Vernon Subutex (tome 3), Virginie Despentes, Éditions Grasset

Bonne nouvelle : Vernon Subutex est de retour avec le tome 3 de ses aventures. Mauvaise nouvelle : c’est le dernier. Après le tome 1 et le tome 2 vous retrouverez tous les personnages que vous avez obligatoirement adorés. Vernon l’ancien disquaire passé par la rue et génial DJ de soirées qui n’ont pas d’égal. Charles, croisé dans le parc des buttes Chaumont. Véro, compagne de Charles, ancienne de l’Éducation nationale. Pamela Kant qui a depuis longtemps arrêté de tourner dans des films x. On en passe des meilleurs et même des pires. Vous vous reporterez au début du livre pour vous rafraîchir la mémoire. Dans ce troisième opuscule, tout ce petit monde a l’air apaisé, fréquentant les camps dans le Sud-Ouest où sont organisées des convergences. Comprenez des soirées et des nuits fabuleuses, rythmées par la musique choisie par Subutex. Et ils dansent comme on ne peut danser nulle part ailleurs. Juste pour le fun. Sans l’usage de drogues, alors qu’ils sont nombreux à en avoir tâté. Dans une gratuité totale puisque le cercle de Vernon ne fonctionne que par invitation et qu’il est hors de question d’en faire une opération financière. Rousseau est de retour, nos bons sauvages mettant tous la main à la pâte pour que fonctionne la logistique. Survient le décès de Charles, ivrogne certifié, qui a eu le bon goût de laisser le produit de son billet de loto à sa compagne Véro. À charge pour elle d’en céder la moitié au profit des convergences. Faut-il accepter ce don, le claquer dans une fête monstrueuse, le placer, le refuser ? La question fait débat sans pour autant rompre l’unité de la bande. Mais dans cette France d’après Charlie, d’après Bataclan, la violence et la folie ne sont jamais bien loin. Virgine Despentes vous fera revivre toute la période comme aucun autre écrivain. Comme elle vous fera sans doute découvrir les rassemblements de « Nuit debout » place de la République. Sans aucune idéologie. Avec une langue inégalée, elle qui fait dire à Olga, une géante et néanmoins féministe qui vous explique que les mecs bourrés qui y sévissent : « C’est juste des mecs qui sont frustrés de ne pas être du côté maton ». Mais après le savon qu’elle leur passe, « ils ne vont pas penser à toucher des culs avant un moment. Faut compter minimum dix jours pour qu’ils se sentent capables de bander. ». Virginie Despentes est un génie de l’écriture. Elle a toujours écrit, même quand elle lisait la comtesse de Ségur. Certes, Vernon Subutex n’aura pas de suite. Mais il y aura d’autres livres comme il en existe de plus anciens à découvrir. Alors à la revoyure.

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