Dans les jardins de l’ogre, Leïla Slimani, Éditions Gallimard

C’est un roman très noir. Celui d’Adèle, une jeune nymphomane. Adèle, journaliste, a épousé Richard un gastro-entérologue qui travaille dur à l’hôpital croyant faire au mieux pour le bonheur de sa femme. Il se voit cesser sous peu ses gardes à l’hôpital Georges Pompidou pour s’associer dans sa Normandie natale. Acheter une grande maison à la campagne où ils vivront avec Lucien leur fils, et sa sœur qui ne manquera pas de naître. Un chemin tout tracé dans les sillons de la normalité. Mais Adèle n’est pas comme cela. Elle multiplie les partenaires, sur son lieu de travail ou ailleurs toujours en se cachant, et y retourne quoi qu’elle fasse. Elle y trouve du plaisir mais vit dans la souffrance faute de pouvoir se contrôler. Adèle est totalement addicte et profondément malheureuse dans son couple comme elle l’a été plus jeune dans sa famille à Boulogne-sur-mer. Coincée entre sa mère qui lui reprochait presque de vivre et un père qui n’exprime pas grand-chose. Adèle ne montre guère d’amour maternel pour Lucien qui lui a été imposé. Et pas davantage pour son mari qui représenta un moment une bouée de sauvetage pour sortir de son milieu. Pourtant, il pense tout faire pour le bien de sa femme et referme d’autant le carcan d’ennui mortel dans lequel elle vit. Jusqu’au jour ou Richard accepte de regarder leur vie en face. Il fallait être une femme pour écrire sur un tel sujet. Récente prix Goncort, Leïla Slimani en a fait son premier roman avec sans doute des éléments autobiographiques puisqu’elle a aussi été journaliste et a comme Adèle un père maghrébin.

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