Surbooké

Le blog de Laurent Bisault

Les Invisibles, R.J. Ellory, Éditions Sonatine

Juil 1, 2026 #Sonatine

1975, à vingt-cinq kilomètres du lac Ontario l’Oswego a débordé. La police retrouve sept cadavres avec en plus deux disparus. Celui de l’institutrice Caroline Lassister est le huitième, mais il n’a aucun rapport avec la tempête. On l’a découverte dans son lit, une feuille de papier dans la main, où est écrit : « Toi qui entres ici, abandonne tout espoir ». C’est la jeune Rachel Hoffman qui est la première policière sur les lieux. Barbiturique et chloroforme conclut le médecin légiste. Aucun doute, c’est un meurtre. L’enquête est confiée à l’inspecteur Tom Marcus du bureau de Syracuse. Un mois plus tard, il lâche l’affaire. La seule avancée a concerné la phrase inscrite sur la feuille de papier, qui est une citation de la Divine Comédie de Dante. À quarante-huit ans Raymond Keene vient de clore son second mariage. Quand il rentre dans son appartement, un homme braque une arme sur lui. Il le force à boire, ce qui le plonge dans les ténèbres. L’autopsie montre qu’il a absorbé des barbituriques et qu’il a été chloroformé. On a également retrouvé dans sa main une feuille de papier comportant une phrase mystérieuse. Le lien avec la mort de Rachel Hoffman est immédiatement fait et l’enquête confiée à l’inspecteur Michael Ridgway. Maria Fischer est une infirmière responsable d’un groupe de retraités amateurs d’activités dans la nature. Un matin elle retrouve deux de ses clients John et Vivian Wilson morts. Ce qui donne un total de quatre assassinats dans des circonstances identiques en deux mois. Michael Ridgway et Rachel Hoffman récupèrent l’intégralité des enquêtes. Trois mois après n’ayant rien trouvé, ils se demandent si un nouveau meurtre serait susceptible de leur amener une véritable piste. En constatant le décès de Brenda Forsyth, ils sont contraints de reconnaître que ce cinquième assassinat n’a en rien éclairci les autres. Pire encore, quand la police retrouve l’assassin présumé, un certain Robert Léonard Marshall Jr, il s’est fait sauter la tête après avoir tué une sixième personne. Fin de l’histoire ? Non car les meurtres recommencent cinq ans plus tard.

Ce roman m’a paru inégal

C’est peu dire que j’apprécie R.J. Ellory depuis son apparition dans l’édition française en 2008 avec Seul le silence. À compter de cette lecture qui m’avait subjugué, je pense avoir tout lu de cet auteur que j’ai chroniqué à onze reprises sur ce blog. Partant du principe que je ne parle que des livres qui m’ont plu, je peux dire que j’ai aimé tous ses romans, avec toutefois des réserves pour Le Carnaval des ombres. Les Invisibles reprend l’obsession d’Ellory pour le thème du mal, qu’il décline au sein d’une enquête policière classique. Pour autant ce roman m’a paru inégal. On le découvre avec intérêt, on profite de la fin même si elle n’est pas d’une grande originalité. Mais entre-temps c’est lent et parfois long, avec au total 541 pages en version papier et 460 en numérique. Pourtant Rachel Hoffman est un personnage intéressant, et la répétition presque à l’identique des meurtres sur quinze ans et trois lieux différents, une bonne idée. Mais on se serait passé des innombrables descriptions des sévices infligés. Ellory fera sûrement mieux la fois prochaine, et je le lirai comme je l’ai toujours fait.

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