dans <em>Crève</em>, <em>Ducon</em> !. Alors saisissez le livre et régalez-vous. « <em>Je</em> <em>n&rsquo;ai</em> <em>jamais</em> <em>été</em> <em>un</em> <em>chef.</em> <em>Et</em> je <em>ne</em> <em>veux</em> <em>pas</em> <em>de</em> <em>chef</em>. » nous dit Cavanna. Je suis <em>Charlie</em> certes mais je suis aussi Cavanna !</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il ne faut oublier ni <em>La Reine Margot</em> ni <em>Les</em> <em>Misérables</em> </p></blockquote>



<p>Lire il a toujours aimé. À s&rsquo;en planquer sous sa couvrante quand il était petit garçon pour ne pas se faire engueuler par sa mère. Alors quand Cavanna nous confie que Dumas et Hugo valent bien Dostoïevski, on l&rsquo;écoute ! Quand il nous susurre qu&rsquo;il ne faut oublier ni <em>La Reine Margot</em> ni <em>Les</em> <em>Misérables</em>, on approuve. C&rsquo;est par son amour des livres que, grand séducteur, il a rencontré « La <em>petite</em> ». Une jeunette de quarante-cinq ans de moins que lui, la petite Virginie, qui l&rsquo;a décidé de travailler au catalogue d&rsquo;une exposition consacrée à sa vie et à son œuvre. Il ne se passa rien entre eux, pas de sexe il était trop vieux, ce qui ne l&#8217;empêcha pas de se demander s&rsquo;il l&rsquo;aurait autant aimée si « <em>sous</em> <em>la</em> <em>rugueuse</em> <em>étoffe</em> <em>de</em> <em>son</em> <em>jean</em>, <em>il</em> <em>se</em> <em>trouvait</em>, au <em>lieu</em> du <em>petit</em> <em>pain</em> <em>au</em> <em>lait</em> <em>que</em> <em>j&rsquo;imagine</em>, <em>une</em> <em>panoplie</em> <em>complète</em> <em>de</em> <em>jeune</em> <em>mâle</em> <em>en</em> <em>état</em> <em>de</em> <em>servir</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cavanna avait foutu une avoine d&rsquo;enfer à l&rsquo;autre merdeux</p></blockquote>



<p>Dans<em> </em>« Papa dieu » Cavanna boucle la boucle en revenant sur son enfance qu&rsquo;il a longuement racontée dans <em>Les</em> <em>Ritals</em>. On y retrouve sa mère qui avait gardé les cochons dans la Nièvre avant de monter faire la domestique à Paris. Il décrit son père qui parlait le <em>dialetto</em> de ses montagnes avec ses copains en buvant des coups de rouge. Comment avaient-ils pu se mettre ensemble ces deux-là si différents, au point que sa mère toujours en quête de respectabilité finit par juger son mari inéducable, et qu&rsquo;elle lui refusa son lit ? Par dépit sans doute pour la paysanne du Morvan qui avait perdu son amoureux pendant la guerre. Et parce qu&rsquo;ils s&rsquo;étaient ensuite retrouvés dans l&rsquo;amour de François le petit génie de la communale qui remplissait d&rsquo;orgueil sa maman. Mais c&rsquo;est son père qu&rsquo;il aurait voulu côtoyer davantage, son père qui était son dieu au point que le jeune Cavanna s&rsquo;était jeté sur ce petit con de Roca lorsqu&rsquo;il dit de son paternel qu&rsquo;il « <em>était</em> <em>bon</em> <em>qu&rsquo;à</em> <em>déboucher</em> <em>les</em> <em>fosses</em> <em>à</em> <em>merde</em> » . Ce jour-là le grand échalas de Cavanna avait foutu une avoine d&rsquo;enfer à l&rsquo;autre merdeux, il lui avait serré le cou pour le faire crever, si bien qu&rsquo;ils durent se mettre à trois adultes pour les séparer. Paisible oui il l&rsquo;était, mais il ne fallait pas toucher à son dieu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il lui montrait ses fesses à l&rsquo;immonde </p></blockquote>



<p>Elle lui aura pourri la vie cette gueuse de Parkinson. Il croyait pourtant l&rsquo;avoir baisée en ayant récupéré sa grande cursive qui faisait sa fierté. D&rsquo;accord elle n&rsquo;était plus aussi belle qu&rsquo;elle l&rsquo;avait été, mais on pouvait de nouveau la déchiffrer. Alors il lui tirait la langue, il lui montrait ses fesses à l&rsquo;immonde. Et puis elle est revenue lui attrapant le pied dans l&rsquo;escalier, le faisant tomber en arrière. Bilan : sept côtes cassées, des vertèbres en vrac, le rein on ne savait pas trop, la rate qui saignait et un pronostic réservé sur la validité du raisonnement. Serait-il « <em>encore</em> <em>plus</em> <em>con</em> <em>qu&rsquo;avant ?</em> » Et voilà que presque réparé il voudrait, il pourrait, mais il ne savait plus quoi écrire. Pourtant quel joli métier qu&rsquo;écrire. Il suffisait de s&rsquo;y remettre. D&rsquo;écrire même sur ses doigts de pieds puisqu&rsquo;avec sa nouvelle voussure c&rsquo;est ce qu&rsquo;il observait le plus facilement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Roger en jetait dans sa culotte de soie violette </p></blockquote>



<p>Cavanna a toujours aimé l&rsquo;orthographe, corrigeant à la demande ses copains d&rsquo;école. On le retrouve cette fois en compagnie de son pote Roger expliquant aux deux filles qui les accompagnaient qu&rsquo;elles ne pouvaient dire qu&rsquo;elles avaient l&rsquo;air conne. Et pour cause puisque le terme se rapportait à « l&rsquo;air ». On ne sait s&rsquo;il les avaient convaincues, mais ce qui est sûr c&rsquo;est qu&rsquo;elles s&rsquo;étaient foutues de sa tronche. Pour Roger c&rsquo;était gagné par avance, il avait approuvé. Roger son copain d&rsquo;enfance qui ne le quitta qu&rsquo;un an avant l&rsquo;écriture de ce livre. Un Italien du Nord presque la Suisse, un Hercule sans jamais avoir fait de muscu, avec les cheveux blond fauve bouclés et les yeux vert-bleu, « <em>le</em> <em>piège</em> <em>à</em> <em>filles</em> <em>sur</em> <em>mesure</em> ». Cavanna avait été boxeur avec Roger pendant l&rsquo;occupation. Une période où Cerdan et Dauthuile étaient les seuls à faire rêver les Français. Boxeur tel Chaplin dans <em>Les Lumières de la ville</em>,  caché derrière ses gants, dansant pour éviter que son adversaire ne lui en colle une. Comme l&rsquo;autre n&rsquo;en faisait pas beaucoup plus, les voilà traités de faignants par le public qui n&rsquo;était pas venu voir deux chochottes se caresser. Cavanna fut déclaré vainqueur aux points et aussitôt hué par le public. Il leur fit un bras d&rsquo;honneur et reçut des tabourets sur le ring. Fin de sa carrière. Le pire était pourtant à venir. Lui et ses copains étaient montés attifés comme des clodos entre les cordes, certains avec un vieux pantalon d&rsquo;autres en calbut. De retour au vestiaire on leur avait tout piqué, les vêtements, les papiers y compris la carte de rationnement. La nuit ils la passèrent en tôle, arrêtés par une patrouille allemande. Elle ne manqua pas d&rsquo;admirer Roger qui en jetait dans sa culotte de soie violette. C&rsquo;est ensuite que les flics du STO lui étaient tombés dessus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Et encore la Raymonde n&rsquo;était pas fâché avec l&rsquo;hygiène </p></blockquote>



<p>Ado il était déjà un renifleur de première, attiré comme aucun autre par la charge explosive du parfum d&rsquo;une certaine Raymonde. Il en prenait plein les naseaux de celle qui un jour s&rsquo;était assise jambes pendantes, cuisses à l&rsquo;air, sur la carriole qu&rsquo;il tirait. Et encore la Raymonde n&rsquo;était pas fâchée avec l&rsquo;hygiène vu qu&rsquo;elle se lavait une fois par semaine aux douches municipales. Alors les autres imaginez un peu. Il devait s&rsquo;en régaler lui qui avait toujours apprécié les senteurs fortes. Il suffit de relire les <em>Russkoffs</em> pour s&rsquo;en souvenir.</p>



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		<title>Mémoires de Vidocq &#8211; Tome 1, Eugène-François Vidocq, Ebooks libres et gratuits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Nov 2020 14:05:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Ebooks libres et gratuits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On vous aura prévenus. Quand il vient du Nord le chef de la police est infréquentable. Petit coq, toujours à se donner le beau rôle, trahissant sans vergogne ceux qui l&#8217;ont accueilli. Querelleur, matamore. Toujours au contact de la violence. À l&#8217;en croire tombeur de la gent féminine qui ne saurait résister à ses charmes, [&#8230;]</p>
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<p><strong>On vous aura prévenus.</strong> Quand il vient du Nord le chef de la police est infréquentable. Petit coq, toujours à se donner le beau rôle, trahissant sans vergogne ceux qui l&rsquo;ont accueilli. Querelleur, matamore. Toujours au contact de la violence. À l&rsquo;en croire tombeur de la gent féminine qui ne saurait résister à ses charmes, avec une légère tendance à réinventer l&rsquo;histoire pour se donner le beau rôle. Adepte des orgies. D&rsquo;origine populaire et toujours en quête d&rsquo;ascension sociale. Assumant ses erreurs de jeunesse, mais défenseur de la veuve et de l&rsquo;orphelin. De la veuve plus que de l&rsquo;orphelin. Combattant des terroristes. Adepte de l&rsquo;Allemand ou plutôt de l&rsquo;Autrichien. Détesté par les élites mais s&rsquo;en foutant, car c&rsquo;est en s&rsquo;appuyant sur les braves gens qu&rsquo;il compte faire carrière. Lui ? Non pas lui. Lui n&rsquo;a guère d&rsquo;intérêt. Il n&rsquo;est qu&rsquo;un épiphénomène que l&rsquo;on oubliera rapidement. On parle ici de l&rsquo;autre, le vrai. L&rsquo;unique. L&rsquo;icône des policiers : Eugène-François Vidocq. Celui dont Balzac s&rsquo;est inspiré pour créer Vautrin dans <em>Le père Goriot </em>et dont Victor Hugo se servit pour imaginer le bagnard Jean Valjean. Un personnage digne des héros de Dumas. Vidocq le charmeur interprété par Claude Brasseur dans le feuilleton de Marcel Bluwal qui illumina la France télévisuelle des années 70. Celui qui finit tous les épisodes dans les bras de la sublime Danièle Lebrun. Oh François &#8230; </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Malfrat un jour, indic puis flic le lendemain</p></blockquote>



<p>Eugène-François Vidocq se raconte dans ses mémoires en quatre tomes accessibles gratuitement en numérique car libres de droits. Peu importe qu&rsquo;ils aient été écrits par des nègres, Vidocq s&rsquo;en explique dans sa préface. Une multiple fracture du bras l&rsquo;a empêché de mener seul à terme ce projet. Peu importe que des historiens remettent en cause certains aspects du récit. Ce n&rsquo;est pas une thèse que nous découvrons mais un personnage de légende. Roué, batailleur, maître à l&rsquo;escrime, d&rsquo;une force physique exceptionnelle. Capable de jouer avec ceux qu&rsquo;il côtoie, d&rsquo;utiliser le savoir acquis dans un camp pour progresser en face. Malfrat un jour, indic puis flic le lendemain. Vidocq né en 1775 à Arras à côté de la maison de Robespierre. Père boulanger qui lui donne son premier métier, porteur de pain à 13 ans. Cela ne l&#8217;empêche pas de voler l&rsquo;argenterie de ses parents qui le font écrouer. Libéré il dérobe la caisse de la boulangerie avec un complice et s&rsquo;enfuit à Lille. Il cherche à partir aux Amériques mais dépouillé de son butin, il s&rsquo;engage dans un cirque où il nettoie les cages des singes et apprend les différents sauts. Lassé de cette vie, Il vend des élixirs et coupe les corps aux pieds avant de revenir chez ses parents. Il prend le temps de lutiner quelques drôlesses avant de s&rsquo;engager dans l&rsquo;armée, ce qui lui vaut d&rsquo;être à Jemappes en 1792 quand l&rsquo;armée révolutionnaire met une tannée aux Autrichiens. Dénoncé comme déserteur de son ancien bataillon, il change de camp et intègre l&rsquo;armée des envahisseurs. Pour un temps seulement, car après avoir tâté de la schlague pour s&rsquo;être embrouillé avec un supérieur, il réintègre l&rsquo;armée française. Il revient à Arras régentée par les  « <em>terroristes</em> » qui ont installé la guillotine à chaque coin de rue.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Il n&rsquo;aura de cesse de faire annuler cette condamnation</p></blockquote>



<p>Il vadrouille alors entre Lille, Bruxelles et Tournai et finit par être incorporé comme sous-lieutenant dans l&rsquo;Armée Roulante, une structure composée d&rsquo;officiers sans brevet, sans troupes, munis de faux états. Au total moins de deux mille aventuriers où il devient rapidement capitaine de hussards. Quelques escroqueries plus tard Vidocq est de nouveau arrêté, et on lui reproche des faux en écriture publique dans le cadre de l&rsquo;évasion d&rsquo;un prisonnier. Il multiplie les tentatives de fuite, creusant le sol de sa cellule au risque de se noyer dans une rivière souterraine. Il prend pour l&rsquo;ensemble de son œuvre huit ans de fers. Direction le bagne de Brest. Vidocq a 22 ans et il n&rsquo;aura de cesse de faire annuler cette condamnation. Pendant son transfert Vidocq côtoie la lie de la société, et serait bien en peine de dire qui des prisonniers et des argousins qui les gardent sont les pires. À Brest il se demande comment transformer le bagne. À l&rsquo;instar des Anglais en envoyant les détenus dans les colonies ? En supprimant les ateliers où les prisonniers perfectionnent leur savoir de délinquant ? En limitant la cruauté des gardiens ? Il s&rsquo;échappe en se déguisant en femme puis se fait embaucher pour convoyer des bœufs vers Paris. De retour dans le Nord il devient corsaire après avoir fui un navire hollandais où il avait été enrôlé de force. À nouveau arrêté il repart au bagne mais cette fois celui de Toulon d&rsquo;où il finit par s&rsquo;enfuir.</p>



<p><strong>Où récupérer des ebooks libres de droit</strong></p>



<p><a href="https://www.ebooksgratuits.com/">https://www.ebooksgratuits.com/</a></p>
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		<title>À son ombre, Claude Askolovitch, Éditions Grasset</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 09:01:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Grasset]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne s&#8217;en est jamais remis. Celui que les plus matinaux écoutent peut-être le matin distiller sa revue de presse sur France Inter pleure sa femme. Valérie morte en 2009 après vingt ans de vie commune et deux enfants. Camille et Théo. Valérie aussitôt partie, aussitôt remplacée par Kathleen vingt ans plus jeune que lui, [&#8230;]</p>
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<p><strong>Il ne s&rsquo;en est jamais remis</strong>. Celui que les plus matinaux écoutent peut-être le matin distiller sa revue de presse sur France Inter pleure sa femme. Valérie morte en 2009 après vingt ans de vie commune et deux enfants. Camille et Théo. Valérie aussitôt partie, aussitôt remplacée par Kathleen vingt ans plus jeune que lui, mais Valérie jamais oubliée. La naissance d&rsquo;Octave et Théo n&rsquo;y ont rien changé. Un nouveau couple est né, la famille s&rsquo;est recomposée, Camille et Théo ont accepté leurs petits frères. De toute façon Camille est rapidement partie faire sa vie, alors que Théo est resté au foyer.  « <em>Je peux encore dessiner Valérie dans le vent</em> » écrit Claude Askolovitch en préambule de son livre, parfois agaçant quand on se dit qu&rsquo;il se complaît dans le malheur, mais tellement touchant. Claude et Valérie c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple parti pour durer.  « <em>Dis-moi que je suis la femme de ta vie ! Il n’y a rien de plus beau que de petits vieux qui se donnent la main</em>  » lui murmurait Valérie. L&rsquo;histoire c&rsquo;est pourtant achevée quand Valérie part dans une clinique où l&rsquo;on découvre que ses douleurs provenaient d&rsquo;une tumeur. Évacuation d&rsquo;urgence vers l&rsquo;hôpital. Le foie est bousillé par les quantités de paracétamol ingurgitées contre la douleur. Il faudrait une greffe. Fin de l&rsquo;histoire. Claude conserve depuis sur lui la poche de l&rsquo;Assistance publique qui contient les diamants d&rsquo;oreille de Valérie. Valérie et Claude étaient deux Juifs assumés, respectueux des fêtes traditionnelles, <em>Roch Hachana</em> et <em>Pessah</em>, passant le soir de Noël au cinéma. Valérie qui a vécu à Troyes et Narbonne, mange casher pour ne pas rompre la tradition. Lui s&rsquo;en moque. Claude perpétue différemment ce qu&rsquo;ont vécu ses parents. Roger son père dirigeait la revue <em>L&rsquo;Arche</em>, le mensuel des communautés juives. Sa mère est revenue des camps de la mort. Quand Claude et Valérie se rencontrent sur un escalator parisien, la vie professionnelle de Claude est toute tracée. Journaliste. De gauche comme son père, tendance Montmartre où il va passer sa vie. Valérie fille d&rsquo;une militante du PS débute sa carrière comme travailleuse sociale en banlieue nord. Elle devient éducatrice puis entre à SOS-Racisme. Elle qui n&rsquo;a pas fait d&rsquo;études supérieures progresse vite. Organisation de la primaire de Manuel Valls en 2009, avant de prendre en charge la communication de Jean-Luc Mélenchon quand il était ministre socialiste de l&rsquo;Éducation professionnelle. Quand Claude rencontre Kathleen tout va très vite. Trop ? Claude n&rsquo;a pas fait son deuil. Il singe Valérie en mettant du curcuma dans sa cuisine comme elle. Son ordinateur est rempli de souvenirs numériques de Valérie qu&rsquo;il impose à Kathleen.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>« </em>Tiens voilà le traître<em> » lui glisse François Hollande</em></p></blockquote>



<p>Ancien journaliste sportif passé par <em>Le</em> <em>Matin de Paris</em> et <em>Le Nouvel Observateur</em>, le voilà propulsé dans les organes de presse du groupe Lagardère. Europe 1 et le <em>Journal du dimanche</em>. Il s&rsquo;y décrit comme odieux avec la rédaction. Alors que Valérie n&rsquo;hésitait pas à lui dire qu&rsquo;il criait trop à la radio, il est désormais en concurrence avec Kathleen. Comme journaliste et plus encore comme auteur de livres. Politiquement il s&rsquo;est déjà perdu en critiquant Ségolène Royal en 2007, ce qui est son droit. Mais surtout en écrivant un livre avec Éric Besson qui allait devenir ministre de l&rsquo;Identité nationale de Sarkozy.  « <em>Tiens voilà le traître </em>» lui glisse François Hollande au dernier meeting de campagne de Ségolène. Claude apparaît dans <em>Les Guignols de l&rsquo;info</em> comme thuriféraire de Sarko. Il n&rsquo;a pourtant pas franchi le Rubicon en s&rsquo;abstenant à la présidentielle. En 2009 il est viré du JDD pour avoir écrit des papiers favorables aux Roms. Engagé puis éjecté par Franz-Olivier Giesbert du <em>Point</em> il sombre professionnellement. Sa vie avec Kathleen ne peut pas ne pas en être affectée. Pourtant elle en a fait des efforts, acceptant ses enfants comme sa famille juive alors qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est pas. Mais Claude se compare à un marrane, ces Juifs espagnols, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent leur vraie religion en cachette. Il court le cacheton pour gagner sa vie. Le mot CDI a disparu de son horizon. Il est récupéré en 2017 par Laurence Bloch qui l&rsquo;engage à France Inter. Un joli poste qui lui impose de se lever à deux heures du matin pour lire la presse. Il s&rsquo;est brouillé avec Manuel Valls alors que les deux couples se fréquentaient du temps de Valérie. Ce qui ne l&rsquo;a pas empêché de lui dire que « <em>Le pardon venait en premier</em> ». Il continue à faire la cuisine pour sa famille en renonçant à chasser ses kilos. Il perpétue avec ses enfants les gestes de superstition de son ancienne femme. Sa mère qui a refait sa vie et a décroché les anciennes photos de ses murs lui montre le chemin. Valérie est toujours là.</p>



<p><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/la-personnalite-de-la-semaine/la-personnalite-de-la-semaine-24-octobre-2020">https://www.franceinter.fr/emissions/la-personnalite-de-la-semaine/la-personnalite-de-la-semaine-24-octobre-2020</a></p>
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		<title>Confusions, Marie Tanguy, Éditions Jean-Claude Lattès</title>
		<link>https://surbooke.fr/wordpress/2020/09/18/confusions-marie-tanguy-editions-jean-claude-lattes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2020 05:33:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Claude Lattès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a plusieurs façons d&#8217;aborder ce livre qui relate la plongée d&#8217;une jeune femme dans la campagne électorale d&#8217;Emmanuel Macron. La narration de ce qu&#8217;a vécu Marie Tanguy, jeune trentenaire que les golden boys macroniens ont été chercher à la CFDT pour écrire une partie des discours du candidat. Une réflexion sur la manière [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Il y a plusieurs façons d&rsquo;aborder ce livre</strong> qui relate la plongée d&rsquo;une jeune femme dans la campagne électorale d&rsquo;Emmanuel Macron. La narration de ce qu&rsquo;a vécu Marie Tanguy, jeune trentenaire que les <em>golden boys</em> macroniens ont été chercher à la CFDT pour écrire une partie des discours du candidat. Une réflexion sur la manière dont se déroule la conquête du pouvoir et les compromissions qui vont avec. La folie qui s&#8217;empare de jeunes têtes bien faites, persuadées qu&rsquo;elles savent tout mieux que les autres. Ou encore l&rsquo;impossibilité de s&rsquo;inscrire durablement dans une équipe destinée à gouverner si on n&rsquo;a pas fait les bonnes écoles tout en étant sévèrement testostéroné. <em>Confusions</em> c&rsquo;est tout cela à la fois et c&rsquo;est ce qui rend le bouquin intéressant. Marie Tanguy, études à Sciences Po, origine modeste, famille dans le Lot, est démarchée pour rejoindre l&rsquo;équipe de celui qu&rsquo;elle appelle EM. Elle se considère comme faisant partie de la deuxième gauche, celle que Michel Rocard a longtemps incarnée, elle n&rsquo;a pas de passé syndicaliste, mais a trouvé son équilibre en travaillant dans le collectif qui entoure Laurent à la CFDT. Laurent, c&rsquo;est Laurent Berger, dont elle refuse de donner le nom comme tous les personnages qu&rsquo;elle côtoie dans son récit.  « <em>Macron ce n&rsquo;est pas Rocard </em>» lui répond le premier secrétaire de sa conf. Elle le sait mais Macron c&rsquo;est jeune, ça se veut aussi de gauche, ça parle écologie et numérique alors banco. Marie se retrouve dans le bureau occupé par le groupe Idées au 99 rue de l&rsquo;Abbé Groult dans le XVe arrondissement de Paris. C&rsquo;est petit, beaucoup trop petit car ils sont cinq, ça renifle la transpiration et la nourriture. « <em>Ça sent le fauve chez les Idées</em> » glisse Sibeth quand elle parle d&rsquo;eux. On lui concède une place, on la dote d&rsquo;un ordi, un Mac, forcément un Mac, on n&rsquo;est pas chez les ploucs. On l&rsquo;initie à Telegram la messagerie cryptée avec laquelle tous les échanges se font. Écrire pour EM ne signifie pas travailler à ses côtés, le taf étant particulièrement hiérarchisé. Elle a en charge les premiers jets qui sont obligatoirement relus et réécrits par Ismaël (Emelien) la tête pensante en charge du programme. Si tous travaillent comme des dingues, lui est encore plus actif. Cet homme est-il seulement capable de dormir alors qu&rsquo;il envoie régulièrement des messages à deux heures du matin? Pas d&rsquo;Emmanuel donc mais parfois Brigitte, qui fait le tour des bureaux. Dans cette atmosphère stressée, elle apporte des confiseries et un peu d&rsquo;humanité aux équipes. Marie ne cesse de se demander si elle est au niveau, tant ceux qui l&rsquo;entourent semblent avoir rayé ce terme de leur vocabulaire. Ils sont là pour écrire le programme, alors ils envoient. Manu a promis de s&rsquo;attaquer aux rentes, une obsession chez lui depuis la Commission Attali, ils vont donc butter les régimes spéciaux. Réformer la fiscalité des successions ? Même pas en rêve. Pourtant ça lui plairait à Marie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les corps intermédiaires ne sont que des lobbys néfastes</p></blockquote>



<p>Avec les bons sondages, les ralliements se multiplient autour du candidat qui devient plus téméraire, promettant à ceux qui viennent le voir ce qu&rsquo;ils ont envie d&rsquo;entendre. L&rsquo;équilibrage des comptes, dont se gausse toute l&rsquo;équipe en prend un coup ? Pas d&rsquo;importance on fera avec. Les journées sont longues, Marie mange de plus en plus mal, presque toujours au bureau. Son corps s&rsquo;avachit, elle a  arrêté le sport, elle rentre tous les soirs en Uber faute de métro. Elle a même délaissé son amoureux, mais elle est contente d&rsquo;en être, de travailler avec ces génies. Parfois les doutes l&rsquo;assaillent comme le jour où elle doit préparer le discours pour la visite d&rsquo;EM à La Réunion. On ne lui demande pas de connaître le sujet mais d&rsquo;écrire en s&rsquo;appuyant sur le savoir de l&rsquo;équipe spécialisée sur le sujet. Petit problème, ils ne se supportent pas et passent leur temps à se débiner, alors qui croire ? Sans même songer à s&rsquo;imposer, Marie a du mal avec le plus brillant des <em>golden boys</em> : David (Amiel). L&rsquo;étoile montante de la macronie est un pur génie. Bac à 15 ans, normalien grandi dans les beaux quartiers, aussi à l&rsquo;aise en économie qu&rsquo;en histoire, et surtout aucun doute sur ses capacités. Pour lui les corps intermédiaires ne sont que des lobbys néfastes, ce qui est quelque peu compliqué à avaler pour celle qui vient de la CFDT. La concertation ? Elle se réduira à faire de la pédagogie sur ce qui aura déjà été décidé. Marie trouve quelques soulagements chez les rares femmes de l&rsquo;équipe, mais trop peu. Elle finit par partir avant le premier tour vaincue par un <em>burn-out</em> et le sentiment de ne pas être à sa place. On lui souhaite de se reconstruire en se posant une ultime question : aurait-ce été différent dans une autre équipe ?</p>
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		<title>Idiss, Robert Badinter, Éditions Fayard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 19:07:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains attendaient ses mémoires. Robert Badinter prétend qu&#8217;il a juste raconté l&#8217;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&#8217;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&#8217;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays [&#8230;]</p>
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<p><strong>Certains attendaient ses mémoires</strong>. Robert Badinter prétend qu&rsquo;il a juste raconté l&rsquo;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&rsquo;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&rsquo;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays au cours du temps, qui était alors possession de l&rsquo;Empire tsariste, avant d&rsquo;appartenir aujourd&rsquo;hui à la Moldavie. L&rsquo;histoire d&rsquo;Idiss est celle d&rsquo;un monde disparu, le <em>Yiddishland</em> avec ses <em>shtetels</em>, ces villages peuplés de Juifs. Et rien que pour cela il faudrait lire ce livre. Son histoire est celle d&rsquo;une famille contrainte de fuir les pogroms et qui voyait la France comme une terre d&rsquo;espoir puisque c&rsquo;était la patrie de Victor Hugo et mieux encore un pays dont une partie des habitants avaient pris le parti d&rsquo;un capitaine juif contre le pouvoir militaire. De cela Idiss n&rsquo;en savait rien car le rôle d&rsquo;une femme dans son village était de faire vivre son foyer et surtout pas d&rsquo;aller à l&rsquo;école. Idiss était donc illettrée ce qui ne se remarquait pas en Bessarabie, mais qui constitua un réel handicap quand elle vint vivre à Paris. Cela la priva du grand plaisir de voir ses petits-fils briller à l&rsquo;école. Mais avant de se retrouver Gare de l&rsquo;Est, Idiss eut une vie bien remplie notamment parce que Schulim son mari avait passé cinq ans dans l&rsquo;armée du Tsar, laissant leurs deux fils à sa charge. De simple brodeuse, Idiss passa ponctuellement à l&rsquo;état de trafiquante de tabac pour ramener au foyer de quoi nourrir ses enfants.  Schulim revenu, Idiss dut aussi faire avec ses dettes de jeu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer</p>
</blockquote>



<p>Ce sont leurs deux fils Avroum et Naftoul qui partirent les premiers à Paris où ils récupéraient de vieux vêtements pour les faire réparer avant de les remettre en vente.  Un destin bien classique pour les « <em>Yids</em> », les immigrants qui parlaient yiddish. Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté. Au-dessus on trouvait des professions libérales férues de diplômes. Et tout en haut de la pyramide figuraient quelques financiers comme les Rothschild ou des industriels comme André Citroën. Schulim suivit ses fils puis arriva Idiss avec leur fille Chifra dont le nom fut rapidement transformé en Charlotte. Contrairement à sa mère Charlotte bénéficia d&rsquo;une vraie scolarité, son instituteur M. Martin ayant décidé de transformer des enfants venus d&rsquo;ailleurs en petits Français comme les autres. Premier diplôme français de la famille, le certificat d&rsquo;études de Charlotte fut fêté en conséquence. La mort de Schulim intervint peu après la fin de la Première guerre mondiale, d&rsquo;un cancer qui l&rsquo;envoya rapidement au cimetière de Bagneux. Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer. Simon né en Bessarabie, avait fait des études supérieures à Moscou, profitant du maigre quota concédé aux Juifs. Mais son avenir professionnel passa en France par la fourrure au travers de la société qu&rsquo;il créa. Simon et Charlotte eurent deux fils, Claude puis Robert  qui grandirent dans le XVIe  arrondissement, symbole de la réussite de leurs parents. La religion était peu présente Certains attendaient ses mémoires. Robert Badinter prétend qu&rsquo;il a juste raconté l&rsquo;histoire de sa grand-mère maternelle. Mais c&rsquo;est aussi le début de sa vie auquel est consacré cet ouvrage, même s&rsquo;il est centré sur Idiss née en Bessarabie à la fin du XIXe siècle. La Bessarabie, ce territoire que se sont disputés de nombreux pays au cours du temps, qui était alors possession de l&rsquo;Empire tsariste, avant d&rsquo;appartenir aujourd&rsquo;hui à la Moldavie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté</p>
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<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;Idiss est celle d&rsquo;un monde disparu, le <em>Yiddishland</em> avec ses <em>shtetels</em>, ces villages peuplés de Juifs. Et rien que pour cela il faudrait lire ce livre. Son histoire est celle d&rsquo;une famille contrainte de fuir les pogroms et qui voyait la France comme une terre d&rsquo;espoir puisque c&rsquo;était la patrie de Victor Hugo et mieux encore un pays dont une partie des habitants avaient pris le parti d&rsquo;un capitaine juif contre le pouvoir militaire. De cela Idiss n&rsquo;en savait rien car le rôle d&rsquo;une femme dans son village était de faire vivre son foyer et surtout pas d&rsquo;aller à l&rsquo;école. Idiss était donc illettrée ce qui ne se remarquait pas en Bessarabie, mais qui constitua un réel handicap quand elle vint vivre à Paris. Cela la priva du grand plaisir de voir ses petits-fils briller à l&rsquo;école. Mais avant de se retrouver Gare de l&rsquo;Est, Idiss eut une vie bien remplie notamment parce que Schulim son mari avait passé cinq ans dans l&rsquo;armée du Tsar, laissant leurs deux fils à sa charge. De simple brodeuse, Idiss passa ponctuellement à l&rsquo;état de trafiquante de tabac pour ramener au foyer de quoi nourrir ses enfants.  Schulim revenu, Idiss dut aussi faire avec ses dettes de jeu. Ce sont leurs deux fils Avroum et Naftoul qui partirent les premiers à Paris où ils récupéraient de vieux vêtements pour les faire réparer avant de les remettre en vente.  Un destin bien classique pour les « Yids », les immigrants qui parlaient yiddish. Ce prolétariat travaillait pour les commerçants et artisans juifs qui constituaient le deuxième niveau de la communauté. Au-dessus on trouvait des professions libérales férues de diplômes. Et tout en haut de la pyramide figuraient quelques financiers comme les Rothschild ou des industriels comme André Citroën. Schulim suivit ses fils puis arriva Idiss avec leur fille Chifra dont le nom fut rapidement transformé en Charlotte. Contrairement à sa mère Charlotte bénéficia d&rsquo;une vraie scolarité, son instituteur M. Martin ayant décidé de transformer des enfants venus d&rsquo;ailleurs en petits Français comme les autres. Premier diplôme français de la famille, le certificat d&rsquo;études de Charlotte fut fêté en conséquence. La mort de Schulim intervint peu après la fin de la Première guerre mondiale, d&rsquo;un cancer qui l&rsquo;envoya rapidement au cimetière de Bagneux. Les noces de Charlotte et de Simon ramenèrent de la joie au foyer. Simon né en Bessarabie, avait fait des études supérieures à Moscou, profitant du maigre quota concédé aux Juifs. Mais son avenir professionnel passa en France par la fourrure au travers de la société qu&rsquo;il créa.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Pour prémunir sa famille de la débâcle, il l’avait envoyée à Nantes</p>
</blockquote>



<p>Simon et Charlotte eurent deux fils, Claude puis Robert  qui grandirent dans le XVIe  arrondissement, symbole de la réussite de leurs parents. La religion était peu présente mais on y célébrait les fêtes juives et Idiss faisait vivre la tradition de son enfance aux fourneaux. La montée du nazisme vint troubler le parcours familial. Simon féru de politique écoutait les discours d&rsquo;Hitler à la radio. Pour prémunir sa famille de la débâcle, il l&rsquo;avait envoyée à Nantes. Peine perdue puisque le jeune Robert Badinter découvrit l&rsquo;armée allemande devant le château de la duchesse Anne de Bretagne. La famille réintégra finalement son domicile parisien mais perdit la possession de l&rsquo;entreprise de fourrure. Idiss frappée par un cancer n&rsquo;était plus en état de suivre les Badinter en zone libre. Elle mourut rapidement tandis que son gendre fut arrêté sur ordre de Klaus Barbie à Lyon puis déporté à Sobibor d&rsquo;où il n&rsquo;est pas revenu.</p>



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