Omerta, R.J. Ellory, Éditions Sonatine

Au risque de se répéter R.J. Ellory a du talent, beaucoup de talent. Il en amène une nouvelle preuve avec Omerta son dernier roman publié en France, mais qui est sorti en 2006 à Londres. Une précision qui permet de rappeler que R.J. Ellory n’est pas un auteur américain même si tous ses romans se déroulent aux États-Unis. Ellory est un Anglais né à Birmingham. Il introduit dans Omerta deux éléments que l’on retrouve dans beaucoup de ses livres : New York et la mafia. Il parvient pourtant à nous pondre une histoire originale qui nous transporte pendant cinq cents pages. John Harper, auteur d’un livre intitulé Empruntes profondes, vit seul à Miami après avoir quitté New York. À 36 ans il espère encore trouver le succès en se remettant à écrire. En attendant on lui demande de pondre des lignes pour combler les trous entre les articles du Herald un journal du coin. C’est pour cela qu’il embarque sur un bateau afin de suivre un concours de pêche au gros. C’est dans ces circonstances, par un coup de téléphone, que commence son histoire. Sa tante Evelyn Sawyer qui l’a recueilli à la mort de sa mère quand il avait sept ans, le somme de revenir à New York. Elle lui apprend que son père Edward Bernstein n’est pas mort quand il avait deux ans comme elle le lui avait toujours dit.

De sympathiques professionnels tous passés par Attica et Sing Sing

On vient de lui tirer dessus alors qu’il s’opposait au braquage d’un magasin de spiritueux, et il a été emmené en urgence à l’hôpital Saint Vincent. Harper s’y rend, apprend que son père est en réanimation, et découvre que Walt Freiberg un ami de sa famille l’attendait. La présence de John Harper au chevet d’Edward Bernstein semble intéresser bien du monde. L’inspecteur Frank Duchaunak et son coéquipier Don Faulkner,  ainsi que Ben Marcus et toute sa clique de sympathiques professionnels tous passés par Attica et Sing Sing. Et pour cause Edward dit « Lenny » Bernstein n’est pas un homme ordinaire. C’est un mafieux qui s’apprêtait à se ranger des voitures en passant un accord avec le clan Marcus. Or son associé Walt Freiberg ne serait pas loin de penser que Marcus aurait accéléré la procédure en le criblant de balles. Autant dire que les jours à venir s’annoncent quelque peu agités.

De quoi apprécier encore un peu plus Cathy Hollander la belle jeune femme qui le chaperonne

Agités ils vont l’être mais progressivement. Ellory prend son temps pour planter son décor. Ils sont sympas ces mafieux juifs qui trimballent John Harper dans les grands restaurants et l’habillent chez les meilleurs tailleurs pour l’aider à se remettre de la réapparition de son père. On ne peut le nier, avec un costard anglais et les chaussures assorties il a fière allure le nouveau new-yorkais. De quoi apprécier encore un peu plus Cathy Hollander la belle jeune femme qui le chaperonne. Il y a bien sa tante qui ne semble pas vraiment contente de le revoir, toujours à remuer le passé, à lui rappeler le suicide de sa mère. Il y a aussi l’inspecteur Duchaunak, un maniaque de Marilyn Monroe qui ne le lâche pas sans que Harper comprenne pourquoi. Et surtout New York, cette mégapole étouffante où il ne semble pas possible de trouver le calme. Mais ne l’oublions pas, R.J. Ellory reste un écrivain du bien et du mal. Alors quand tous ces éléments seront en place, le roman va s’emballer, les masques vont tomber, avec une scène finale que vous n’êtes pas prêts d’oublier. Comme sept des treize autres romans d’Ellory publiés chez Sonatine que vous pouvez trouver sur ce blog. Pour savourer son immense talent (ici).

« La voix de Southside Johnny s’éteignit, laissant la place à Tom Waits et à son  The Ghosts of Saturday Night »

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