La panthère des neiges, Sylvain Tesson, Éditions Gallimard

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Sylvain Tesson aime la nature, la solitude et l’Asie. Consultez Dans les forêts de Sibérie, le récit de six mois passés dans une cabane près du lac Baïkal, On a roulé sur la terre, ou encore Carnets de steppes. Il le prouve une fois encore dans son dernier livre, où le photographe animalier Vincent Munier l’emmène au Tibet à la recherche de la panthère des neiges. Leur rencontre avait débuté par l’observation de blaireaux dans les Vosges. Un heureux présage puisque « Tesson » signifie blaireau en vieux français. « Il y a une bête au Tibet que je poursuis depuis dix ans, la panthère des neiges » lui dit Munier. « Je pensais qu’elle avait disparu » répondit Tesson. « C’est ce qu’elle veut faire croire ». Et elle le fait bien, car Munier, sa compagne Marie, leur ami Léo ainsi que Tesson eurent bien du mal à la trouver. C’est dans un des derniers lieux qui l’accueillent encore, le Tibet, qu’ils se rendirent pour en arpenter les territoires les plus désertiques, vers les 5 000 mètres d’altitude. On y croise quelques rares éleveurs de yacks et mieux encore des yacks sauvages, que les Chinois capturent quand ils le peuvent pour régénérer leurs élevages.

« Je pensais qu’elle avait disparu » répondit Tesson. « C’est ce qu’elle veut faire croire ».

C’est le domaine des loups, que Vincent Munier est allé photographier dans l’Arctique, des lynx, des chats de Pallas, et un peu plus bas des antilopes, des gazelles et des ânes sauvages. Celui de l’éternel combat entre les carnivores et les herbivores. Pour le mériter, il faut supporter le froid, trente à quarante degrés sous le zéro. Grimper avec de lourdes charges sur le dos, sauf pour Tesson dont la colonne vertébrale meurtrie par un accident, ne le permet plus. Et surtout apprendre à observer. On peut le faire partout nous dit Tesson, dans une ville comme à la campagne. Mais est-ce si facile, puisque Vincent Munier dans un voyage précédent, avait photographié une panthère sans s’en apercevoir. Il ne découvrit ses yeux qu’après avoir développé son cliché. Cette nouvelle tentative fut plus fructueuse. Cela nous donne un récit qui oscille entre érudition et humour. Un récit où Tesson clame son désespoir de voir les hommes détruire la planète.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*