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Le blog de Laurent Bisault

On l’appelait Bennie Diamond, Michaël Dichter, Éditions les Léonides

Fév 18, 2026 #Les Léonides

Région de Cracovie, Pologne, 1921. Le rabbin Wiesel vêtu de l’habit traditionnel hassidique scande chaque verset avec ferveur devant une assemblée d’hommes. De la pièce adjacente proviennent les cris de sa femme qui accouche. Après cinq filles, elle donne enfin naissance à celui que toute la communauté attend : un fils. Sept jours après le shtetl est en fête pour la circoncision. Les musiciens klezmer jouent dans la synagogue avec violons, clarinettes et tambourins. L’enfant s’appellera Yéhuda fils de Yaakov. Il reçoit en cadeau de la communauté un diamant brut qui devra être façonné pour révéler toute sa pureté. Anvers, 1961, Moshe et sa femme Rivka vivent dans l’appartement situé au-dessus de la retoucherie Goodman. Ils attendent le rabbin qui va venir voir leur nouveau-né. Il s’appellera Benyamin Wiesel, fils de Moshe Wiesel, petit-fils de Yéhuda Wiesel. Mais Benyamin c’est long, alors ça sera plutôt Bennie. Pour les trois ans de son fils, Moshe offre à Bennie le diamant brut qu’il a reçu de son père. Moshe a toujours refusé d’exercer le métier de diamantaire, préférant apprendre La Torah. Pourtant il taille la pierre quand soudain un éclat atteint l’œil de son fils. Il est trop profondément incrusté pour qu’on le retire, il restera sous la peau de l’enfant. Bennie a onze ans, sa mère Rivka meurt. Son grand-père Yéhuda aurait pu la sauver en payant l’opération, mais il ne l’a pas fait. Mars 1979, Anvers est désormais la capitale absolue du diamant. La ville a changé. Aux côtés des Belges et des Juifs d’Europe centrale, sont venus s’installer Séfarades, Indiens, Chinois, Iraniens, Italiens. Bennie en assez de faire le larbin en livrant des vêtements pour la retoucherie Goodman. Assez des escroqueries minables qui lui font gagner un peu d’argent. Assez des clients qui prennent plaisir à l’humilier. Il va changer de vie.

Sa connaissance il la tient de son grand-père paternel

Attention danger. Si vous commencez ce livre, vous ne le lâcherez plus ! Parce que son auteur, Michaël Dichter, qui était jusque-là scénariste et réalisateur, vient de faire très fort avec son premier roman. On l’appelait Bennie Diamond c’est un voyage enthousiasmant entre une misérable communauté juive polonaise d’avant-guerre et Anvers la capitale du diamant. C’est l’histoire d’un jeune homme qui ne veut plus se plier aux us et coutumes de sa communauté juive orthodoxe peuplée de religieux, de tailleurs, de chanteurs. Des personnes aux comportements rétrogrades mais attachantes, qui parlent encore le yiddish. On l’appelait Bennie Diamond c’est le récit d’une ascension dans le monde du diamant anversois où il est pourtant si difficile d’entrer. Car pour le faire il faut être parrainé. Alors chapitre après chapitre Bennie va trouver des solutions. Michaël Dichter ne s’en cache pas. Sa connaissance de cet univers mystérieux, il la tient de son grand-père paternel qui était courtier à la Bourse du diamant. Le marché est chapeauté par De Beers l’entreprise sud-africaine qui contrôle les mines de son pays, et confie chaque mois les pierres brutes aux dix familles qui gouvernent la Bourse. Tout en bas de la hiérarchie interviennent ceux qui taillent les pierres. Des ouvriers qualifiés, mais contraints de travailler au rythme imposé par leurs patrons. Alors Bennie, es-tu toujours sûr de vouloir y faire ta place ? Manger du hareng salé et des pommes de terre bouillies en famille, ça peut aussi être sympa. De toute façon la belle Ève, qui voudrait sortir de ce monde, t’attend.

Qu’en dit Bibliosurf ?
https://www.bibliosurf.com/On-l-appelait-Bennie-Diamond.html

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