L’écrivain national, Serge Joncour, Éditions Flammarion

Joncour, épisode n°2. Serge, un prénom choisi au hasard, est invité à passer un mois à Donzières un gros bourg de la Nièvre. Serge, écrivain de profession, devra en contrepartie rencontrer des lecteurs dans la librairie de Michel et Marie, animer des ateliers d’écriture et rédiger un feuilleton dans le journal local. Rien qui ne saurait lui déplaire, étant donné qu’il végète à Paris depuis sa séparation d’avec Helena. Il est accueilli comme le Messie par le maire de Donzières qui lui donne le qualificatif « d’écrivain national ». Et c’est parti pour un mois qui s’annonçait bien tranquille, sous réserve d’aimer le monde rural. Mais qui pourrait en douter quand on est le personnage principal d’un roman de Serge Joncour. Pourtant ce ne sera pas si simple et le roman va virer rapidement au polar. Car Donzières traverse une période agitée à la suite de la disparition d’un certain Commodore. L’octogénaire, ancien de la Légion, était depuis des années maraîcher. Mais aussi propriétaire forestier dont beaucoup disaient qu’il vendait son bois sans jamais le déclarer au fisc. Comme les gendarmes de la Nièvre ne sont pas des imbéciles, ils mettent rapidement la main sur les probables assassins. Encore que d’assassins il ne devrait pas être question tant qu’on n’aura pas retrouvé le corps. Aurelik et Dora, marginaux et étrangers, sont des coupables idéals. Aurelik est donc incarcéré tandis que sa compagne retourne vivre dans la masure forestière que leur louait Commodore. Pour aggraver leur cas, Aurelik et Dora fréquentaient des écologistes qui s’opposent à la construction d’une usine qui doit produire de l’électricité avec la biomasse locale. En quelque sorte, de l’électricité bio dont ne voudraient pas les écolos. Un comble ! Le séjour de Serge s’en trouve chamboulé car il passe son temps au fond des bois avec la mystérieuse Dora dont il tombe peu à peu amoureux. Plus que la belle Hongroise, la forêt est le personnage principal du roman. La forêt qui constitue l’ultime espoir du maire pour développer sa commune. La forêt où Serge ne cesse de s’embourber, de faire de mauvaises rencontres. Des marginaux que Dora peine à contrôler mais aussi des gendarmes qui n’aiment pas plus que les autochtones que « l’écrivain national » viennent fureter dans les bois. Étonnez-vous alors que Serge soit régulièrement en retard à tous ses rendez-vous et qu’il y arrive ses vêtements souillés et son visage marqué. Mais comment résister à l’appel de Dora quand les activités proposées à Donzières consistent pour l’essentiel à ingurgiter force alcool pour ne pas décevoir ceux qui vous ont invité. Promenons-nous dans les bois pendant que Commodore n’y est pas …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*