Un fabuleux thriller qui raconte la pire catastrophe minière de la Belgique. Celle qui tua 262 mineurs le 8 août 1956, au lieu-dit Le Bois du Cazier du côté de Charleroi. Un accident industriel dont ne réchappèrent que quelques rares mineurs rescapés du feu et des gaz toxiques. Un roman historique donc, qui présente le procès qui s’ensuivit. Mais pas le vrai procès qui relaxa quatre prévenus et ne condamna le cinquième qu’à six mois de prison avec sursis. Une décision inique qui scandalisa une partie du pays, tout en attestant des rapports de force entre le capital et le travail. Devant Dieu et les hommes raconte un procès imaginaire, où deux rescapés italiens sont jugés pour l’assassinat de leur contremaître pendant la catastrophe. Ce choix permet à Paul Colize de nous montrer la vie des travailleurs du charbon sous l’angle du racisme que subissaient les Italiens. Et pourtant sans les « Macaronis », la Belgique n’aurait pas pu se reconstruire. C’est pour cela qu’on avait fait venir tant d’hommes des Abruzzes contre la promesse de livrer en Italie des produits de la mine. C’est pourquoi on y avait collé des affiches où on pouvait lire « Lavoro sotterraneo nelle miniere belghe ». Les immigrés le payèrent d’humiliations multiples et d’hébergements indignes. Voire de leur vie puisque parmi les morts du 8 août 1956, il y eut plus d’Italiens que de Belges. Car même avec l’obligation pour les anciens mineurs belges de retourner au fond, nombreux étaient ceux qui préféraient être incarcérés que de pratiquer un métier aussi dur. Pour parfaire son récit, Paul Colize introduit une jeune journaliste d’origine polonaise, particulièrement sensible au racisme en raison de ses origines.
Un dur qui avait maté du nègre dans les mines de cuivre du Katanga
Katarzyna Leszczynska suit le procès de Marcinelle qui débute le 15 septembre 1958 à Charleroi. Dans Le Soir son nom de plume est Catherine Lézin, c’est plus facile à mémoriser pour les lecteurs. Katarzyna est originaire de Lviv, une ville qui changea plusieurs fois de pays avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Elle est arrivée en Belgique avec ses parents en 1944. Soit quatre ans avant son mari Aleksy, un violoncelliste lui aussi originaire de Pologne. Deux Italiens Donato Renzini et Francesco Ercoli vont être jugés devant la cour d’assises pour meurtre de leur contremaître Gustave Fonck. Celui que les mineurs italiens qualifiaient de « kapo » en faisant référence au mot chef dans leur langue, mais également aux tortionnaires des camps nazis. Un dur qui avait maté du nègre dans les mines de cuivre du Katanga. Le cadavre de Fonck a été retrouvé dans les décombres de la mine. Assassiné selon les dires du procureur, asphyxié comme l’explique l’avocat des deux accusés. Katarzyna va nous raconter ces joutes judiciaires qu’elle relate pour son journal où elle tente de s’imposer, alors que le mépris que subissent les femmes n’a pas grand-chose à envier au racisme de la société belge. Si vous avez aimé Douze Hommes en colère le film de Sydney Lumet, vous allez adorer ce livre.
Qu’en dit Bibliosurf ?
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