Surbooké

Le blog de Laurent Bisault

Blood at Roots spécial Saint-Étienne

Avr 1, 2026

Le vendredi 27 juin 2026 j’étais l’invité de l’émission Blood at Roots sur Radio Mon Païs. Nous avons parlé pendant deux heures de Saint-Étienne tout en écoutant de la musique qui faisait du bien dans les oreilles.


Aujourd’hui je vous emmène dans la France profonde. Dans une ville qui a mauvaise réputation. On la dit moche, on y pleure les usines disparues. Mais on sait aussi que ceux qui en sont partis la regrettent. Ici on parle le gaga, on se déplace en tram ou même en trolley, on a longtemps détesté les voisins lyonnais mais désormais on s’en fout. Je vous emmène à Saint-Étienne, la quatorzième cité française par sa population, une ville pauvre dont les emblèmes ont longtemps été la mine, les usines où on travaillait le métal, Manufrance, Casino la manufacture d’armes, le foot, qui tous et toutes constituaient d’une façon ou une autre la fierté des habitants. Tout cela a disparu ou a été réduit à pas grand-chose. Alors forcément, la population a baissé et il y a aujourd’hui moins d’habitants à Sainté qu’à Toulon, une ville qui non seulement vote facho, mais où en plus on ne sait pas utiliser un ballon rond. Pour comprendre ce recul démographique, ce n’est pas compliqué : qui dit moins d’emplois dit aussi moins d’habitants. Et comme en plus les plus riches ont déserté le centre-ville pour s’installer un peu plus loin, on se retrouve aujourd’hui avec le même nombre d’habitants à Saint-Étienne qu’en 1920. Est-ce grave ? Oui et non. Oui parce que la désindustrialisation a souvent fait partir les jeunes, et laissé les plus pauvres entre eux. Non parce qu’une ville ne se réduit pas à des statistiques. Sainté c’est une histoire qui puise ses racines dans la solidarité ouvrière, celle des mines et des usines sidérurgiques. Sainté ce sont des vagues d’immigration longtemps cantonnées dans des quartiers qui étaient les leurs. Des quartiers italiens, portugais, espagnols, polonais, arméniens, maghrébins, qui ont fait et font encore la richesse de la ville. Sainté ce sont des personnes qui adorent leur cité, qui y voient des beautés que le simple touriste ignore. Et puis à Saint-Étienne le vote RN a toujours été contenu. Rien à voir à ce qu’on vit à Menton, là où Sarko Junior voulait se faire élire. Ou à Ajaccio où il faut se fader l’intégrale de Tino Rossi pour faire couleur locale.

Saint-Étienne a longtemps été la ville du foot

Pour tous ceux qui ne sont jamais allés à Saint-Étienne, nous allons essayer de vous raconter la capitale du Forez en nous appuyant sur ce que Stéphane y a vécu. Sur l’analyse de profs de sciences sociales stéphanois qui ont écrit et décrypté l’histoire de leur ville en racontant ses forces et ses faiblesses. En vous présentant aussi le fabuleux bouquin écrit par deux journalistes sur l’affaire de la sextape qui a encore un peu plus abîmé l’image de Saint-Étienne. Petit rappel supplémentaire, Saint-Étienne a longtemps été la ville du foot, de l’Asse l’Association sportive de Saint-Étienne. Le club de Rachid Mekhloufi aussi célèbre par son talent que pour avoir rejoint l’équipe du FLN en 1958. De Salif Keita qui débarqua un jour en taxi en provenance d’Orly, de Jean-Michel Larqué et de tous ceux qui croisèrent des poteaux carrés du côté de Glasgow. C’est sûrement moins connu, Saint-Étienne est aussi une cité riche de musiques qui ont toutes leurs places dans une émission comme Blood at Roots. Pour vous en convaincre nous avons consacré une large place à celui qui a chanté sa cité comme peut-être seul Nougaro a su le faire avec Toulouse. Et à bien d’autres car à Saint-Étienne la musique ne se limite pas à Bernard Lavilliers.

Écouter l’émission :


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Extraits de la playlist

Hakim Dub Inc, et Sainté
Dub Inc, Rude boy
Dub Inc, El Djazzair
Du vent dans les bronches, La mauvaise réputation
Bernard Lavillier, Saint-Étienne
Bernard Lavillier, Les mains d’or
Queen, Bicycle Race
Les Gaga, À la manu
Mickey 3D, Mimoun fils de Harki
Bernard Lavilliers, La bandiera rossa
Cyril Mokaiesh et Benard Lavilliers, La loi du marché
The Animals, House of the rising sun
François Bérange, Magouilles blues
Renaud, Ravachol

I

Babylon Fighters, No System Dom Tom
Zed Yun Pavarotti, House

Cœur, Féérie
4 thoughts on “Blood at Roots spécial Saint-Étienne”
  1. Salut Laurent, football musique et magouilles politiques bienvenu dans la capitale du forez ! cordialement mchx

    1. Les Stéphanois se sont débarrassés de Perdriau qui doit toutefois être rejugé en appel. Restent donc la musique et le foot ! L’émission ayant suscité des échos favorables, on devrait en faire une autre dans un an sur la culture et la place du foot à Sainté. Ça nous mène juste après la présidentielle. Il faudra donc que les fachos nous laissent entrer dans la Bourse du travail qui est gérée par la CGT. Parce que c’est là qu’est installée Radio Mon Païs…

  2. Excellente émission Laurent avec une découverte pour moi à la fin : la chanson de Renaud sur Ravachol

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