La forêt aux violons, Cyril Gely, Éditions Albin Michel

C’est un merveilleux conte que nous propose le romancier et homme de théâtre Cyril Gély. Celui d’un homme qui voue sa vie à la fabrication des violons à Crémone pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Être doué de ses mains ne suffit pas au jeune Antonio. Pour atteindre l’excellence il lui faudra, comme lui a expliqué son vieux maître Amati, comprendre pourquoi il le fait. Pour y parvenir le jeune Antonio, dont vous ne connaîtrez le nom qu’à la fin du roman, va voyager dans toute cette Italie du Nord qui nous fait tant rêver. À Mantoue, Vérone, Plaisance, Brescia. À Venise aussi car la Sérénissime domine la région même si les Vénitiens sont guerre avec les Turcs. Et ça tombe bien car de Crémone on peut atteindre la cité des Doges via le Pô en se faisant au besoin tirer par quatre chevaux si le débit du fleuve se fait trop faible. Mais c’est dans les Dolomites qu’Antonio trouvera son secret, dans ces montagnes roses où l’on parle un italien mâtiné d’allemand. Antonio y découvrira non seulement des arbres qui donneront vie à ses instruments. Mais en plus le secret qui va illuminer son existence. Il y accédera dans le humble hameau où résident le vieux Giuseppe, sa femme ainsi qu’une jeune fille qui ne parle ni n’entend. Cette famille se contente de peu, de la soupe aux lentilles, des œufs deux fois par semaine, et un poulet le premier dimanche de chaque mois. Ils ne descendent quasiment jamais dans la vallée, ce qui ne les empêche pas d’être ouverts à ceux qui débarquent. Il serait dommage de louper ce roman constitué de courts chapitres, si faciles à lire. Un récit qui nous comble de bonheur en nous faisant découvrir des personnages attachants et qui sont en plus rentrés dans l’histoire.

Pour s’en procurer il part dans les « montagnes roses » qui se dressent au nord au-delà de l’Adige et de Trente

1666, Antonio a vingt-deux ans, il apprend à fabriquer des violons. C’est un apprenti hors norme, bien meilleur que le propre fils de son vieux maître Amati. À Crémone ville de Monteverdi la lutherie ne connaît pas la crise. On y vient de Rome, Naples, de France et d’Angleterre pour s’offrir un violon ou un violoncelle. Parce qu’il n’est pas satisfait des violons qu’il fabrique Antonio quitte l’atelier. Il est embauché par un sculpteur sur bois, rencontre Francesca une jeune femme veuve depuis trois ans, lui fait un enfant et l’épouse. Pour fabriquer ses violons Antonio a besoin de bois. De l’érable qu’il trouve facilement et de l’épicéa qui pousse en altitude. Pour s’en procurer il part dans les montagnes roses qui se dressent au nord au-delà de l’Adige et de Trente. Avec l’aide du vieux Giuseppe, Antonio choisit les arbres sur pied, en les frappant avec un maillet pour écouter le son qu’ils renvoient. Il devra attendre dix ans que le bois sèche, et comme il n’a pas d’argent il paiera avec des violons. Aucune importance Giuseppe qui n’en joue pas aime tellement ces instruments qu’ils souhaite les emmener dans sa tombe pour les entendre au Paradis.

Qu’en dit Bibliosurf ?
https://www.bibliosurf.com/La-foret-aux-violons.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*