Amours, Léonor de Récondo, Éditions Sabine de Wespieser

Quand Anselme apprend qu’il a engrossé sa bonne Céleste, il s’en trouve satisfait. Preuve est donnée qu’il peut avoir un enfant. Ce qui n’avait pas été possible avec sa première épouse aujourd’hui décédée, ni avec Victoire la seconde. S’y ajoute le plaisir pris à la saillie administrée sur le petit lit en fer du second étage de la maison du respectable notaire. Finalement bien méritée puisque son épouse lui refuse sa couche. Et puis Céleste, à peine sortie de sa ferme, se doit d’être au service de ses patrons. Tel est le destin d’une domestique en ce début du vingtième siècle. Malgré la colère de Victoire, le petit Adrien voit le jour car il est trop tard pour faire donner les aiguilles à tricoter de la faiseuse d’anges. Elle tire néanmoins profit de son humiliation en gardant Céleste à son service et en annonçant qu’Adrien est son enfant. Ainsi aura-t-elle rempli les fonctions de génitrice dévolue à toute femme respectable. Au contact de l’enfant, elle découvre peu à peu son corps alors qu’elle n’avait jamais osé le regarder. Puis le plaisir avec Céleste. Et surtout l’amour, alors qu’on lui avait trouvé un mari dans Le Chasseur français. L’ordre social s’en trouve bouleversé. Symbole de l’oppression subie, Victoire se débarrasse de ses corsets. Mais ce qui aurait difficilement eu sa place dans le Paris de la Belle Époque n’est pas envisageable chez les notables de province. L’Église est là pour le rappeler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*