La couleur de l’eau, Kerry Hudson, Éditions Philippe Rey

Alena et Dave sont deux paumés. Alena plus que Dave. Alena est Sibérienne, originaire d’une petite ville proche d’Irkoutsk. Elle en est partie pour fuir un monde sans avenir qui l’aurait nécessairement conduite vers un mari qui se vautrerait dans l’alcool. Malgré sa mère qu’elle laisse toute seule. La voilà à Londres une ville où tout est nécessairement plus beau. Mais Alena s’est fait avoir. Sa compagne de voyage l’a jetée dès l’atterrissage dans les mains d’un réseau de prostitution. Dave est un prolo anglais, presque jamais sorti de sa cité de Hackney où il a fini par se marier avec une copine de sa mère. Histoire de lui faire plaisir, puisqu’elle se meurt du cancer. On boit autant dans la working class anglaise qu’en Russie. Mais pas forcément les mêmes alcools. On y mange également aussi mal. Dave vit de petits boulots. Il est vigile dans un magasin de fringues chicos quand il surprend Alena qui tente de voler des chaussures. Il la laisse partir au risque de se faire licencier. Leur histoire commence. Kerry Hudson nous les montre avec pudeur, tentant de s’apprivoiser sur fond de secrets inavouables. C’est long, douloureux, voué à l’échec car le passé resurgit à tout moment. Mais rien n’est impossible même pour ceux qui partent de tout en bas.

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