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	<title>Archives des football ⚽ - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des football ⚽ - Surbooké</title>
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		<title>Footboys, Mathieu Tulissi Gabard, Éditions Gallimard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 13:34:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un « roman » d&#8217;une grande violence que ce Footboys de Mathieu Tulissi Gabard. Un livre dont le bandeau indique « Le quotidien souvent brutal de jeunes aspirants footballeurs ». C&#8217;est ce qu&#8217;a connu l&#8217;auteur qui fut très jeune coupé de sa famille et de son entourage en intégrant à quinze ans une structure [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>un</strong> <strong>«</strong> <strong>roman</strong> <strong>»</strong> <strong>d&rsquo;une</strong> <strong>grande</strong> <strong>violence</strong> <strong>que</strong> <strong>ce</strong> <em><strong>Footboys</strong></em> <strong>de</strong> <strong>Mathieu</strong> <strong>Tulissi</strong> <strong>Gabard</strong>. Un livre dont le bandeau indique « <em>Le</em> <em>quotidien</em> <em>souvent</em> <em>brutal</em> <em>de</em> <em>jeunes</em> <em>aspirants</em> <em>footballeurs</em> ». C&rsquo;est ce qu&rsquo;a connu l&rsquo;auteur qui fut très jeune coupé de sa famille et de son entourage en intégrant à quinze ans une structure censée l&#8217;emmener au plus haut niveau de son sport. Et il avait du talent Mathieu qui à douze ans avait été repéré par le club de Saint-Étienne. Suffisamment pour résister à Hatem Ben Arfa, un des plus fins dribbleurs de l&rsquo;histoire du foot français, que les dirigeants stéphanois avaient mis sur le terrain pour l&rsquo;étalonner. Non ce n&rsquo;est pas son niveau footballistique qui l&#8217;empêcha d&rsquo;accéder au professionnalisme. C&rsquo;est sa conception du foot et sa personnalité qui ne collaient pas avec les usines à champions que sont les centres de formation. Mathieu Tulissi Gabard aimait jouer, comme il l&rsquo;avait toujours fait dans son club de Garches (Hauts-de-Seine) puis au FC Versailles, sous la direction d&rsquo;un homme plus éducateur qu&rsquo;entraîneur. Mathieu Tulissi Gabard n&rsquo;était pas non plus taillé pour une discipline militaire. Il était ainsi le seul qui arrivait le matin au lycée avec un journal. De tout cela le club de Montpellier se moquait. Il l&rsquo;avait fait signer cinq années, et il s&rsquo;agissait de rentabiliser cet investissement. Peu importait les 80 % de « déchets » habituellement constatés dans les centres de formation. Ce qu&rsquo;il fallait c&rsquo;était sortir quelques joueurs pour alimenter l&rsquo;équipe première. Pour y parvenir une seule méthode : mettre perpétuellement en concurrence les apprentis footballeurs. Sur les terrains, dans les hébergements, dans les transports qui permettaient aux ados de rentrer chez eux. Peu importait que l&rsquo;hébergement poussât à la découverte de la sexualité par des branlettes collectives et des quasi-tournantes. À la fin les meilleurs devaient émerger.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Rémi allait au collège où il n&rsquo;était pas perçu comme un élève normal </p>
</blockquote>



<p>Quand Mathieu quitta parents et proches pour le centre de formation de Montpellier, il se retrouva dans une chambre de deux. L&rsquo;autre s&rsquo;appelait Rémi et c&rsquo;est le club qui avait choisi de les apparier. Ils côtoyaient une quarantaine d&rsquo;adolescents soumis comme eux à un monde fait de footings, d&rsquo;abdos, de gainages, d&rsquo;entraînements avec ballon, de footings, d&rsquo;abdos, de gainages, d&rsquo;entraînements avec ballons. Rémi avait déjà passé deux années au centre de préformation de Vichy. Il y était entré à treize ans, pas même ado. Il se retrouva au Creps avec les deuxièmes années qui leur mettaient des tartes dans la gueule, de quoi être toujours sur la défensive, toujours en stress. Rémi allait au collège où il n&rsquo;était pas perçu comme un élève normal. Rémi était un « Creps », ce qui l&rsquo;amenait à se souder aux autres apprentis sportifs. En deuxième année, il bizuta ceux qui venaient de rentrer, il tapa un peu trop fort et cassa un poignet. Rémi n&rsquo;eut pas son brevet, alors qu&rsquo;en sixième il avait de bonnes notes et suivait même des cours de latin. Saoulé de foot, il ne progressa pas non plus dans son sport. Il eut souvent envie d&rsquo;arrêter, et ne s&rsquo;accrocha que parce que son père lui serinait qu&rsquo;il avait trop de chance. Son aventure se termina par une dépression qu&rsquo;il mit longtemps à soigner.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Ils furent encore là quand il s&rsquo;est agi de lui faire reprendre ses études </p>
</blockquote>



<p>La chance de Mathieu Tulissi Gabard a été que ses parents demeurèrent lucides pendant sa brève carrière. Suffisamment pour refuser de le laisser partir à douze ans à Saint-Étienne. Douze ans c&rsquo;était bien trop jeune. Suffisamment pour accepter qu&rsquo;il quitte le centre de formation de Montpellier à seize ans, quand Mathieu comprit que cette voie ne lui convenait pas. Ils furent encore là quand il s&rsquo;était agi de lui faire reprendre ses études au lycée public de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). On le refusa en section ES alors qu&rsquo;il avait toujours été bon élève. Mais ils obtinrent de l&rsquo;inscrire en section littéraire. Mathieu s&rsquo;en est sorti, en témoigne ce roman construit avec une écriture singulière, qui tient beaucoup de l&rsquo;oral, et qui est sacrément efficace. Après avoir abandonné le foot, qui l&rsquo;avait occupé dix ans de sa vie, il s&rsquo;est longtemps demandé s&rsquo;il avait pris la bonne décision. La réponse est désormais facile à trouver.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en</strong> <strong>dit</strong> <strong><em>Bibliosurf</em></strong> <strong>?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/Footboys.html#recherche">https://www.bibliosurf.com/Footboys.html#recherche</a></p>



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		<title>Rouge ou mort, David Peace, Éditions Rivages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 07:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[Rivages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un roman en rouge et noir. Rouge comme les couleurs du Liverpool Football Club que Bill Shankly a dirigé de 1959 à 1974. Ce qui a fait de lui le plus grand manager du football britannique au côté d&#8217;Alex Ferguson, un autre Écossais qui fut pendant vingt-sept années l&#8217;emblématique coach de Manchester United. Et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est un roman en rouge et noir</strong>. Rouge comme les couleurs du Liverpool Football Club que Bill Shankly a dirigé de 1959 à 1974. Ce qui a fait de lui le plus grand manager du football britannique au côté d&rsquo;Alex Ferguson, un autre Écossais qui fut pendant vingt-sept années l&#8217;emblématique coach de Manchester United. Et noir comme les romans qu&rsquo;écrit habituellement David Peace, des romans au caractère social bien affirmé, un peu comme le football de Liverpool. <em>Rouge</em> <em>ou</em> <em>mort</em> c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un ancien gamin de quatorze ans qui a quitté l&rsquo;école pour descendre à la mine, avant de devenir footballeur parce que cela lui offrait un avenir plus riant. Il fut un joueur honnête, plusieurs fois sélectionné en équipe d&rsquo;Écosse, et il devint un entraîneur mythique. Bill Shankly avait une vision bien précise de son sport : le football est une discipline collective où tout le monde joue pour l&rsquo;équipe et pour les supporteurs. Cette conception était parfaitement adaptée à la capitale du Merseyside, une ville historiquement prolétaire, même si les métiers à tisser qui avaient fait sa fortune au XIXe siècle s&rsquo;étaient tus depuis longtemps. Mais Liverpool, contrairement à Manchester, est restée une cité ouvrière, peut-être à cause de son port et de ses dockers. C&rsquo;est pourquoi le Liverpool FC est célèbre dans le monde entier par son <em>kop</em>, ses tribunes animées où on encourage les <em>reds</em> en chantant <em>You&rsquo;ll Never Walk Alone</em>, <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8"><em>Tu ne marcheras jamais seul</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>On prend un immense plaisir à voir défiler les joueurs historiques</p>
</blockquote>



<p><meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">David Peace nous propose une historiographie quasi exhaustive des années Shankly à Liverpool. Cela donne un bouquin de près de 1 000 pages qui ravira les fans du club. Les autres  lecteurs pourront sauter les comptes rendus détaillés des matchs car l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas là. Le gros intérêt de <em>Rouge</em> <em>ou</em> <em>mort</em> vient de la description du Liverpool FC de l&rsquo;intérieur. On prend un immense plaisir à voir défiler les joueurs historiques. Ray Clemence le portier qui passa quatorze années au Liverpool FC et que Shankly dégotta à <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Scunthorpe. Kevin Keegan alias « Mighty Mouse » l&rsquo;attaquant de poche issu du même club ou encore John Toshack l&rsquo;avant-centre gallois. Et puis tous les autres joueurs ou entraîneurs auxquels l&rsquo;équipe de Shankly s&rsquo;est confrontée. Gordon Banks le légendaire gardien qui écœura le roi Pelé un jour de Coupe du monde, Peter Shilton un autre portier historique. Georges Best la première rock-star du foot britannique dont Vincent Duluc a raconté l&rsquo;histoire dans <strong><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2015/01/03/le-cinquieme-beatles-vincent-duluc-editions-stock/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le cinquième Beatles</a></em></strong>. Best n&rsquo;aurait sans doute jamais pu jouer à Liverpool tant <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Shankly privilégiait le collectif aux vedettes. Le terme de <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">« vedette » était de toute façon très relatif. Si les clubs achetaient très cher certains joueurs, les footballeurs n&rsquo;en voyaient pas la couleur. Encore inconnu quand il est engagé, Ray Clemence touche 50 livres par semaine. Quand il arrive, Kevin Keegan reçoit une liste de logeuses et d&rsquo;appartements où il pourra habiter. Malgré la méticulosité de <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=utf-8">Shankly, la diététique de l&rsquo;époque fait sourire aujourd&rsquo;hui. Les joueurs avalent des steaks-frites avant les matchs. En déplacement en Roumanie, Shankly emmène des bouteilles de coca-cola pas d&rsquo;eau minérale. Les clubs que rencontre Liverpool sont également plus variés qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Lucton, Scunthorpe United, Leyton Orient, Lincoln City, Charlton Athletic, Rotherham United, Bury Football Club sont autant d&rsquo;équipes qui n&rsquo;apparaissent plus dans la première ou seconde division du championnat anglais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il va tout reprendre à zéro à commencer par la pelouse d&rsquo;Anfield</p>
</blockquote>



<p><br>Huddersfield 17 octobre 1959. Le Liverpool Football Club est en seconde division. Il n&rsquo;a plus rien gagné depuis son titre de 1947. Le président et un des administrateurs du club sont venus voir Bill Shankly l&rsquo;entraîneur local pour lui demander de travailler avec eux. Ils sont persuadés qu&rsquo;il est l&rsquo;homme dont le Liverpool FC a besoin pour retrouver son ancien statut. Shankly accepte de devenir manager de Liverpool sous la condition d&rsquo;avoir les pleins pouvoirs, et de gagner 2 500 livres par an soit 500 de plus qu&rsquo;à Huddersfield. Il va tout reprendre à zéro en commençant par la pelouse d&rsquo;Anfield pas même équipée d&rsquo;une rampe d&rsquo;arrosage. Il refait aussi le pitoyable terrain d&rsquo;entraînement partiellement empierré de Melwood. Shankly fait aménager les infâmes toilettes du stade par respect pour les spectateurs qui paient son salaire. Il lance une campagne de détection en invitant tous les gamins du coin à faire un essai. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à l&rsquo;issue de la saison 1961-1962 que Shankly parvient à faire remonter le Liverpool FC en première division. Trois ans d&rsquo;attente pendant lesquels il a modifié le métier d&rsquo;entraîneur en supervisant tous ses adversaires. Trois ans à régulièrement demander de nouveaux joueurs à ses dirigeants peu enclins à accepter à cause de leurs finances bancales. Trois ans à motiver comme aucun autre ses joueurs. À danser dans les vestiaires pour les remercier un par un. Trois ans pour retrouver le droit d&rsquo;affronter Everton l&rsquo;autre club de Liverpool. Deux saisons encore et le club devient champion d&rsquo;Angleterre en 1963-1964. Shankly est célébré comme jamais, ce qui ne l&#8217;empêche pas de dire que ce titre n&rsquo;est pas le sien. C&rsquo;est celui de ce qu&rsquo;il qualifie d&rsquo;équipe de la classe ouvrière. Et ça continue pendant la saison 1964-1965. Première victoire du club en coupe d&rsquo;Angleterre avec 250 000 personnes qui acclament les joueurs à leur retour à Liverpool. Demi-finale de la Coupe d&rsquo;Europe. Nouveau titre de champion d&rsquo;Angleterre en 1965-1966 avec également une finale dans la Coupe d&rsquo;Europe des vainqueurs de coupe, avec toujours la primauté donnée à l&rsquo;attaque. Marquer encore et encore, telle est la devise de Shankly au point qu&rsquo;un des entraîneurs adverses compare son équipe à la grande équipe hongroise de 1954, celle de Puskás et de Koksis. C&rsquo;est pourquoi Shankly est admiratif de l&rsquo;Ajax d&rsquo;Amsterdam, un club inconnu qui met un soir de Coupe d&rsquo;Europe une tôle au Liverpool FC. À l&rsquo;Ajax joue un jeune qui deviendra une icône du football : Johan Cruyff. L&rsquo;équipe de Shankly remporte pendant la saison 1972-1973 le championnat et la Coupe de l&rsquo;UEFA, premier trophée européen du club en battant en finale le Borussia Mönchengladbach. Puis la Coupe d&rsquo;Angleterre la saison suivante.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il est invité dans tous les stades où le public l&rsquo;acclame dès qu&rsquo;il se montre</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est alors en 1974 qu&rsquo;il décide de se retirer. Il refuse de revenir sur sa décision contre une confortable augmentation de salaire, de devenir directeur général du club et toute fonction de dirigeant. Shankly a soixante ans, il est fatigué. Cela fait quarante-trois ans qu&rsquo;il a consacré sa vie au football, comme joueur puis comme entraîneur. Des années qu&rsquo;il se tourne vers le match à venir dès la fin du précédent. Pour lui et Ness son épouse il est temps de tourner la page. Shankly est Écossais mais il reste à Liverpool auprès de ses merveilleux supporteurs. Il part avec un seul regret : ne jamais avoir remporté la grande Coupe d&rsquo;Europe. Il part juste après avoir engagé Ray Kennedy un nouveau grand joueur du Liverpool FC. Son adjoint Bob Paisley lui succède. Bill Shankly ne coupe pourtant pas tout de suite avec son club. Hanté par la peur de l&rsquo;inactivité il continue à suivre les entraînements et à se rendre à Anfield. Il faut l&rsquo;intervention d&rsquo;un dirigeant qui tient à préserver Bob Paisley pour que Shankly se retire chez lui. Pas pour s&rsquo;y cloîtrer, il joue au foot avec des gamins de son quartier, il est invité dans tous les stades où le public l&rsquo;acclame dès qu&rsquo;il se montre. Sa simplicité lui permet d&rsquo;être ovationné par les supporteurs des autres équipes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Des primes qui n&rsquo;on plus rien à voir avec ce que gagnent les supporteurs</p>
</blockquote>



<p>Bill Shankly se veut proche des gens, il est chrétien et socialiste. Pas comme adhérent du parti travailliste, même s&rsquo;il rencontre Harold Wilson le Premier ministre anglais. Shankly considère que les habitants d&rsquo;un pays doivent être égaux. Ce n&rsquo;est pas ce que décident les Britanniques le 3 mai 1979 en donnant congés au parti travailliste. Place aux conservateurs, à Margaret Thatcher. Le monde change y compris celui du football. Alors que les clubs étaient quasiment les seuls à décider des mutations des joueurs, alors que les footballeurs touchaient des salaires mesurés, ils sont désormais en droit de recevoir d&rsquo;énormes primes à la signature de leur nouveau contrat. Rien à voir avec ce qui se profile pour les habitants de Liverpool avec la politique de Thatcher. Un jour une équipe de télévision italienne débarque dans la ville pour comprendre pourquoi le club domine le football européen. Elle découvre que le taux de chômage atteint 25 %, que les friches industrielles dévorent la cité, que toutes les usines de British Leyland à Dunlop et Lucas licencient. Qu&rsquo;il ne s&rsquo;y passe rien hormis le football. Alors Bill Shankly leur explique que le football n&rsquo;est pas rien. Qu&rsquo;il constitue à Liverpool la fierté des travailleurs. Une chose qu&rsquo;on ne retrouve nulle part ailleurs sauf à Glasgow. Il décède le 29 septembre 1981 à Liverpool.</p>



<p><strong>Le chant des supporteurs à Anfield</strong></p>



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		<title>Rino Della Negra footballeur et partisan, Dimitri Manessis et Jean Vigreux, Éditions Libertalia</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2024 15:02:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[Libertalia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Son nom est aujourd&#8217;hui celui d&#8217;une tribune du stade Bauer de Saint-Ouen, le stade du Red Star FC. Mais qui connaît pour autant la vie de Rino Della Negra ? Il fut un footballeur brillant sous les couleurs du club audonien. Et plus encore un jeune homme fusillé à vingt ans au Mont-Valérien le 21 [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Son</strong> <strong>nom</strong> <strong>est</strong> <strong>aujourd&rsquo;hui</strong> <strong>celui</strong> <strong>d&rsquo;une</strong> <strong>tribune</strong> <strong>du</strong> <strong>stade</strong> <strong>Bauer</strong> <strong>de</strong> <strong>Saint-Ouen</strong>, le stade du Red Star FC. Mais qui connaît pour autant la vie de Rino Della Negra ? Il fut un footballeur brillant sous les couleurs du club audonien. Et plus encore un jeune homme fusillé à vingt ans au Mont-Valérien le 21 février 1944 car Rino était membre du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian. Historiens, Dimitri Manessis et Jean Vigreux ont choisi de nous raconter la vie de cet homme d&rsquo;origine italienne, sportif de haut niveau et qui a fait preuve d&rsquo;un incroyable courage. Spécialistes de la Résistance, amoureux du football comme en témoigne le compte X (Twitter) de Dimitri Manessis, les deux historiens ont déniché une énorme quantité de documents pour nous raconter l&rsquo;engagement d&rsquo;un enfant d&rsquo;immigrés contre les nazis, alors que pour lui le football était ce qui comptait le plus. On découvre ainsi Rino Della Negra entrant dans la clandestinité en février 1943 pour échapper au Service du travail obligatoire (STO). Il rejoint ensuite la résistance communiste, d&rsquo;abord les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) puis la Main-d&rsquo;œuvre immigrée (MOI). Des structures dont l&rsquo;origine remonte à l&rsquo;entre-deux-guerres quand le Parti communiste français (PCF) avait organisé ses adhérents étrangers ou d&rsquo;origine étrangère en groupes de langue. C&rsquo;est en tant que combattant qu&rsquo;il est arrêté en novembre 1943 puis fusillé avec les autres membres du groupe Manouchian, sans pour autant figurer sur « L&rsquo;Affiche rouge» qui les a rendus  à jamais célèbres.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Della Negra n&rsquo;avait pourtant jamais été membre du parti communiste </p>
</blockquote>



<p>Rino Della Negra est né dans le Pas-de-Calais et a grandi à Argenteuil en région parisienne au sein d&rsquo;une importante communauté italienne souvent antifasciste. Il devient ajusteur à quatorze ans en rentrant chez Chausson et joue dans l&rsquo;équipe de football de l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il débute dans le sport corporatif au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), une structure soutenue par la mairie communiste d&rsquo;Argenteuil. C&rsquo;est au début de la saison 1943-1944 qu&rsquo;il est recruté comme avant-centre par le Red Star. Mais l&rsquo;équipe qui figurait parmi les meilleures de France est aussitôt dissoute par le gouvernement de Vichy qui déteste le sport professionnel, et Rino se retrouve dans un championnat de niveau inférieur. Quand il rentre en clandestinité pour échapper au STO c&rsquo;est par le biais d&rsquo;anciens coéquipiers qu&rsquo;il rentre en contact avec des membres italiens et arméniens des FTP et de la MOI. Della Negra n&rsquo;avait pourtant jamais été membre du parti communiste. Mais il avait côtoyé nombre d&rsquo;antifascistes à Argenteuil dont certains s&rsquo;étaient engagés dans les Brigades internationales. Comme les autres réfractaires Della Negra est recherché, il change alors d&rsquo;identité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">La propagande allemande s&#8217;empare de l&rsquo;événement et crée « l&rsquo;Affiche rouge « »</p>
</blockquote>



<p>C&rsquo;est en tant que « Gilbert Royer » qu&rsquo;il participe à divers attentats dont celui organisé contre le général Abt et la caserne Guynemer. Il est blessé et arrêté le 12 novembre 1943 en compagnie de Robert Witchitz lors d&rsquo;une attaque de convoyeurs de fonds allemands. Quelques jours plus tard ce sera le tour de Missak Manouchian et de Joseph Epstein de tomber. Leur groupe avait été identifié et était surveillé par la police française. Emprisonnés, torturés, ils sont jugés en février 1944. Vingt-trois sont condamnés à mort sans possibilité de faire appel. Après les exécutions la propagande allemande s&#8217;empare de l&rsquo;événement et crée « L&rsquo;Affiche rouge » qui met en scène les forces judéo-bolchéviques et les métèques s&rsquo;attaquant à la France. On peut y lire : « <em>Des</em> <em>libérateurs</em> <em>?</em> <em>La</em> <em>libération</em> <em>!</em> <em>Par</em> <em>l&rsquo;armée</em> <em>du</em> <em>crime</em> ». Rino Della Negra n&rsquo;y figure pas, sans doute par qu&rsquo;il avait été interrogé après son arrestation sur son lit d&rsquo;hôpital et n&rsquo;avait ainsi pu être photographié avec ses compagnons. Cette campagne de propagande sera un échec, car l&rsquo;opinion publique prend parti pour les résistants. Le souvenir de Della Negra est depuis souvent lié à son passage au Red Star. Il est entretenu par de nombreux supporters d&rsquo;autres clubs alors que le brillant ailier droit a très peu joué dans l&rsquo;équipe audonienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>Ce que le football est devenu, Jérôme Latta, Éditions Divergences</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Oct 2023 15:00:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Divergences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Le football n&#8217;est pas une question de vie ou de mort, c&#8217;est quelque chose de beaucoup plus important que cela. ». C&#8217;est avec cette citation de Bill Shankly le mythique entraîneur de Liverpool que débute le livre de Jérôme Latta. C&#8217;est parce qu&#8217;il considère que ce sport vecteur de lien social a généré une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>« <em><strong>Le</strong></em> <strong><em>football</em></strong> <strong><em>n&rsquo;est</em></strong> <strong><em>pas</em></strong> <em><strong>une</strong></em> <strong><em>question</em></strong> <strong><em>de</em></strong> <strong><em>vie</em></strong> <strong><em>ou</em></strong> <em><strong>de</strong></em> <em><strong>mort</strong></em><strong><em>,</em></strong> <strong><em>c&rsquo;est</em></strong> <em><strong>quelque</strong></em> <strong><em>chose</em></strong> <strong><em>de</em></strong> <strong><em>beaucoup</em></strong> <strong><em>plus</em></strong> <em><strong>important</strong></em> <strong><em>que</em></strong> <em><strong>cela</strong></em>. ». C&rsquo;est avec cette citation de Bill Shankly le mythique entraîneur de Liverpool que débute le livre de Jérôme Latta. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il considère que ce sport vecteur de lien social a généré une culture digne de considération bien qu&rsquo;il ait été dévoyé à son sommet, que Jérôme Latta a écrit son bouquin. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Latta est un de ceux qui ont créé et fait vivre Les <em>Cahiers</em> <em>du</em> <em>football</em>, une revue de référence sur ce sport dont un des slogans est « Un autre football est possible ». Après avoir lu <em>Ce</em> <em>que</em> <em>le</em> <em>football</em> <em>est</em> <em>devenu</em> on devrait dire « Un autre football est souhaitable » tant le sport le plus pratiqué au monde a été entraîné ces trente dernières années dans les dérives libérales de nos sociétés. Le foot est devenu plus inégalitaire, les clubs les plus riches ont désormais la quasi-certitude de se partager les trophées, et nombreux sont ceux qui sont passés aux mains de puissances financières. Pour cela les tribunes ont été gentrifiées, l&rsquo;accès aux retransmissions télévisuelles a été rendu plus coûteux, les joueurs dont les salaires ont explosé ont été transformés en actifs spéculatifs, et la corruption n&rsquo;est désormais plus l&rsquo;exception. La création en Europe d&rsquo;une « <em>Super</em> <em>Ligue</em> » fermée en 2021 aurait dû constituer la quintessence de la libéralisation du football. Elle a pourtant été refusée par de nombreux clubs et plus encore par leurs supporteurs. Mais rien ne prouve que cette victoire soit définitive. C&rsquo;est pourquoi la compréhension de l&rsquo;évolution du football est aussi importante. C&rsquo;est pourquoi il faut se défaire d&rsquo;une vision qui voudrait que le sport soit apolitique, pour en comprendre les évolutions.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Une grande partie des nouvelles ressources sont passées dans l&rsquo;achat de joueurs </p>
</blockquote>



<p>Un des premiers leviers du développement économique du football a été l&rsquo;explosion des droits de diffusion. Les clubs ont longtemps été opposés à la présence de caméras dans les stades, persuadés qu&rsquo;ils étaient que cela ferait baisser le nombre de spectateurs. Mais l&rsquo;apparition de chaînes de télé payantes comme Sky au Royaume-Uni ou Canal plus en France, en quête de spectacles à offrir à leurs abonnés, a tout emporté. Les droits nationaux de la Ligue 1 ont ainsi évolué entre le milieu des années 80 et 2016 de 106 millions d&rsquo;euros à 727 millions par an. Une grande partie des nouvelles ressources sont passées dans l&rsquo;achat de joueurs. Les principaux perdants de l&rsquo;explosion des droits ont été les pays à faible poids démographique, c&rsquo;est-à-dire avec un marché intérieur générant peu de droits télévisuels, ou à bas niveau de vie. Ce sont les anciens pays de l&rsquo;Est et de grands pays de football tels les Pays-Bas ou le Portugal.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le dernier de la <em>Premier League</em> reçoit davantage de droits de diffusion que les champions d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Espagne, d&rsquo;Italie et de France </p>
</blockquote>



<p>La révolution néolibérale du football a débuté en Angleterre le 15 août 1992 avec la création de la <em>Premier</em> <em>League</em>. Portée par la volonté de mettre fin au hooliganisme, elle a chassé les classes populaires des stades. Ce mouvement s&rsquo;est amplifié en 1995 avec l&rsquo;arrêt Bosman qui a fait sauter les quotas de joueurs communautaires dans les clubs. La nouvelle rentabilité des clubs anglais, qui ont su multiplier les sources de financement, a attiré de nombreux investisseurs étrangers, américains, russes, asiatiques et moyen-orientaux. Aujourd&rsquo;hui le dernier club de la <em>Premier</em> <em>League</em> reçoit davantage de droits de diffusion que les champions d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Espagne, d&rsquo;Italie et de France. Au début les nouveaux propriétaires comme Roman Abramovitch à Chelsea n&rsquo;étaient pas attirés par l&rsquo;appât du gain mais par la notoriété. La famille américaine Glazer a toutefois gagné de l&rsquo;argent en achetant Manchester United grâce aux dividendes que leur verse le club au détriment des résultats sportifs. Dans certains cas, à Bordeaux, Sochaux ou Malaga, la volatilité des investisseurs a plongé les clubs en pleine crise sportive. Les ligues nationales elles-mêmes se sont mises en danger en cédant une partie du capital de leurs sociétés commerciales, échangeant ainsi des revenus futurs contre un versement immédiat de cash. La financiarisation des clubs est également illustrée par l&rsquo;apparition de la multipropriété de clubs. La holding de Manchester City détient ainsi une douzaine de clubs filiales à travers le monde dont celui de Troyes en France. Outre les conflits d&rsquo;intérêts qu&rsquo;elle génère quand deux clubs du même groupe se rencontrent, la multipropriété transforme les clubs filiales en clubs vassaux qui doivent céder leurs meilleurs jeunes à la tête de groupe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La montée des inégalités a été renforcée par les instances du football </p>
</blockquote>



<p>Pour alimenter la nouvelle économie du foot, le <em>trading</em> des joueurs s&rsquo;est développé. Il consiste à se spécialiser dans l&rsquo;achat-revente des footballeurs avec à la clef une juteuse plus-value. Pour ce faire il convient de mettre en valeur ceux qui sont devenus des actifs spéculatifs et enregistrés comme tels dans le bilan des clubs. Après une ou deux bonnes saisons le jeune joueur, formé au club ou acheté, sera vendu. Peu importe que le club qu&rsquo;il quitte se mette sportivement en danger en se séparant de ses meilleurs espoirs, le nouveau modèle économique l&rsquo;impose. Monaco et Lille en sont de bons exemples en France. De nombreux clubs portugais en ont fait leur spécialité. La montée des inégalités a aussi été renforcée par les instances du football. En France les droits de diffusion ont été attribués en priorité aux plus gros clubs. Dans les compétitions européennes les matchs à élimination directe ont été abandonnés et le nombre de participants des plus grands pays augmenté. Avec ce système les clubs les plus riches, ceux qui ont les meilleurs joueurs, sont presque certains d&rsquo;aller loin dans les compétitions. Les temps où le grand Ajax d&rsquo;Amsterdam, le Celtic de Glasgow ou le Steaua Bucarest gagnaient la principale compétition européenne est désormais révolu. Complices de cette nouvelle donne, les instances européenne et mondiale du foot ont su en profiter en se gavant au passage. Et pour ce faire tous les moyens sont bons y compris en attribuant la Coupe du monde à des pays autocratiques. Au moins avec eux on est certains que les éventuels opposants seront muselés.</p>



<p><strong>Vous pourriez aussi apprécier</strong></p>



<p><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2022/11/16/une-histoire-populaire-du-football-mickael-correia-editions-la-decouverte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Une histoire populaire du football</em> </a>de Mickaël Correia</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="340" height="340" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/11/Une-histoire-populaire-du-football.jpg" alt="" class="wp-image-22032" srcset="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/11/Une-histoire-populaire-du-football.jpg 340w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/11/Une-histoire-populaire-du-football-300x300.jpg 300w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/11/Une-histoire-populaire-du-football-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></figure>



<p><em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2022/07/31/rouge-ou-mort-david-peace-editions-rivages/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rouge ou mort</a></em> de David Peace</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="413" src="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/07/Rouge-ou-mort.jpg" alt="" class="wp-image-19480" srcset="https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/07/Rouge-ou-mort.jpg 400w, https://surbooke.fr/wordpress/wp-content/uploads/2022/07/Rouge-ou-mort-291x300.jpg 291w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



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		<title>44 jours, David Peace, Éditions Rivages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Jan 2023 20:15:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Rivages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lendemain de Noël 1962, la carrière de Brian Clough prend fin dans la boue et la glace d&#8217;une surface de réparation du Roker Park de Sunderland. Simulation hurlent ses adversaires. Pas lui dit l&#8217;arbitre, il ne simule jamais. Clough tente bien de rejouer après l&#8217;opération mais en vain. L&#8217;avant-centre prodige, 251 buts en 274 matchs [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Lendemain</strong> <strong>de</strong> <strong>Noël</strong> <strong>1962</strong>, la carrière de Brian Clough prend fin dans la boue et la glace d&rsquo;une surface de réparation du Roker Park de Sunderland. Simulation hurlent ses adversaires. Pas lui dit l&rsquo;arbitre, il ne simule jamais. Clough tente bien de rejouer après l&rsquo;opération mais en vain. L&rsquo;avant-centre prodige, 251 buts en 274 matchs pour Middlesbrough et Sunderland, presque uniquement en seconde division, se retrouve sans rien. Gros et alcoolique.1974, l&rsquo;ancien joueur devenu manager arrive à Leeds autre ville industrielle du nord de l&rsquo;Angleterre. Il succède à Don Revie parti diriger l&rsquo;équipe nationale. Les deux hommes se haïssent au point que dès son arrivée Clough fait brûler le bureau et toutes les affaires de son prédécesseur. Leeds vient de gagner le championnat, Brian Clough l&rsquo;a emporté avec Derby County deux ans avant. La presse qui connait le franc-parler de Clough lui demande ce qu&rsquo;il va apporter à Leeds. Mieux gagner répond celui qui n&rsquo;aime pas se faire marcher sur les pieds au point de déclarer : « <em>Je</em> <em>ne</em> <em>crois</em> <em>pas</em> <em>en</em> <em>Dieu.</em> <em>Je</em> <em>crois</em> <em>en</em> <em>moi.</em> <em>Brian</em> <em>Howard</em> <em>Clough.</em> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Rapidement son président a voulu le virer</p></blockquote>



<p>Clough souhaite surtout se débarrasser de l&rsquo;héritage de Revie, même du costume que son prédécesseur a porté pendant treize ans parce que selon lui le vêtement est vieux et qu&rsquo;il sent mauvais. Il a appris son nouveau métier à Hartlepool, un petit club de quatrième division au nord de Middlesbrough sa ville natale. Il y a peint les tribunes, débouché les canalisations et conduit le bus des joueurs. Rapidement son président a voulu le virer avec son adjoint et ami Peter Taylor. Mais Clough s&rsquo;est appuyé sur les supporters pour contraindre son dirigeant à démissionner. Ses bons résultats le font remarquer par Derby County qui l&#8217;embauche en compagnie de Peter Taylor. Derby n&rsquo;a rien gagné depuis la Coupe d&rsquo;Angleterre en 1946 et le club vient de se maintenir dans la douleur en seconde division. Dès son arrivée Clough fait partir seize joueurs, le recruteur, les jardiniers, des employés. Peine perdue, le club finit dix-huitième, à une place de la relégation. Mais il remonte en première division l&rsquo;année suivante, avant d&rsquo;être titré un an après. Il emmène dans la foulée Derby jusqu&rsquo;en demie-finale de la Coupe d&rsquo;Europe, ce qui ne l&#8217;empêche pas de présenter sa démission l&rsquo;année suivante parce qu&rsquo;il ne supporte plus son président. En réponse les supporters l&rsquo;applaudissent lors du premier match disputé sans lui, et les joueurs demandent son retour.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ce fut pour lui un accident industriel</p></blockquote>



<p>Si vous avez aimé <a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=19457" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em><strong>Rouge</strong></em> <strong><em>ou</em></strong> <em><strong>mort</strong></em></a> de David Peace, l&rsquo;histoire du Liverpool Football Club de Bill Shankly, alors ne manquez pas <em>44</em> <em>jours</em>. Quarante-quatre jours c&rsquo;est la durée du passage de Brian Clough à la tête de Leeds United qui figurait encore parmi les grands d&rsquo;Angleterre. Son échec était presque écrit car Clough détestait ce club, comme il détestait Don Revie qui lui avait savonné la planche en partant. Mais il avait besoin de retrouver un club, un grand, et Leeds était le champion sortant. Ce fut pour lui un accident industriel entre deux réussites exceptionnelles, à Derby puis à Nottingham Forest. Brian Clough, la plus grande gueule du championnat anglais, était pourtant un entraîneur qui allait marquer l&rsquo;histoire. Il s&rsquo;inscrivait dans la filiation de ce qu&rsquo;avait fait Bill Shankly à Liverpool qu&rsquo;il aurait un jour convié à parler à ses joueurs dans le vestiaire. Clough se disait comme Shankly socialiste, plus que Shankly, car il soutenait les candidats travaillistes. Mais il montrait beaucoup moins de bienveillance pour ses joueurs que l&rsquo;entraîneur écossais. Si Shankly encourageait ceux qu&rsquo;il avait retenus pour porter le maillot rouge, Clough était capable de pourrir son équipe. Sa philosophie de jeu était basée sur la circulation du ballon au sol, tout le contraire du traditionnel <em>kick</em> <em>&amp;</em> <em>rush</em> britannique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>&nbsp;Le récit de David Peace retrace une époque révolue du football</p></blockquote>



<p>Les bouquins de David Peace montrent combien le football est un marqueur de la société. Ce sport était celui de la classe ouvrière quand les usines tournaient encore en Angleterre. On sait qu&rsquo;il allait se transformer en entreprise de spectacle avec les arrivées de Thatcher et de la mondialisation. <em>44</em> <em>jours</em> est écrit en alternant la période de Derby et celle de Leeds. Si Clough a façonné le club de Derby en choisissant ses joueurs,  il n&rsquo;en a pas eu la possibilité à Leeds. Leeds la tricheuse hurlaient les supporters des équipes qui rencontraient le club phare du Yorkshire, une attitude que ne supportait pas Shankly. Leeds dont les joueurs filaient des coups sur tous les terrains, emmenés par leur rugueux capitaine Billy Bremner. « <em>Ils</em> <em>sont</em> <em>dégueulasses</em> <em>et</em> <em>ils</em> <em>trichent.</em> <em>Ils</em> <em>en</em> <em>font</em> <em>un</em> <em>art.</em> » avait dit Clough à un de ses meilleurs potes. Le récit de David Peace retrace une époque révolue du football dans laquelle les joueurs se déplaçaient davantage en bus qu&rsquo;en avion tout en fumant abondamment. Clough n&rsquo;était pas en reste étant lui-même un amateur de clopes, de cognac et de whisky. Les joueurs s&rsquo;arrêtaient pisser dans les aires de service et en profitaient pour se faire embrasser par les serveuses. Les pages du bouquin sentent bons les <em>fish ans chips</em>, les pintes qu&rsquo;on prenait dans les pubs. Elles nous font voyager dans tous ces stades qui ont tant fait rêver ceux qui aiment la patrie du foot. Wembley, Stoke, Huddersfield, Middlesbrough ou Sunderland. Des villes dont les équipes n&rsquo;étaient pas encore construites avec les chéquiers des milliardaires.</p>



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		<title>Une histoire populaire du football, Mickaël Correia, Éditions La Découverte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 09:15:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inutile de le nier, le football a changé. Il est désormais un spectacle gentrifié, accessible via des abonnements aux prix délirants si vous souhaitez aller au stade. Il est presque aussi cher si vous le regardez à domicile forcés que vous êtes de payer grassement des opérateurs qui ont acquis les droits de ce sport. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Inutile</strong> <strong>de</strong> <strong>le</strong> <strong>nier</strong>, le football a changé. Il est désormais un spectacle gentrifié, accessible <em>via</em> des abonnements aux prix délirants si vous souhaitez aller au stade. Il est presque aussi cher si vous le regardez à domicile forcés que vous êtes de payer grassement des opérateurs qui ont acquis les droits de ce sport. Le foot est désormais une activité financière où l&rsquo;argent coule à flots : dans le transfert des joueurs, le nom des compétitions vendu à des sociétés privées, l&rsquo;achat des clubs par des investisseurs ou l&rsquo;attribution des Coupes du monde. Et pourtant ce sport demeure le plus populaire et sur presque tous les continents. Car on peut le pratiquer à peu de frais, comprendre facilement ses règles, et surtout s&rsquo;appuyer sur son histoire qui a forgé nos imaginaires. Même si c&rsquo;est de moins en moins vrai, le résultat des matchs n&rsquo;est pas écrit à l&rsquo;avance. Le petit peut toujours espérer taper le grand. Ce sport nous fait donc croire que tout est possible : nous plonger dans l&rsquo;allégresse avec la victoire de notre équipe, ou plus encore transformer nos vies comme certains ont voulu le faire croire lors de la victoire de la France à la Coupe du monde en 1998.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Se développent aussi des équipes de quartier qui renforcent le sentiment d&rsquo;appartenance à la classe ouvrière </p></blockquote>



<p>Au départ le football est une invention de la bourgeoisie, qui date de la révolution industrielle anglaise. La codification de ses règles permet de l&rsquo;introduire dans les établissements scolaires des élites britanniques avec pour but de développer l&rsquo;esprit d&rsquo;initiative nécessaire au capitalisme industriel et aux conquêtes coloniales. Mais ce jeu se répand rapidement dans la classe ouvrière, porté par un patronat paternaliste qui y voit un moyen d&rsquo;enseigner l&rsquo;autorité, la division du travail, et une façon de détourner les prolétaires des luttes sociales. Erreur fatale, la boîte de Pandore est ouverte et la classe dominante n&rsquo;est pas près de la refermer. Certes les premiers matchs se déroulent sur les terrains de l&rsquo;usine, mais se développent aussi des équipes de quartier qui renforcent le sentiment d&rsquo;appartenance à la communauté ouvrière. Le foot va gagner le reste du monde <em>via</em> L&rsquo;Empire britannique et également l&rsquo;Europe. En 1918 Antonio Gramsci note ainsi dans ses <em>Chroniques</em> <em>turinoises</em> que le foot révèle l&rsquo;hégémonie culturelle conquise par la bourgeoisie capitaliste. C&rsquo;est une grande partie de l&rsquo;histoire de ce sport, sa version sociale, que nous propose Mickaël Correia dans son <em>Histoire</em> <em>populaire</em> <em>du</em> <em>football</em> parue en 2018. Un récit savant du journaliste aujourd&rsquo;hui à <em>Mediapart</em> dont la lecture est salutaire à la veille de la Coupe du monde au Qatar. Comme ce livre est immensément riche, je n&rsquo;en propose qu&rsquo;une recension sélective centrée sur l&rsquo;Europe et le Brésil. Le mieux sera donc que vous le lisiez au lieu de regarder la compétition  marquée du sceau de la honte. Une Coupe du monde issue de la corruption, du sang des ouvriers traités comme des esclaves, un évènement qui va contribuer encore un peu plus au dérèglement climatique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Telle est la volonté de la bourgeoisie rurale émergente</p></blockquote>



<p>Les jeux de ballon apparentés au football remontent au moins au XIVe siècle en Angleterre. On en trouve aussi trace en France puisque Pierre de Ronsard et Henri II pratiquaient la soule, un jeu qui n&rsquo;était codifié ni sur sa durée ni sur le nombre de joueurs. Les parties sont brutales et nul n&rsquo;aurait idée de les interrompre avec un carton coloré pour cause de jambe cassée ou d&rsquo;yeux crevés. Les interdictions des autorités étatiques n&rsquo;ont que peu d&rsquo;effets. C&rsquo;est bien davantage le mouvement des enclosures, la privatisation des terres en libre accès dans les campagnes anglaises, qui va progressivement mettre fin aux jeux de ballon. Telle est la volonté de la bourgeoisie rurale émergente qui souhaite préserver son capital. Rien de mieux que de se souvenir des écrits de l&rsquo;économiste David Ricardo pour saisir l&rsquo;importance de cette classe sociale. Pour protéger ses cultures la <em>landed</em> <em>gentry</em> fixe de nouvelles règles au foot avec des terrains clos, des camps symétriques, un nombre réduit de joueurs, le tout sous une autorité de contrôle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Les équipes de la <em>working</em> <em>class</em> se changent dans les pubs</p></blockquote>



<p>À la fin du XVIIIe siècle les hauts lieux de pratique du <em>folk</em> football sont les <em>publics</em> <em>scools</em>, les écoles privées anglaises. Les dirigeants de ces établissements vont peu à peu intégrer ce sport à leurs méthodes d&rsquo;éducation. Vers 1850 le football s&rsquo;étend dans des clubs universitaires et la multiplicité des matchs entraîne une harmonisation des règles. Avec la révolution industrielle les ouvriers sont de plus en plus nombreux et ils constituent environ 70 % de la population. À force de luttes ils ont conquis le droit de disposer du samedi après-midi. De quoi inquiéter le patronat qui craint l&rsquo;apparition de nouveaux heurts et l&rsquo;amplification de l&rsquo;alcoolisme. Les ouvriers du textile de Manchester, de la métallurgie à Birmingham, les dockers de Liverpool et les mineurs vont dès lors utiliser leur temps libre pour jouer au foot dans des structures religieuses ou patronales. À défaut de vestiaires les équipes de la <em>working</em> <em>class</em> se changent dans les pubs. Et ça marche, en 1883 les footballeurs ouvriers de Blackburn remportent la Coupe d&rsquo;Angleterre face à l&rsquo;équipe issue du prestigieux collège d&rsquo;Eaton. Ils ont été défrayés pour s&rsquo;entraîner, le professionnalisme est devant eux avec tout ce qui fait le charme du foot anglais.  Comme le <em>Boxing</em> <em>day</em>, les matchs du 26 décembre quand les domestiques présentent une boîte à leur employeur pour recevoir leurs étrennes. Les footeux sont la propriété de leur club et leur salaire est plafonné ce qui va les amener à se syndiquer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le football devient un loisir familial, un spectacle apaisé</p></blockquote>



<p>La confrontation sociale au sein du foot anglais passe aussi par les tribunes. Dès la fin du XIXe siècle la bonne bourgeoisie dénonce les comportements inacceptables de certains supporters. On envisage de poser des grilles pour protéger les joueurs. C&rsquo;est en Écosse que le hooliganisme fit pour la première fois parler de lui, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un match entre deux équipes de Glasgow, le Celtic club catholique et les Rangers club protestant. L&rsquo;entre-deux-guerres marque l&rsquo;apparition de syndicats ouvriers plus conciliants avec le patronat, qui signe l&rsquo;apparition d&rsquo;une classe ouvrière « respectable ». Avec elle le football devient un loisir familial, un spectacle apaisé. Le mode de vie <em>rough</em> demeure toutefois présent chez  les chômeurs et les travailleurs non qualifiés qui se frottent quotidiennement à la loi de la rue. L&rsquo;insertion sociale des ouvriers s&rsquo;amplifie après 1945 avec l&rsquo;apparition de l&rsquo;État providence. Le retour du hooliganisme intervient à partir des années soixante avec de jeunes supporters qui se reconnaissent aussi dans les combats entre <em>mods</em> et rockers. La réponse des institutions du football passe par une libéralisation de ce sport, fin du blocage des salaires des joueurs, transformation des stades en arènes commerciales, augmentation du prix des places, ségrégation des spectateurs. Parmi les hooligans ceux de Liverpool sont les plus redoutés notamment lors de leurs déplacements à l&rsquo;étranger. La violence toute relative de certains supporters va s&rsquo;amplifier avec la destruction de la classe ouvrière mise en place par Margaret Thatcher. Elle atteint son paroxysme en 1985 avec la mort de 56 personnes dans un incendie accidentel du stade en bois de Bradford. Puis quelques jours plus tard par la finale de la Coupe d&rsquo;Europe entre Liverpool et la Juventus de Turin au stade du Heysel à Bruxelles. L&rsquo;assaut des Anglais contre les <em>tifosi</em> fait trente-neuf morts chez les Italiens. La réponse des autorités passe par de nouvelles lois, des interdictions de stades et la généralisation des caméras de surveillance. La gentrification du foot va achever ce travail. Entre 1990 et 2011 le prix des places les moins onéreuses augmente de 1 100 % à Anfield le stade de Liverpool. Les gueux disparaissent des tribunes au profit des VIP accueillis dans des loges.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le mouvement syndical français crée sa fédération sportive</p></blockquote>



<p>Le football s&rsquo;implante en France au début du XXe siècle en région parisienne. Les clubs sont rapidement investis par des institutions bourgeoises laïques et des patronages catholiques. C&rsquo;est après la Première guerre mondiale que se constituent les grands clubs d&rsquo;entreprise, autour de Renault à Billancourt, de Casino à Saint-Étienne, de Michelin à Clermont-Ferrand, de Peugeot à Sochaux. Les patrons y voient un instrument qui fait écho au taylorisme qu&rsquo;ils ont imposé dans les usines. Et un moyen de faire briller leur marque. En 1932 débute le championnat professionnel. D&rsquo;abord réticent le mouvement syndical français crée sa fédération sportive qui éclate en 1920 après le Congrès de Tours moment de la création du parti communiste français. Dès lors le Parti socialiste et le PC auront chacun leurs clubs affiliés, qui se rapprochent quand le Komintern le décide pour lutter contre le fascisme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>C&rsquo;est le FC Barcelone qui incarne la résistance à la dictature </p></blockquote>



<p>Pour les dictateurs le football constitue par sa popularité un fabuleux instrument de propagande, qui peut aussi donner lieu à des formes de résistance. Mussolini est le premier à s&rsquo;en emparer parce qu&rsquo;il arrive au pouvoir en 1922. Il considère que ce sport doit avoir pour but premier l&rsquo;honneur, la puissance et la grandeur de la patrie. La seconde coupe du monde organisée et gagnée par l&rsquo;Italie en 1934 lui en donne l&rsquo;occasion en procurant un immense écho au fascisme transalpin. En Union soviétique le pouvoir stalinien met du temps à comprendre l&rsquo;enjeu social du football. Alors ce sport va procurer des espaces de liberté dont s&#8217;empareront les supporters. À Moscou les matchs du Dynamo le club de la police, et du Spartak une structure plus populaire, donnent lieu à de nombreux débordements qui permettent de gueuler contre les flics le temps d&rsquo;un match. Même Beria, le chef du NKVD et tout aussi Géorgien que Staline, a du mal à mater les vedettes du Spartak. Dans l&rsquo;Espagne franquiste c&rsquo;est le FC Barcelone qui incarne la résistance à la dictature, et qui permet aussi de soutenir l&rsquo;identité catalane. Que voulez-vous faire quand les 100 000 spectateurs du Camp Nou entament un hymne de résistance au franquisme ? En Allemagne Hitler cible la fédération de football comme instrument de domination dès son arrivée au pouvoir. Il commence par démanteler les clubs dans l&rsquo;orbite du parti communiste à grands coups d&rsquo;arrestations, d&rsquo;incendies et d&rsquo;assassinats, et il bannit les footballeurs juifs. Le match entre l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Autriche organisé juste après l&rsquo;<em>Anschluss</em> est une des principales formes de résistance aux Nazis dans le football. Alors qu&rsquo;il était convenu qu&rsquo;il devait se terminer par un 0-0, l&rsquo;avant-centre autrichien Matthias Sindelar marque. Il refuse ensuite de jouer pour l&rsquo;Allemagne et le payera de sa vie. En août 1942 le club ukrainien du FC Start refuse également la défaite contre une équipe de la <em>Luftwaffe</em>. Pierre-Louis Basse a raconté ce match dans<strong><em> </em></strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=7963" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Gagner</em></strong> <em><strong>à</strong></em> <em><strong>en</strong></em> <strong><em>mourir</em></strong></a>. Pendant l&rsquo;occupation le Commissaire au Sports Jean Borotra interdit à partir d&rsquo;août 1941 les rencontres franco-allemandes de peur qu&rsquo;elles ne donnent lieu à des manifestations antinazies.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le rejet des militaires est porté par le SC Corinthians</p></blockquote>



<p>Le Brésil et ses généraux putschistes de 1964 ne font pas exception. Comment aurait-il pu en être autrement dans ce pays où le foot est si important ? Alors quand la contestation sociale s&rsquo;ajoute au rejet de la dictature, le pouvoir surveille de près le football brésilien. Le rejet des militaires est porté par le SC Corinthians un club de São Paulo dirigé par un sociologue. Elle est incarnée par Sócrates, le joueur vedette de l&rsquo;équipe qui est également médecin. Le club met en place des délibérations collectives auxquelles participent employés et joueurs qui choisissent leur entraîneur. En 1982 les <em>socios</em> élisent le président du club. Pour s&rsquo;opposer aux généraux le maillot des joueurs est floqué du nom de la Democracia corinthiana. Malgré le départ du « Docteur » dans le championnat italien en 1984, Socrates et le SC Corinthians auront beaucoup contribué à la fin de la dictature. Ils auront également construit un modèle d&rsquo;autogestion du foot qui n&rsquo;a pas essaimé, même si lors de l&rsquo;élection à la présidence de Bolsonaro, Raí le frère cadet de Sócrates s&rsquo;oppose au futur dirigeant.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le « Onze de l&rsquo;indépendance »</p></blockquote>



<p>Quoi de mieux qu&rsquo;une équipe nationale de football pour incarner une nation dont on nie l&rsquo;existence ? À cette question les dirigeants du Front de libération nationale (FLN) algérien ont répondu en démarchant à partir de 1958, soit quatre années après le début des « Événements », la quarantaine de joueurs professionnels algériens du championnat de France. Une douzaine acceptent de quitter la Métropole dans la clandestinité, ce qui leur vaudra d&rsquo;être traités de <em>fellaghas</em> dans <em>Paris</em> <em>Match</em>.  Le plus célèbre est sans doute Rachid Mekhloufi, membre de l&rsquo;équipe de Saint-Étienne, et présélectionné pour le Mondial à venir en Suède. Le « Onze de l&rsquo;indépendance » commence aussitôt à s&rsquo;entraîner à Tunis. Les joueurs multiplient les matchs avec les pays du bloc soviétique, et devront attendre les accords d&rsquo;Évian pour revenir dans leur club en France.</p>



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		<title>Au cœur du grand déclassement, Jean-Baptiste Forray, Éditions du Cerf</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Apr 2022 05:03:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[économie 👛]]></category>
		<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est probablement le meilleur bouquin d&#8217;économie de l&#8217;année. Un jugement à même de faire fuir la majeure partie des lecteurs de ce blog tant la discipline est synonyme pour beaucoup d&#8217;ennui. Pour ne rien arranger le livre parle aussi de sociologie et d&#8217;histoire. Mais sa grande force est qu&#8217;il ne présente pas des théories, il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>C&rsquo;est</strong> <strong>probablement</strong> <strong>le</strong> <strong>meilleur</strong> <strong>bouquin</strong> <strong>d&rsquo;économie</strong> <strong>de</strong> <strong>l&rsquo;année</strong>. Un jugement à même de faire fuir la majeure partie des lecteurs de ce blog tant la discipline est synonyme pour beaucoup d&rsquo;ennui. Pour ne rien arranger le livre parle aussi de sociologie et d&rsquo;histoire. Mais sa grande force est qu&rsquo;il ne présente pas des théories, il nous parle des hommes. Il sent le vécu, les visites sur le terrain, comme Jean-Baptiste Forray journaliste à <em>La</em> <em>Gazette</em> <em>des</em> <em>Communes</em> en fait à longueur d&rsquo;année. C&rsquo;est sans doute pour cela qu&rsquo;il est aussi passionnant, qu&rsquo;on peine à le lâcher. Une des grandes forces de Jean-Baptiste Forray est qu&rsquo;il analyse également le déclassement des salariés de Peugeot par le prisme du football. Car à l&rsquo;instar des ouvriers de Sochaux, le football professionnel lui aussi s&rsquo;est mondialisé. Autrefois souvent lié à l&rsquo;industrie lourde comme à Lens, Saint-Étienne, Sochaux et même Gueugnon, il est passé entre les mains de financiers venus de tous les pays et qui n&rsquo;ont plus aucun lien avec l&rsquo;histoire des clubs. Un peu comme les usines désormais dirigées par des hommes qui ne s&rsquo;inscrivent plus dans l&rsquo;histoire des sites industriels..</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>La paisible gouvernance familiale de l&rsquo;entreprise a cédé la place aux <em>cost-killers</em></p></blockquote>



<p>L&rsquo;usine a été la plus grande d&rsquo;Europe. Quarante-deux mille salariés à son zénith dans les années soixante-dix. Les « Peuge » symbolisaient les Trente Glorieuses, la fierté du travail accompli. Elle s&rsquo;est rabougrie à petit feu. Sans fermeture couperet comme dans les bassins houillers du Pas-de-Calais ou du Forez. Sans abandon du site comme Renault l&rsquo;a fait à Billancourt et Citroën au quai de Javel. À coups de mini-délocalisations, d&rsquo;externalisations, de recours à l&rsquo;intérim ils ne sont plus que 7 000 en CDI. Pendant longtemps Peugeot a été un symbole d&rsquo;un capitalisme familial, paternaliste, plutôt social. Un capitalisme protestant à l&rsquo;origine de quelques-unes des plus belles dynasties industrielles françaises comme les de Dietrich et les Schlumberger. Les Peugeot n&rsquo;avaient certes pas aboli la lutte des classes, mais au moins au contraire des Renault la famille ne s&rsquo;était pas compromise pendant la guerre avec les Nazis. Huit directeurs d&rsquo;usine avaient même été déportés en Allemagne comme Auguste Bonal dont le nom a été donné au stade de Sochaux. Depuis 2014 la paisible gouvernance familiale de l&rsquo;entreprise a laissé la place aux <em>cost-killers</em>, au mépris de classe illustré par le choix du groupe d&rsquo;abandonner le club de football de Sochaux. Un mépris assumé par la directrice du sponsoring et des partenariats de la marque Peugeot, qui en 2019 a déclaré que le foot ne collait plus avec l&rsquo;image de la marque car il véhiculait des valeurs populaires. D&rsquo;où le choix de monter en gamme et d&rsquo;investir dans le tennis. C&rsquo;est toute cette histoire que nous raconte Jean-Baptiste Forray. Celle des dirigeants qui se versent des rémunérations que nul n&rsquo;aurait imaginé trente ans plus tôt. Celle de la fin d&rsquo;une époque industrielle où les pouvoirs publics ont pris leur part. Celle de ce que certains appelleront la trahison d&rsquo;élus du Parti socialiste. Parce qu&rsquo;avec le recul, imaginer que Pierre Moscovici ait pu avoir une quelconque communauté d&rsquo;intérêt avec les ouvriers qui fabriquaient des voitures, demeure un insondable mystère. Le grand bourgeois qui avait commencé en 1993 sa carrière d&rsquo;élu à Sochaux n&rsquo;avait même pas le permis de conduire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Thierry Peugeot fait lui-même ses courses à Castorama</p></blockquote>



<p>En 2012 Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance de PSA est encore le vrai patron du groupe. Certes cette structure issue du rachat de Citroën par Peugeot va mal. Mais pour ce protestant enraciné dans le pays de Montbéliard il n&rsquo;est pas question de s&rsquo;allier à d&rsquo;autres constructeurs. Il ne veut pas non plus délocaliser à outrance comme l&rsquo;a fait Renault. Pour lui c&rsquo;est Sochaux d&rsquo;abord. Mais en 2012 la famille Peugeot qui dirige encore l&rsquo;entreprise, les cousins et petits et cousins de Thierry, lorgnent vers un autre Peugeot, Robert Peugeot. Tout aussi légitime par le sang que son cousin Thierry, Robert aspire à le remplacer. Il n&rsquo;a jamais travaillé à l&rsquo;usine, encore moins testé le métier d&rsquo;ouvrier comme l&rsquo;a fait Thierry, il ne représente pas l&rsquo;activité industrielle du groupe. Il dirige la société foncière familiale qui gère des participations dans Ipsos et les maisons de retraite Orpea. Rien à voir avec l&rsquo;industrie, mais ça gagne gros et ça séduit les cousins qui ont quitté Montbéliard depuis longtemps. Les deux hommes se détestent et s&rsquo;opposent. Si Thierry Peugeot fait lui-même ses courses à Castorama, Robert roule en Ferrari. En 2013, Thierry est mis sur la touche à l&rsquo;occasion d&rsquo;une entrée au capital de l&rsquo;État et d&rsquo;un actionnaire chinois Dongfeng. Pierre Moscovici ministre de l&rsquo;Économie et ancien élu local a écrit le scénario. Carlos Tavares jusqu&rsquo;alors numéro deux de Renault est nommé PDG. Pas le genre à faire dans la demi-mesure Carlos. Salaire annuel en 2014 : 2,75 millions d&rsquo;euros. Son lointain prédécesseur Jacques Calvet était payé 324 000 euros par an en 1989, ce qui avait plongé les ouvriers de Sochaux dans une colère noire. Autres temps autres mœurs. Tavares se présente à ses collaborateurs comme le « psychopathe de la performance ». Son but : réduire à néant les foyers de perte et ne garder que les centres de profit. Surtout les siens, il aurait touché 66 millions d&rsquo;euros en 2021selon <em>Mediapart</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Quelques-unes des pointures du football français y sont passées</p></blockquote>



<p>Ça commence par l&rsquo;abandon du FC Sochaux-Montbeliard, le club de football que Peugeot soutenait depuis 86 ans. La décision est ressentie comme une trahison autour de l&rsquo;usine car que fait-on d&rsquo;autre dans la cité industrielle qu&rsquo;attendre le prochain match ? Le club a toujours été la fierté des ouvriers. Il a aussi permis à la direction de mieux assimiler les immigrés qu&rsquo;elle était allée chercher au Maroc et en Yougoslavie. Pour eux on avait intégré dans l&rsquo;équipe pro Abdel Djaadaoui, ainsi que Mécha Bazdarevic et Faruk  Hadzibegic. Le FC Sochaux différait des autres clubs. Stade propriété de l&rsquo;entreprise et non de la mairie, prix abordables pour les spectateurs, salariés méritants récompensés par des abonnements. Le club a aussi été un des premiers à se doter d&rsquo;un centre de formation. Quelques-unes des pointures du football français, Joël Bats, Bernard Genghini, Yannick Stopyra, y sont passés pour s&rsquo;entendre dire qu&rsquo;ici c&rsquo;était le foot ou l&rsquo;usine. Mieux le FC de Sochaux a su évoluer en développant des produits dérivés quand Peugeot avait réduit son financement. Fin du film en 2015 quand M. Li achète le club. Fin aussi de la gestion carrée des Peugeot parce que l&rsquo;entreprise du Hongkongais est immatriculée aux îles Caïmans un paradis fiscal. Question cinéma on plonge dans l&rsquo;horreur. Officiellement vendu 7 millions d&rsquo;euros, le club a en réalité été cédé par Carlos Tavares pour 50 000 euros avec en caisse une trésorerie de 15 millions. Quand le club évite de peu la descente en National 1, l&rsquo;équivalent de la troisième division, les collectivités locales sont sollicitées pour éponger le désastre financier. Le démantèlement industriel de Montbéliard se poursuit par la cession en 2014 à un groupe indien de 50 % de Peugeot Scooters. Une usine historique du groupe où longtemps les ouvriers ont été mieux payés qu&rsquo;à Sochaux. Le reste du capital sera vendu en 2019. Le scooter français n&rsquo;a plus la cote. Même François Hollande dans ses sorties nocturnes roule italien.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le CDI intérimaire, l&rsquo;oxymore cher à Hollande, ne vaut pas beaucoup mieux</p></blockquote>



<p>À Sochaux Tavares a fait payer aux ouvriers sa réussite financière. L&rsquo;usine n&rsquo;est plus qu&rsquo;un lieu où on assemble des pièces venues du monde entier.  L&rsquo;intérim s&rsquo;est imposé avec en arrière-plan la concurrence des entreprises du groupe. Le CDI intérimaire, l&rsquo;oxymore cher à Hollande, ne vaut pas beaucoup mieux. Il livre les ouvriers pieds et poings liés pendant trois ans à leur employeur. La « <em>magie</em> <em>de</em> <em>l&rsquo;industrie</em> » vantée par la ministre Agnès Pannier-Runacher on ne la voit pas sur les chaînes. Elles sont plus propres, on y porte des charges moins lourdes que par le passé, mais l&rsquo;intensification brise les corps. La flexibilité les achève. Elle commence par la suppression des bus qui amenaient les ouvriers à l&rsquo;usine. À chaque salarié de se débrouiller pour répondre aux besoins de l&rsquo;entreprise. Nombreux sont ceux qui fument des joints . On rejette de plus en plus les partis de gauche pour choisir le Rassemblement national qui cartonne aux élections. Dans un contexte de précarité accrue, après des années d&rsquo;immigration organisée par l&rsquo;entreprise, le parti de Marine Le Pen fait un tabac. On a toujours su se battre en pays de Montbéliard. Les plus anciens se souviennent des évènements de juin 1968, quand les CRS et les gardes mobiles avaient tué deux des leurs. Ce jour là les ouvriers-paysans avaient déboulé armés de leurs lointaines campagnes pour faire face. Mais aujourd&rsquo;hui l&rsquo;espoir a changé de camp.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2022/04/12/au-coeur-du-grand-declassement-jean-baptiste-forray-editions-du-cerf/">Au cœur du grand déclassement, Jean-Baptiste Forray, Éditions du Cerf</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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		<title>Gagner à en mourir, Pierre-Louis Basse, Éditions Robert Laffont</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 06:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[football ⚽]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[sport 🏅]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce match est rentré dans l&#8217;histoire, sans Messi, sans Ronaldo, sans aucun footballeur vedette. Sans coupe du monde, championnat d&#8217;Europe ni Ligue des champions. Ce match est unique, des hommes y ont joué leur vie sur un terrain de Kiev en 1942, par fierté, pour résister à l&#8217;envahisseur, une constante chez les Ukrainiens. Ou même [&#8230;]</p>
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<p><strong>Ce match est rentré dans l&rsquo;histoire</strong>, sans Messi, sans Ronaldo, sans aucun footballeur vedette. Sans coupe du monde, championnat d&rsquo;Europe ni Ligue des champions. Ce match est unique, des hommes y ont joué leur vie sur un terrain de Kiev en 1942, par fierté, pour résister à l&rsquo;envahisseur, une constante chez les Ukrainiens. Ou même peut-être par simple plaisir de jouer au football entre copains. Pierre-Louis Basse, passionné de culture autant que de foot, qui a longtemps mélangé les deux dans ses émissions de radio, se charge de nous le transmettre. Basse un temps conseiller en charge des grands événements auprès de François Hollande à l&rsquo;Élysée est persuadé que le foot prend tout son sens dans son environnement social. Lisez <em><strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Le dernier penalty (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1054" target="_blank">Le dernier penalty</a></strong> </em>de Gigi Riva pour vous en convaincre. Basse qui emmena C. Karembeu, B. Lizarazu, F. Lebœuf et d&rsquo;autres footballeurs de l&rsquo;Équipe de France visiter Auschwitz à l&rsquo;occasion d&rsquo;un match en Pologne. Basse a enquêté pour nous raconter cette partie sans équivalent. Une quête qui est aussi celle de son histoire familiale. Sa recherche commence un jour de mars 1976 au stade Geoffroy Guichard à Saint-Étienne. L&rsquo;équipe du Forez rencontre le Dynamo de Kiev en quart de finale retour de la Coupe d&rsquo;Europe des clubs champions. Les Stéphanois ont perdu 2 &#8211; 0 au match aller. Les Ukrainiens sont hués dès leur entrée sur le terrain comme l&rsquo;a raconté Vincent Duluc dans <em><strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Un printemps 76 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=1106" target="_blank">Un printemps 76</a></strong></em>. Contrairement à la quasi-totalité des spectateurs, Pierre-Louis Basse est triste de l&rsquo;élimination des Ukrainiens défaits trois à zéro. Triste du geste de trop de son idole Oleg Blokhine qui perd la balle au moment où il allait marquer. Il faut dire que Pierre-Louis Basse est né en Loire-Atlantique dans une famille communiste, parents encartés et grand-père résistant qui a survécu à Dachau. Ce qui explique sa double passion. Celle du football longtemps incarné en France par l&rsquo;équipe nantaise. Et du grand frère soviétique vainqueur de la barbarie nazie. Quand on grandit dans cet environnement, on hérite des héros des peuples frères. Lev Yachine, l&rsquo;araignée noire, le mythique gardien soviétique. Valeriy Brumel le sauteur en hauteur roi du ventral, ou encore Valeriy Borzov double champion olympique du sprint. Certes en grandissant, Pierre-Louis troque <em>Miroir Sprint </em>l&rsquo;hebdo sportif du parti contre <em>Une journée d&rsquo;Ivan Denissovitch</em> de Soljenitsyne. Les plus belles histoires n&rsquo;ont qu&rsquo;un temps, il faut bien ouvrir les yeux. Mais la fascination des footballeurs ukrainiens lui est restée. Alors quand Laurent Binet l&rsquo;auteur de <em>HHhH</em>, qui raconte l&rsquo;assassinat de Reinhard Heydrich à Prague, lui parle d&rsquo;un match mystérieux à Kiev, Basse écoute. Et décide d&rsquo;en savoir plus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Dans les années 30, Staline a fait mourir de faim plusieurs millions d&rsquo;Ukrainiens en collectivisant les terres</p></blockquote>



<p>Sa recherche le mène d&rsquo;abord au ravin de Babi Yar près de Kiev où 34 000 Juifs furent abattus nus ou enterrés vivants, hommes, femmes, enfants, les 29 et 30&nbsp;septembre 1941. C&rsquo;était la période où la solution finale n&rsquo;avait pas encore été industrialisée, quand les Nazis en étaient encore aux méthodes artisanales. Les Juifs se déshabillaient, on les fusillait et ils basculaient dans la fosse. Le récit du massacre on le tient d&rsquo;une rescapée revenue d&rsquo;entre les morts. Dina Mironovna Pronicheva tombée de peur dans le ravin, touchée par aucune balle, et qui survécut sous les corps. Il n&rsquo;y a pas de monument à Babi Yar comme si les autorités soviétiques avaient voulu effacer la mémoire des Juifs anéantis par les Allemands. Même Chostakovitch qui en 1962 baptisa sa treizième symphonie, <em>Babi</em> <em>Yar</em>, fut mal vu des autorités soviétiques. La suite ne sera pas beaucoup plus rose. Écrasés par les Allemands, les Ukrainiens sont eux aussi décimés. Ces <em>Untermenschen</em> pour les nazis en ont l&rsquo;habitude. Dans les années 30, Staline en a fait mourir de faim plusieurs millions en collectivisant les terres. Le grenier à blé de l&rsquo;Europe était devenu un vaste charnier où on a même parlé de cannibalisme. Si une partie des Ukrainiens ont accueilli les Nazis en libérateurs, trop heureux d&rsquo;être débarrassés des Russes et des purges staliniennes, la majorité résiste et harcèle l&rsquo;occupant. La bataille de Stalingrad étant encore à venir, il n&rsquo;y a pourtant pas beaucoup d&rsquo;espoir. En ce 9 août 1942, des aviateurs allemands ont accepté de rencontrer le FC Start, une équipe de football locale issue du Dynamo de Kiev. Chez les Nazis, le culte du corps est essentiel. Il doit affirmer la suprématie aryenne comme l&rsquo;a fait Leni&nbsp;Riefenstahl en filmant les jeux de Berlin en 1936. Il n&rsquo;est donc pas envisageable que les Slaves gagnent. Ils partent avec un gros handicap puisque comme tous les Ukrainiens ils ont faim. De nombreux joueurs travaillent à la boulangerie industrielle de Kiev, et en repartent le soir avec 200 grammes de pain. Manger est l&rsquo;obsession locale en 1942, une année pendant laquelle 3 000 prisonniers soviétiques mouraient de faim chaque jour. Les joueurs allemands n&rsquo;ont pas ces préoccupations, eux qui disposent de café, de chocolat et de jus d&rsquo;orange. Le match est arbitré par un Allemand. La noble incertitude du sport a ses limites. À la mi-temps, les Ukrainiens mènent 3 à 1 devant un stade plein. Ils ont le temps de réfléchir sur ce que doivent être les 45 dernières minutes. Le sore final sera en leur faveur, cinq buts à deux. On ne saurait dire que les morts ukrainiens ont été vengés. Pas plus que les Juifs contraints de jouer au football à Auschwitz. Ni même le nageur toulousain Alfred Nakache, que les gardiens du camp ont envoyé récupérer des clés dans une citerne d&rsquo;eau glacée. Mais les surhommes ont perdu. Neuf jours plus tard les Allemands raflent presque toute l&rsquo;équipe ukrainienne à la boulangerie industrielle où ils travaillaient, avant de les transférer au camp de Syrets à côté de Babi Yar.</p>
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		<title>Le dernier penalty, Gigi Riva, Éditions du Seuil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 19:52:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si Farouk Hadzibegic n&#8217;avait pas raté l&#8217;ultime penalty de l&#8217;équipe yougoslave en quart de finale de la coupe du monde 1990, le sort de son pays en aurait-il été changé ? Autrement dit, cet ensemble de joueurs à la technique sans égale en Europe aurait-il survécu à la déflagration annoncée qui allait faire voler [&#8230;]</p>
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<p><strong>Et si Farouk Hadzibegic n&rsquo;avait pas raté l&rsquo;ultime penalty </strong>de l&rsquo;équipe yougoslave en quart de finale de la coupe du monde 1990, le sort de son pays en aurait-il été changé ? Autrement dit, cet ensemble de joueurs à la technique sans égale en Europe aurait-il survécu à la déflagration annoncée qui allait faire voler en éclats la Fédération yougoslave ? Telle est la question que se pose Gigi Riva dans <em>Le dernier penalty</em>. Il a toute légitimité pour le faire en tant qu&rsquo;ancien correspondant de guerre dans les Balkans aujourd&rsquo;hui rédacteur en chef de l&rsquo;hebdomadaire <em>L&rsquo;Espresso</em>. Et surtout comme fin connaisseur du football. Ce qui est logique quand on est l&rsquo;homonyme du grandissime avant-centre sarde qui dirigea l&rsquo;attaque de la Squadra azzura en finale de la coupe du monde au Mexique en 1970. Pourtant, nous connaissons tous la réponse. Rien n&rsquo;aurait pu empêcher la disparition de l&rsquo;équipe yougoslave puisque le pays lui-même allait se désintégrer progressivement. D&rsquo;abord avec la sécession de la Slovénie puis avec la guerre civile qui aurait fait 300&nbsp;000 morts et déplacé quatre millions de personnes. Non, Farouk Hadzibegic n&rsquo;a pas de regrets à avoir car le grand Diego Armando Maradona lui-même rata son penalty écrasé qu&rsquo;il était par la chaleur et l&rsquo;enjeu. L&rsquo;intérêt du livre de Riva réside donc dans son récit d&rsquo;une catastrophe annoncée et sa description de l&rsquo;imbrication du football et du nationalisme qui caractérisait la Yougoslavie. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;entraîneur Ivan Osim qui aurait dit le contraire tant il était harcelé dans sa composition d&rsquo;équipe pour respecter l&rsquo;équilibre entre les représentants des six républiques : Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie, Macédoine, Monténégro et Slovénie. Une tâche d&rsquo;autant plus difficile que les joueurs avaient souvent plusieurs origines. Comme le capitaine Zlatko Vujović qui était Bosnien d&rsquo;origine croate. Et on vous épargne le cas des provinces autonomes du Voïvodine et du Kosovo. Gigi Riva nous montre combien les oppositions ethniques affectaient le football. Les prémices du désastre étaient en effet apparues le 13 mai 1990 à l&rsquo;occasion d&rsquo;un match du championnat national entre le Dinamo de Zagreb croate et le Partizan de Belgrade serbe. Ce jour-là, les débordements des supporteurs auraient fait pâlir d&rsquo;envie les hooligans anglais et russes puisque les  blindés antiémeutes étaient déjà intervenus pour séparer les belligérants. Tout l&rsquo;environnement s&rsquo;y prêtait puisque  Radovan Karadžić avait déjà pris pied comme psychologue dans un club du championnat. Lui qui allait devenir le chef des Serbes de Bosnie avant d&rsquo;être condamné à 40 ans de prison pour génocide par le Tribunal pénal international (TPI). Akan menait aussi les ultras de Belgrade. Une broutille pour ce futur chef de guerre serbe qui n&rsquo;échappa au TPI que parce qu&rsquo;il fut assassiné en 2000. Le modeste Bosnien Faruk n&rsquo;a donc rien à se reprocher. À l&rsquo;impossible nul n&rsquo;était tenu. Ni lui ni aucun autre n&rsquo;auraient pu faire perdurer cette sélection au-delà de cette ultime coupe du monde du football yougoslave.</p>
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		<title>Un printemps 76, Vincent Duluc, Éditions Stock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2016 08:56:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et revoilà Vincent Duluc, l&#8217;homme qui peut vous faire lire un bouquin sur le foot même si ce sport vous exaspère. Après Le cinquième Beatles, Duluc se penche sur son adolescence, ses treize ans à Bourg-en-Bresse, racontant ses souvenirs entre nostalgie et autodérision. C&#8217;est peu dire qu&#8217;il s&#8217;y emmerdait grave au fond de sa province, [&#8230;]</p>
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<p><strong>Et revoilà Vincent Duluc</strong>, l&rsquo;homme qui peut vous faire lire un bouquin sur le foot même si ce sport vous exaspère. Après <em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1216" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Le cinquième Beatles (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Le cinquième</a></em><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1216" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Le cinquième Beatles (s’ouvre dans un nouvel onglet)"> Beatles</a>, Duluc se penche sur son adolescence, ses treize ans à Bourg-en-Bresse, racontant ses souvenirs entre nostalgie et autodérision. C&rsquo;est peu dire qu&rsquo;il s&rsquo;y emmerdait grave au fond de sa province, lui le fils de prof à la scolarité médiocre qui préférait jouer dans les buts que dormir en classe. Il tentait pourtant de s&rsquo;occuper, courant en vain derrière les filles. Au point qu&rsquo;il était prêt à écouter en leur compagnie du Gérard Lenormand, alors qu&rsquo;il était un fan de Neil Young. Heureusement, il y avait Les Verts. Pas Cécile Duflot ni Jean-Vincent Placé, parce que personne n&rsquo;aurait idée de chanter à leur sujet «&nbsp;<em>Qui c&rsquo;est les plus forts évidemment c&rsquo;est les Verts </em>». Non, la passion du jeune Duluc allait à la quintessence du foot français, au club qui le faisait d&rsquo;autant plus rêver que c&rsquo;était celui de la ville de son père : Saint-Étienne. Sainté, la forteresse ouvrière, la ville noircie par la houille. Même si en cette année 1976, les mineurs étaient de moins en moins nombreux à se serrer dans la cage qui les descendait au fond du puits. Si vite que les plus jeunes ne pouvaient contrôler leur estomac. Tous ne remontaient pas, car les accidents n&rsquo;étaient pas si rares. Et survivre au fond ne les garantissait pas davantage de faire de vieux os, cernés qu&rsquo;ils étaient par la silicose. Cette saloperie qui vous bouffait les poumons. Les plus chanceux prenaient leur retraite avant soixante ans. Les autres bénéficiaient au moins du logement gratuit. Le second symbole du  Saint-Étienne ouvrier, c&rsquo;était Manufrance, la boîte qui vendait à la France entière de quoi bricoler. Mais comme les mines, La Manu était proche de la fin, à deux doigts de la faillite, alors qu&rsquo;un des aïeux de Duluc y avait travaillé comme testeur de vélo. Passer son temps le cul sur une selle tout en étant payé, on peut difficilement faire mieux. En 1976, Duluc allait s&rsquo;enflammer devant l&rsquo;épopée des Verts en fréquentant les gradins de Geoffroy-Guichard. Du nom d&rsquo;un des héritiers de la famille Casino qui avait donné son nom au stade de Sainté. Duluc s&rsquo;était donc posté derrière le grillage lors d&rsquo;un mémorable Saint-Étienne &#8211; Kiev, quart de finale retour de la Coupe d&rsquo;Europe. Ça gueulait, ça hurlait à peine les Ukrainiens entrés sur la pelouse histoire de porter les Stéphanois vers l&rsquo;exploit. Ce qui avait fait rugir de dépit le journaliste de l&rsquo;Huma. Mais de l&rsquo;internationaliste prolétarien, les ouvriers de Sainté s&rsquo;en foutaient pourvu que leurs joueurs gagnent. Duluc dresse aussi le portrait de quelques-uns des acteurs verts. Roger Rocher, le président du club. Héritier d&rsquo;une entreprise du bâtiment, qui avait aussi passé dix ans à la mine. Dominique Rocheteau, l&rsquo;ange vert, apparu à vingt ans dans l&rsquo;équipe et aussitôt indispensable. Rocheteau électrisait les filles et recevait des boucles de cheveux scotchées sur du papier. Rocheteau si différent qu&rsquo;il se fit construire un chalet en bois sur les hauteurs de la ville histoire de mieux écouter le rock qu&rsquo;il aimait. Dis Vincent, tu nous écriras la suite ?</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2016/04/01/un-printemps-76-vincent-duluc-editions-stock/">Un printemps 76, Vincent Duluc, Éditions Stock</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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