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	<title>Archives des Les Escales - Surbooké</title>
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	<description>Le blog de Laurent Bisault</description>
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	<title>Archives des Les Escales - Surbooké</title>
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		<title>Un Trésor &#8211; Roman à boire, Grégory Nicolas, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 16:27:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Grégory Nicolas nouveau est arrivé. Ce livre est comme les précédents profondément humain. L&#8217;action ne se déroule pas en Bretagne comme souvent chez cet auteur mais en Anjou. Ce bouquin accorde une large place au vélo, un sujet déjà abordé dans ses romans précédents. Et comme le suggère son titre, Un trésor &#8211; Roman [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2026/01/19/un-tresor-roman-a-boire-gregory-nicolas-editions-les-escales/">Un Trésor &#8211; Roman à boire, Grégory Nicolas, Éditions Les Escales</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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<p><strong>Le</strong> <strong>Grégory</strong> <strong>Nicolas</strong> <strong>nouveau</strong> <strong>est</strong> <strong>arrivé</strong>. Ce livre est comme les précédents profondément humain. L&rsquo;action ne se déroule pas en Bretagne comme souvent chez cet auteur mais en Anjou. Ce bouquin accorde une large place au vélo, un sujet déjà abordé dans ses romans précédents. Et comme le suggère son titre, <em>Un</em> <em>trésor</em> <em>&#8211;</em> <em>Roman</em> à <em>boire</em> est une ode au pinard, une passion de l&rsquo;auteur qui fut caviste à Rennes avant d&rsquo;être professeur des écoles. Alors autant vous dire qu&rsquo;avec tout cela, il fait du bien par où il passe. Ce trésor nous emmène à proximité de la Loire dans les pas de Madeleine, qui aux côtés d&rsquo;un clerc de notaire pénètre dans la maison qu&rsquo;elle vient d&rsquo;acheter. Nous sommes en 1982 et « <em>Ça</em> <em>sent</em> <em>la</em> <em>vieille</em> <em>poussière</em>, <em>les</em> <em>journaux</em> <em>mouillés</em> <em>et</em> <em>le</em> <em>mulot</em> <em>crevé</em> ». Mais la bâtisse est surtout au centre d&rsquo;un domaine viticole qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas encore nommé « Quatre Épines ». Vu la taille de la maison, Madeleine pourrait craindre de ne pas pouvoir la remettre à flot. Elle pourrait aussi avoir peur de ne pas savoir faire du vin. Mais son angoisse est autre, elle a peur de la solitude. Alors comme elle vient à cinquante ans de se séparer de Yves son mari, elle se dit qu&rsquo;elle ne fermera pas la grille du domaine. C&rsquo;est à ce moment que surgit un gamin en vélo qui lui demande si c&rsquo;est elle qui a acheté la baraque du vieux fou. Et si elle pense retrouver le trésor. Ceux qui en avaient entendu parler étaient rares, car le vieux ne l&rsquo;avait évoqué qu&rsquo;une fois, au cours d&rsquo;une soirée où il avait fini à trois grammes. Et même s&rsquo;il avait invité ses compagnons de bistrot à venir le découvrir, cela ne se fit pas. Car quand ils arrivèrent au domaine, il les avait accueillis avec son fusil. Avant d&rsquo;éventuellement découvrir ce fameux trésor, Madeleine va se contenter de ses quatre hectares et demi plantés en cabernet franc et en chenin que le maire de la commune lui a conseillé de faire arracher. Parce qu&rsquo;à l&rsquo;écouter, il n&rsquo;y a rien à tirer de ces vignes restées dix ans sans soins.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Pas de demi-bouteilles dans son établissement</p>
</blockquote>



<p>Je pense avoir tout lu de ce que Grégory Nicolas a écrit pour les adultes. Et ils sont rares les auteurs dont je peux le dire. Il y a par exemple Catherine Bardon, dont j&rsquo;ai failli écrire qu&rsquo;elle est sa condisciple aux éditions Les Escales. Jusqu&rsquo;à ce que j&rsquo;apprenne qu&rsquo;elle sortira son prochain roman chez Flammarion. Comme quoi c&rsquo;est beaucoup plus compliqué qu&rsquo;on ne l&rsquo;imagine d&rsquo;être blogueur. Mais ce qui est certain c&rsquo;est que je ne me suis jamais ennuyé en lisant ce romancier breton. Je l&rsquo;avais découvert parce qu&rsquo;il racontait des histoires de courses à vélo, et j&rsquo;ai continué quand il a élargi sa palette. Ce <em>Roman à boire</em> est à l&rsquo;en croire un premier bilan de sa vie. Du moins de ce qui est resté dans ses souvenirs, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas toujours recraché ce qu&rsquo;il a goûté en tant que caviste. C&rsquo;est une histoire d&rsquo;amitié tissée autour d&rsquo;une personne qui se lance dans un projet fou : entrer dans le monde de la vigne. Heureusement pour Madeleine, ils seront nombreux à l&rsquo;aider, à commencer par Anaïs sa petite fille. À l&rsquo;aînée le travail entre les rangs, celui qui vous casse le dos, vous frigorifie l&rsquo;hiver, vous fait bouillir l&rsquo;été. À la jeune diplômée celui de la chimie, indispensable pour passer du raisin au verre. On apprend beaucoup sur l&rsquo;alchimie du vin pendant la lecture. Sur les sulfites, le sucre, les enzymes, les levures. On apprend surtout l&rsquo;amour que porte Grégory Nicolas au chenin, un cépage autochtone de l&rsquo;Anjou et de la Touraine, dont on fait des vins blancs éventuellement liquoreux. On apprend qu&rsquo;en matière de pinard, l&rsquo;ancien caviste n&rsquo;a jamais fait dans la demi-mesure. Pas de demi-bouteilles dans son établissement, mais pour qui le souhaitait des magnums. Pas de Tariquet parce que selon lui « <em>le Tariquet était au vin ce que le Fanta était au jus d&rsquo;orange</em> ». Qu&rsquo;il se rassure, la société gersoise qui fut longtemps un modèle de réussite économique, n&rsquo;est pas loin du dépôt de bilan. Visiblement Grégory Nicolas n&rsquo;aime que le vrai vin. Du très cher comme le Clos Rougeard, un saumur-champigny à 400 euros la boutanche aujourd&rsquo;hui propriété des frères Bouygues. Ce qui fait deux bonnes raisons pour l&rsquo;ignorer. Il aime aussi les vins plus accessibles comme la cuvée « Le temps qui fait tout », un vin de France que je vais sûrement tester. Quant à son amour du vélo, on a l&rsquo;impression qu&rsquo;il est relève du passé. Parce qu&rsquo;à le lire, il remonte à un temps où les costauds explosaient le peloton sur le quatorze dents. Et ça ça fait un bail.</p>



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<p></p>
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		<title>Almah &#8211; Une jeunesse viennoise, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Oct 2024 13:18:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman autrichien 🇦🇹]]></category>
		<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Catherine Bardon nous offre un retour vers une femme que nous aurions préféré ne jamais quitter. Mais voilà Almah l&#8217;extraordinaire héroïne des Déracinés s&#8217;en est allée centenaire après le quatrième tome de la saga. Alors parce que nombreux lui en ont parlé, parce qu&#8217;elle ne l&#8217;a jamais vraiment abandonnée, l&#8217;autrice nous propose aujourd&#8217;hui un volume [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Catherine Bardon nous offre un</strong> <strong>retour</strong> <strong>vers</strong> <strong>une</strong> <strong>femme</strong> que nous aurions préféré ne jamais quitter. Mais voilà Almah l&rsquo;extraordinaire héroïne des <em>Déracinés</em> s&rsquo;en est allée centenaire après le quatrième tome de la saga. Alors parce que nombreux lui en ont parlé, parce qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a jamais vraiment abandonnée, l&rsquo;autrice nous propose aujourd&rsquo;hui un volume supplémentaire consacré à la jeunesse d&rsquo;Almah. Un peu comme le petit chocolat qui fait durer le plaisir quand le repas est terminé.. Ce petit livre, 192 pages seulement, est <em>a</em> <em>priori</em> destiné en priorité à ceux qui ont lu la saga. Il débute avec la naissance d&rsquo;Almah et se termine quand elle rencontre Wilhelm son futur mari. <em>Une</em> <em>jeunesse</em> <em>viennoise</em> nous emmène au sein d&rsquo;une famille riche de ses revenus et de sa culture, qui se sent davantage autrichienne que juive. Elle envoie sa fille dans une école non confessionnelle parce que telle est la logique de l&rsquo;assimilation des Juifs et parce que les aïeuls vivaient déjà à Vienne il y a cinq siècles. Mais après la disparition de l&rsquo;Empire austro-hongrois l&rsquo;antisémitisme, qui n&rsquo;avait jamais disparu, reprend de la vigueur. Si certains Juifs en prennent conscience, dans la famille d&rsquo;Almah on se berce d&rsquo;illusions. Mais avant de le comprendre dans <em>Les</em> <em>déracinés</em> la jeune fille va découvrir la vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Autant de privilèges dus à leur statut social</p>
</blockquote>



<p>Avril 1911, naissance d&rsquo;Almah, la fille de Hannah et de Julius Kahn au sein de la bourgeoisie juive aisée de Vienne. Hannah est une pianiste cultivée qui a choisi le nom de sa fille en référence à Almah Mahler la figure féminine qu&rsquo;elle admire. Julius est chirurgien. L&rsquo;arrivée d&rsquo;Almah constitue un immense soulagement pour le couple car Hannah a déjà perdu un bébé au cinquième mois d&rsquo;une grossesse, puis un second d&rsquo;une scarlatine compliquée d&rsquo;une diphtérie à dix mois. Ces deux drames l&rsquo;ont plongée dans de profonds épisodes de mélancolie, que même le docteur Freud ne parvient que partiellement à soigner. La famille Kahn vit avec deux employés, Teofila la domestique venue de Boutchatch en Galicie et Alois l&rsquo;homme à tout faire. Ils partent en villégiature estivale à Baden et se déplacent à Lugano, autant de privilèges dus à leur statut social. Cette quiétude prend fin le 28 juillet 1914 quand l&rsquo;Empereur d&rsquo;Autriche déclare la guerre à la Serbie. Le pire des conflits mondiaux jamais connu va éclater mais personne ne peut encore l&rsquo;imaginer. L&rsquo;affrontement planétaire entraîne l&rsquo;engagement volontaire de Julius en 1916, ce qui perturbe plus Hannah que sa fille. La famille se reforme en 1918, et les privations matérielles qui affectent même les plus riches ne perturbent pas les retrouvailles.</p>



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		<title>Une femme debout, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jan 2024 14:19:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marigot, village maritime au sud de Haïti, 1950. Une voiture s&#8217;arrête et annonce que les planteurs de la Dominicanie recrutent des hommes et des femmes pour la saison de la canne à sucre. Maria Carmen et André en seront, elle laisse donc son bébé Petit Louis à sa mère à qui elle n&#8217;a pas donné [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2024/01/07/une-femme-debout-catherine-bardon-editions-les-escales/">Une femme debout, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Marigot</strong>, <strong>village</strong> <strong>maritime</strong> <strong>au</strong> <strong>sud</strong> <strong>de Haïti,</strong> <strong>1950</strong>. Une voiture s&rsquo;arrête et annonce que les planteurs de la Dominicanie recrutent des hommes et des femmes pour la saison de la canne à sucre. Maria Carmen et André en seront, elle laisse donc son bébé Petit Louis à sa mère à qui elle n&rsquo;a pas donné le choix. Le voyage dans un tap-tap brinquebalant les amène à Port au Prince, puis à la frontière où ils sont choisis par un recruteur comme dans un marché aux esclaves. Un comble pour les habitants d&rsquo;un pays qui avait été le premier à se débarrasser de cette soumission en se séparant de ses colonisateurs. Ils repartent en camion cette fois jusqu&rsquo;à Lecheria. Fin du voyage, tri des arrivants. L&rsquo;odeur d&rsquo;excréments et de pourriture recouvre tout. Les couples ont droit à un taudis de planches et de torchis, pour la cuisine et les besoins c&rsquo;est dehors. Celles qui sont arrivées seules partent directement au bordel. Malgré tout les femmes érigent des solidarités au sein du campement, le <em>batey</em>. Elles sont coiffeuses, infirmières, sages-femmes, elles lavent le linge, font à manger en s&rsquo;approvisionnant à prix d&rsquo;or au seul magasin, celui de la compagnie. Elles s&rsquo;occupent des laissés pour compte. Partir est impossible, les Haïtiens n&rsquo;ont pas de papiers ni d&rsquo;argent. Certains sont endettés auprès de la compagnie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Elle est la seule Haïtienne et la seule Noire</p>
</blockquote>



<p>Maria Carmen et André sont là depuis onze années quand arrive leur cinquième enfant. Elle s&rsquo;appelle Sonia Pierre mais l&rsquo;officier d&rsquo;état civil inscrit Somain Pie sur son registre. Cela n&#8217;empêchera pas la nouvelle venue de rentrer dans l&rsquo;histoire. C&rsquo;est la rencontre d&rsquo;un missionnaire québécois le père Anselme qui permet à Sonia de fuir le <em>batey</em>. Il avait identifié ses capacités à apprendre quand il initiait les gamins à la lecture et à l&rsquo;écriture. Il convainc ses parents de l&rsquo;inscrire au collège en payant lui-même la scolarité. Sonia se fait là encore remarquer par ses capacités mais aussi parce qu&rsquo;elle est la seule Haïtienne et la seule Noire. À onze ans Sonia vit dans deux mondes : avec les Dominicaines de son âge le jour, au <em>batey</em> le reste du temps. À treize ans elle devient celle qui porte la manifestation des ouvriers de la canne. Celle qui contribue à l&rsquo;obtention de meilleurs salaires, une rémunération plus juste, et de la peinture pour retaper les cases. Et ce n&rsquo;est pas fini.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Avec Sonia Pierre Catherine Bardon est servie</p>
</blockquote>



<p>« <em>Ce roman est une dette envers une femme que je n’ai pas connue. Il retrace le destin hors du commun de cette avocate des droits humains, rarement mise en lumière. Il raconte le parcours d’une femme exceptionnelle, opiniâtre et discrète, habitée par une cause qu’elle a défendue au prix de sa vie</em>. ». C&rsquo;est ce qu&rsquo;écrit Catherine Bardon dans la postface de son sixième roman, les cinq autres étant chroniqués sur ce blog. <em>Une</em> <em>femme</em> <em>debout</em> s&rsquo;inscrit dans la lignée des précédents qui se déroulent également en République dominicaine, et qui célèbrent aussi des fortes femmes. Almah et Ruth dans la saga des&nbsp;<em>Déracinés</em>&nbsp;(&nbsp;<strong><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=729" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1</a></strong>,&nbsp;<strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2019/06/01/lamericaine-catherine-bardon-editions-les-escales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2</a></strong>,&nbsp;<strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2020/08/12/et-la-vie-reprit-son-cours-catherine-bardon-editions-les-escales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">3</a></strong>,&nbsp;<strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=8254" target="_blank" rel="noreferrer noopener">4</a></strong>)&nbsp;et Flor dans <em><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=19961" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>La fille de l&rsquo;ogre</strong></a></em>. Avec Sonia Pierre Catherine Bardon est servie. Pensez donc, une fille d&rsquo;immigrants haïtiens qui parvient à s&rsquo;extirper d&rsquo;une situation de quasi-esclavage et qui consacre sa vie à lutter contre l&rsquo;invisibilité des Dominicains d&rsquo;origine haïtienne. À la clef de belles réussites dont plusieurs récompenses internationales comme le prix international de la Femme de courage, qui lui fut remis par Michelle Obama et Hillary Clinton elles aussi avocates. On avait également parlé pour elle du prix Nobel de la paix.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-medium-font-size">Haïti un pays essoré par les indemnisations payées à la France</p>
</blockquote>



<p>En République dominicaine son succès fut plus mitigé ses acquis ayant été éternellement remis en cause par le pouvoir. Sonia Pierre y a pourtant œuvré après la disparition des dictateurs Trujillo et Balaguer, mais la haine vouée aux Haïtiens y a perduré. Elle remonte à loin, 1805 et l&rsquo;invasion de la partie orientale de l&rsquo;île par les Haïtiens et les massacres qu&rsquo;ils ont commis. Bien d&rsquo;autres éléments ont entretenu le conflit comme la politique des compagnies sucrières. La décrépitude de Haïti un des pays les plus pauvres au monde, essoré par les indemnisations payées à la France jusqu&rsquo;à la moitié du vingtième siècle, ravagé par la déforestation et les tremblements de terre, n&rsquo;a rien arrangé. Malgré les menaces et les coups Sonia Pierre n&rsquo;a rien lâché jusqu&rsquo;à sa mort en 2011 à quarante-huit ans, affaiblie par une faiblesse cardiaque, incapable de s&rsquo;économiser. Son œuvre n&rsquo;est pas terminée. En République dominicaine subsistent des <em>bateyes</em> devenus des quartiers où aucun touriste ne s&rsquo;aventure.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en dit <em>Bibliosurf</em> ?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/Une-femme-debout.html">https://www.bibliosurf.com/Une-femme-debout.html</a></p>



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		<title>Mes sœurs, n&#8217;aimez pas les marins, Grégory Nicolas, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Mar 2023 17:36:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet auteur me fait du bien même quand il raconte des histoires douloureuses. C&#8217;est le cas dans ce roman consacré à la vie des femmes de marins dont il est écrit quelque part qu&#8217;elles perdront leur père, leur mari ou leurs fils. Malgré cela il se dégage toujours des bouquins de Grégory Nicolas une petite [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Cet</strong> <strong>auteur</strong> <strong>me</strong> <strong>fait</strong> <strong>du</strong> <strong>bien</strong> même quand il raconte des histoires douloureuses. C&rsquo;est le cas dans ce roman consacré à la vie des femmes de marins dont il est écrit quelque part qu&rsquo;elles perdront leur père, leur mari ou leurs fils. Malgré cela il se dégage toujours des bouquins de Grégory Nicolas une petite musique remplie d&rsquo;humanité. L&rsquo;homme est discret, pas vraiment connu, plutôt réservé sur les réseaux sociaux où il ne semble sortir de son domaine littéraire qu&rsquo;en clamant son amour de quelques champions cyclistes comme Pierre Rolland ou Romain Bardet. Ce en quoi il a bon goût même si à titre personnel je placerais Thibaut Pinot au-dessus de ces deux adeptes de la montagne. Gregory Nicolas est né en Bretagne, une rude région où il a placé la quasi-totalité de ses romans. <em>Mes</em> <em>sœurs,</em> <em>n&rsquo;aimez</em> <em>pas</em> <em>les</em> <em>marins</em> ne fait pas exception, il s&rsquo;inscrit dans la lignée du précédent <strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=8415" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Les</em> <em>fils</em> <em>du</em> <em>pêcheur</em></a></strong> avec toutefois un angle différent. Ce sont cette fois les mères et les femmes de marins qui occupent le premier plan. Des femmes courageuses, volontaires, mais pas assez pour éloigner de la mer ceux qu&rsquo;elles aiment. Bien sûr certains acceptent de laisser tomber leur bateau, avant d&rsquo;y retourner pour vivre de la pêche sans laquelle ils ne gagneraient rien. Mais la mer est bien plus que celle qui fournit de quoi nourrir le foyer, elle est celle qui fait rêver avec des histoires de petites îles au large de Tahiti où on déguste la vanille. Elle propose des défis mortifères qu&rsquo;il convient de relever dans les quarantièmes hurlants et les cinquantièmes rugissants. Des défis d&rsquo;autant plus attirants qu&rsquo;on vous en a parlé dès votre premier embarquement comme mousse sur le canot d&rsquo;un capitaine dont on vous avait dit du bien. La mer est aussi celle qui emporte les marins lors de banales sorties de pêche à quelques encablures du port d&rsquo;attache.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Un jeune Breton qui dompte peu à peu sa peur de la mer</p></blockquote>



<p>Alors partez à la découverte de Perrine, une femme qui a compris qu&rsquo;on peut choisir de ne pas épouser un marin mais pas empêcher son fils de le devenir. Appréciez son courage quand elle se ronge les sangs en attendant son enfant, ou dans sa conserverie de poisson où elle a osé faire grève en 1907, un mouvement social pour revendiquer un peu de dignité et qui est rentré dans l&rsquo;histoire. Comprenez la rudesse de son existence quand elle se brise le dos en faisant le goémon parce qu&rsquo;il faut bien gagner un peu d&rsquo;argent. Apprenez avec elle à pêcher les couteaux en plaçant du sel sur les trous à marée basse pour les attraper d&rsquo;un geste vif. Dégustez la modernité de Paulette capable de conduire sa Peugeot 202 peu après la guerre, et de partir à Londres apprendre l&rsquo;anglais plutôt que de se morfondre en attendant son époux. Profitez de Jean un bon p&rsquo;tit gars que sa mère avait imaginé instituteur parce qu&rsquo;on lui avait venté son orthographe admirable et son français superbe. Un jeune Breton qui dompte peu à peu sa peur de la mer, et celle des Anglais qui pourraient bombarder le bateau sur lequel il navigue. Jean un homme en devenir grâce à Jean Cadoret et son <em>Mutin</em> qui lui apprennent le métier de pêcheur. Savourez les paysages du Jura d&rsquo;où l&rsquo;on aperçoit Genève et le Mont-Blanc avant de manger les spécialités locales et de boire un pinard qui vous donne envie de ne jamais repartir. Et retournez sur le parcours du Tour de France du côté de Mûr-de-Bretagne à l&rsquo;époque de Robic dit « Biquet » et de Vietto « le Roi Jean ».</p>



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		<title>La fille de l&#8217;ogre, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Aug 2022 19:40:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Elle n&#8217;en a pas fini avec la République dominicaine. Après sa formidable saga des Déracinés ( 1, 2, 3, 4) sur la création d&#8217;une communauté juive dans l&#8217;île au début de la seconde guerre mondiale, Catherine Bardon y retourne avec son dernier livre. La fille de l&#8217;ogre raconte la vie de Flor, la première fille [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Elle</strong> <strong>n&rsquo;en</strong> <strong>a</strong> <strong>pas</strong> <strong>fini</strong> <strong>avec</strong> <strong>la</strong> <strong>République dominicaine</strong>. Après sa formidable saga des <em>Déracinés</em> ( <strong><a href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=729" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1</a></strong>, <strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2019/06/01/lamericaine-catherine-bardon-editions-les-escales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2</a></strong>, <strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/2020/08/12/et-la-vie-reprit-son-cours-catherine-bardon-editions-les-escales/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">3</a></strong>, <strong><a href="https://surbooke.fr/wordpress/?p=8254" target="_blank" rel="noreferrer noopener">4</a></strong>) sur la création d&rsquo;une communauté juive dans l&rsquo;île au début de la seconde guerre mondiale, Catherine Bardon y retourne avec son dernier livre. <em>La</em> <em>fille</em> <em>de</em> <em>l&rsquo;ogre</em> raconte la vie de Flor, la première fille du dictateur dominicain Trujillo, celui qui a dirigé le pays pendant plusieurs dizaines d&rsquo;années. La durée de son pouvoir, sa cruauté, ses assassinats, les richesses qu&rsquo;il a accumulées, ses innombrables conquêtes, ses viols, ses bâtards, son obsession de la blancheur alors qu&rsquo;il avait du sang noir, l&rsquo;importance géopolitique qu&rsquo;il a acquise en Amérique centrale, l&rsquo;ont fait rentrer dans l&rsquo;histoire. Trujillo est également un personnage littéraire, car comme le rappelle Catherine Bardon dans l&rsquo;épigraphe de son livre, il a été le personnage central de <em>La</em> <em>fête</em> <em>au</em> <em>bouc</em> du Péruvien Mario Vargas Llosa. On peut d&rsquo;ailleurs oser la comparaison. <em>La</em> <em>fête</em> <em>au</em> <em>bouc</em> est un chef-d&rsquo;œuvre. <em>La</em> <em>fille</em> <em>de</em> <em>l&rsquo;ogre</em> se lit avec un plaisir immense, égal à celui ressenti avec les quatre tomes des <em>Déracinés</em>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Elle est restée toute sa vie entre deux feux</p></blockquote>



<p>Catherine Bardon a choisi de centrer son récit sur Flor qui pendant toute son existence a été cannibalisée par son père. Elle voulait qu&rsquo;il l&rsquo;aime mais il lui faisait payer au prix fort. Trujillo décidait de tout dans sa vie car on ne pouvait dire non à l&rsquo;Ogre des Caraïbes. Les sept mariages de Flor du vivant de son père lui ont parfois été imposés, ils n&rsquo;ont de toute façon jamais duré bien longtemps. Ils ne lui ont jamais apporté le bonheur. Pas même le premier conclu par amour avec un homme qu&rsquo;elle a tant aimé au point de le retrouver longtemps après leur divorce. Celui-là elle en était folle, mais il l&rsquo;a tellement trompée que leur union n&rsquo;aurait pu être définitive. Et ce premier époux, comme presque tous les autres, avait aussi acheté un nom en se mariant. Celui de Trujillo, un patronyme qui ouvrait toutes les portes en République dominicaine. Flor s&rsquo;est mariée deux fois après l&rsquo;assassinat de son père sans plus de réussite. Elle est restée toute sa vie entre deux feux, à la recherche de son émancipation et en attente d&rsquo;un signe de son géniteur. Elle était consciente de ses crimes, tout en souhaitait vivre dans le luxe avec l&rsquo;argent volé par le dictateur au peuple dominicain.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>T se targue d&rsquo;avoir des ancêtres français mais Aminta sait qu&rsquo;ils étaient en réalité haïtiens</p></blockquote>



<p>San Cristóbal, République dominicaine, 1920. Flor, Flor de Oro, a cinq ans. Son père a intégré l&rsquo;académie militaire de Haina, là où les <em>marines</em> américains forment la future armée dominicaine. Sa mère c&rsquo;est Aminta. Son père s&rsquo;appelle Rafael Leónidas Trujillo Molina mais on dit T. Il ne s&rsquo;agirait pas de le contrarier, il est violent et craint. Malgré sa force il a une fêlure : un peu de sang noir qui remonte à une très ancienne parenté. 1924, T est à la tête de l&rsquo;armée et avec le départ des <em>Yankis</em> il déborde d&rsquo;ambitions. T en profite pour divorcer et Aminta se retrouve seule à élever Flor avec 100 pesos par mois. Il décide pourtant d&rsquo;envoyer sa fille en France pour qu&rsquo;elle bénéficie de la meilleure éducation. T se targue d&rsquo;avoir des ancêtres français mais Aminta sait qu&rsquo;ils étaient en réalité haïtiens. Flor embarque pour dix jours de mer accompagnée par un secrétaire d&rsquo;ambassade. Elle se retrouve au collège féminin de Bouffémont à côté de la forêt de Montmorency dans un établissement dont les frais de scolarité sont exorbitants. T n&rsquo;a pas hésité, il voulait le meilleur pour sa fille. À Bouffémont il y a même une piscine. Mais Flor habituée des tropiques a froid, et elle ne parle pas un mot de français. Elle revient au pays lors des vacances d&rsquo;été 1927 et découvre Bienvenida la nouvelle épouse de son père. Les années suivantes elle reste en France, même en 1930 quand elle apprend que son père est le nouveau président de la République dominicaine. Il a reçu 95 % des voix, dans un climat de terreur qui a amené la plupart des opposants à se retirer. Fraîchement élu T a trop à faire pour s&rsquo;occuper de sa fille, alors cette fois c&rsquo;est Aminta qui se déplace en Europe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Un petit-fils fera l&rsquo;affaire puisque sa femme ne parvient pas à lui donner un fils</p></blockquote>



<p>Deux ans plus tard, Flor a eu son brevet et son père la fait rentrer à Saint-Domingue où il l&rsquo;accueille en compagnie d&rsquo;un aréopage de militaires. 1932, Flor a dix-sept ans quand elle épouse le lieutenant Porfirio Rubirosa de six ans son aîné. Le mariage a failli ne pas se faire, les deux amoureux ayant pris trop de libertés au goût de T. Flor porte une robe de nonne et Aminta n&rsquo;est pas invitée. T en a décidé ainsi tout en ne lésinant pas sur la dot: maison luxueuse avec piscine, berline douze cylindres, bijoux achetés place Vendôme, voyage de noces à Venise. Flor ne sait pas encore qu&rsquo;elle entre dans une prison dorée. Elle a droit à une surveillance de tous les instants de son père qui veut un héritier mâle. Un petit-fils fera l&rsquo;affaire puisque sa femme ne parvient pas à lui donner un fils. Hélas pour elle, Flor n&rsquo;aura jamais d&rsquo;enfant. Elle doit aussi supporter la vie de cavaleur de Porfirio. Rapidement ruiné le couple migre à New York. En organisant l&rsquo;assassinat d&rsquo;un opposant de Trujillo réfugié aux États-Unis, Porfirio rentre en grâce. Le couple est autorisé à revenir à Saint-Domingue. Un jour on explique à Flor que pendant son absence toutes les putains de la ville sont venues se baigner dans la piscine. En 1936 Porfirio est envoyé en poste à la mission diplomatique de Berlin. Flor y voit une opportunité pour sauver son couple. Son mari qui a prouvé à New York qu&rsquo;il n&rsquo;a pas froid aux yeux n&rsquo;a qu&rsquo;une mission : observer. Cela pourrait être utile à un moment où Trujillo est en froid avec les Américains. Et puis la conception de la démocratie de Hitler plaît au Dominicain.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;en dit <em>Bibliosurf</em> ?</strong><br><a href="https://www.bibliosurf.com/La-fille-de-l-ogre.html">https://www.bibliosurf.com/La-fille-de-l-ogre.html</a></p>



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		<title>Les fils du pêcheur, Grégory Nicolas, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 05:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Y&#8217;a skiff », il y a ce qu&#8217;il faut en breton version Grégory Nicolas. C&#8217;est ce que disait son père à sa mère quand elle lui demandait s&#8217;il y aurait assez d&#8217;essence pour emmener la famille en virée à Brest. Et il y a tout ce qu&#8217;il faut dans ce cinquième roman de notre [&#8230;]</p>
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<p><strong>« <em>Y&rsquo;a skiff</em> », il y a ce qu&rsquo;il faut en breton version Grégory Nicolas.</strong> C&rsquo;est ce que disait son père à sa mère quand elle lui demandait s&rsquo;il y aurait assez d&rsquo;essence pour emmener la famille en virée à Brest. Et il y a tout ce qu&rsquo;il faut dans ce cinquième roman de notre auteur breton préféré. Tous chroniqués sur ce blog et qui vont finir par constituer un ensemble incontournable. Avec ses fils conducteurs, la famille, la Bretagne, le Jura, l&rsquo;amour du vin, le vélo qui apparaît toujours d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre. Côté pinard on savoure virtuellement dans ce nouveau roman la cuvée Les Chalasses Marnes Bleues de chez Jean-François Gavenat, un côte du Jura qui doit laisser de sacrés souvenirs. Les<em> fils du pêcheur</em> est un livre sur les relations d&rsquo;un père et de ses fils qui s&rsquo;interrompent brutalement avec le naufrage du père. Le décès va amener son fils aîné Pierre à se remémorer ce qu&rsquo;ils avaient vécu ensemble, à nous raconter l&rsquo;histoire familiale jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un nouvel événement intervienne. La petite musique chère à Grégory Nicolas cède alors la place au roman noir. Et elle constitue avec le début du livre une franche réussite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Tout Breton qu&rsquo;il était le paternel n&rsquo;était pourtant pas né au bord de l&rsquo;eau</p></blockquote>



<p>Tout commence le jour qui devait être celui de la mise à l&rsquo;eau de l&rsquo;A<em>r c&rsquo;hwil</em> le bateau de pêche du père. Un coquiller blanc et bleu de 10,3 mètres de long. Pas besoin de plus car quand il avait décidé de fonder une famille, il avait aussi choisi de ne plus naviguer loin de chez lui. Pour voir ses enfants grandir, les élever et les remettre dans le droit chemin si besoin. Il allait les voir ses fils, à commencer par Pierre dont l&rsquo;arrivée repoussa la mise à l&rsquo;eau du bateau. Julien ensuite un fou de montres, au point de préférer à sa majorité comme cadeau de ses parents, la Heuer que portait Steve McQueen au Mans au permis de conduire et à la voiture qui allait avec. Et enfin Clément le seul qui choisit la mer en devenant pêcheur-ligneur adepte de l<em>&lsquo;ikijime</em>, une technique japonaise de mise à mort du poisson. Un truc de beatnik selon son père. Tout Breton qu&rsquo;il était le paternel n&rsquo;était pourtant pas né au bord de l&rsquo;eau. Il avait juste rêvé de s&#8217;embarquer pendant son service militaire. Mais le piston sollicité par son père gendarme n&rsquo;avait pas fonctionné, et il s&rsquo;était retrouvé à en lubrifier d&rsquo;autres à Brest pendant son année d&rsquo;armée. Il en avait gardé un amour de la mer qui l&rsquo;avait poussé à devenir pêcheur, et aussi à s&rsquo;installer à 45 minutes de voiture des flots pour déguster le plaisir de les retrouver chaque jour.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Ça allait se régler à coups de pompes dans le cul et de torgnoles dans le nez</p></blockquote>



<p>Les enfants grandissent, Pierre part à Brest en classe préparatoire attiré par une fille qui ne lui cède rien. Surtout pas son ventre, même pas avec le dos de sa main seul argument qu&rsquo;il avait imaginé pour la convaincre. Il arrivera à ses fins dix ans plus tard après l&rsquo;avoir retrouvée devant l&rsquo;Opéra de Paris. On l&rsquo;aura compris l&rsquo;homme est obstiné. Son père est un bon mec. Il embauche comme matelot Khalid un Sénégalais originaire de Saly la station balnéaire de Dakar, c&rsquo;est du moins ce qu&rsquo;il avait prétendu. Et quand Khalid se plaint que tout le monde l&rsquo;appelle Mouss, en référence à Mouss Diouf le seul noir connu dans ce coin de la Bretagne, le père de Pierre fait le nécessaire. Ça allait se régler à coups de pompes dans le cul et de torgnoles dans le nez. Sa mère aussi est sympa. Elle avait été élue miss Deux-Alpes dans sa jeunesse quand elle été partie pour la première fois de chez elle. Elle recommença en travaillant dans un restaurant parisien. Une période où elle passait ses nuits à danser en boîte où elle rentrait gratis. Surtout  ne va pas coucher ni te droguer lui avait intimé son père. Elle a toujours affirmé ne pas avoir touché à la drogue. Il n&rsquo;y a pas de raison de ne pas la croire. Et puis elle est rentrée en Bretagne après à la mort accidentelle de son meilleur ami, pour céder aux avances de son futur mari qui lui avait offert un diabolo banane-kiwi. Mal lui en prit parce qu&rsquo;il l&#8217;emmena dans le logement de fonction de ses parents, une gendarmerie où elle se réveilla seule parce qu&rsquo;il était parti démissionner de son emploi. Il lui expliqua en la retrouvant qu&rsquo;il voulait voir grandir les enfants qu&rsquo;il n&rsquo;allait pas tarder à lui faire. Tout s&rsquo;annonçait donc bien mais il existait des éléments bien plus sombres dans cette histoire familiale.</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2021/05/12/les-fils-du-pecheur-gregory-nicolas-editions-les-escales/">Les fils du pêcheur, Grégory Nicolas, Éditions Les Escales</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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		<title>Un invincible été, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 May 2021 04:47:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quatrième et ultime volume de la saga de Catherine Bardon. Cette histoire d&#8217;un couple de Juifs viennois qui parviennent à quitter l&#8217;Autriche en 1938 pour atterrir en République dominicaine, le seul État qui les a acceptés. Le récit aurait pu être terrifiant, il est pétri d&#8217;espoir, de plaisir et de sensualité. Dans le kibboutz qu&#8217;ils [&#8230;]</p>
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<p><strong>Quatrième et ultime volume de la saga de Catherine Bardon</strong>. Cette histoire d&rsquo;un couple de Juifs viennois qui parviennent à quitter l&rsquo;Autriche en 1938 pour atterrir en République dominicaine, le seul État qui les a acceptés. Le récit aurait pu être terrifiant, il est pétri d&rsquo;espoir, de plaisir et de sensualité. Dans le kibboutz qu&rsquo;ils ont créé alors que rien ne les prédisposait à devenir paysans, puis dans leur communauté qui s&rsquo;est ouverte sur les Dominicains. Leur fille Ruth y grandit avant de partir à New York dans le tome 2 et de revenir dans son île dans le troisième. <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les Dércinés (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=729" target="_blank">Les Déracinés</a></em> ont été une fabuleuse découverte comme on en connaît peu en littérature. La lecture de <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="L'Américaine (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=640" target="_blank">L&rsquo;Américaine</a></em> et de <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Et la vie reprit son cours (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=3181" target="_blank">Et la vie reprit son cours</a></em> a perpétué ce plaisir sans doute à un moindre niveau. <em>Un invincible été</em> renoue avec l&rsquo;incroyable réussite du premier volume. Probablement parce que ce dernier tome est celui du souvenir et des racines. Catherine Bardon nous livre ses secrets dans sa postface. « <em>Ne cherchez pas à savoir où est la réalité et où est la fiction. Car dans cette histoire, tout est vrai </em>». Ou du moins a-t-elle à peine changé la vie de personnages qui sont vraiment venus se réfugier à Sosúa. Elle nous invite d&rsquo;ailleurs à en faire un peu plus que les hordes de touristes qui déferlent désormais sur les plages de la République dominicaine. À venir voir la synagogue créole, le petit musée juif qui ouvre erratiquement. Et tout autant la nature qui accueille encore les baleines à bosses en dépit du changement climatique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Nous sommes en&nbsp;janvier 1980&nbsp;et Gaya  se prépare pour sa <em>quinceañera</em>, la fête de ses quinze ans</p></blockquote>



<p>Dans ce dernier volume nous suivons Ruth de 1980 à 2012 l&rsquo;année de la mort à 100 ans d&rsquo;Almah la « matriarche » de la tribu. En 1980 Ruth a 40 ans, et elle est encore secouée par la mort de son amie d&rsquo;enfance Lizzie qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas réussi à protéger de sa folie. Son troisième enfant Tomás est en route et sa fille Gaya se prépare pour sa <em>quinceañera</em> la fête de ses quinze ans. Les robes de soirée sont de sortie, les costumes ont été changés pour s&rsquo;adapter aux corps qui ont épaissi. Ils sont tous là dans le plus bel hôtel de Puerto Plata au nord de l&rsquo;île. Tous ceux qui composent la tribu y compris les Américains, sous le regard bienveillant d&rsquo;Almah qui est plus que jamais l&rsquo;âme de la tribu. On valse en hommage aux racines viennoises de la famille, on mange des canapés en buvant du champagne, puis on passe au be-bop et au mérengué parce que le localisme ça a aussi du bon. On regretterait presque que le rhum soit dédaigné, mais Almah aime tellement le champagne. La famille Rosenheck-Soteras va s&rsquo;enrichir grâce aux hectares de terres acquis par Frederik. Non pas pour ses vaches laitières qui alimentent la florissante coopérative mais pour le tourisme. Frederik a perçu avant les autres le potentiel de leur bout d&rsquo;île à portée de main de l&rsquo;aéroport. On le croit sans difficulté quand on fait un tour sur le compte Instagram de Catherine Bardon où figurent des paysages paradisiaques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Almah ne veut pas entendre parler. Comme elle ne veut pas retourner à Vienne, car son pays c&rsquo;est celui où elle vit</p></blockquote>



<p>Comme dans les tomes précédents, Catherine Bardon fait défiler l&rsquo;actualité. Ses personnages la vivent parfois de façon distante comme pour la mort de John Lennon, et le plus souvent dans leur chair de la chute du mur de Berlin aux attentats du World Trade Center et au tremblement de terre d&rsquo;Haïti. Le roman est constitué de courts chapitres écrits à la première personne dont Ruth est la narratrice. Elle vit avec dépit le départ de ses enfants, Gaya sa fille aînée qui s&rsquo;en va aux Galápagos étudier la faune et David happé par la finance américaine. Les Rosenheck sont confrontés au retour du passé familial avec la reconnaissance par l&rsquo;Autriche de sa responsabilité dans l&rsquo;Holocauste. Cela ouvre la voie à une indemnisation versée aux survivants ou à leurs enfants comme l&rsquo;avait fait l&rsquo;Allemagne depuis longtemps. Cela représente 5 087 euros par personne comme si un chèque pouvait effacer l&rsquo;histoire. Almah ne veut pas en entendre parler. Comme elle ne veut pas retourner à Vienne, car son pays c&rsquo;est celui où elle vit, où elle s&rsquo;est toujours sentie en exil, mais en-dehors duquel elle le serait. Le retour aux sources de Ruth et Gaya se fera sans elle. Avec plus de gêne que de plaisir malgré Le Prater, les cafés et leur vie intellectuelle, la ville juive que l&rsquo;on appelait l&rsquo;îlot de pain azyme, la bière de Styrie et la <em>linzertorte</em>. Vienne leur semble être une ville où plane le spectre de l&rsquo;ultradtroite, avec des tags homophobes et juste ce qu&rsquo;il faut de repentance pour paraître correcte.</p>



<p><strong>Le compte Instagram de Catherine Bardon</strong><br><a href="https://www.instagram.com/catherine.bardon/">https://www.instagram.com/catherine.bardon/</a></p>
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		<title>Une famille comme il faut, Rosa Ventrella, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 21:10:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ail et parmesan 🇮🇹]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la famille je suis née au sud de l&#8217;Italie et je vous raconte ma vie, il n&#8217;y a pas qu&#8217;Elena Ferrante. Rosa Ventrella nous en propose une nouvelle version, en remplaçant La Campanie par Les Pouilles et Naples par Bari. Même topo, un récit largement autobiographique de l&#8217;enfance et de l&#8217;adolescence d&#8217;une fille qui [&#8230;]</p>
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<p><strong>Dans la famille</strong> je suis née au sud de l&rsquo;Italie et je vous raconte ma vie, il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;Elena Ferrante. Rosa Ventrella nous en propose une nouvelle version, en remplaçant La Campanie  par Les Pouilles et Naples par Bari. Même topo, un récit largement autobiographique de l&rsquo;enfance et de l&rsquo;adolescence d&rsquo;une fille qui échappera à son destin familial grâce à sa réussite scolaire. Même présence de la mer. Même émotion pour lecteur à découvrir ce qui nous paraît si loin de notre vie. Et même réussite, nonobstant une bien moindre diffusion pour <em>Une famille comme il faut</em> que pour  <em>L&rsquo;Amie prodigieuse</em>. Direction donc vers le quartier pauvre de San Nicola dans les années 80. Dans la famille De Santis, la petite dernière s&rsquo;appelle Maria. Mais sa mamie Antonietta l&rsquo;a affublée d&rsquo;un surnom : Malacarne. Malacarne pour mauvaise viande, <em>mala carne</em> en italien, ou encore méchante chaire. On pourrait aussi dire mauvaise graine voire mauvais œil. Elle partage sa chambre avec ses deux frères Giuseppe et Vincenzo qui dorment tête-bêche dans le même lit. Guiseppe est l&rsquo;aîné, celui que tout le monde adore. Pas beaucoup de points communs avec son cadet Vincenzo, la forte tête de la famille. Antonio le père est pêcheur sur son bateau le <em>Ciao Charl</em>ie comme le nom du film de Tony Curtis  à qui dit-on il ressemble. Sa mère Teresa aussi est belle, ou du moins elle l&rsquo;a longtemps été. Pour améliorer le modeste train de vie du foyer, Terè travaille à la maison sur un métier à tisser quand elle ne recoud pas les filets de pêche. La vie est difficile surtout que l&rsquo;humeur d&rsquo;Antò a tout des montagnes russes. Gare à sa famille quand les pâtes sont trop chaudes ou trop froides, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pain ou si le vin n&rsquo;est pas assez frais. Car le père de famille a la main leste et nul ne peut prétendre y échapper. Surtout pas Vincenzo dont Thérèse dit qu&rsquo;il tourne mal car il a été élevé dans la violence. Mais pas davantage sa femme ni même mamie Antonietta. Pourtant Antò et Terè se sont choisis, et on peut même dire qu&rsquo;ils continuent à s&rsquo;aimer par intermittence. La famille De Santis vit dans un quartier où tout le monde se connaît. Au milieu de multiples croyances, catholiques, mais au moins aussi souvent sous l’œil des guérisseuses et des sorcières.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Cette petite société connaît aussi de bons moments comme la découverte des amours adolescents et les fêtes</p></blockquote>



<p>Malacarne, qui n&rsquo;est pas gâtée par son physique, a de très bons résultats scolaires. Mieux encore, le maître Caggiano lui affirme qu&rsquo;elle a le don de la narration. Et il convoque ses parents pour leur expliquer qu&rsquo;il va intervenir pour la faire entrer dans un collège huppé de Bari tenu par des sœurs. Malacarne devrait en être fière, mais elle craint surtout que ses parents lui fassent honte devant le maître. Car sa mère sait à peine écrire et ils parlent tous les deux davantage le dialecte que l&rsquo;italien. La suite de l&rsquo;histoire la conduira jusqu&rsquo;à l&rsquo;université. Un objectif parfaitement inimaginable dans le quartier où en plus de la misère il faut aussi composer avec la famille Senzasagne, dont le père est officiellement vendeur de cigarettes de contrebande. Mais dont l&rsquo;activité est en réalité bien plus nocive. Pourtant cette petite société connaît aussi de bons moments apportés par la découverte des amours adolescents et par les fêtes où on danse sur <em>24 mila baci</em> d&rsquo;Adriano Celentano. À Noël on se délecte de <em>panzerotti</em>, des chaussons fourrés à l&rsquo;oignon, d&rsquo;anguilles au citron, de sardines au sel et de <em>panettone</em> à la crème de marsala que les hommes arrosent de <em>spumante</em>. Les enfants grandissent, Guiseppe part faire son service militaire à Crémone, le lieux de vie actuel de Rosa Ventrella. Un voyage incroyablement lointain pour toutes ces familles qui ne sont presque jamais parties de leur quartier. Ou alors pour émigrer en Amérique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Adriano Celentano - 24000 baci" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/jl204CfCGRg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Et la vie reprit son cours, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2020 14:46:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[🤍]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au début on est en droit de se demander si ce n&#8217;est pas le volume de trop après l&#8217;admirable Les Déracinés, et L&#8217;Américaine sa suite très réussie. Et puis au fil des pages on retrouve le charme des personnages de Catherine Bardon. Tout juste faut-il accepter qu&#8217;ils prennent leur temps, comme s&#8217;ils étaient arrivés à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://surbooke.fr/wordpress/2020/08/12/et-la-vie-reprit-son-cours-catherine-bardon-editions-les-escales/">Et la vie reprit son cours, Catherine Bardon, Éditions Les Escales</a> est apparu en premier sur <a href="https://surbooke.fr/wordpress">Surbooké</a>.</p>
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<p><strong>Au début on est en droit de se demander</strong> si ce n&rsquo;est pas le volume de trop après l&rsquo;admirable <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les Déracinés (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=729" target="_blank">Les Déracinés</a></em>, et <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="L'Américaine (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=640" target="_blank">L&rsquo;Américaine</a></em> sa suite très réussie. Et puis au fil des pages on retrouve le charme des personnages de Catherine Bardon. Tout juste faut-il accepter qu&rsquo;ils prennent leur temps, comme s&rsquo;ils étaient arrivés à maturité. C&rsquo;est aussi un mal pour un bien tant le premier tome consacré à la fuite des Juifs d&rsquo;Europe, et le second qui relate les  méfaits du dictateur Trujillo étaient animés. On retrouve donc ici Ruth en 1967, qui comme dans <em>L&rsquo;Américaine</em> est le personnage principal du roman. Ruth qui a définitivement compris qu&rsquo;elle souhaite vivre dans la colonie dominicaine fondée par ses parents et non pas en Amérique ou en Israël. Ruth redécouvre ses racines en compagnie de sa fille Gaya, de sa mère Almah, et jamais très loin de son frère Fredérick. Le clan est reformé à Sosúa au bord de l&rsquo;océan, prêt à s&rsquo;agrandir puisque Ruth ne va tarder à se marier avec Domingo avec qui elle aura un fils. Médecin, Domingo se coule dans le moule en acceptant de mettre son savoir au profit des habitants de la région. Lizzie, l&rsquo;amie d&rsquo;enfance de Ruth, viendra les rejoindre, elle qui s&rsquo;est perdue en partant aux États-Unis. Trop  d&rsquo;expériences, trop d&rsquo;aventures, trop de drogues auront eu raison de son esprit.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>C&rsquo;est largement assez pour trouver du plaisir dans la lecture de cet opus</p></blockquote>



<p>Comme dans les deux premiers romans, Catherine Bardon décline l&rsquo;actualité, de la guerre des Six-Jours à l&rsquo;assassinat de Luther King et à la chute d&rsquo;Allende au Chili. Mais tous ces événements ainsi que sa vie professionnelle, sont désormais secondaires pour Ruth. Israël ne semble plus en danger et elle se contente d&rsquo;apporter sa contribution au journal fondé par son père. La démocratie n&rsquo;a toujours pas cours en République dominicaine, mais en faisant profil bas, on évite les ennuis. De toute façon, ce qui compte pour Ruth c&rsquo;est sa tribu. Ses enfants, Domingo qui se comporte comme un père pour Gaya, sa mère qui demeure le facteur d&rsquo;équilibre de la communauté. Mais même sous les tropiques, on n&rsquo;est jamais sûr que le bonheur sera éternel. C&rsquo;est largement assez pour trouver du plaisir dans la lecture de cet opus à tous ceux qui ont aimé les deux précédents.</p>



<p></p>
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		<title>Belle-amie, Harold Cobert, Éditions Les Escales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bisault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2020 21:04:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[roman français 🇫🇷]]></category>
		<category><![CDATA[Les Escales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il fallait oser. Parce qu&#8217;écrire la suite de Bel-Ami, c&#8217;est s&#8217;inscrire dans les pas d&#8217;un des plus grands auteurs de la littérature française. On savait certes Harold Cobert doué, comme en témoigne La mésange et l&#8217;ogresse, sa version de la vie de Michel Fourniret et de sa femme. Mais de là à passer du portrait [&#8230;]</p>
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<p><strong>Il fallait oser</strong>. Parce qu&rsquo;écrire la suite de <em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Bel-ami (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=602" target="_blank">Bel-Ami</a></em>, c&rsquo;est s&rsquo;inscrire dans les pas d&rsquo;un des plus grands auteurs de la littérature française. On savait certes Harold Cobert doué, comme en témoigne <em><a rel="noreferrer noopener" href="http://surbooke.fr/wordpress/?p=1044" target="_blank">La mésange et l&rsquo;ogresse</a></em>, sa version de la vie de Michel Fourniret et de sa femme. Mais de là à passer du portrait d&rsquo;un prédateur sexuel à un <em>remake</em> de Maupassant, il y avait un monde. Pourtant Cobert y parvient en débutant son roman où s&rsquo;achevait <em>Bel-Ami</em>. Avec les personnages de Maupassant plus ceux qu&rsquo;il invente. C&rsquo;est pourquoi il est préférable, si vous ne l&rsquo;avez déjà fait, de commencer par lire <em>Bel-Ami</em>, histoire de découvrir la fulgurante ascension de Georges Duroy. Un jeune homme pauvre qui part à la conquête de la fortune sans se préoccuper de la morale. Ce fils d&rsquo;aubergistes normands, qui ne mange pas tous les jours à sa faim au début du roman de Maupassant, gravit l&rsquo;échelle sociale jusqu&rsquo;à devenir le riche dirigeant du quotidien <em>La vie française</em>. Il se sera pour ce faire marié deux fois et aura abondamment trahi celles qui l&rsquo;avaient aidé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Comme le roman de Maupassant, celui de Cobert nous pousse à nous demander si nous avons réellement progressé depuis un siècle</p></blockquote>



<p>Désormais fortuné, Georges Duroy aspire dans ce nouvel épisode à une vie politique en commençant par le palais Bourbon. Ce qui l’amène à se présenter à la députation sur ses terres normandes. Comme dans <em>Bel-Ami</em>, le roman de Cobert nous décrit une Troisième république corrompue où financiers et élus n’ont de cesse de s’entendre pour détourner les fonds publics sous le regard d’une presse souvent complaisante. Le scandale du canal de Panama, qui ruina nombre d’épargnants tout en enrichissant une grande partie des parlementaires, en constitue probablement la quintessence. Un scandale qui menaça de faire tomber la république, sur fond d’un antisémitisme qui allait triompher pendant l’affaire Dreyfus. Comme le roman de Maupassant, celui de Cobert nous pousse à nous demander si nous avons réellement progressé depuis un siècle. Car la démagogie d’un Duroy, qui ne se souvient de ses racines que le temps d’une élection, est toujours d’actualité. On pourrait dire la même chose des discours enflammés prononcés au Parlement, auxquels personne ne croit, et surtout pas ceux qui les tiennent. L’attrait du roman vient aussi des personnages féminins. Madeleine, la première épouse de Duroy, celle qui lui a mis le pied à l&rsquo;étrier, et qui continue à œuvrer dans l’ombre en écrivant ses articles. Suzanne, sa seconde femme, qui lui a amené la richesse. Et surtout la mystérieuse Siegfried. Ces femmes, Duroy les a toujours domptées avec son irrésistible charme. Mais cela peut-il durer ?</p>
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