Annemasse, 23 mars 2017, début du cauchemar. Adèle Jezequel la fille du commandant de police de la ville est enlevée . Elle a seize ans, elle est encore au lycée, mais travaille le soir dans un hôtel. Elle est happée par un homme, jetée dans un véhicule, emmenée dans une maison. Elle est séquestrée deux mois, violée, mutilée, puis retrouvée sans que les enquêteurs ne retrouvent l’agresseur. Seul suspect, Adam Becker son petit ami, finit par être innocenté. Sept années après la scène se répète. Même victime, même camionnette filmée par des caméras de surveillance, même endroit, mêmes circonstances puisque Adèle a repris son travail à l’hôtel. Emma Fauvel est gardienne de la paix. Elle vient d’être détachée de la police judiciaire de Créteil pour enquêter sur cet enlèvement. Elle découvre ses nouveaux collègues ainsi qu’une ville qu’elle avait quittée pour oublier son histoire familiale. Il fallait du renfort dans ce commissariat déjà bien occupé avec tout ce que génère la proximité d’une ville pauvre avec Genève la riche. Il fallait un responsable d’enquête puisque le commandant Lionel Jezequel avait été dessaisi en tant que père de la victime. Emma Fauvel fait équipe avec Carène Sauveterre qui ne semble pas la plus douée des policières, et Alex Le Gall un gardien de la paix stagiaire. Pas sûr que cela soit suffisant quand en plus des criminels, il faut affronter les affres de son passé.
Ça sent le vécu
Bonne pioche que ce premier roman écrit par une jeune femme elle-même gardienne de la paix à Lyon. C’est peu dire qu’il a été bien accueilli puisqu’il a été acheté par une dizaine d’éditeurs à la récente Foire du livre de Francfort, et qu’on parle même d’une adaptation cinématographique ou télévisuelle. Quant à l’édition de poche, elle est déjà signée. Une des grandes qualités du livre découle de la connaissance qu’a Meï Lepage de la vie des policiers. De l’ordinateur qu’on se dispute, des voitures hors d’usage, des quartiers annexés par les trafiquants de drogue, et même d’Annemasse où l’autrice a un temps travaillé. Ça sent le vécu. Une autre force provient du personnage d’Emma Fauvel qui est d’autant plus attachante qu’elle est d’une grande fragilité. Elle est tellement perturbée par son passé qu’elle est devenue insomniaque. Sécher tes larmes est cependant une œuvre de fiction, parce qu’un tel double enlèvement, pas sûr qu’un enquêteur en ait connu. Alors on suit l’enquête avec passion, et on y retourne dès qu’on peut. J’ai pourtant tiqué au retournement de situation final auquel je n’ai pas cru. À vous de vous faire votre opinion.
Qu’en dit Bibliosurf ?
https://www.bibliosurf.com/Secher-tes-larmes.html
Abonnez-vous pour être averti des nouvelles chroniques !