Testament à l’anglaise, Jonathan Coe, Éditions Gallimard

Une sacrée famille de salopards que ces Winshaw pourtant ou parce qu’ils sont une des plus grosses fortunes anglaises. On sauvera certes Godfrey mort pour la patrie, abattu par la DCA allemande en 1942. Et Tabitha qui tente depuis cette date de prouver que leur frère aîné Lawrence est à l’origine de cette mort. Ce qui lui valut des années d’internement histoire de se débarrasser de la vieille folle. On ajoute encore Mortimer, le seul de la fratrie qui ne soit dupe de la famille. Mais les autres, tous les autres… Si l’on en croit ce que Michael Owen en dit, lui qui a été chargé par Tabitha d’écrire leur histoire, mieux aurait valu ne jamais les rencontrer. Lawrence a sans doute pactisé avec les Nazis. Et les enfants ne valent pas mieux. Sa fille Dorothy est une grande prêtresse de l’agro-industrie chez qui tout est bon pour améliorer la rentabilité. Pas folle, elle conserve quand même quelques animaux élevés à l’ancienne, parce qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de manger ce qu’elle produit. Autre enfant, Thomas est un banquier pervers qui utilise son pouvoir pour mater les actrices nues sur les tournages. Son frère Henry est un politicien travailliste qui trouve finalement sa voie en appliquant les pires décisions de Margaret Thatcher. Mark, le fils de Godfrey, vend des armes à Saddam Hussein. Roddy aime tellement l’art qu’il profite de son statut de négociant pour infliger un droit de cuissage aux jeunes artistes. Quant à sa sœur Hilary, elle représente tout ce que la presse a de pire. On vous aura prévenu. Jonathan Coe est aussi un critique acerbe de la société anglaise.

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