La dernière étape, Alfred Azkabade, Éditions Hugo Sport

Petite question : qu’est-ce qui symbolise le mieux le mois de juillet ? Les vacances, la plage, le soleil ? Réponse négative. Le mois de juillet est avant toute chose le moment du Tour de France. L’irremplaçable Tour de France. Le plus grand spectacle gratuit qui draine depuis un siècle des millions de Français mais aussi de Hollandais et d‘aficionados d’autres nationalités sur les routes de l’Hexagone. Alfred Azkabade vous fait vivre en avant-première celui de 2019 dans un polar particulièrement sympatoche qui vous fera vivre l’évènement de l’intérieur. N’allez pas imaginer que l’on se vautre dans la soie sur la Grande Boucle. Pour la plupart de ceux qui la font vivre, le Tour est d’abord celui des hôtels Formule 1 et autres logements pourris ainsi que des sandwichs Sodexo. C’est ce que découvre Hugo Taquelin, jeune journaliste en CDD au Progrès. Hugo se tape habituellement les chiens écrasés mais cette année, le patron du Tour est retrouvé assassiné peu avant le départ à Lyon. C’est donc pour enquêter qu’Hugo est réquisitionné pour suivre l’épreuve. Or sil est une chose qu’il déteste, c’est bien le vélo. Il en a bouffé jusqu’à plus soif pendant son enfance sur toutes les routes de France dans le VW Combi de son père qui vénérait la petite reine. Même son prénom traduit la passion familiale, car Hugo fait référence au grand Hugo Koblet, playboy suisse vainqueur du Tour en 1951. Le voilà néanmoins parti dans la Renault de son collègue Hampteau qui contrairement à Hugo attend chaque année sa virée estivale avec impatience. Non seulement, il se délecte des étapes de montagne, mais il y trouve surtout motif à faire ce qu’il préfère : boire beaucoup, se marrer et se taper des gonzesses. Pour le début du programme, aucune difficulté. Afin d’arriver au top de sa forme sur le Tour, Hampteau s’astreint à un régime sévère, refusant toute nourriture pour se contenter de nombreux verres d’anisette. Mais les résultats sont là : douze kilogrammes perdus. Pour le reste, les avis sont partagés car selon Hugo l’âge d’Hampteau fait furieusement penser à la météo. Température réelle, quarante-quatre ans, température ressentie, soixante-douze. Mais dans un malentendu tout est possible. La concurrence est néanmoins sévère dans cette micro société de mâles qui virent rapidement aux bonobos priapiques dès qu’ils approchent une hôtesse. Elles n’ont donc pas la vie facile, levées aux aurores, souriant toute la journée en distribuant casquettes et saucissons, et surtout en mettant en valeur leurs courbes avantageuses. N’allez pas croire qu’Azkabadze n’aime pas le vélo. Son livre traduit sa grande connaissance de l’histoire de ce sport. Son bouquin est farci de références vélocipédiques. Grand dénonciateur du dopage, chimique ou mécanique, Vortaire n’est autre qu’Antoine Vayer qui calcula pendant des années la puissance des cyclistes dans les colonnes du Monde. Alors faites comme Hugo, redécouvrez la montée du Ventoux ou les étapes de plaine pour votre plus grand plaisir.

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